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Full text of "Bulletin de la Société d'études scientifiques de l'Aude"

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BULLETIN 


DE LA , 


SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES 


ANNÉE 1911 


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CARCASSONNE PARIS 
Viotor BONNAFOUS-THOMAS | G. FICKER, Librairie générale 
"Imprimeur de la Société et Juternationale 
90, RUE DE LA MAIRIE, 90 6, AUE DE SAVOIE, 0 
41911 1911 


BULLETIN 


DE LA 


SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES 


DE L'AUDE 


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BULLETIN 


DE LA 


SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES 


DE L’AUDE 


VINGT-DEUXIÈME ANNÉE. — TOME XXII 


CARCASSONNE PARIS 
Victor BONNAFOUS-THOMAS | G. FICKER, Librairie génirale 
lnprimeur de la Socièté et Huternatiouale 
O0, RUE DE LA MAIRIE, 90 6, RUE DE SAVOIE, 6 


1911 1911 


ART. 40 du RÈGLEMENT. — La Société ne prend sous sa 
responsabilité aucune des opinions ou assertions émises par les 
auteurs des articles insérés dans son Bulletin ou des communi- 
cations faites en séance, même si elles n'ont été suivies d'aucune 
discussion. 


PREMIÈRE PARTIE 


Liste des Membres. — Séances de 1910 


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MEMBRES FONDATEURS 


DE LA 


SOCIETÉ D'ETUDES SCIENTIFIQUES DE L'AUDE 


ALIEU (François), archiviste. 
AMIGUES (Adolphe), notaire. 
AUGÈRES (Victor), instituteur. 
AURIOL (Adrien), professeur d'ugr. 
AYROLLES (Aimé), propriélarre. 
BAICHÈRE (l'abbé Ed.), professeur. 
BARRE (Léopold), propriétaire. 
Bros (Philippe), professeur. 
BENEAUSSE (Maurice), tnstituleur. 
BERGASSE (Marius), propriétaire. 
BONNAVES (Pabbé Sylvain), curé. 
BOURREL (Charles), D' médecin. 
Bnu (Fernand), botaniste. 
CAMBON (l'abbé Léon), professeur. 
CANAL (l'abbé Pierre), professeur. 
CASTEL (Pierre), trgénieur. 
CHARTIER (Louis), naturaliste. 
COMBES (l'abbé G.), professeur. 
DAT DE ST-FOULC (Ch.), rentier. 
DONNAREL (François), tustituteur. 
DONNAT ‘Hippolyte), professeur. 
DUMONT (Joseph), horticulteur. 
FLEUREAU (Alphonse), professeur. 
GanY (Léopold), propriétaire. 
GASTINE (Fabbé M.), professeur. 
GAUTIER (Gaston), botaniste. 
HGAVOY (Louis), entomologiste. 
GAZEL (abbé Lucien), professeur. 
GLORIES (Emile), renier. 

JALOUX (Adrien), )rogriétatre. 


JEAN (Joseph), propriélaire, 
JULLIAN (Ch.-Gabriel), étudiant. 
JOULIA (l'abbé Ja, Sup.du P. Sém. 
LIGNOX (Alban), instituteur. 
MaHoOUXx (labbé Casimir}, curé. 
MALBRET (Bernard), photographe, 
MaARIEU (Charles), propriétaire. 
Mary (Ulysse), propriétaire. 
MAUREL (Oscar), instituteur. 
Mirrocu (l'abbé Georges), profess. 
MOLINIER (Jean), instituteur. 
MonNTES (P.), anc. chef d'insliton, 
MouLA (Paul), D' médecin. 
MULLOT (Henri), propriétaire. 
NaAVALS (Albert), tastituteur. 
NoYEn (Joseph). botaniste. 

PÉRIÉ (Auguste), tustiluleur. 
PErTet (Abel), Dr médecin. 

PILLOT (E.), garde gén. des forëts. 
PONS (l'abbé Camille), professeur. 
PRaTx (l'abbé Aus), professeur. 
RANCOCULE (l'abbé £.-B ), profess. 
REBELLE (Guillaume), négociant. 
RESPAUD Auguste}, tnstituteur. 
ROUSTAN (Désiré, étudiant. 
SICARD (Germain), propriélaire. 
SOL (Paul, Journaliste. 
SOCRBIEU (Ed.), conchyliologiste, 
ViGuiER (Laurent), étudiant. 
VEZIAT Auguste), chef d'instiln, 


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ETAT DES MEMBRES 
DE LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L'AUDE 


Au 831 Décembre 1910 


Président honoraire 


M. Ch. Baron, à Narbonne. 


Membres nés 


M. le Préfet du département de l'Aude. 
M. le Maire de Carcassonne. 
M. l’Inspecteur d’'Académie. 


Membres honoraires 


MM. 


BERGERON {Jules}, 157, Boulevard Hausmann, à Paris. 

BRESSON ‘A.), Préparateur de géologie à la Faculté des 
Sciences de Besançon (Doubs). 

CAREZ (Léon), Docleur ès-sciences, 18, rue Ilamelin, à 
Paris, Géologue. 

CARTAILHACG (Emile), rue de Ia Chaîne, 5, à Toulouse 
(Haute-Garonne), Sciences préhistoriques. 

DEPÉRET ‘Ch.), Doyendela faculté des Sciences de Lyon. 

DoxctEUX {L.), Professeur à la Faculté des Sciences de 
Lyon. 

FLAHAULT {Charles}, Professeur à la Faculté des Sciences, 
à Montpellier (Hérault). 

FLEUREAU (Alphonse), Proviseur au lycée, à Toulouse. 

GAUTIER (Armand), Membre de llinstitul, Professeur à 
la Faculté de Médecine, à Paris. 


— XX — 


DE GROSSOUVRE, Ingénieur en chef des Mines, à Bourges. 

LAMBERT J.), Président du Tribunal civil, à ‘1royes. 

MEUNIER ‘Stanislas), Professeur de Géologie au Muséum 
d'Histoire naturelle, 3, Quai Voltaire, à Paris. 

RoussEL (J.), Docteur ès-Sciences, Professeur au Collège, 
9, chemin de Velours, à Meaux. 

ViGuier (Maurice), Docteur ës-sciences, à Carpentras 


(Vaucluse). 
Membres donateurs 
MM. 
DoN DE CÉPIAN (Maurice), Propriétaire, à  Villemous- 
taussou. 


SARDA ‘Jules), Propriétaire, Châleau de la Rouquette, 
par Lasbordes {‘Aude). 

LaNoiR (Georges), Inspecteur des forêts, à Diidijelli 
{Algérie) | 


Membres Titulaires 


(L'astérisque indique les Membres fondateurs) 


MM. 

1899 Aper ‘Henrv), &. Ingénicur des Ponts et Chaus- 
sées, aux l'orges de Quillan Aude’, et 68, ruc 
de Laurision, à Paris. 

1889* ALIEU françois), &ÿ, Arcmrviste à la Préfecture de 
l'Aude, à Carcassonne. 

1SS9* AMIGUES Adolphe), Notaire, rue du Marché, à 
Carcassonne. 

1890 ANCÉ ‘abbé Raymond), Curé, à Greffeil. 

1891 D ANDRIEU (Gabriel), Propriétaire, à Coursan. 

1899 AXÉ  Picrre), &, Yÿ. Conducteur des Ponts et 
Chaussées, à La Nouvelle. 

1907 AnxauUD Charles), Ingénieur dela maison Fafeur, 
Square Gambetta, à Carcassonne. 

1889 AUGÈRES ‘Victor:, Directeur de l'Ecole Communale, 
à Sigcan. 


1909 AurTIER (Urbain), Pharmacien, à Villegly. 

1893 AZALBERT (Antoine), &ÿ, Docteur-Médecin, à Caunes. 

1900 AZÉMA (Jules), &ÿ, Propriétaire et Maire, à Saint- 
Nazaire (Aude). 

1910 AZÉMA (Lucien), Entrepreneur de Menuiserie, 32, 
rue de Lorraine, à Carcassonne. 

1892 Bac (Victor), Représentant de Commerce, rue de la 
République, à Carcassonne. 

1895 BarBur (Georges), 0. &, &ÿ 1. P. Professeur 
d'Agriculture, rue de la Liberté, à Carcassonne. 

1903 Barpou (Pierre), Propriétaire, à Cazihac. 

1890 Baron (Charles), &ÿ. Libraire, à Narbonnc. 

1892 Bary {Ernest), Négociant, ruc des Jardins, à Car- 
cassontnc. 

1899 BATUT (Raoul), Ingénieur agronome, Dr de la Colonie 
de San Luis, à Huesca ‘Espagne). 

1901 Bauvizze (Henri), Marchand-Taiïilleur, rue Char- 
tran, à Carcassonne. 

1894 Baux (Xavier), Négociant, rue de la Gare, à Carcas- 
sonne. 

1892 Bayarp (Antoine), &, labricant de couleurs, rue 
des Jardins, à Carcassonne. 

1889* BENEAUSSE ‘Maurice), Directeur de l'Ecole du Musée, 
à Carcassonne. 

1901 BERNON ‘Paul), &ÿ, Pholographe, rue de la Gare, à 
Carcassonne. 

1893 BERTHOMIEU Louis), &ÿ, Notaire, à Caunes-Minervois. 

1899 BERTRAND (Armand), Propriétaire, à  Azillanet 
(Hérault). 

1899 Benrraxp (Elie), Instituteur, à Villalier. 

1903 BES ({Pierre-Gcorges), Régisseur à Montquiert, près 
Carcassonne. 

1893 BinorT ‘’Baptiste), Entrepreneur, à Maquens. 

1895 BLANQUIER ‘Alexandre), &ÿ. Instituteur, à Cuxac- 
d’Aude. 

1901 BoxxaFrous {Joseph), Imprimeur, rue de la Mairie, 
à Carcassonne. 

1889* BoxxAvES {l’abbé Sylvain), Curé-doyen, à Couiza. 

1893 Bonries (Guillaume), &ÿ, Propriétaire, à Fabrezan. 


1897 
1895 


XIE. — 


BoucuÈrRE (Cyprien) Docteur-Médecin, à Quillan. 
BOURGES (Fernand), Sous-Inspecteur des Enfants 
assistés, Square Gambetta, à Carcassonne. 


1889* BourreL (Charles), Docteur-Médecin, rue Vollaire, 


1895 
1900 


1906 


1910 
1890 


1905 
1599 


1903 
1591 
1891 
1901 
1906 
1899 
1905 


1890 
1891 


1897 
1891 


1901 
1900 


1892 


11, à Carcassonne. 

BousquETr (Jean-Baptiste), Inslituteur, à Salvezines. 

BousquEer (Ilenri), Docteur-Médecin, Grand’Ruc, à 
Carcassonne. 

BousqQuET {Mile Jeanne),rue de la Gare, à Carcas- 
sonne. 

BOYER ’A.), Pharmacien, à Sorèze (l'arn). 

Boyer (Victor), Négociant, rue de la Mairie, à 
Carcassonne. 

BRÉZET (François), Propriétaire, à Cazïilhac. 

BruGuIÈRE (Auguste), Propriétaire, rue de Belfort, 
à Carcassonne. 

BRUNEL (Polydorce), Libraire, ruc de la Gare, à 
Carcassonne. 

Bucxarp (Léon), Peintre décorateur, ruc du Quatre 
Septembre, à Carcassonne. 

BuscaiL (Louis), Propriétaire, Boulevard Omer 
Sarraut, à Carcassonne. 

CALMET {Paul, Instituteur, à Aragon (Aude). 

CALMON ‘Paul, Instituteur adjoint, à Cuxac-d’\ude. 

CAaLSs Louis , Apiculleur), Gardien des fortifica- 
lions. à la Cité, à Carcassonne. 

CauBounxac ‘Henri, Avoué, 21, rue du Mail, à 
Carcassonne. 

CANEL Emile, Instiltuteur, à Gincla. 

CanBou (J.-B.;.&£. 1. P.. Docteur-Médecin, rue de la 
République, à Carcassonne. 

CAREMIER Paul, Notaire, à Trèébes. 

CARRIÈRE, Docteur-Médecin, rue du Marché, 2, à 
Carcassonne. 

CansALAT, rue des ‘Irois-Couronnes, à Carcassonne. 

CASTEL Eugène:, Propriétaire, Grand'Rue, 71, à 
Carcassonne. 

CASTEL ‘Jean:,%£, &, Vétérinaire, ruc du 4 Septem- 
bre, à Carcassonne. 


+ XNI-— 


1909 CasTEL (Jean-Marie), Quincailler, à Bram. 

1896 CATHALA (Marius), Propriétaire, à Argelliers. 

1900 CaTuALA (Julien), Instituteur, 49, rue des Etudes, 
à Carcassonne. 

1898 CAzaNovE, Docteur-Médecin, 91, Boulevard Barbès, 
à Carcassonne. 

1905 Cazaux (Pierre), Rentier, 73, Boulevard Barbès, à 
Carcassonne. 

1892 CÈBE (Mile), Maîtresse de Pension, Grand’Rue, à 
Carcassonne. 

1901 Crauzy (Vincent), Négociant, Boulevard Omer 
Sarraut, à Carcassonne. 

1890 CHAVANETTE, Docteur-Médecin, à Tuchan. 

1899 Cnirrre (Jean), Conducteur des Ponts et Chaussées, 
à Narbonne. | 

1907 CLERGUE (François) .Régisseur, à Herminis, près 


Carcassonne. 

1896 CLuzox (lerdinand), Libraire, 26, rue Bellevue, à 
Carcassonne. 

1891 Cozz (Joseph), Banquier, 6, rue Mazagran, à Car- 
cassonne. 


1895 COMBELÉRAN ‘Ernest), Négociant, à Ricux-Minervois. 

1902 COMBELÉRAN ‘Gaston), rue de la Gare, à Carcassonne. 

1890 Comes (Louis), Caissier au Comptoir d’'Escompte, 
à Carcassonne. 

1896 CoURRENT (Paul), &ÿ, I. P., Docteur-Médecin, à 
Embres et Castelmaure. 

1895 Cros ‘Joseph), Maître d'Hôtel, à Fourtou (Aude). 
1895 CRros-MAYREVIEILLE /Antonin), Président du Tribu- 
nal Civil, Conseiller général, à Narbonne. 

1902 Dacrs, Médecin-Vétérinaire, à Azille. 

1892 Dazcy (Paul-Maurice), Propriétaire, à Saint-Lau- 
rent-de-la-Cabrerisse {Aude). 

1901 DEGRAVE, éÿ, Docteur-Médecin, à Lagrasse. 

1905 DELAUDE (Charles), Ingénieur-Agronome, à Cuxac- 
d’Aude. ° 

1906 DELEU (André), Serrurier, rue de la République, 
60 bis, à Carcassonne. 


1904 


1895 


XIV 


DELMAS (Célestin), Ancien négociant, rue des Jar- 
dins, à Carcassonne. 

DELMAS (Louis), &ÿ, Docteur-Médecin, à Rieux- 
Minervois. 

DÉZARNAUD (Baptiste), Constructeur-Mécanicien, 15, 
rue des Trois Couronnes, à Carcassonne. 

Don DE CÉPIAN (Maurice), Propriétaire, à Ville- 
moustaussou. 

DucHaAx (Louis), Propriétaire, rue de la République, 
à Carcassonne. 

Dupuy (J.-J), Chef de Comptabilité à la Société 
Méridionale d’Electricité, à Carcassonne. 

DuraAnDp (Albert), Négociant, rue des Jardins, à 
Carcassonne. 

DussEaAuU (Victor), Agent d’Assurances, rue Pinel, 
à Carcassonne. | 

EmsrY (Pierre), Attaché au Laboratoire de géologie 
du Muséum d’ilistoire naturelle de Paris, à Car- 
cassonne. 

ESCARGUEIL (François), Clerc de Notaire, chez M° 
Amigues, à Carcassonne. 

EScARGUEL (Aristide), Notaire, rue de la Mairie, 
à Carcassonne. 

ESPARSEIL {Raymond), 15, Boulevard Barbés, à 
Carcassonne. 

ESsPEZEL (François), Docteur-Médecin, à Espéraza. 

D,ESPEZEL (André), Place Carnot, à Carcassonne. 

D'EsPEzEL (Paul), Négociant, Place Carnot, à Car- 
cassonne. 

ESTRADE (Joachim), Directeur de la Société Méri- 
dionale d’EÉlectricité, Avenue A. Mullot, à Carcas- 
sonne. 

Evror Charles), $, Conducteur des Ponts et Chaus- 
sées en retraite, Square Gambetta, à Carcassonne. 

FABRE (Antoine), Médecin-Vétérinaire, rue Littré, 
à Carcassonne. 

FaBrE (Numa), #ÿ, Maître-répéliteur au Lycée, à 
Carcassonne. 


1903 


1908 


1901 


1901 


1901 


1901 


1892 
1904 


19041 
1895 


1901 
1902 


1898 


1896 


1903 


1910 
1906 


FABRE (Paul), Maire de Saint-Martin-Lalande, 20, 
rue Riquet, à Castelnaudary. 

FABrE (Emile), &ÿ, Inspecteur du Travail, à Car- 
cassonne. 

FAGES (Antoine), Régisseur à Rivoire, près Car- 
cassonne. 

FAGES-BONNÉRY (François), Avocat, Boulevard de 
la Préfecture, 10, à Carcassonne. 

FARGES (Justin), Négociant, rue Trivalle, à Car- 
cassonne. 

FARGES (Léon), Négociant, rue Trivalle, à Car- 
cassonne. 

FAURE (Marius), Notaire, à Saint-Hilaire (Aude). 

FERRIÉ {Picrre), Docteur-Médecin, à Saint-Hilaire 
(Aude). 

FERRIÉ(Numa), Propriétaire, à Cazilhac (Aude). 

FiNESTRES (Emile), Agent-vover, à Peyriac-Miner- 
vois. Le. 

FrTTE (Joseph), Pharmacien, à Azille. 

FoNTANEL (Constant), &, Ingénieur agricole, à Em- 
bres et Castelmaure (Aude). 

FOoxTROUGE (Fils), Agent d’Assurances, Boulevard 
du Canal, 8, à Carcassonne. 

FOoURNIÉ (Ernest), Docteur-Médecin, Grand’'Rue, à 
Carcassonne. 

FourNIÉ (Georges), Propriétaire, au Châlcau de la 
Forçate, près Villesiscle (Aude). 

FnaissE (Célestin, Propriétaire, à Argelliers. 

GALINIER (Casimir), Propriétaire et Marbrier, à 
Caunes. 


1889* Gary (Léopold), Propriétaire, à Terres-Rouges, près 


1892 


1889 


Tournissan (Aude). 

GASTILLEUR (Charles), Négociant, Grand’Rue, à Car- 
cassonne. 

GAuUJON (Victor), Docteur-Médecin, rue Barbès, 3, 
à Carcassonne. 


1889* (GAUTIER (Gaston), #, Botaniste, Place Saint-Just, 


à Narbonne. 


AVL — 


1889* Gavoy (Louis), Entomologiste, rue de la Préfecture, 
9 bis, à Carcassonne. 

1899 GAYDE (Louis, Propriétaire, à Aigues-Vives (Aude). 

1889* GAZEL (l’abbé Lucien), Professeur à l'Ecole Saint- 
Stanislas, à Carcassonne. 

1890 GERVIÈS (Amédée), Propriétaire, à Aigues-Vives 
(Aude). 

1889* GLortEs (Emile) ,Rentier, rue de la République, à 
Carcassonne. 

1898 Gourpou (Paul), Pharmacien, à Alzonne. 

1903 GRiLLIÈRES (L.), C.:#, Colonel du génie en retraite, 
Boulcvard Barbès, 90, à Carcassonne. 

1898 Guiraup (Louis), Propriétaire, à Moux. 

1891 GuirauD (Martin), Ingénieur-Constructeur, Avenue . 
A. Mullot, à Carcassonne. 

1892 HyvEerT (Georges), #ÿ, Ingénieur, quai Riquet, À 
Carcassonne. 

1903 JaALaABErT {Augusta), Directrice d’Institution, à Cas- 
telnaudary. 

1898 JEANJEAN (Alphonse), Propriétaire, à Saint-Hilaire 
(Aude). 

1909 Jorpy (Michel), Photographe-archéologue, À Car- 
cassonne (Cité). 

1898 LABORDE (Mathieu), &, Fabricant de futailles, rue 
Montpellier, à Carcassonne. 

1904 LarriTTE, Docteur-Médecin, à Chalabre (Aude). 

1906 LamBriGoT (Paul), Marchand d’antiquités, Grand'- 
Rue, à Carcassonne. 

1895 LassazLE (Edouard), Horticulteur, rue des Quatre- 
Chemins, à Carcassonne. 

1903 LaTAPiE (Henri), Propriétaire, à Castelnaudary. 

1901 LauTH ‘Frédéric), Ingénieur des Arts et Manufac- 
tures, Boulevard du Jardin des Plantes, à Carcas- 
sonne. . 

1904 LaAvIALLE (Jules), Propriétaire, à ‘Lournissan. 

1907 LEPARGNEUR (Jean), Etudiant en médecine, à Tou- 
louse. 


— XVI — 


1899 LÉvYx (Adolphe), Propriétaire, Place du Palais, 8, 
à Carcassonne. 
1906 LiGxÈRES (Joseph), Propriétaire, à Trausse {Aude;. 
1889* LiGNon (Alban), Professeur à l'Ecole d'Industrie et 
de Commerce, rue Droite, 58, à Narbonne. 
1904 Licxon (Léopold), Propriétaire, à Saint-Hilaire 
(Aude). 

1893 MADRENNES (Joseph), Ancien notaire, à Rieux- 
Minervois. 

1896 MarrrE (Ernest), Instituteur, à Armissan. 

1901 MaixGauD (Constant), Négociant, 19, allée de 
Bezons, à Carcassonne. 

1903 MazerT {Achille), Propriétaire, à Espéraza. 

1897 Mazrnric (Ifenri), Avocat, rue de Ja Gare, à Carcas- 
sonne. 

1889* MARIEU (Charles), Propriétaire, 4, rue Viollet- 
Leduc, à Narbonne. 

1905 MarTy (Ambroise), Receveur de l'Enregistrement, 
à Quillan. 

1892 MarTy (Augustin), Docteur-Médecin, Place du 
Palais, à Carcassonne. 

1895 MarTyY ’Léonce), rue Trivalle, 163, à Carcassonne. 

1905 Marty ‘Picrre), Propriétaire, à Cazilhac. 

1894 MarTuiEeu Joseph), Propriétaire, à St-Couat-d’Aude. 

1898 MaTiiEU ‘Numa), Propriétaire, à St-Couat-d’Aude. 

1907 MaurELz ‘Jean), 58, rue de la République, à Nar- 


bonne. 
1889 Mayxarp (Antoine), Instituteur en retraite, à 
Bouilhonnac. 


1891 MaAZURIER (Gaston), Pharmacien de rt classe, 
Grand’'Rue, à Carcassonne. 

1904 MÉric {J.), &ÿ, Iimprimeur-Editeur, à Limoux. 

1907 MÉTRAL (Ernest, Caissier à la Succursale de la 
Banque de France, à Carcassonne. 

1889* Mirrou ‘Fabbé Georges), Supérieur de l'Ecole St- 
Stanislas, à Carcassonne. 


— AMI == 


1897 MoziniEer {Antoine), Propriétaire, à Couffoulens. 
1889* MozixIER ‘Jean), Instituteur, à Tuchan. 
1893 MoziniER (Louis), &ÿ, I. P., Chef de division en 
retraite, ruc de la Mairie, à Carcassonne. 
1892 MoxTAGNE (Gabriel), Juge de Paix, à Varennes 
(Allier). 
1904 MorerT (Lucien), 20, rue du Parc à Fourrages, à 
Carcassonne. 
1901 Moser ‘F.), Négociant et Propriétaire, à Lézignan. 
1903 Mor (f'élix), Pharmacien, Grand'Rue, 20, à Carcas- 
sonne. 
190f MouGxié ‘ Noël), Conducteur des Ponts et Chaussées, 
38, rue du Mail, à Carcassonne. 
1899 MouLixEs (Raymond), Maître d'hôtel, à Quillan. 
1903 MouLzs {Simon), Propriétaire, à Rieux-Minervois. 
1889* MuLLoT (Ilenri), &ÿ, ruc du Quatre-Septembre, 6, 
à Carcassonne. 
NoGué (Osmin), Avocat, Boulevard du Musée, à 
Carcassonne. 
1904 NouBEL ‘Guillaume, Négociant, Grand’Rue, à Car- 
cassonne. 
1910 OLIVE Joseph, Apiculteur, à Bugarach. 
1891 OnMIÈRES, Docteur-Médecin, rue de la République, 
à Carcassonne. 
1897 OURTAL (Jacques), Artiste-Peintre, rue des Arts, à 
Carcassonne. 
1901 PAYE ‘Auguste), Conducteur des Ponts et Chaussées, 
rue Tranquille, à Carcassonne. 
1891 PEcn Jean), £&ÿ, I. P. Professeur de Mathématiques 
au Lycée, à Carcassonne. 
1903 Prrpräotv ‘Jean:, Propriétaire, à Cazilhac ‘ Aude). 
1905 PEnpiéou (Baptiste), Grand’'Rue, 128, à Carcas- 
sonne. 
1889* PÉRIÉ ‘Auguste, Directeur de l'Ecole de la Cité, à 
Carcassonne. 
1906 PEyrEe ‘Picrre), 67, rue Vollaire, à Carcassonne. 


189 


«1 


—XIX — 


1891 PEYRONNET (Paul), &ÿ, I. P., Docteur-Médecin, rue 
Voltaire, à Carcassonne. 


1908 Picassou (Jean), Propriétaire, à Cazilhac. 
1891 Praxcarp, Docteur-Médecin, 16, rue Bayard, à 


Toulouse. 
1897 PouizrÈks (Joseph), Ilorloger, rue de la Gare, à 
Carcassonne. 


1889* PRrATxX (l’abbé Augustin), Curé, à Pomas. 

1902 Prarx {Clément}, Propriétaire, à Tuchan. 

1904 PuLLÈs (ferdinand), rue Victor [ugo, à Carcas- 
sonne. | 

1894 Rascoz (Henri), Pharmacien, à Chalabre. 

1902 Rayuoxp {Martial), Ingénieur agricole, à Azille. 

1892 RaynauDp {Michel), #, Négociant, Place Carnot, à 


Carcassonne. 
1889* REBELLE (Guillaume). rue Chartran, 11, à Car- 
cassonne. 


1900 REXAUX (Camille), &ÿ, 1. P., Professeur d'Histoire 

enretraite,rue Antoine-Martv, 41, Carcassonne. 
1889* REsPAUD (Auguste), Directeur d'Ecole, à Ouveillan, 
1901 REY (Gustave), Négociant, rue Courtejaire, à Car- 


cassonne. 
1900 RicauD (Fortuné), Propriétaire, rue du Port, à 
Carcassonne. 


1892 RoBErT (Marius), Juge au Tribunal civil, 14, ruc 
de la Poudrière, à Béziers ({érault). 

1892 RocazvEe ‘Pierre, Propriétaire, à Villebazy. 

1904 Rocer ‘Léon), Propriétaire, à Homps {Aude). 

1903 RouaAxET Joseph}, Clerc de Notaire, ruc Ancienne 
porte de Béziers, 19, à Narbonne. 

1899 Rouayroux Oscar). Industriel, à Olonzac ({érault). 

1906 RouniÈèrEe ‘{Henri), rue Courtejaire, à Carcassonne. 

1896 RoumIEUX ‘Ancile), Professeur de Sciences Phy- 
siques et Naturelles au Collège de Narbonne. 

18914 RouQuET ‘Achille, Directeur de la Revue Méridio- 
nale, ruc Victor [ugo, 9, à Carcassonne. 

1890 Roux François), Pépiniériste, à Carcassonne. 


1892 RouzauDp (Philippe), Négociant, Grand’Rue, à Car- 


cassonne. 
1908 Rouzaup (Elie), Minotier, à Saint-Jean, près Car- 
cassonne. 


1897 RurrEz (Léon), Notaire, rue Barbès, à Carcassonne. 
1901 SABARTHES Abbé, &ÿ, 1. 1, Curé, à Leucate Aude). 
1904 SaBariIER (Charles), Négociant, rue de la Digue, à 


Carcassonne. 
1909 SABATIER ‘François), Propriétaire, à Brandouy, près 
Montréal. 


1900 SABATIER ‘Jacques), rue Trivalle, 66, à Carcassonne. 

1894 SABATIER (Michel), Distillatcur, route de Narbonne, 
à Carcassonne. 

1892 SABINEAU (Pascal), Propriétaire, à Serviès-en-Val. 

1909 SaiNT-ELrIER, Propriétaire, à Cazilhac. 

1908 SALIÈRES ‘Jean , Agent d'Assurances, Boulevard 
Omer Sarraul, à Carcassonne. 

1904 Samaruc (Jules), rue Barère, 4, à Narbonne. 

1901 SaMaRyY, #, Lieutenant-Colonel en retraile, 12, ruc 
Pierre Germain, à Carcassonne. 

1897 Sarcos (Osmin), &ÿ, Docteur en pharmacie, Place 
Carnot, à Carcassonne. 

1892 SATGÉ (Albert), Propriétaire, rue de Ja RÉDUBIqUe 
à Carcassonne. 

1890 SATGÉ (Louis), Propriétaire, Grand’Rue, 77, à Car- 


cassonne. 
1901 SÉauiErR Jacques), Square Gambetla, 3, à Carcas- 
sonne. 


1896 SEMICHON ‘Lucien), Directeur de la Stalion œnolo- 
gique, à Narbonne. 

1898 SEMPÉ ‘Jean), Docteur-Médecin, rue Courtejaire, à 
Carcassonne. 

1899 SEnRiÈSs (François), Pharmacien de 1re classe, à 
Montlaur. 

1909 Sicarp ‘Clémence), 17, rue Malcousinat, à Limoux. 

1889* SicaRD ‘Germain), #ë, !. P., Propriétaire, au château 
de Rivière, près Caunes-Minervois. 


 AXL — 


1889* SourBiEU ‘Edmond), Conchyliologiste, rue de la 
République, 35, à Carcassonne. 

1908 SUBERVILLE {Léon), :#, Négociant, Route de ‘Tou- 
louse, à Carcassonne. 

1893 TALLAVIGNES (Paul), Propriétaire, à Caunes-Mi- 
nervois. 

1910 TrRiBILLAC (Antoine), Comptable, à Lézignan. 

1902 ViazAa (Jules), Agent-voyer, à Lézignan. 

1899 VipaL (Edmond), Marchand de bois, roule Miner- 
voise, à Carcassonne. 

1902 Vipaz (Robert), Pharmacien, à Tuchan. 


=" AAIL —— 


Membres correspondants 


MM. 

BaRTUËS, Professeur au Collège de Sorèze (Tarn), Lola- 
nisle. 

BEL (Jules), Professeur à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), 
Botaniste. 

BONXNIER ‘Gaston), Professeur de Botanique à la Faculté 
des Sciences, à Paris, Botaniste. 

BRÉMoNxD, Commandant de Gendarmerie, à Saint-Etienne 

(Loire), Minéralogiste. 

CAUNEILLE (G.), Sous-Intendant militaire en retraite, 13, 
rue Ravmond IV, à Toulouse, Apiculteur. 

CliALANDE ‘Jules), rue des Paradoux, 28, à Toulouse 
(Haute-Garonne), Herpétologue. 

CHANTEGRAIN {M.), Directeur du Pensionnat primaire, à 
Maintenon (Eurce-ct-Loir). 

CHEVALLIER (l’abbé Louis), Professeur, à Precigné (Sar- 
the), Botaniste. 

CnoBAUT (Alfred), Docteur-Médecin, 4, rue Dorée, à Avi- 
gnon (Vaucluse), £Zntomologiste. 

CoPiNEAU (Charles, Juge, à Doullens :Somme), Botaniste. 

COSTE {lPabbé Hippolyte), à l’Institut Catholique de Tou- 
louse ‘faule-Garonne), Botaniste. 

DOUMERGUE (François), Professeur au Lycée d'Oran 
(Algérie), Bolaniste. 

F'ABRE (Paul), Docteur-Médecin de la Cie des Houillères 
de Comanentry (Allier), Géologue. 

GARRIGOU  E.), Docteur-Médecin, à Toulouse (Hautce- 
Garonne), Géologue. 

GOURDON Maurice, Villa Maurice, près Bagnères-de- 
Luchon ‘aute-Garonne), Géologue. 

GRANEL {DT Maurice), Professeur agrégé à la Faculté de 
Médecine, rue du Collège, 11, Montpellier {Héraull, 
Dotanisle. 

JouANET-MauiE ‘le Frère, Directeur du Collège Saint- 
Joseph, à Ramleh {Egyptle), Botaniste. 


— XXIH — 


LACVIVIER Croisiers de), Proviseur au Lycée de Mont- 
pellier {Hérault}, Géologue. 

LECLERCQ, Professeur à PEcole Normale de Melun (Seine- 
et-Marne), Géologue. 

LECOINTRE {Comtesse Pierre). Château de Grillemont, par 
La Chapelle-Blanche ‘Indre-et-Loire. 

LEENXNHARDT {franz), Professeur agrégé à la Faculté de 
Théologie, faubourg du Moustier, 12, à Montauban 
(Tarn-et-Garonne), Géoloque. 

LÉoxcE le Révérend Père Marie), Abbé de Sénanque 


(Vaucluse). 
MaBiLLE Paul, 17, rue de la Gaîlé, au Perreux (Seine), 
Entomologiste. 


Mazixvaup ‘Ernest, Secrétaire général de la Sociélé Bo- 
tanique de France, ruc Linné, à Paris, Botanisle. 
MALLET Adrien), sous-Chef de Bureau au Ministère de 
l'instruction publique ‘cabinet du Ministre}, 83, ruc 
Notre-Dame-des-Champs, à Paris. 

MARGERIE ‘Emmanuel de), rue de Grenelle, 132, à Paris, 
Géologue. 

Naxor Jules), Directeur de FEcole Nationale d'Ilorticul- 
lure, à Versailles :Scine-ct-Oisc}. 

OBERTHUR René), Imprimeur, à Rennes :Hlle-et-Vilaine), 
Entomologiste. 

OLIVIER Ernest, Directeur de la Revue du Bourbonnats, 
à Moulins Allier), Æntomologiste. 

PUuELz ‘Louis, 7, place des Trois-Pilals, à Avignon, £nto- 
mologiste. 

ROQUELAURE  Fabbé de), Curé à Ganac Ariège), Ar- 
chéologque. 

VUILLEMIN Paul. Docteur ès-sciences. Professeur à la 
Faculté de médecine, à  Malzéville, près Nancy 
Meurthe-et-Mosclle), Botaniste. 


— XXIV — 


Membres décédés pendant l’année 1910 


BERTRAND Albert), à Carcassonne, membre titulaire. 

Brüu (Fernand), à Narbonne, membre tilulaire. 

CABANNES (iAlcime), à Argelliers, membre titulaure. 

DEBEAUX ‘Odon), à Toulouse, membre correspondant. 

DEvVILLE ‘Emile), à Alet, membre titulaire. 

MULLOT (Emile), Propriétaire, Château du Pech, com- 
mune de Saint-Hilaire, membre titulaire. 

PHILIBERT ‘'Jean), à Conques ‘Aveyron', membre cor- 
respondant. 

Roca (Emile), à Castelnaudary, membre litulare. 


FrürAr (Emile), à Foix, membre honoraire. 


— XXV — 


LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 


Ain 
Société des Sciences naturelles et d'archéologie de l'Ain, 
à Bourg. | 
Société des Naturalistes de l'Ain, à Bourg. 


Allier 


Revue Scientifique du Bourbonnais et du Centre de la 
l'rance, à Moulins. 


Ardennes 


Société d'Histoire naturelle des Ardennes, à Charleville. 


Aude 


Société des Arts et Sciences de Carcassonne. 

Commission archéologique de Narbonne. 

Société Centrale d'Agriculture de l'Aude, à Carcassonne. 

Miscellanea Entomologica, Directeur E. Barthe, à Nar- 
bonne. 

Société démocratique d’encouragement à l'Agriculture 
de l'Aude, à Carcassonne. 

Bibliothèque Municipale de Carcassonne. 

Syndicat d’Initiative de Carcassonne et de l'Aude, A | 
Carcassonne. 

Bibliothèques du 19° dragons et du 143° régiment d'in- 
fanterie, à Carcassonne. 


Basses-Alpes 
Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes, à 
Digne. 
Bouches-du-Rhône 


Société d’'Hortliculture et de Botanique des ROUCRESE du- 
Rhône, à Marseille. 

Société linnéenne de Provence, àla Faculté des Sciences, 
à Marseille. 


— XXVI — 


Charente-Inférieure 
Société des Sciences nalurelles de La Rochelle ‘Musée 
Fleuriau). 
Société de Géographie de Rochefort. 
Côte-d'Or 
Société des Sciences historiques et naturelles de Semur. 
Creuse 
Société des Sciences naturelles et archéologiques de la 
Creuse, à Guéret. 
Finistère 
Laboratoire de Zoologie et de Physiologie maritimes de 
Concarneau. 
Gard 


Société d'Etude des Sciences naturelles de Nîmes. 


Garonne (Haute) 
Société d'Histoire naturelle, Hôtel d’'Assezat, à Toulouse. 
Revue des Pyrénées ‘Ed. Privat, directeur), à Toulouse. 
Société de Géographie, Hôlel d'Assezal, à ‘loutouse. 
Société Archéologique du Midi de la France, Hôtel d’As- 
sezat, à Toulouse. 
Gironde 
Société Linnéenne de Bordeaux. 
Société d'Etudes et de Vulgarisalion de la Zoologie agri- 
cole, à Bordeaux. 
Hérault 
Société d'Etude des Sciences nalurelles de Béziers. 
Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle de l'Iférault, 
à Montpellier. 
Bibliothèque Municipale, à Montpellier. 
Ille-et-Vilaine 
Insecta, Revue illustrée d'EÉntomoiogie, publication imen- 
suelle de la Station entomologique de Ia Faculle des 
Sciences de Rennes, 


Ru ot RE me, ms 


— XXVII — 


Isère 
Société des Amis des Sciences Naturelles de Vienne. 
Société de Stalistique des Sciences nalurelles et Arts 
industriels du département de lPIsère, à Grenoble. 
Société Dauphinoise d’Ethnologie et d’Anthropologie de 
de Grenoble. 
Landes 
Société de Borda, à Dax. 
Loir-et-Cher 
Société d’Ilistoire naturelle de Loir-et-Cher, à Blois. 
Loire-Inférieure 
Société d'Ilistoire naturelle de l'Ouest de la France, à 
Nantes. 
Lot 
Société des Etudes littéraires, scientifiques et artistiques 
du Lot, à Cahors. 
Maine-et-Loire 
Société d'Etudes scientifiques d'Angers ‘Place des ITalles, 
ancienne Cour d'Appel). 
Marne 
Société d'Etudes des Sciences naturelles de Reims. 
Marne (Haute) 
Société des Sciences naturelles de la Haute-Marne, à 
Langres. 
Meurthe-et-Moselle 
Société des Sciences de Nancy. 
Meuse 
Société des Amateurs naturalistes de la Meuse, à Mont- 
med. 
Oise 
Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du 
département de l'Oise, à Beauvais. 
Puy-de-Dôme 
Station Limnologique de Besse. 


— XXVII — 


Pyrénées (Hautes) 


Société Ramond, à Bagnères-de-Bigorre. 


Pyrénées-Orientales 


Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées- 
Orientales, à Perpignan. 


Rhône 


Sociélé Linnéenne de Lyon. | 

Société des Sciences naturelles ct d'enseignement popu- 
laire, à Tarare. 

Société Botanique, à Lyon, 1, Place d'Albon. 


Saône-et-Loire 


Société d'Histoire naturelle d’Autun. 

Société des Sciences naturelles de Saône-et-Loire, à 
Châlon-sur-Saône. 

Société d’Ilistoire naturelle de Mâcon. 

L’Echange, Revue linnéenne, Directeur M. Pic, à Digoin. 


Sarthe 


Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Ia Sarthe, au 

Mans. | 
Seine 

Associalion des Naturalistes, à Levallois-Perret Seine). 

Société Botanique de France, à Paris. 

Société Entomologique de France, 28, rue Serpente, à 
Paris. | 

Société Géologique de France, 28, rue Serpente, à Paris. 

Feuille des Jeuncs Naturalistes, rue Pierre Charron, 35, 
à Paris. 

Société de Spéléologie, 34, rue de Lille, à Paris. 


Seine-Inférieure 


Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen. 
Société d'Etudes des Sciences naturelles d’Elbeuf. 


— XXIX — 


Sèvres (Deux) 


Société Régionale de Botanique, à Pamproux. 
Société Historique cet Scientifique des Deux-Sèvres, A 


Niort. 
Somme 


Société Linnéenne du nord de la France, à Amiens. 


Tarn 
Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres du départe- 
ment du Tarn, à Albi. 
Vienne (Haute) 
Société Les Amis des Sciences et Arts de Rochechouart. 


Algérie 
Académie d’'Hippône, à Bône. 
| Alsace 


Société d'Ilistoire naturelle de Colmar. 


Belgique 
Société Belge de géologie, de paléontologie et d’hydro- 
logie, à Bruxelles. 
Egypte 
Société Entomologique d'Egypte, au Caire. 
Espagne 
Institucio Catalana d’Historia natural, Carrer del Para- 


dis, nüm. 10, pis 1° 2%, Barcelona. 
Sociedad Aragonesa de Cicncias naturales, à Zaragoza. 


F'acultad de Ciencias, à Zaragoza. 
Etats-Unis 


The Missoury Botanical Garden, à St-Louis (Missouri). 
The University of California, à Berkeley. 


Italie 
Academia Scientifica Vencto-Trentina-Istriana, à Pa- 


dova. _ 


— XXX — 


Lorraine 


Société d'Histoire naturelle de Metz. 


Portugal 


Annaes de Sciencias Naturacs, à Porto. 


Suède 
Société Entomologique de Stockholm. 
Institut géologique de l’Université d’Upsal {Xong.Uni- 
versitets Bibliotheket). 
Suisse 
Société Helvétique des Sciences naturelles ‘Bibliotheque 


de la ville), à Berne. 
Société Vaudoise des Sciences naturelles, à Lausanne. 


Urugay 
Anales del Museo Nacional de Montevideo (Directeur J. 
Arechavaleta). 


OUVRAGES DONNÉS PAR LE MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 


Bulletin du Comité des Travaux historiques et scienti- 
fiques ‘Scetion des Sciences économiques et sociales. 

Bulletin de Géographie historique et descriptive. 

Revue des Travaux scientifiques. 

Mission Scientifique au Mexique et dans J’Amérique 
Centrale : recherches zoologiques publiées sous la direction 
de M. Milne Edwards, membre de PInstitut. 


+ 


ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ 


Pour l’Année 1911 


COMPOSITION DU BUREAU 


Président honoraire : M. Ch. Baron. 
Président : M. Osmin Sarcos. 

“ — .4 M. le Dr Gauso. 
Vice-Présidents : } MG. Bones. 
Secrétaire : M. Louis Gavox. 
Secrétaire-adjoint : M. G. REBELLE. 
Trésorier : M. J. CaTuaLA 


Conservateur-Archivisle : M. J. PEcH. 
Nr M. A. Faces. 


Conservateurs des collections : 
) M. G Sicanop. 


ComTÉ Du BULLETIN (1) 


MM. Dr BourreL. MM. L. MarrTy. 
Picrre Emery. | Henri MurLort. 
A. FAGES. | C. RENAUXx. 
Gaston GAUTIER. G. Sicanp. 


COMITÉ DES EXCURSIONS (1) 


MM. D' Bourne... MM. L. Manry. 
Pierre EuBry. J. OurraL. 
R. EsPaRsEIL. A. PAYE. 
Cu. Evror. G. REBELLE. 
À. FAGES. G. Sicanp. 


CouiTÉé D'ETUDES 


MM. Gautier. plantes phanérogames. 
Gavoy, coléoplères. 
REsPauD, plantes, oiseaux, poissons. 
SICARD, objets préhistoriques, ossements des cavernes. 
SOURBIEU, coquilles eroliques (terrestres el marines). 


(1) Le Président et le Secrétaire font partie, de droit, du Comité du 
Bulletin et du Comité des Excursions. 


 XXXIL — 


DÉLÉGUÉS RÉGIONAUX 
Région de l'Est ou des Etangs. — M. Gaston GauTiER. 
(Capestang, Coursan, Narbonne, Sigean). 
Région de l'Ouest ou de l’Ariégeois.— M. H. RascoL. 
(Belpech, Bélesta, Chalabre, Mirepoix). 
Région du Nord-Est ou du Minervois. — M. Germain Sicanp. 
(Ginestas, Lézignan, Olenzac, Peyriac-Minervois). 
Région du Nord ou du Cabardès. — R. EsParsEiL. 
(Alzonne, Conques, Mas-Cabardés, Saissac). 

Région du Nord-Ouest ou du Lauraguais. — NN. 
(Gastelnaudarv-Nord, Castelnaudary-Sud, Revel, Salles-sur-l'Hers). 
Région du Sud-Est ou du Roussillon. — M. le D' CHAVANETTE. 
(Durban, St-Paul-de-Fenouillet, Rivesaltes, Tuchan). 
Région du Sud-Ouest ou des Pyrénées. — M. le D' Boucaère. 
(Axat, Belcaire, Quérigut, Sournia). 

Région des Corbières méridionales. — M. Achille Maeer. 
(Couiza, Limoux, Mouthoumet, Quillan). : 
Région des Corbières septentrionales. — M. Léopold Gary. 
(Capendu, Carcassonne-Est, St-Hilaire, Lagrasse). 
Région des Corbières occidentales. — M. J. Méric. 


(Alaigne, Carcassonne-Ouest, Fanjeaux, Mortréal). 


DÉLÉGUÉS CANTONAUX (1) 


MM. MM. 
M. GUIRAUD (Carcassonne-Est). V. AUGÈRES (Sigean) 
Ch. EVROT (Carcassonne-Ouest). À. JEANJEAN (St-Hilaire). 
Dr ESPEZEL (Espéra:a), D' AZALBERT (Caunes). 
Ch. BARON (Narbonne). Jean MoLiNIER /Tuchan). 


4) Les délésués cantonaux ne sont nommés que dans les cantons 
comptant au moins cinq membres titulaires. 


PROCÉS-VERBAUX DES SÉANCES DE 1940 


Séance du 16 Janvier 1910 


PRÉSIDENCE DE MM. Cu. EVROT ET D' CARBOU, 


Après la lecture du procès-verbal, qui est adopté sans observations, 
M. Ch. Evrot, président sortant, prend la parole et s'exprime en ces 
termes : 


MESSIEURS ET CHERS COLLÈGUES. 


a Arrivé au terme de mes fonctions, je tiens tout d'abord à vous 
exprimer mes plus sincères remerciements pour la bienveillance que 
vous m'avez accordée et pour le précieux concours que j'ai trouvé 
auprès des membres du Bureau et. en particulier, auprès de M. Gavoy, 
notre dévoué Secrétaire. 

« Cela dit, si je jette un coup d'œil sur l'année qui vient de s'écou- 
ler, je constate avec satisfaction que notre Société continue sa marche 
ascendante et qu'elle conserve son bon renom. Les excellentes rela- 
tions qu'elle entretient avec de nombreuses Sociétés savantes de 
France et de l'Etranger et les demandes d'échange qui nous arrivent 
de tous côtés en sont la meilleure preuve. Aussi notre Bibliothèque 
s'accroit-elle chaque jour. 

« Notre situation financière est très satisfaisante, vous l'avez vu 
d'après le rapport de notre Trésorier, et nos réserves sont en augmen- 
tation malgré la regrettable réduction de la subvention qui nous est 
allouée chaque année par le Conseil général. | 

« Nos séances sont toujours bien remplies par d'intéressantes 
communications. 

« Quant à nos excursions, elles continuent à étre bien suivies, 
mais le succés en serait encore plus grand si la C'" des chemins de fer 
du Midi n'avait supprimé les billets à demi-tarif qu'elle nous accor- 
dail précédemment. Souhaitons que cette mesure soit bientôt rappor- 
tée. 

«€ Parmi les excursions effectuées en 1909, nous avons à signaler 
principalement celles du 25 avril à Fabrezan et Coustouge. Là, M. 
Bories, chargé de la direction de la caravane, nous a fait admirer les 
pittoresques et intéressantes vallées du Rabet et de Viviès, inconnues 
de la plupart d'entre nous. Le 9 mai, c'est M. Germain Sicard qui nous 


J 


— XXXIV — 


fait visiter les grottes de Limousis, Marmorières et Coroluna. Les 30- 
31 mai, M. le D' Courrent nous a conduits à Lagrasse, au château de 
Termes, etc. Le 27 juin, c'est le chäteau de Villemartin que le proprié- 
taire, M. Fabre et son aimable famille nous faisaient visiter dans tous 
ses détails et où le déjeuner daus le parc a été des plus gais, grâce aux 
excellents vins offerts par M. Fabre. 

« Le mauvais temps nous a empèchés d'exécuter l’excursion de Quil- 
lan à Marsa par les bois de Carach et de Lapinouse prévue pour le 14 
juillet. Le projet pourra en étre repris cette année. 

« Vous le voyez, Messieurs, l’année 1909 n'a pas été inférieure à ses 
devancières et nous pouvons nous en réjouir. Mais il y a une ombre à 
ce tableau et je constate avec regret que la mort a fait de nombreux 
vides dans nos rangs. Six de nos collègues nous ont été brusquement 
enlevés, MM. Douradou, Maza, Milhaud, J. Sabatier et Mile Rigues, 
membres titulaires et M. Valéry Mayet, membre honoraire. En mon 
nom et au vôtre je leur adresse un souvenir attristé et je termine en 
souhaitant qu'une nouvelle phalange, plus nombreuse si c'est possible, 
prenne la place des disparus. 

« J'invite M. le D' Carbou à me remplacer au fauteuil de la Prési- 
dence ». 

M. le D' Carbou prend aussitôt séance et prononce l’allocution sui- 
vante : 


(€ MESSIEURS ET CHERS COLLÈGUES, 


« Je vous remercie bien sincèrement du grand honneur que vous 
me faites en m'élevant à la présidence de notre Société. 

« Je suis d'autant plus fier de votre choix que je succède à des 
hommes qui par leur savoir, par l'importance de leurs travaux et de 
leurs écrits dans toutes les branches des sciences naturelles ont fait 
de notre Association, si modeste à ses débuts, ce qu'elle est aujour- 
d'hui. 

« Vous avez voulu sans doute, en choisissant un médecin pour di- 
riger vos travaux, montrer les rapports étroits qui unissent la méde- 
cine aux sciences naturelles. N'est-ce pas en effet par l'étude des 
sciences naturelles que doit être commencée l'étude de la médecine ? 
Les remèdes employés pour soulager nos malades ne nous viennent- 
ils pas des végétaux ou des substances minérales ? Cela est tellement 
vrai que tout étudiant en médecine doit, avant d'aborder les études 
médicales proprement dites, consacrer une année entière à l'étude 
exclusive de la physique, de la chimie et surtout de l'histoire natu- 
relle. 


— XXXV — 


« C'est l'histoire naturelle, Messieurs. qui fait l’objet principal de 
vos travaux. Votre but est l'étude des productions naturelles de notre 
département, et cette étude si pleine d'attraits est pour la plupart 
d'entre nous une agréable diversion aux occupations journalières. 

« Quel magnifique champ s'ouvre à notre activité, et combien nous 
devons nous féliciter d'avoir à étudier le département de l'Aude ! Que 
de sites attrayants, que de paysages variés, que de climats divers! 

« Voici le rivage de la mer avec ses étangs et ses terrains salés où 
le botaniste trouvera une abondante moisson de plantes méditerran- 
éennes. Voici la plaine, formée par les alluvions des fleuves où le 
soleil dore de riches moissons. Au Nord, la Montagne-Noire avec ses 
masses granitiques, ses sombres forèts, ses pittoresques torrents. Au 
Sud, les Corbières dont les terrains variés offrent au géologue une 
mine inépuisable de documents. Plus au Sud encore, l'imposante masse 
des Pyrénées, avec ses cimes neigeuses, qui nous attire par ses riches- 
ses minérales et botaniques et par le charme puissant de ses paysages 
enchanteurs. 

« Un peu partout, couronnant monts et collines, des citadelles cré- 
nelées nous rappellent que notre pays fut souvent le théâtre de terri- 
bles tragédies et l'archéologue, en fouillant le sol, trouvera souvent de 
précieux vestiges du passé. 

« Notre beau département a déjà été l’objet de nombreux travaux. 
Botanistes, géologues, entomologistes ont apporté ici de riches mois- 
sons ; mais le champ d'études est vaste et il y a encore beaucoup à 
glaner. Ce qui le prouve, c'est que nos catalogues de plantes et d'ani- 
maux s'enrichissent tous les jours d'espèces nouvelles. 

« Je n'ai pas à vous démontrer, Messieurs, le haut intérèt scientifi- 
que et pratique des sciences naturelles. Je tiens cependant à affirmer 
qu'il ne faut pas y voir simplement une sèche et stérile nomenclature 
de plantes, d'insectes ou de minéraux. Il ne suffit pas, pour faire de la 
science, d'écrire et d'imprimer des catalogues plus ou moins volumi- 
neux. La botanique, par exemple, n'est pas simplement l'aride énumé- 
ration des plantes que vous trouverez sous vos pas. Certes, il est 
inéressant de compléter la liste des plantes trouvées par vos prédé- 
cesseurs dans telle ou telle région, mais de plus hauts problèmes se 
dressent devant vous. 

« Ne vous éles-vous jamais demandé pourquoi les mèmes plantes 
se trouvent toujours dans les mèmes régions ? Telle plante habite les 
bords de la mer et les terrains salés ; telle autre ne se plait que dans 
les plaines, d'autres vivent sur les coteaux, d'autres encore, dans les 
prairies humides ou à l'ombre des bois, quelques-unes entin ne se 
trouvent que sur le sommet des montagnes. Cela ne veut-il pas dire 


— XXXVI — 


que chaque espèce exige pour végéler des conditions particul ères de 
terrains, de température, de sécheresse ou d'humidité qu'elle ne ren- 
contre que dans des régions bien déterminées ? Vous ne larderez pas 
à conclure que chaque région a sa flore et un botaniste quelque peu 
exercé à qui vous présenterez une série de plantes vous dira de suile 
à quelle contrée elles appartiennent et en reconstiluera facilement la 
végétation dans son ensemble. Bien plus, dans les pays où la culture 
ou toute autre cause a fait disparaître une partie de la flore primitive, 
la persistance de quelques espèces permettra facilement de reconsti- 
tuer les autres. De telle sorte que, de même que le géologue n'a be- 
soin que de quelques os pour reconstiluer un animal lout entier, de 
méme, avec quelques plantes. le botaniste pourra reconstituer la flore 
de toute une contrée. Et ceci, Messieurs, présente un très grand inté- 
rél. Vous n'ignorez pas que, d'une part par l’extension des cultures, 
d'autre part par le déboisement, l'aspect de notre pays a complète- 
ment changé. La Montagne d'Alaric, tout proche de nous, n'a pas 
toujours eu cet aspect aride et désolé que nous lui voyons aujourd'hui. 
D’épaisses forêts couvraient certainement ses flancs et son sommet. 
De riantes cascades animaient ses vallons et formaient des cours d'eau 
dont la régularité entretenait la fraîcheur et par suite la fertilité dans 
la plaine. Ce qui est vrai pour l’Alaric l’est aussi pour une partie de 
la Montagne-Noire et des Pyrénées. Or vous n'ignorez pas quels dé- 
sastres résultent du déboisement. & L'homme en déboisant, a dit un 
savant botaniste, méconnait les lois de la nature ». Il fait d'une con- 
trée riaute ct fertile un désert sec ct aride. Michelet décrivant la dé- 
vaslation des Pyrénées s'écrie dans un style imagé : « Tout ce Midi si 
beau c'est néanmoins un pays de ruines... c'est une autre Judée ». Il 
est donc très ulile pour le botaniste de retrouver la végétation primi- 
tive de nos montagnes. Il contribuera ainsi à la reconstitution de nos 
forèts et par suite à la régularisation de nos cours d'eau et à la ferti- 
lité de nos plaines. Si la culture de la vigne, qui s’accommode d'un sol 
relativement sec, a donné jusqu'à ce jour des résultats à nos agricul- 
leurs, une crise récente leur a montré les dangers de la monoculture 
et l'intérêt qu'il y aurail à arroser une plus grande partie de notre 
sol. - 
« Tels sont, Messieurs, quelques-uns des problèmes qui se présen- 
tent à vous. Je ne veux pas terminer sans adresser de chaleureux 
remerctments à ceux qui ont créé et fait prospérer notre Société. Leur 
savoir et leur activité sont bien connus de tous, leur dévouement à 
notre œuvre est si absolu que je n'hésite pas à leur demander encore 
un petit effort. 

« Notre Société est, vous ne l'ignorez pas, une Société ouverte. 


— XXXVII — 


Chacuu y est admis quel que soit son bagage scientifique. Nous fai- 
sons appel à toutes les bonnes volontés. Mais n'y aurait-il pas lieu 
d'adoucir aux débutants les premières dificultés ? Les débuts de 
toute science sont arides et quelquelois décourageants. Ne pourrait- 
on pas diminuer un peu cette aridilé en organisant, en plus des gran- 
des excursions, de petites promenades d'études dans les environs 
tinmédiats de la ville ? Ces promenades, dirigées par ceux qui sont 
depuis longtemps passés maitres, seraient, j'en suis sûr, agréables et 
profilables à tous ; clles donneraient à plusieurs le goût des sciences 
naturelles et leur apprenant à lire dans le grand livre de la nature 
ciles leur inspireraient le désir d'étendre plus loin leurs recherches.Les 
premières diflicultés vaincues, ils goûteraient bien vite le charme 
passionnant des sciences naturelles. Vous, leurs amis, qui rompus de 
longue date aux difficultés des recherches scicentitiques avez supporté 
des fatigues sans nombre, escaladé des montagnes inaccessibles, ex- 
ploré des abimes impralicables et dangereux à la recherche d’une 
plante, d'un insecte ou d'une pierre, vous saurez leur communiquer 
une parcelle de l'ardeur qui vous anime, ct lorsque plus tard, échap- 
pés à votre tutelle, ces débutants, devenus à leur tour des maîtres, 
honoreront la Société par leurs travaux, vous serez tiers de vos élèves 
et vous serez largement récompensés de vos peines par la satisfaction 
d'avoir guidé leurs premiers pas ». 


D'unanimes applaudissements accueillent la fin du discours du nou- 
veau Président. 


DISTINCTIONS HONORIFIQUES. — M. le Président annonce que nos col- 
légues MM. Jules Azéma de Saint-Nazaire, Ch. Baron de Narbon- 
ne, L. Berthomieu de Caunes, et G. Bories de Fabrezan viennent de 
recevoir les palmes académiques. 


I lcur adresse, au nom de la Société, ses plus vives félicitations. 


DéÉcEs. — M. le Président a le regret de faire part de la mort de M. 
Emile Deville, ancien agent-vover, maire d'Alct. M. Deville était notre 
collègue depuis 1890. 


CORRESPONDANCE. — M. le D' Gaujou remercie de sa nomination 
comme Vice-Président. 


M. le général Fleuret, commandant la 16° brigade de cavalerie, 
adresse ses remerciements personnels ainsi que ceux des militaires 
des deux corps de la garnison pour l'attribution qui leur a été faite 
d'une collection complète de notre Bulletin. 


La Société d'Etude des Sciences naturelles de Béziers nous envoie 


— XXXVIII — 


son programme général d'excursions pour 1910. L'excursion de Pâques 
aura lieu cette année à Venise et à Florence, du 22 mars au 4 avril. 


La Société linnéenne de Provence, fondée à Marseille le 22 avril 1909 
nous adresse les deux premières feuilles de son Bulletin à l'appui 
d'une demande d'échange. 

Cette demande est favorablement accueillie et l'échange accepté. 


ACQUISITIONS. — L'Assemblée vote l'acquisition d'un lot d'insectes 
rapportés du Tonkin par un soldat de l'infanterie coloniale. 


Doxs. — M. Léon Carez, membre honoraire. nous envoie un exem- 
plaire du Fascicule VI de son travail sur la Géologie des Pyrénées fran- 
(aises. 

Remerciemeuts. 


ADMISSIONS. — Sont élus à l'unanimité membres actifs : 


M. d'EsPezeL André, tils, négociant, à Carcassonne. 
M. TRiBiLzac Antoine, comptable, à Lézignan. 


COMMUNICATIONS. — Le Secrétaire donne lecture du Rapport de M. 
J. Méric sur l'Excursion du 27 juin à Villemartin. 
Ce rapport Sera inséré au Bulletin. 


Le Secrétaire lit une lettre qu'il a reçue de M. F. Bru, botaniste, à 
Narbonne, par laquelle notre collègue émet le vœu que « à côté des 
collections acquises par notre Société, il soit formé, à l’aide des maté- 
riaux recueillis par tous les membres dans l'étendue du département 
une collection qu'on pourrait appeler ('ollection normale de la Société 
d'Etudes Scientifiques de l'Aude. Cette collection, révisée et classée 
par des spécialistes — ceux-ci ne manquent pas parmi nos membres 
honoraires. titulaires ou correspondants — constituerait un ensemble 
de documents authentiques au moyen desquels il serait toujours pos- 
Sible de contrôler les renseignements publiés sur les diverses bran- 
ches de l'histoire naturelle de notre département ». 


L'Assemblée déclare que le vœu de notre collègue mérite d'être pris 
en sérieuse considération ct d'ètre réalisé. Mais. comme sa réalisation 
entrainerait des frais auxquels notre Société ne peut faire face 
actuellement, elle se contente pour le moment de l'enregistrer jusqu'à 
ce que les circonstances lui permettent de le reprendre et d'en pour- 
suivre l'exécution. 


M. Gavoy fait la communication suivante : 


« Dans le fascicule 3 du Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de 
Toulouse, M. H. Ribaut, chargé de cours à la Faculté de médecine et 


— XXXIX — 


de pharmacie de Toulouse, rend compte d'une cxcursion faite par lui, 
au printemps de 1909, dans les forêts de Cayroulet et d'Hautaniboul 
situées dans la partie nord-ouest de la Montagne-Noire. Deux jour- 
nées de chasse lui ont procuré 29 espèces de Myriapodes, dont 2 nou- 
velles ct l'ont amené à cette curieuse constatation, c'est que « à l’en- 
contre de ce que l'on aurait pu attendre par suite de la situation de 
ce massif montagneux, par suite aussi de ce que l'on sait sur sa faune 
eutomologique, ses récoltes ont révélé un caractère très nettement 
pyrénéen de la faune Myriopodologique ». 

« Dans le mème fascicule, M. A. de Montlezun, publie quelques 
notes sur les collections de trois entomologistes de la région Toulou- 
saine, MM. Marquet, d'Aubuysson, Delherm de Larcenne. 

« C'est une heureuse pensée qu'a eue là le sympathique préparateur 
du Muséum d'Histoire Naturelle de Touleuse de conserver le souvenir de 
ces naturalistes aujourd'hui disparus qui se sout consacrés avec tant 
de zèle à l'étude de nos insectes indigènes et de rappeler l'importance 
de leurs collections. 

€ M. d'Aubuysson (1823-1901) s'était consacré à l'étude des papillons 
dont il avait réuni une belle séric comprenant 649 espèces représen- 
tées par 1320 exemplaires. Il publia en 1868 un catalogue des Lépidop- 
tères de la Haute-Garonne comprenant 523 esnèces, auxquelles il en 
ajouta 9% dans un supplément qu'il fit paraître en 1885. 

€ M. l'Abbé Delherm de Larcenne (183#-1906), professeur au collège 
de Gimont, consacra les loisirs que lui laissait son ministère à la 
recherche des coléoptéres dont il avait pu réunir une collection de 
5291 espèces. Il est l'auteur d'un catalogue des insectes coléoptères 
du Gers et du Lot-et-Garonne, qui, je crois. est resté inachevé. 

« Charles Marquet. né à Béziers le 2 mars 1820, mourut le 6 mai 
1909 à Toulouse où il était tixé depuis de longues années. C'est là que 
je l'ai connu en 1871 et depuis cette époque jusqu'à sa mort je n'ai pas 
cessé d'entrelenir avec lui les relations les plus cordiales. Tout d'abord 
il s'était consacré à l'étude des coléoptères d'Europe cet du bassin 
cirea méditerranéen dont il avait réuni une collection de 8867 espèces. 

« Dans les dernières années de sa vie, il ayait entrepris l'étude de 
plusieurs autres ordres. et élait parvenu à en réunir un nombre d'es- 
pêces assez notable. M. de Montlezun en donne la nomenclature et 
arrive, pour l'ensemble de loules ces collections, au chiffre de 
12.527 espèces. 

«€ Marquet publia de nombreux travaux sur les Coléoptères. les 
Orthoptéres et les Hyménoptères, mais son œuvre principale fut la 
2°’ édition de son Catalogue des Coléoptères du Languedoc qui parut 


en 1897 dans le Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Toulouse, 
trois ans avant sa mort. 

« Le seul reproche que l'on puisse faire à ce travail, c'est d'embras- 
ser une région beaucoup trop étendue, dont l'auteur n'avait pu ex- 
plorer toutes les parties et pour laquelle il avait dù faire appel à ses 
collègues. Une bonne partie des renseignements concernant les insec- 
tes de l'Hérault lui avait été fournie par M. Valéry Mayet. de Mont- 
pellier. C'est pourquoi, tandis que notre Catalogue des Coléoptères de 
l'Aude, dont la publication dans notre Bulletin fut achevée en 1905. 
comprend 3260 espèces ou variétés, réparties en 67 familles, celui de 
Marquet ne comprend que 298 espèces réparties en 66 familles, soit 
une différence de 282 espèces en faveur de notre département, diflé- 
rence que rendra plus sensible encore le Supplément auquel nous 
travaillons eu ce moment et qui mentionnera près de 150 espèces 
recueillies par nous depuis 1905 ». 


Au nom de la Commission de Comptabilité, M. Gavoy rend compte 
de la gestion du Trésorier pendant l'exercice 1909, 


Les comptes présentés par M. Cathala ont élé reconnus exacts : 
l'Assemblée Iles approuve et lui vote des félicitations. 
M. Cathala présente ensuite le projet du budget pour 1910. Ce pro- 
jet est adopté à l'unanimité. 
Le Secrétaire, 
L. GAVOY. 


Sgance du 20 Février 1910 


PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, lRÉSIDENT 


Le procès-verbal de la séance du 16 janvier cst lu et adopté sans 
observations. 

M. le Président fait part du décès de M. Albert Bertrand. survenu 
le 1% février courant. Au nom de la Société, il adresse à la famille de 
notre jeune collègue l'expression de ses plus sincères éondoléances. 


CORRESPONDANCE. — MM. François Sabatier, André d'Espezel et A. 
Tribillac remercient de leur récente admission comme meinbres 
actifs. 


— XLI — 


La Société préhistorique de France nous informe que la sixième 
session du l'ongrés préhistorique de France se licndra cette année à 
Tours (Indre-et-Loire) du 21 au 27 août 1910. 


Démissiox. — M. H. Olivier, Contrôleur des Contributions directes, 
à Limoux, adresse sa démission. 


Doxs. — M. À. Bayard fait don à la Société de la hampe florale de 
l'Agare americana qui a fleuri en 1909 dans sa propriété de Villalier. 
Cette hampe mesure exactement 7 mètres de hautcur. 


M. A. Fages fait dou d'un échantillon de SYÉNITE provenant de Fitou. 
Remerciements. 


Le Secrétaire dépose sur le Bureau les Rapports de M. J. Madren 
nes sur l'Ercursion du 13 juin 1909 à Tourouzclle et de M. G. Sicard 
sur l'Ercursion du 9 mai 1909 aux Grottes de la Montagne-Noire. 

Il dépose également une Note sur les Lophiodontidés de la région de 
Carcassonne, par M. Ch. Depéret, Doyen de la Faculté des Sciences de 
Lyon, membre honoraire. 

Ces divers travaux figureront au Bulletin de 1910. 


Sur la proposition de M. le Président. l'Assemblée vote une somme 
de 2 francs en faveur des inondés de Paris. 


COMMUNICATION. — M. A. Fages fait la communication suivante : 


Dans notre séance du 21 février 1909, M. Gavoy nous a communiqué 
une Nole de M. A. Lacroix, parue dans le Compte-rendu sommaire des 
séances de la Société géologique de France (1° février 1909), sur une 
Syénite néphélinique recueillie à Fitou (Aude) par M. Ch. Depéret. 
J'offre à la Société un échantillon de cette roche, provenant du même 
gisement. 

« Cette roche est un composé, sans quartz (ou pauvre en quartz), 
d'éléments granitiques à texture purement et complètement grani- 
toides. La Syénite présente ordinairement des teintes foncées, le 
uoirâtre el le verdàtre. Quelquefois le Feldspath est coloré en rouge 
et la roche est alors rouge de corail. 

« L'histoire et les particularités de gisements de la Svénite se 
confondent avec celles du granite. 

«a Une grande partie des Syénites zirconicnnes reposent sur des 
schistes argileux qui alternent avec des grès et des calcaires d'époque 
silurienne renfermant des Ortharerux. 

« Dans le Tyrol méridional la Syénite est intercalée dans les ter- 
rains de sédiment qui semblent déborder du grès rouge dans Ja 
formation calcaire superposée. Ainsi, il existe des Syéniles d'âge 


"XL — 


essentiellement différent, particularité commune à la presque totalité 
des roches plutoniennes. 

« Le plus grand nombre des monuments KEgyptiens ont été taillés 
dans la syénite : cette roche est employée comme le granite. » 


Excursions. — L'ordre du jour appelle l'examen du programme des 
excursions de la Société en 1910, élaboré par les soins du Comité. Ce 
programme est adopté comme suit : 


22 mars-#4 avril. — Venise et Florence (avec la Société de Béziers). 


28 mars. — Mines de Mispickel de Villardonnel. 

24 avril. — Olonzac, Cesseras, Grotte de Minerve ou de la 
Coquille. 

15-16 mai. — Gorges du Tarn (avec la Société de Béziers). 

16 mai. — Narbonne, Ile Sainte-Lucie, Lanouvelle. 

5 juin. — Mas-Cabardès, Cascade de Cupserviès. 

26 juin. — Alet, Grotte de Lavalette, Saint-Salvaire. 

13-14 juillet. — Haute vallée de l'Aude, Pic de Madres. 

31 juillet, — Fleury, llage de Saint-Pierre, la Mer. 


Le Secrétaire, 
L. GAVOY. 


Séance du 20 Mars 1910 


PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT. 


M. le Président annonce que M. Germain Sicard vient d'être frappe 
cruellement dans ses plus chères affections ct de perdre une de ses 
filles âgée de 23 ans. Il se fait l'interprète des sentiments de la 
Société en adressant à notre collègue si durement éprouvé lexpres- 
sion de sa plus vive sympathie. 

Il ajoute que, depuis notre dernière séance, la mort a fait un uou- 
veau vide dans nos rangs. M. Alcime Cabannes, d'Argelliers, qui faisait 
partie de notre Société depuis 1898, est décédé dans ces derniers 
temps. 


M. Cabaunes ne prit pas une part active aux travaux de la Société 
d'Etudes scientitiques. mais c'était un travailleur qui aimait à com- 
pulser les registres des notaires de la région et les manuscrits 


— XLII — 


conservés dans les principales villes voisines, dans le but de réunir des 
documents pouvant servir à l'histoire régionale ct à celle d'Argelliers 
en particulier. Son œuvre n'a jamais été publiée, mais elle ne sera pas 
perdue pour ceux qu'intéressent les études historiques ; elle a été 
léguée par M. Cabannes à M. Fraïsse Célestin, son régisseur, qui va 
le remplacer parmi nous et qui voudra bien, nous en avons l'assu- 
rance. la mettre à la disposition de nos historiens. 


CORRESPONDANCE. — M. Fages communique un passage d'une lettre 
qu'il a reçue de M. de Grossouvre, dans laquelle notre distingué 
membre honoraire promet de nous donner avant la fin du mois de 
mai une série de Notes à ajouter à son travail Sur la Craie des Cor- 
bières qui doit être imprimé dans notre Bulletin. Ces notes seront 
mises sous forme de renvoi au bas des pages afin de bien distinguer 
les deux textes. 


Dons. — M. Gavay fait don, pour les collections de la Société, d'un 
échantillon de Minerai de fer provenant de Lesquerde, près Saint- 
Paul-de-Fenouillet (Pyrénées-Orientales). 

M. Numa Fabre fait don, pour la bibliothèque, d'un bel ouvrage 
intitulé : l'Embryologie comparée, par L. Roule. : 


Remerciements aux donateurs. 


PRÉSENTATIONS. — M. Fraïsse Célestin, propriétaire à Argelliers, 
présenté par MM. Marius Cathala et Maurel Jean. 


Olive Joseph, Apiculteur à Bugarach, présenté par MM. Emile 
Glories et Gavoy. 


COMMUNICATIONS. — M. Marius Cathala nous signale par lettre une 
découverte intéressante. 


Dans la commune de Montouliers (Hérault), limitrophe de celle 
d'Argelliers (Aude). des carriers ont mis à jour une grotte sépulcrale. 
C'est une simple fissure de rocher dans laquelle sont entassés des 
ossements humains. 


Notre collégue a fouillé une partie de cette grotte avec M. Laurent 
Maurctte, l'habile préparateur de paléontologie de FUniversité de 
Lyon, envoyé à Moutouliers par M. Depéret à qui M. Mendie. maire, 
avait signalé la découverte et réservé le droit de fouiller. 


H n'a pas été recueilli de matériaux permettant de tixer l'époque à 
laquelle on peut faire remonter ces inhumations. 

I résulle cependant de l'eramen sommaire aüquel s'est livré M. le 
D' Lucien Mayet. professeur d'Anthropologie à la Faculté des Sciences 


— XLIV — 


de Lyon, sur les premiers crânes qui lui ont été communiqués, que 
Ilcs squelettes paraissent néolithiques et apparlenir à la race de Cro- 
Magnon ; mais ces dolichocéphales primitifs sont déjà mélangés par 
l'élément brachycéphale infiltré au cours des temps néolithiques. 

Parmi les cränes étudiés, il se trouve, en cilet, un représentant de 
la race brachycéphale. M. le D' Mayet doit se rendre sur les lieux 
pour compléter son étude. 

En attendant l'exposé complet des conclusions du savant RE 
il convient de louer M. Mendie, Maire de Moutouliers, d'avoir. 
dès la découverte de la grotte, fait suspendre immédiatement les 
travaux sur ce point et conservé ainsi à la science anthropologique 
de précieux documents. 


Excursions. — L'ordre du jour appelle l'examen du programme de 
l'Excursion du Lundi de Pâques (28 mars) aux Mines de Mispickel de 
Villardonnel et de Salsigne. 

Ce programme élaboré par M. Esparseil, qui dirigera l'excursion, 
est adopté dans tous secs détalls. 


ll est ensuite décidé que, à cause des élections législatives dont la 
date est fixée au 24 avril prochain, l'Excursion à la Grotte de Minerve 
qui devait avoir lieu ce même jour, sera avancée el fixée au 17 avril. 
Par contre, la séance du 173 avril sera reportée au 24. 


Rien plus n'étant à l'ordre du jour, la séance est levée. 


Le Secrétaire, 
L. GAVOY. 


Séance du 24 Avril 1910 


PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT. 


M. J. Cathala. trésorier, fait part du déces de M. Emile Roca. ingé- 
nieur civil. à Castelnaudary. qui était membre de notre Société depuis 
1890. 

M. Gavoy annonce également la mort de M. Odon Debeaux, ancien 
pharmacien principal de l'armée et botaniste distingué, membre cor- 
respondant. 


Le Sccrélaire dépose sur le bureau le programme du x1° Congres 
géologique international qui se réunira à Stockholm du 18 au 25 aoûl 
prochain. À la méme époque aura lieu la 11° Conférence agrogéologique 
internationale, où seront traitées des questions en étroite connexion 


= LV 


avec celles qui seront discutées par le Congrès géologique. La Société 
est invitée à s'y faire représenter. 

Les adhésions devront être adressées, autant que possible avant le 
4°" juin prochain, à M. le Professeur Helge Bæckstrwm à Stockholm. 

Par une circulaire en date du 1‘ avril, MM. R. Bigeard et H. Guil- 
lemin, auteurs de la Flore des Champignons supérieurs de France, 
annoncent qu'ils se proposent de publier, dans le courant de 1911, uu 
Complément à cette Flore. 

La Société décide de souscrire à un exemplaire. 


Doxs. — M. A. Fages offre, au nom de M. J. Bousquet, instituteur 
en retraile, à Azillanet, une brochure ayant pour titre : Les Cavernes 
des environs de Minerve (Hérault), par M. Eugène Ferrasse, avec 1 plan 
hors texte de la Grotte de la Coquille, que la Société a visitée, le 
17 avril courant. 

M. Bousquet, qui est l'auteur de ce plan où sont minutieusement 
relevés tous les accidents de terrain, la longueur et la largeur des 
galeries, la hauteur de la voûte, etc... avait bien voulu s'offrir pour 
servir de guide aux excursionnistes. Ceux-ci ont pu ainsi parcourir 
en tous sens cette belle caverne dont la visite a duré plus d'une heure. 

M. Bousquet nous a également remis, pour les collections de la 
Société, quelques échantillons de Limnées fossiles recueillis par lui 
aux environs de Minerve (Hérault). M. Fages y ajoute un échantillon 
de Calcaire à alréolines provenant des environs de la Grotte de la 
Coquille. ù 

M. le D' Bourrel fait don de deux Scorpions du Nord de l'Afrique 
(Buthus europæus seu ocrilanus) conservés dans le formol. 

M. le Président adresse ses remerciements aux donateurs et plus 
particulièrement à M. Bousquet qui, bien que n'appartenant pas à 
notre Société, nous a témoigné d'une manière si gracieuse l'intérêt 
qu'il prend à nos travaux. 


ADMISSIONS. — Sont élus à l'unanimité membres actifs : 
MM. Fraïsse, Célestin, propriétaire, à Argelliers. 
OLIVE, Joseph, apiculteur, à Bugarach. 


COMMUNICATIONS. — M. Gavoy fait la communication suivante : 


Note sur la capture de deux Coléoptères nouveaux 
pour le département de l’Aude 


« Le 11 de ce mois d'avril, au cours d'une promenade sur la rive gau- 
che de l'Aude, avant d'arriver au Moulin de Maquens, j'ai capturé un 
excumplaire de Lixsodema lituratum Curtis, en battant une haie d'au- 
bépines. 


= ALVE — 


D'après le D' Gobert (Cat. rais. des Col. des Landes), &« cet insecte 
vit sous l'écorce du lierre, du chéne. Perris l’a obtenu de l'aubépine 
et surtout de la vigne sauvage. Il est abondant en mai et avril en 
battant les haies de chène qui ont des branches mortes ». 


D'après l'abbé Delberm de Larcenne (Cat. des Col. du Gers et du Lot- 
el-Garonne), « il vit dans les rameaux secs de la vigne blanche 
(Clématite), du châtaignier, du noisetier, de l’aubépine. Sa larve vit à 
la suite des Xylopertha sinuata, Sinorylon, Agrilus derasofasciatus, 
dans la vigne sauvage et le figuier ». 

« Remontant toujours la rive gauche de l'Aude, vers la plage qui 
s'étend à l'est du domaine du Chapitre, je remarquai des dunes de 
sable dans lesquelles s'ouvraient des galeries de Cicindela fleruosa. 
Comme j'avais précisément besoin de regarnir mes cartons de doubles 
de cette espèce, si diflicile à capturer en plein soleil, je me mis à 
gratter le sable légèrement, par petites couches et j'en recueillis sans 
grande peine un bon nombre d'exemplaires. En mème temps, je 
déterrai un petit Saprinus, d'un vert brillant, qui n'était autre que 
le S. rugifrons Payk. et un second, de taille plus avantageuse et d'un 
cuivreux doré, que je ne reconnus pas tout d'abord. 

« Rentré chez moi, je m'empressai d'étudier ma trouvaille et je recon- 
nus avec plaisir que j'avais affaire au Saprinus Pelleti Marseul, espèce 
qui jusqu'à présent avait échappé à mes recherches. Je savais qu'elle 
avait été découverte à Béziers, dans le sable, à la suite des inonda- 
tions de l'Orb (Marquet, Cat. des Col. du Languedoc), qu'elle avait été 
retrouvée aux bords du Tarn, au Rozier (Aveyron), par le frère de 
mon collègue et ami M. J. Sainte Claire Deville, à Albi (Tarn), par le 
capitaine Carpentier, et à Collioure (Pyrénées-Orientales), par le D' 
Normand, mais j'ignorais dans quelles conditions. 

« Le Saprinus Pelleti vit au bord des cours d'eau, dans les dunes de 
sable fin qu'afflectionnent les Cicindèles. Il lui faut un sable bien lavé. 
peu compact, non recouvert d'une croûte de limon. I s’y tient, comme 
les Cicindèles, dans les couches supérieures, échauflées par le soleil, 
en compagnie de S. rugifrons, et de quelques autres espèces ammo- 
philes (Rhyssemus germanus, Psammodes sulcicollis, Cardiophorus equi- 
seli), sans pénétrer dans les couches humides. Je ne saurais dire s'il 
existe un rapport quelconque entre les Saprinus et les Cicindela, mais 
j'ai remarqué que les tertres sableux qui ne contiennent pas de 
Cicindela fleruosa ne contiennent pas non plus de Saprinus. 

«Le Saprinus Pelleti est moins abondant que S. rugifrons. à peu près 
dans fa proportion de 20 ° .. Néanmoins, ce n'est pas une espèce rare 
et avec un peu de patience on peut en faire une bonne provision. 


— XLVII — 


puisque, en deux séances de deux heures chacune, j'ai recueilli 
44 Pelleti sur 250 r'ugifrons. 

« Voilà deux espèces de plus à ajouter au Catalogue déjà si riche 
des Coléoptères de notre département ». 


Excursions. — L'ordre du jour appelle l'étude du programme de 
l'excursion du 16 mai prochain (lundi de Pentecôte) à l'Ile Sainte- 
Lucie. Faute de quelques renseignements indispensables, il n'est pos- 
sible que d'en tracer les lignes générales. Dès que ces renseignements 
lui seront parvenus, le Comité établira le programme définitif qui sera 
porté à la connaissance des Sociétaires par la voie de la presse, comme 
d'habi ude. 

Le Secrétaire, 
L. GAVOY. 


Séance du 22 Mai 1910 


PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT. 


CORRESPONDANCE. — M. J. Olive, de Bugarach, remercie la Société 
de son admission comme membre titulaire. 


Doxs. — M. A. Fages fait don, pour les collections de la Société, de 
2 pointes en jaspe et de 2 Nucleus de même matière, provenant du 
Moustérien de Leigné-sur-Usseau (Vienne). 

Remerciements. 


COMMUNICATIONS. — M. Fages signale, dans l'Homme préhistorique, 
numéro d'Avril 1910, une très intéressante étude sur la véritable 
Signification des trouvailles faites au pied des Menhirs, par M. le D' 
Marcel Baudoin (de Paris), Secrétaire général de la Société préhistori- 
que de France. 


M. Baudoin pose en principe que, jusqu'à présent, on n'a pas com- 
pris la signification réelle des trouvailles faites au pied des vrais 
Menhirs fouilles. 

I essaye de le démontrer : 1° en résuwmant les observations précises 
publiées sur ces fouilles ; 2 en faisant ressortir l'importance particu- 
Lière de certaines trouvailles, après les avoir dégagées nettement des 
divers autres objets trouvés ; 3° en indiquant que ces trouvailles ne 


— XLVIL — 


peuvent ètre en rapport qu'avec une cérémonie particulière, un rite 
accompli lors de l'érection du Menhir ; #* en montrant qu'on retrouve 
un rile analogue à une époque historique, pendant la période romaine 
et même à l'époque actuelle, dans certaines coutumes en rapport avec 
la construction des maisons d'habitation. 

Et il en dégage cette conclusion que les Menbhirs étaient des #1onu- 
ments indicateurs de sépullures et que, à côté du Rile funéraire, il ÿ 
avait déjà un Rite de construction pour la protection des Mégalithes 
devenus fabous. c'est-à-dire sacrés. 

M. Baudoin énumère les objets découverts au pied de Menhirs dans 
es départements du Finistère, du Morbihan, de l'Ille-et-Vilaine, des 
Côtes-du-Nord, de la Vendée, de l'Eure, de l'Orne, de la Creuse, de 
l'Oise, de la Marne, du Loir-et-Cher et des Hautes-Alpes, et dans 
quelques Alignements et Cromlechs. Partout, ce qui domine, ce sont: 
1° Les charbons el les cendres : 41 fois ; 2 les lessons de poterie : 22 fois; 
3 une terre spéciale : 16 fois ; #° les éclats de siler : 15 fois — sans 
compter les pierres de calage presque toujours étonnées par le feu. 

Ces trouvailles prouvent d'une façon indéniable que ces monuments 
remontent à l'époque néolithique. 

On a bien trouvé aussi d'autres objets tels que : haches en bronze, 
bracelets en or, monnaies ou médailles anciennes, mais ils ne sont 
pas de cette période et n'ont aucun rapport avec l'érection des Menhirs 
eux-mêmes. Certains peuvent avoir élé égarés ou perdus, d'autres 
avoir élé placés au pied d'un Menhir parce que c'était un point de 
repère facile à retrouver. 

Quelle est donc la significalien réelle de ces charbons, de ces rendres, 
de ces pierres brülées et en place, de ces traces de feu? M. Baudoin croit 
l'avoir trouvée dans le passage suivant d'un auteur latin, cité par 
Fustel de Coulanges : Sicuztvs FLacus. 

Pour ériger les « Trrmes », sorte de représentant sacré du culte 
domestique, voici comment s'y prenaient les anciens Italiens : « [ls 
commençaient par creuser une fosse, et dressant le Terme sur le bord. 
ils le couronnaïient.... Puis, ils offraient un sacrifice. La victime immo- 
lée, ils en faisaient couler le sang dans la fosse ; ils y jetaient des 
charbons allumes, des grains, des gâteaux, des fruits, un peu de miel... 
Quand tout cela était consommé dans La fosse, sur les cendres encore 
chaudes, on enfonçait La pierre... » 

Il serait diflicile de trouver un texte qui cadre mieux avec les trou- 
vailles faites au pied des Menhirs ! Tout y est: charbons. cendres, elc. 
Or, cette cérémonie. qui est un rile de construction, se retrouve dans 
les coutumes relatives à la construction des maisons, qui existent 
encore de nos jours en divers pays. 


— XLIX — 


En Vendée, par exemple, quand une maison vient d'être construite, 
on tue un canard, on verse le sang sur le plancher et on le fait brûler; 
en Basse-Cornouaille, on tue un coq ; dans l'Ille-et-Vilaine, la victime 
est une poule noire. | 

ll est évident qu'il s'agit ici d'un sacrifice, fait pour conjurer du 
mauvais sort, pour protéger non-seulement la maison, mais ceux qui 
l'habitent. 

Certains auteurs, en fouillant les Menhirs, ont constaté l'existence 
à leur base d'une cavité spéciale qu'ils ont appelée Cella. C'est une 
cavilé artificielle dans laquelle on trouve des charbons. de la terre 
brülée, des cendres mélangées avec de la terre et une sorte de magma 
humide, comparable à une pâte de teinte brune, qui a donné à l'ana- 
lyse 2 gr., 5 pour 100 de phosphate de chaux. Il se peut donc fort bien 
que, de même que pour les Termes et les maisons, on a versé au pied 
des Menhirs du liquide. peut-être du sang. 

Du rapprochement de tous ces faits, M. Baudoin conclut que l'érec- 
tion d'un Menhir avait pour but d'indiquer une sépulture voisine et 
que, pour consacrer le caractère riluel de ces monuments, ou se livrait 
à une cérémonie spéciale avant la fermeture de la fosse à Menhir, avant 
le calage de la face libre et après le redressement de la pierre. 

La théorie du D' Baudoin jette un‘jour nouveau sur la destination 
de ces Mégalithes, restée jusqu'à présent si obscure. Il est à souhaiter 
que les recherches ultérieures, orientées dans le sens indiqué par lui 
viennent la confirmer ». 


M. F. Bru nous communique la note suivante : 


« Le 15 août 1907, j'herborisais sur les plages de Sainte-Lucie en 
compagnie de notre collègue, M. Rebelle, lorsque je découvris un 
Epilobium qui me parut, au premier abord, tout différent de ceux que 
j'avais jusqu ici observés. 

« Après un examen approfondi et de minutieuses recherches dans 
plusieurs ouvrages, une seule diagnose se rapportait assez bien à ma 
plante, sans toutefois me satisfaire complètement. C'était celle de 
l'Epilobium parriflorum Schreb., Grenier et Godron, Flore française. 

« Je résolus alors de m'adresser à un des plus éminents spécialistes 
du genre, Mgr Léveillé, Voici sa réponse : 

« L'Epilobium envoyé est bien l'E. partiflorum Schreb., var. Men- 
thoides Hauuk. On trouve sauvent cette variété dans les terrains salés 
à côté des formes maritimem et replans, à Uiges rampantes et 
odorantes. » 

« Ces variétés n'étant indiquées dans aucune Flore. je n'avais pu 
arriver à un résultat. Aujourd'hui, le litige a été tranché par léminent 


* 


— }, — 


spécialiste à qui j'adresse mes plus sincères remerciements et notre 
département compte une nouvelle variété de plus. » 


M. A. Cros-Mayrevieille nous adresse copie d'une communication 
qu'il a faile à la Sociclé des Arts et Sciences de Carcassonne (séance 
du 10 avril 1910) relativement à des restes antiques découverts, à 
suite de défoncements. sur son domaine de Mayrevieille. Dans deux 
grands champs situés au-dessus de la chapelle, la charrue a mis au 
jour 7 ou 8 emplacements circulaires contenant des cendres, des 
charbons, des débris de cuisine et des poteries et dénotant qu'une 
peuplade fort ancienne a séjourné en cet endroit. 

Cette communication, présentant un intérêt tout particulier pour 
notre Société, sera publiée in e.rlenso dans le prochain Bulletin. 


Excursioxs. — L'ordre du jour appelle l'examen du programme de 
l'excursion du 5 juin. 

Etant donné le retard apporté cette année dans la végétation par 
une température absolument inconstante et anormale, il est décidé 
que l'excursion du 5 juin sera reportée à 8 jours plus tard, c'est-à-dire 
au 12 juin et que celle d'Alct précèdera celle de Cupserviès dans la 
Montagne-Noire, laquelle est reportée au 26 juin. 


Le Secretaire, 
L. GAVOY. 


Séarce du 19 Juin 1910 
PRÉSIDENCE DE M. O. SARCOS, vicE-PRÉSIDENT 


En l'absence du Secrétaire, M. Rebelle. Secrétaire-adjoint, donne 
lecture du pracès-verbal de la séance du 22 mai, qui est adopté sans 
observations. 


CORRESPONDANCE. — La correspondance comprend : 

4° Une circulaire portant le règlement et le programme du premier 
Congrès International d'Entomologie qui se tiendra à Bruxelles, du 
1°" au 6 août prochain. + | 

2 Une circulaire de la Société Géologique de France relative à la 
Réunion extraordinaire qui se tiendra à Valence (Drôme). Alais et 
Nitues (Gard), du 22 au 29 septembre 1910 

P Le programme de l'Excursion que la Société d'Etudes des Scien- 
ces Naturelles de Béziers fera, le 26 juin courant, à Palavas. 


F 


Dons. — M. Hyvert offre à la Société un ouvrage dont ilest l’auteur, 
ayant pour titre : Le Ruraliway, dans lequel il préconise un nouveau 
système de Tramway monorail plus pratique et plus économique que 
ceux adoptés jusqu'ici pour les transports ruraux ou coloniaux. 

Remerciements. 


PRÉSENTATION. — M. Azéma Lucien, entrepreneur de menuiserie, 
rue de Lorraine, 32 et 15, à Carcassonne, présenté par MM. A. Fages 
et P. Bardou. 


CoMMuxicATIONS. — M. Georges Hyvert présente un appareil dont il 
est l'inventeur, auquel il a donné le nom de NITROCOLORIMÈTRE DIFFÉ- 
RENTIEL. 

Ainsi que son nom l'indique. cet appareil permet d'apprécier, par 
l'intensité des colorations dues à certaines réactions chimiques provo- 
quées simultanément dans un milieu à analyser et dans un milieu préa- 
lablement titré, la différence de teneur en acide nitrique des deux 
milieux comparés. 

L'inventeur utilise un réactif analogue à la Diphenylamine, mais 
beaucoup plus sensible, puisqu'il peut déceler la présence d'un poids 
de 0 gr., 000,000,001 d'acide nitrique. . 

En effet, s'il s'agit, par exemple, d'un vin naturel additionné de 
10 *’, d'une eau de riviére renfermant 0 gr.. 001 d'acide nitrique par 
litre, ce vin titrera 0 gr., 0001 par litre. L'opération ayant lieu sur 5 
gouttes pharmaceutiques (30 au centimètre cube), le volume du liquide 


soumis à l'expérience renferme SE Z 0 gr., 000,000,001. On 


ne saurait exiger d'un réactif une plus grande sensibilité. 

Naturellement, les liquides tels que boissons, lait, vins, vinaigres, 
etc. doivent ètre préalablement décolorés au noir animal chimique- 
ment pur, avant d'être soumis à l'expérience. Cette dernière doit 
avoir lieu rigoureusement, pour les liquider à titrer, à la mème tem- 
pérature, sous le même éclairemenut et pendant le méme laps de temps 
que pour le liquide étalonné qui sert de terme de comparaison. 

L'appareil que M. Hyvert fait fonclionner sous nos veux permet 
d'opérer dans ces condilions. 

Notre collègue, dont les premiers essais remontent déjà à 5 ans. le 
brevet à 3 ans, n'a pas voulu présenter sa méthode à une Société 
scientifique avant qu'elle ne fut complètement au point. Ce n'est 
qu'après de nombreux tâtonnements el. disons-le mème, après quel- 
ques insuccès qui n'ont pu le décourager. qu'il a été conduit au dis- 
positif délinitif. Le neuvieme, et dont il a réservé la primeur à la 
Société d'Etudes séientiliques de l'Aude. 


LI = 


Ce nouveau modèle s'applique tout particulièrement à la recherche 
du mouillage des vins. 


Lors du Congrès international de Chimie appliquée, tenu à Rome en 
1907, les savants italiens et allemands, après avoir étudié minutieuse- 
ment les méthodes basées sur la présence des nitrates dans les vins, 
ont proclamé à l'unanimité que les vins naturels ne doivent pas en 
renfermer, et ils ont indiqué, pour les doser, diverses méthodes très 
compliquées. 

Celle de M. Hyvert paralt résoudre le problème par son extrême : 
simplicité. On en jugera par la lecture du mode opératoire ci-après, 
qui est à la portée de tous et n'exige aucune connaissance spéciale : 


— Préparation des 
Liqueurs à comparer. 
1° Réduire à 3 "3 par l'é- 
bullition, 103 de bois- 
._ Son, laver la capsule avec 
J quelques gouttes d'eau 
distillée ; ajouter au vin 
d réduit et compléter le 
volume à 5°"3 avec de 
l'ean distillée. — 2° Agi- 
ler 20 fois avec une dose 
de noir. — 3° Passer sur 
un filtre, préalablement 
| lavé à l'aide d'eau distil- 
1 _2@ F 4 Jée, acidulée par 10°, 

TT | ET d'acide sulfurique. 
ee | M: Ménios-cnérations ét 
le vin étalon (vin pur 


Vue de l'Appareil additionné de 10°;, d'eau 
Brevelé S G. D. G. No 390.863 
naturelle). 


C 


Î M 


B. — Emploi de l'Appareil. — 1° Le réfrigérant étant rempli d'eau 
et les bougies lavées à l'eau distillée, verser dans celles-ci 2 ou 3°" 
d'acide sulfurique ; laisser égoutter ; verser de l'acide dans le tube 
central jusqu'à ce qu'il aflleure à la base dés bougies. — 2° Dans cha- 
que bougie, laisser tomber, bien d'aplomb dans l'axe, d'abord 5 gouttes 
des liqueurs correspondantes: puis 15 gouttes de réactif par groupes 
de 5, pour éviter le suréchauflement et la caramélisation, conditions 
indispensables. — 3° Verser # à 5°"% d'acide sulfurique par le tube cen- 
tral, pour constituer un matelas acide de 3 centimètres sous Îles 
liqueurs. — 4° Observer les coloralions au bout de 15 à 20 minutes. 


— LI — 


C. — Diagnostic. — Tout vin qui fournira une leinte plus intense 
que celle donnée par l'étalon (vin pur additionné de 10 * , d’eau) sera 
déclaré suspect et le négociant soucieux de sa réputation et de sa 
tranquillité ne devra pas accepter de le prendre en charge sans 
exiger de son vendeur des garanties spéciales et un bulletin d'un 
laboratoire ofliciel, sinon il s'expose à tous les désagréments des 
poursuites correctionnelles. La forte hausse des vins, constituant une 
prime à la fraude, doit mettre sa prudence en éveil. 


Nora. — Ilest évident, & plus forte raison, que les coupages de vins 
naturels avec les vins artificiels qui renferment au moins S0°,, d'eau 
naturelle, sont immédiatement décelés par l'appareil. 

La communication de notre savant collègue a vivement intéressé les 
membres présents à la séance qui ont suivi ses explicalions avec une 
altention soutenue. Il est à souhailer, dans l'intérèt de la viticulture, 
que Îles laboratoires s'emparent de cette méthode appelée à rendre les 
plus grands services et que la fraude par le mouillage soit désormais 
cnrayéc. 

M. Fages lit une Note dans laquelle il énumère les trouvailles 
d'objets préhistoriques ou anciens faites par lui sur la rive droite de 
l'Aude. depuis le plateau de Mayrevicille (plateau de .Carsac), près 
Carcassonne, jusqu'au village de Leuc. 

Cette Note, trop étendue pour figurer daus le présent procès-verbal, 
sera insérée dans notre-prochain Bulletin, à la suite de celle de M. Cros- 
Marvrevieille dont il a éte donué lecture dans la séance précédente. 


M. Gavoy présente une liste de près de deux cents espéces de 
Coléoptères recucillies par lui, le 2% mai dernier, dans des détritus à 
la suite d'une cruc de l'Aude. 


ExCURSIONS. — Le programme de lExcursion à Cupserviés et au 
Roc du Bougre (Montagne-Noirc), projetée pour le 26 juin, est adopté 
lel qu'il a été élaboré par les soins du Comité. 


Le Secrétaire de lu séance, 
F G. REBELLE. 


Séance du 17 Juillet 1910 


PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT 


CORRESPONDANCE.— Celle-ci comprend : 
{° Une lettre circulaire de M. de Rey-Pailhade, président du Comité 
pour la Propagation des Méthodes décimales, accompagnant une Péti- 


DIV = 


tion adressée à M. le Ministre de l'instruction publique en vue de 
réaliser la division décimale du jour entier, proposée par les auteurs 
du système, métrique vt décrétée par la Convention nationale le 4 
Frimaire an Il. 

Le moven proposé par le Comité pour arriver à ce résultat consis- 
terait à commander, par concours, à l'horlogerie française, 100 mon- 
tres décimales à trotteuse centrale, du système dit de la Convention 
nationale. | È | 
Ces instruments seraient répartis daus divers établissements d'en- 
scignement supérieur, secondaire et primaire, dans quelques-unes de 
nos grandes Sociétés scientifiques et sportives et serviraient à en 
étudier méthodiquement les avantages et les inconvénients. 

> Une lettre-circulaire de M. J. de Lahondès, Président de la 
Sociélé archéologique du Midi de la France, invitant les membres de 
notre Société à participer aux travaux de la Sous-Section d'Ar- 
chéologie, lors du Congrès de l'Association Française pour l'Avan- 
cement des Sciences qui doit se tenir à Toulouse du {" au 7 août pro: 
chain. 


Doxs.— M. Léon Carez, membre honoraire, fait hommage à la So- 
ciélé, pour sa bibliothèque d'un exemplaire de son travail intitulé : 
Etudes géologiques sur la feuille de Mauléon (Basses- 
Pyrénées). (Extrait du Bulletin de la Sociélé géologique de France. 
4° Série, T. NX, page 73, année 1910). | 

Remerciements. - 


ADMISSION.— Est élu, à l'unanimité, membre actif : 


M. AzZEMA, Lucien, entrepreneur de menuiserie, rue de Lorraine, à 
Carcassonne. 


COMMUNICATIONS. — M. Gavoy signale. dans le Compte-rendu som 
maire des séances de la Société géologique de France, n° 12 et 14. séance 
du 20 juin 1910. une Note de M. Léon Carez, qui intéresse un point 
de notre région et qui, à ce titre, lui parail mériter d'ètre consignée 
dans nos procès-verbaux. Cetle note est intitulée : Examen conm- 
paratif de mes conclusions et de celles de M. Léon Ber- 
trand sur la structure des Pyrénées. 


@_ ME. Carez. continuant la série de ses communications sur le versant 
Nord des Prrénées. examine les théories de M. Léon Bertrand (1) qui 
admet, comme on sait. une série de nappes de charriage superposées. 


fi L. BERTRAND Contribution à l'histoire stratigraphique et tectonique des Prrénées-Orientales 
et Cuutrales. Bull. Sere. Carte géol. Fr., &. NNII, 4905, p. 465. 


— LV — 


« L'auteur énumère les charriages qu'il reconnait et qui sont peu 
nombreux : pic de Bugarach, massif de Lacoura. ctc.; il rejette tous 
les autres et pense que tous les massifs primaires séparés de la zone 
primaire centrale sont enracinés. sans exception. 

€ S'occupant spécialement de la feuille de Quillan. il passe en revue 
les différentes coupes de M. L. Bertrand et estime que ces coupes ne 
sont pas suflisamment étavées par les observalions, que nulle pert on 
ue peut voir les superpositions de séries ou de nappes indiquées par 
ce géologue, enfin que les inclinaisons de couches telles qu'elles.sont 
tigurées sont le plus souvent différentes de la réalité, soit pour le 
sens du plongement, soit pour leur intensité. 

« En rétablissant les véritables inclinaisons. on arrive à cette conclu- 
sion que non seulement les nappes de M. L. Bertrand ne sont pas 
prouvées, mais que leur existence est contredite par tous les faits 
bien constatés, et qu'en aucun point il n'est possible de voir la super- 
position des diverses nappes supposées. Tandis que les contacts 
normaux où anormaux sont presque toujours verticaux ou voisins de 
la verticale, M. L. Bertrand est amené à les figurer horizontaux, ce 
qui ne se voit nulle part et est tout à fait contraire au mode de struc- 
Lure de la région. 

€ Pour bien montrer combien les coupes de M. L. Bertrand sont 
théoriques, M. L. Carez s'attache à la coupe 16 de la planche 11 (1); 
il explique que celte coupe est prise suivant une ligne où les seules 
couches qui affleurent, soit sur cette ligne même, soil à une grande 
distance à l'Est et à l'Ouest, sont les calcaires marmoréens jura- 
crétacés et le Primaire ; néanmoins l'auteur a figuré six terrains 
superposés : Trias, Lias et Jurassique, calcaires aptiens, schistes 
albiens. Primaire, calcaires marmoréens, et les a distribués en deur 
nappes séparées par une surface horizontale, la nappe inférieure pré- 
sentant un très beau pli couché au Nord. 

€ Si l'on supprime des différentes figures de M. L. Bertrand ce qui 
est hypothétique pour ne laisser subsister que ce qui est visible et 
contrôlable, on arrive à cette conclusion qu'il ne reste rien des argu- 
ments mis en avant pour soutenir Fexistence des quatre grandes 
Nappes superposées. 

« Ce qui existe, comme M. L. Carez l'a dit depuis longtemps (2), ce 
sont de très nombreux chevauchements, de trop faible amplitude pour 
mériter Île nom de charriages, et non détachés de leurs racines ; ces 

ds Op ete. 


«D Les premieres notes ou M L. Carez à mentionné les chevauchements sus la feuille de 
Quillan datent de 1883, 1842 et 1N93. 


=: LVL 


chevauchements sc portent le plus souvent vers le Nord, mais il y en 
a aussi un certain nombre dirigés en sens inverse. 


« M. Léon Bertrand reléve les attaques dont ses observations dans les 
Pyrénées et leur traduction graphique en coupes synthétiques vien- 
nent d'être l'objet. Il répond, tout d'abord, à l'un des principaux 
griefs de son contradicteur, qui lui a vivement reproché de faire 
figurer dans ces coupes autre chose que ce que l'on peut strictement 
voir à la surface aux points précis où passe chacune d'elles. Les cou- 
pes en question sont synl'héliques et, pour ne pas les multiplier à 
outrance, l'auteur y a fait figurer, en profondeur, les données qu'on 
est vraisemblablement en droit d'induire, par conlinuilé, des rensei- 
gnements fournis par les points contigus ou par les coupes voisines. 
de façon à donner unc idée de l'allure profonde des renseignements 
fournis par la surface. 


« Il discute, en même temps, la manière dont ont été établies les 
coupes très différentes que M. Carez vient d'opposer aux siennes et 
dans lesquelles ne se montre pas le souci d'une semblable coordina- 
tion tecionique les contacts anormaux y apparaissant, à tort, tous 
presque verticaux et sans aucun lien leS uns avec les autres. 


. QI maintient formellement la généralité de ses interprétations tant 
pour la feuille de Quillan, dont il vient d'être question, que pour 
celles de Foix et de Baguères-de-Luchon, dont M. Carez doit s'occuper 
dans la prochaine séance, à laquelle M. Léon Bertrand n'assislera 
pas. : 

€ M. L. Carez. répondant à une observation de M. de Margerie, per- 
siste à trouver regrettable que M. L. Bertrand n'ait pas indiqué par 
un figuré distinct ce qui est le résultat d'observations et ce qui cest 
l'application des théories. 


€ S'il est vrai pour les coupes 1 à 4 de la planche ur, que certains des 
contacts figurés sont au-dessous du niveau de la mer et que par suite 
le lecteur attentif ne peut croire que ces tracés sont la reproduction 
de faits observés, il n'en est pas du tout de même pour les coupes 
suivantes. La coupe 8, par exemple, montre la surface de contact. 
anormal qui sépare les nappes À et B sous le plateau du Clat, à une 
altitude qui n'est pas seulement supérieure au niveau de la mer. mais 
de 400 mètres plus élevée que le fond des deux vallées de FAude ct 
du Rébentvr entre lesquelles est compris le plateau du Clat 


« Jen est de méme pour toutcs les coupes suivantes. » 


ExcrRSsIoNs. — L'ordre du jour appelle l'examen du programme de 
l'Exeursion à Fleury et à la Mer. Ce programme est adopté lel qu'il 


— LVII — 
a été élaboré par les soins du Comité; la date seule est changée et 
remise au Dimauche, 7 août, au lieu du 31 juillet. 


I est, en outre, décidé que l'Excursion au Château des Cheminières 
qui n'a pu avoir lieu le 10 juillet, à cause du mauvais temps, se fera 
le dimanche 2% juillet. 

Le Secrétaire, 
L. GAVOY. 


Séance du 16 Octobre 1910 


PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT. 


En l'absence de M. Gavoy, excusé, M. Rebelle. Secrétaire adjoint, 
donne lecture du procès-verbal de la séance du 17 juillet dernier, qui 
est adopté sans observations. 


NÉCROLOGIE. — M. le Président a le regret de faire part à la Société 
que, pendant les vacances qui viennent de s'écouler, elle a perdu trois 
de ses membres. 

C'est d'abord M. Eugène Trutat. docteur ès sciences. 

Prébistorien de la première heure, Trutat devint en 1869 un des 
directeurs de la Revue: Matériaux pour l'Histoire de l'Homme, fondée 
par G. de Mortillet. Nombreux sont les travaux qu'il y publia ainsi 
que dans le Bulletin de l'Académie des Sciences et de la Société d'His 
loire naturelle de Toulouse et dans la Revue archéologique du Midi de 
la France. Nos collègues n'ont pas vublié la belle conférence qu'il 
uous donna, le 19 mars 1893, dans la salle des fètes de l'Hôtel de Ville. 
Sur les Pyrénées et à la suite de laquelle il fut nommé membre hono- 
raire de notre Société. Il fut pendant de longues années Conservateur, 
puis Directeur du Musée d'Histoire naturelle de Toulouse. 

Trutal est décédé à Foix, le 29 juillet 1910, à l'âge de 69 ans. 

Quelques jours aprés, le 4 août, s'étcignait à Narbonne, après une 
longue ct douloureuse maladie, un de nos membres fondateurs, 
M. Fernand Bru. Elevé à l'école de M. Gaston Gautier, le distingué 
botaniste narbonnais. Bru s'était passionné pour l'étude des plantes 
et ne manquait aucune occasion de nous faire part de ses trouvailles 
ou de ses observations. Notre Bulletin renferme de lui de nombreuses 
notes botaniques -consignées soit dans les procès-verbaux de nos 
Séances, soil dans nos rapports d'exeursion. 


— LVII — 


Nous perdons en lui un collègue anssi sympathique que botaniste 
consciencieux. | 

Il avait à peine 40 ans. 

Enfin, les journaux nous ont annoncé, il y a un mois environ, la 
mort de M. Jean Philibert. : 

Nommé membre de notre Société en 1892, il fut chargé, dès cette 

même année, des délicates fonctions de Secrétaire qu'il remplit jus- 
qu'en juillet 1900, époque à laquelle il quitta Carcassonne pour occu- 
per le poste de percepteur à Davejean. 
- Doué d'un tour d'esprit très personnel, d'une urbanité exquise, 
poèle même à ses heures, il avait su conquérir les sympathies de tous ; 
aussi son départ ne laissa-t-il parmi nous que des regrets. En recon- 
naissance de ses services, la Société lui avait conféré le titre de mem. 
bre correspondant. 

Philibert est décédé à Conques (Aveyron), à l'âge de 40 ans. 


CORRESPONDANCE. — Par lettre du 15 juillet, M. le Bibliothécaire des 
Sociétés savantes nous demande de vouloir bien compléter la colleclion 
de notre Bullelin par Fenvoi du tome XII (1902) qui lui manque. 

Satisfaction lui a été donnée. 

Par lettre-circulaire du 30 juillet, M. le Ministre de l'instruction 
publique et des Beaux-Arts nous annonce l'envoi, en dix exemplaires, 
du programme du 49° Congrès des Sociétés savantes qui s'ouvrira à 
Caen, le mardi 18 avril 1911. Ce document est mis à la disposition des 
membres de la Société. 

Par lettre en date du 1% août, M. A. Boyer, pharmacien à Sorèze 
(Tarn). demande à faire partie de la Société. Il sera slatué sur cette 
demande dans la prochaine séance. 


3 

Doxs. — M. F. Doumergue, membre correspondant, fait hommage 
à la Société : 

1° D'un exemplaire de la Carte géologique de l'Algérie (déparlement 
d'Oran), feuille de St-Cloud, n° 15%, avec nolice explicative. 

2 De silex taillés provenant d'une stalion de plein air du Tell 
Oranais ; 

4 De silex et quartzites taillés provenant de stations de plein air 
des environs d'Oran, Arzew, Saint Cloud, etc. - 

Remerciements. 

M. Rebelle présente, disposée dans deux cartons vitrés, par les 
soins de M. Gavov, notre collègue, la collection d'insectes du Toukin 
acquise par la Société en janvier deruier. 

Cette collection comprend de beaux spécimens de Coléoptères, des 
Hémiptères, des Hyménoptères, des Diptères, des Orthoptères et des 
Lépidoptères. : : 


— LIX — 


Sur la proposition de M. lc Président, la Société vote l'acquisition 
d'un crâne de Gorille adulte et d'un crâne d'Élephant rapportés du 
Gabon par un de nos compatriotes. Mandat est donné au Bureau de 
traiter cette acquisition aux meilleures conditions. 


COMMUNICATIONS. — M. A. Fages fait connaître à l'assemblée que, 
sur la demande qui lui en a été faite par notre collègue, M. G. Bories, 
de Fabrezan, notre éminent membre correspondant, M. J. Lambert, 
président du Tribunal civil de Troyes, consent à publier dans notre 
Bulletin une NoTE SUR LES ECHINIDES DE RENNES-LES-BAINS. 

Ce travail comprendra euviron 30 pages de texte et 2 planches. 

Des remerciements sont volés à M. Lambert pour sa collaboration à 
nos travaux et à M. Bories pour son heureuse intervention. 

M. Fages fait ensuite la communication suivante : 


« Aux environs du village de Cavanac, entre le point marqué 162 sur 
la carte géologique et la ferme de Quarantus, s'ouvre une grotte 
dénommée « Trou du renard ». Son ouverture est du côté du nord, 
ctle commande à une petite vallée où coule un affluent du Touron. 
Un mur rocheux de 8 mètres environ de hauteur la recouvre, il porte 
le nom de « Roc d'al courhas ». À environ quatre cents mètres de là, 
on voit trois roches à peu près semblables, superposées l'une 
au dessus de l'autre. La dernière se trouve à mi-pente du plateau 
des Justices, elle nous parait avoir été forliliée. En effet, on peut 
y voir quelques coupures pareilles à des créneaux et, par places, 
des blocs de pierre collés à la roche par un ciment rouge. 

« L'entrée de la grotte du renard a 0 mètre 60 de haut sur 1 mètre 10 
de large ; elle est difficile, vu que c'est à plat ventre qu'il faut sv. 
glisser, pendant 3 mètres environ, point où elle se bifurque et prend 
des proportions plus larges et plus hautes. Un couloir va vers le sud, 
landis qu'un autre se recourbe vers l'entrée pour aboutir à l'oucst, 
dans une salle ayant 3 mètres 20 de large sur 2 métres de haut, d'où 
partent de nombreux boyaux très étroits ct impraticables. 

«€ Le peu de temps que nous avons passé dans cette grotle ne nous 
a pas permis d'y faire la moindre fouille : mais il nous a semblé que 
les trouvailles ne seraient pas abondantes, vu que le remplissage 
paraît peu épais. Nous signalerons seulement quelques éclals de silex, 
dont unc lame lincment retouchée, que nous avons recueillis à l'entrée. 

« La nature du terrain est en Lutélien moyen (e, — el) ». 


Le Secretaire adjoint. 
G. RERELLE., 


Séance du 20 Novembre 1910 


PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT. 


. CORRESPONDANCE. — Par lettre circulaire du 10 courant, l'Université 
de Toulouse fait appel aux autres Universités et aux Sociétés scienti- 
tiques et médicales du monde pour l'aider à reconstituer, dans la me- 
sure du possible, la section de sa Bibliothèque consacrée à la Médecine 
et aux Sciences. qui a été anéantie par le feu, le 27 octobre dernier. 

L'assemblée décide qu'une collection complète de notre Bulletin sera 
adressée à l'Université de Toulouse. 


Doxs.— M. le D' Bourrel fait don d'un cxemplaire de salamandre 
aquatique {Trilon marmoratus Latr.) conservé dans le formol. 

Cet exemplaire a été trouvé dans un mur en démolition. Le fait n'a 
rien de surprenant, car on sait que, quoique vivant habituellement 
dans l'eau, les salamandres aquatiques en sortent quelquefois par les 
temps chauds et orageux. 

M: J. Bousquet, Instituteur en retraite à Azillanet, offre pour nos 
coHections une dent de cheval et des dents et fragments de mâchoires 
d'ours, provenant de la grotte de Minerve (Hérault). 

M. A. Boyer, pharmacien-chimiste à Sorèze (Tarn), offre un excm- 
plaire d'un opuscule qu'il vient de publier sur : Les calcaires de Soreèse, 
leur eturle yéologique, yéoynosique et chimique, leur avenir dans l'in- 
dustrie. 

M. P. Embry fait hommage d'un exemplaire à part de son intéres- 
sante relation de voyage en Andorre paruc dans notre Bulletin sous 
le titre : Les vallées d'indorre : d'Ax-les-Thermes à la Seo de Urgel. 

Remerciements aux donateurs. 


ADMISSIONS.— Est nommé à l'unanimité membre actif : 
M. A. BoyEr, pharmacien-chimiste à Sorèze (Tarn). 


Sur la proposition de M. Gavoy, M. J. Lambert, Président du Tri- 
bunal Civil de Troyes. est nommé membre honoraire. 


Mémoines présexrÉs.— Le Secrélaire dépose sur le Bureau, au nom 
de M. Paul Calmet, instituteur à Aragon, un travail intitulé : Géologie 
agricole du département de L'Aude el des pays environnants au point de 
vue des plantations forestières el de la reconstitution du vignoble en 
plants américains, 


— LXI — 


Ce travail a valu à son auteur une médaille de vermeil dans le con- 
cours organisé par la Société démocratique d'encouragement à l'agri- 
culture de l'Aude. 

Renvoyé au Comité de publication. 


AcQuisiTIONS.— Sont exposés sur le Bureau le crâne d'éléphant et 
le crâne de gorille dont la Société avait voté l'acquisilion dans sa pré- 
cédentle séance. 


+ 


COMMUNICATIONS. — M. le D' Bourrel signale en ces termes un cas 
curieux de lératologie végétale qui lui a été soumis par notre collè- 
gue, M. le Lieutenant-Colonel Samary : 

« Voici une feuille double d'hélianthe, vulgairement appelé « Soleil 
de Californie ». Comme on peut le remarquer, nous avons aflaire à 
l'accolement par la nervure médiarme (côté dorsal) de deux feuilles 
semblables de tout point. Ces feuilles conslituent une partie d'un 
bourgeon de l'Hélianthe, l'autre partie, avortée, se trouvant enserrée 
dans la masse d'insertion du pédicule commun. 


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« Il est intéressant de constater que les faces ventrales (internes) 
sont devenues externes ou dorsales, non par leur fonction physiologi- 
que, mais par leur position sur l'axe de la tige, position en contradic- 
tion avec la normale. 


=: LXH — 


«« À mon avis, la malformation date de la période embryonnaire du 
bourgeon, alors que les feuilles, encore pliées et se touchant par leurs 
faces externes (au futur), une cause quelconque a empéché les nervu- 
res dorsales de se séparer complètement. Ici la portion terminale des 
deux feuilles est parfaitement libérée et c'est, si mes souvenirs sont 
exacts, la première qui se dégage et s'individualise. 

« À quelle cause attribuer cette monstruosité ? A une piqùre d'in- 
secte ? 

« J'ai eu plusieurs fois l'occasion de constater, dans les jardins un 
peu humides, la présence fréquente, sinon constante, de nombreux 
Forficutes en train de butiner Sur les jeunes pousses de « Soleil de 
Californie ». Dans mon jardin, notamment, il n'était pas un seul pied 
qui en fut indemne. J'ignore si le fait est général, maïs il se pourrait 
bien que le cas de téralologie dont je viens de vous entretenir soit 
imputable à un de ces insectes qui, comme vous le savez, font le dé- 
sespoir des jardiniers ». 


M. Gavoy donne lecture du Rapport sur l'Ereursion du 26 juin 1910 
à la Cascade de Cupsertiès et au Roc du Bougre et d'un compte-rendu 
d'excursion botanique et entomologique intitulé : Dans la Montagne- 
Noire. 

Ces deux travaux figureront dans le prochain Bulletin. 

Le Secrétaire communique un extrait d'une lettre adressée à M. 
Fages par M. Bories, de Fabrezan, dans laquelle ce dernier fait part 
à notre collègue de quelques observations qu'il a été amené à faire 
Surc la stratigraphie des environs de Rennes-les Bains. 


« Comme cela avait été convenu entre M. Lambert et moi, nous nous 
sommes rencontrés, le 8 septembre dernier, en gare de Couiza pour 
monter ensemble jusqu'à Rennes. 

« Dès notre arrivée, nous avons commencé nos explorations. 

« Nos premiers pas se sont portés vers Montferrand où se trouve. 
rive droite du ravin qui passe à l'ouest de ce hameau, une couche en 
cénomanien contenant Exrogyra columba, Ostrea carinata et quelques 
oursins réguliers actuellement à l'étude chez M. Lambert. Cette mème 
assise se trouve à l'est de la Pourteille, point situé centre Sougraigne 
et Bugarach ; ce gisement se continue vers l'est et sur le passage du 
sentier du Linas à la Source Salée : on peut y récolter les orbitolines 
et les nérinées sur une couche supérieure, au croisement de la ligne 
électrique venant d'Axat. 

« Je reviens à mon premier point, c'est-à dire aux couches de Mont- 
ferrand. Ces couches ne paraissent pas se raccorder avec celle qui est 
vers le Cardou et ne Semblent pas contenir la même faune. Ainsi, 


— LXHI — : 


toute la partie qui porte Montferrand devrait étre en turonien, mais 
très réduit, puisque certains auteurs mettent la couche à Cyphosoma 
Archiasi, qui se.trouve au dessous de Montferrand, à la base du séno- 
nien. Les calcaires noduleux et marnes à échinides et ammonites 
forment toute la couche remplissant le vallon et passent au nord du 
Lac pour se diriger vers le ravin de Sougraigne. Ainsi cette assise à 
échinides permet d’aflirmer que toute la montagne des Cornes, celle 
des Croutets et celle de Sougraigne (nommée Brens dans le pays) est 
forcément sénonienne et supérieure aux oursins des calcaires nodu- 
leux. Sur tous ces points nous sommes bien d'accord avec M. Lambert. 

« Les marnes bleues non fossilifères recouvrant les micrasters 
existent sur le chemin de la Fageolle et doivent mème paraître à 
l’ouest de Rennes sur la couche à micrasters ; il en est de même dans 
le grand ravin de Sougraigne. 

« Sur les marnes bleues existe la grande faune de Sougraigne dont 
le point de départ est au chemin qui va aux Croutets. 

« Plusieurs assises gréseuses ct calcaires remplissent les niveaux de 
la montée des Croutets et de Brens. A ce point, on peut compter au 
moius trois ou quatre assises avec faune ferrugineuse avant d'arriver 
à celle de la fontaine de Sougraigne qui paraît être la supérieure et 
qui contient encore des ammonites et, chose très rare, une bélemni- 
telle. Les couches à rudistes ne sont pas bien intéressantes sur ce 
point, car elles sont très pauvres et ce n'est que dans les marnes que 
l'on peut voir quelque sujet n'ayant pas été déformé. 

« Comme vous pouvez le voir par ces données qui sont bien le résu- 
mé des constatations que nous ‘avons faites, le sénonien occupe une 
grande place dans cette région et donne presque la totalité de la 
faune ». 

Le Secrétaire, 
L. GAVOY. 


Séance du !/8 Décembre 1910 


PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT 
ET DE M. LE D' GAUJON, VicE-PRÉSIDENT. 


= 


M. le Président annonce que M. A. Blanquier, instituteur à Cuxac- 
d'Aude, vient d'être promu Oflicier d'Acadéinie. Au nom de la Société, 
il adresse à notre collègue ses plus sincères félicitations. 


— LXIV — 


CORRESPONDANCE. — M. J. Lambert, Président du Tribunal Civil de 
Troyes, remercie de sa nomination de membre honoraire et nous pro- 
met l’envoi prochain de son Etude sur les Echinides crétacés des envi- 
rons de Rennes-les-Bains. 

M. Louis Guiraud, de Moux, nous annonce la découverte récente, 
aux environs de la gare de cette localité, de tombes creusées dans Île 
roc et de silos de différentes dimensions. 

Quelques membres se proposant d'aller visiter ces tombes, M. le 
Président les invite à nous rendre compte à l'occasion du résultat de 
leur examen. 

A ce moment, M. le D' Carbou est obligé de’quitter la séance pour 
se rendre auprès d'un malade ; il est remplacé au fauteuil par M. le 
D' Gaujon, vice-président. 


La Société d'Etude des, sciences naturelles de Béziers envoie le pro- 
yramme général des excursions pour l'année 1911 et celui de l'excur- 
sion de Pâques en Espagne, du 12 au 23 avril prochain. 


Dons. — M. F. Doumergue nous adresse, pour la bibliothèque, une 
brochure dont il est l'auteur, ayant pour titre : Contributions au pré- 
hislarique de la Prorince d'Oran (Extrait du Bulletin de la Société de 
géographie et d'archéologie de la province d'Oran, T. xxx, fascicule 
cxxiv, 1910). 

Remerciements. 


Dénissiox. — MM. Léon Peyraudel, de Carcassonne, et Alquier- 
Griffoulet, d'Alzonne, envoient leur démission. 


PRÉSENTATION. — M. MaAyYxanié Jean, propriétaire à Aiguesvives 
(Aude), présenté par MM. le Dr Bourrel et Gavoy. 


COMMUNICATIONS. — Le Secrétaire expose que, à la suite de fouilles 
exécutées dans une de nos régions les plus riches en gisements pré- 
historiques sur des propriétés particulières temporairement louces à 
cet effet, les objets recucillis ont été dispersés hors de France, au 
profil de collectionneurs ou de marchands étrangers. Nous nous trou- 
vons ainsi dépossédés sur notre propre territoire de pièces essentielles 
à l'étude de nos origines et dont la plupart ÉCIARPErONE pour jamais à 
l'investigation scientifique. 

Ce fait a soulevé au sein de nos plus importantes Sociétés savantes 
une émotion bien légitime et l'Académie des sciences, le Comité des 
travaux historiques, la Société d'Anthropologie ont réclamé la protec- 
tion d'une loi nouvelle. L'Administration des Beaux Arts, de qui relève 
la conservation des monuments préhistoriques, a conlié la préparation 


— LXAV — 


de cette loi à une commission de savants et de juristes et le gouver- 
nement a déposé, le 25 octobre 1910, sur le Bureau de la Chambre des 
Députés un projet de loi qui organise la surveillance des fouilles 
entreprises par les particuliers et prévoit pour l'Etat, si l'intérêt 
scientifique l'exige, le droit de se substituer au fouilleur. 

Les sanctions prévues sont de deux ordres : les unes, pénales, lais- 
sent un large pouvoir d'appréciation aux tribunaux; les autres, civi- 
les, sont destinées à réparer les dommages qui pourraient résulter 
des infractions à la loi. 

Mais un semblable projet, en obligeant « tout établissement, toute 
association ou tout particulier, qui veut exécuter des fouilles archéo- 
logiques ou paléontologiques, soit sur un terrain lui appartenant, soit 
sur le terrain d'autrui, à en faire la déclaration à la préfecture du 
département sur le territoire duquel ces fouilles seront ouvertes », et 
en soumettant ces fouilles à la surveillance de l'Etat, est plutôt de 
nature à nuire au développement de nos Sociétés archéologiques de 
province et à l'initiative des véritables chercheurs. 

Aussi a-t-il déjà soulevé des protestations au sein de nombreuses 
Sociétés régionales et notamment au sein de la Société préhistorique 
française qui vient d'être reconnue d'utilité publique. Cette dernière 
estime que, pour arrèter l'exode à l'étranger de nos trésors archéolo- 
giques, il suflirait de faire quelques adjonctions à la loi du 30 mars 
1887. | 

Cette loi protège les vestiges archéologiques, laisse libre cours aux 
initiatives et n'impose pas une surveillance vexaloire à l'inventeur 
d'une découverte, surveillance ou contrôle qui serait une atteinte à la 
propriété scientifique au moment mème d'une découverte. 

Les articles nouveaux qu'il faudrait ajouter à l'ancienne loi pour- 
raient se résuiner ainsi : 


ART. À. — Aucun objet présentant un intérèt national d'archéologie 
ou de paléontologie ne pourra franchir les frontières françaises 
sans autorisation spéciale du ministre compétent. 

ART. 2. — L'Etat, en cas de vente d'objets intéressant l'archéologie 
et la paléontologie, pourra exercer un droit de préemption. 

ART. 3. — Toul étranger désirant faire des fouilles devra solliciter 
l'autorisation ministérielle. 


Telles sont les mesures que juge nécessaires la Société préhistori- 
que française. Avec plusicurs autres Sociétés régionales telles que la 
« Polymathique du Morbihan », la « Société archéologique de Limoges, 
la Société archéologique de Troyes », etc., elle demande que nos 
richesses archéologiques restent en France, mais qu'on n'entrave pas 


y 


— EXVI -— 


l'initiative des travailleurs, au risque de perdre à jamais les inesli- 
mables résultats que leur zèle fournit. 

| Après cet exposé, l'assemblée consultée déclare. à l'unanimité moins 
3 voix, adopter les conclusions de la Société préhistorique française 
et se rallier entièrement à sa manière de voir. 

Copie de cette délibération sera transmise à la Société préhistorique 
française. 

M. À. Fages présente, disposés sur cinq planches, les silex el 
quartziles des environs d'Oran dort M. F. Doumergue, notre membre 
correspondant, a bien voulu nous faire don pour nos collections (Voir 
séance du 16 octobre). 

Ces pièces nous montrent quelques types variés de l'industrie pré- 
historique algérienne que l'on pourra comparer avec ceux de notre 
industrie régionale. 


Notre collègue donne à leur sujet les explications suivantes : 


PLANCHE 1. — Acheuléen II ou Moustérien. — Quartzites granulés 
compacts ; Station en plein air d'Oran, d'Arzew, Saint-Cloud, etc. Ces 
quartziles sont pareils à ceux des grottes de Bize ; c'est la matière 
qui remplaça les silex après la crue hesbayenne : ils ne sont taillés 
que sur une face (1). 


PLANCHE IT. — Moustérien. — Calcaire compact, silex corné, jaspe 
quartzifère. Station en plein air d'Arcole, Canastet et Saint-Cloud. 
Nous sommes encore dans la période des quartziles, représentés par 
uue pierre de jet, des éclats saus caractères, une ébauche de pointe el 
deux éelats de silex sur lesquels on a voulu retoucher une face. 


PLANCHE TE. — Moustérien. — Tell Oranais. — Jaspe commun, silex 
meulière, silex pyromaque et calcaire siliccux. Quoique les pièces 
soient incomplètes, elles caractérisent très bien l'époque moustérienne 
par leurs retouches sur une seule face. 


PLANCHE IV. — Moustérien. — Lames en silex corné et une pointe 
en silex moeuliére. Tell Oranais. Station en plein air. 


PLANCHE V. — Moustérien. — l'ointe de flèche en jaspe (inème pro- 
venauce). 


Les trois dernières planches sont formées de pièces de mème pro- 


(4) L'extrémite infer eure présente le plan de frappe et le conchoïde de percussion 
à l’état brut. Ce conchoïde se développe sur le côté non retaillé, qui vffre la face de 
l'ecl tement toute lisse, sans aucune retouche. Sur l’autre face les bords seuls soat 
plus ou moins retouchés sur les rôtés et s- terminent en pointe au sommet. 


— LXVI — 


venance et s'il n'y a pas eu mélange des couches, nous nous trouvons 
en présence de la période paléolithique et de l'époque Moustérienne. 

Toutes les pièces sont bien caractéristiques ; seule la pointe de 
flèche, qui est pédonculée, devrait, d'aprés nos maîtres en préhistoire, 
être exclue de cette époque. Pour une fois nous la laisserons dans ce 
classement et nous dirons même que l'époque Moustérienne fut l'au- 
rore de l'époque Robenhausienne. 

Notre pointe de flèche est en jaspe, pareille aux pointes de nos 
collections de Leigné-sur-Urseau (Vienne), provenance Moustérienne 
souvent décrite par des savants préhistoriciens, et elle est retouchée 
sur un seul côté, elle est rugueuse et irrégulière ; on dirait, en l'exa- 
minant avec attention, qu'elle a été taillée accidentellement. Quelle 
différence avec les flèches robenhausiennes ! autant l’une est finie, 
autant l'autre est grossière ; dans le Moustérien c’est le début, tandis 
que dans le Robenhausien c'est l'art arrivé à son apogée. Il nous sem- 
ble donc que cette flèche marque les débuts de la flèche de l'époque 
de la pierre polie. 

D'après la classification de M. Adrien de Mortillet, la flèche pédon- 
culée nous apparaît sans préparatif aucun. Rien dans l'époque tarde- 
noisienne ne nous met sur la trace d'une ébauche. Comment se fait-il 
qu à cette époque nous ayons des pièces présentant un pareil fini. 
L'ouvrier est-il devenu expert dans cet art” Non, cela n'est pas; la 
pointe de flèche, comme toutes les armes de l’époque, a cu une époque 
brute, époque de débuts et ces débuts ont été à l'époque Moustérienne. 

Comment se fait-il qu'on ne la retrouve pas dans les trois époques 
qui séparent le Moustérien du Robenhausien, et comment aussi se 
fait-il qu'on ne retrouve pas les sculptures et les dessins du Magda- 
Jenien dans le Robenhausien ©? 

Tous ces changements proviennent sans doute de l'émigralion de la 
peuplade qui a formé l'époque, émigration amenée par le changement 
de climat ou le manque de gibier favori. 

Les époques ont été formées par des peuplades qui se sont succédées 
emportant leurs armes et leur industrie. Ne se peut-il pas que quel- 
ques-unes soient revenues à leur point de départ avec leurs anciennes 
armes plus finies, avec une industrie plus perfectionnée. 

Prenons les deux époques : dans l'une et dans l'autre pas de dessins, 
pas de sculptures, des armes dégagées, solides, utiles des deux côtés; 
nous retrouvons les grattoirs. des pointes, de grands éclats retouchés 
pareils à nos haches taillées. | 

Pour nous, il nous semble que l'époque Moustérienne fut l'époque 
brute de l'époque Robenhausienne. 

Depuis lougteinps j'ai recueilli daus uu ravin du Plateau des Justices 


— LXVIIN — 


des flèches grossièrement taillées, qui ressemblent bien à la flèche 
du Tell Oranais. 

En terminant, j'espère que M. Doumergue ne s'arrêtera pas là, 
qu'il continuera de nous envoyer du préhistorique Algérien, et ces 
matériaux nous perineltront de faire des études comparatives inté- 
ressantes. 


Rapport DU TRÉSORIER. — M. Cathala, trésorier. présente son rap- 
| port sur la situation financière de la Société. Il constate avec satisfac- 
tion que l'exercice 1910, malgré les vides qui se sont produits dans 
nos rangs, augmeute sensiblement notre réserve. 


RENOUVELLEMENT DU BUREAU. — L'ordre du jour appelle les élections 
pour le renouvellement du Bureau. 

Le dépouillement du scrutin pour le remplacement de M. le D’ 
Carbou, Président sortant, donne le résultat suivant : 

Suflrages exprimés : 49. 

M. O. Sarcos ayant obtenu l'unanimité des voix, est proclamé Pré- 
sident pour l'année 1911. 


Ont pris part au vote par correspondance : MM. Ch. Baron, D 
Bourrel, A. Boyer, Aug. Bruguière, L. Cals, M. Cathala, E. Combélé- 
ran, G. Combéléran, D' Courrent, P. Embry, E. Finestres, G. Hyvert. 
A. Jeanjean, Dr Laflitte, H. Malric, J. Mérie, J. Molinier, L. Molinier, 
F. Mot, J. Pech. C. Pratx, G. Rey, M. Robert, J. Rouanet, 0. Rouar- 
roux, Ph. Rouzaud. J. Sabatier, colonel Samary, J. Séguier, G. Sicard. 
A. Trébillac. 

Est élu à l'unanimité Vice-Président, M. G. BoniEs, de Fabrezan. 

Les autres membres du Bureau sont maintenus dans leurs fonctions. 

Le Bureau de la Société, pour l'année 1911, est constitué comme suit : 

Président: M. O0. SARCos. 

Vice-Présidents : MM. le D' Gavson et G. BoRIES. 

Secrétaire : M. L. Gavory. 

Secrétaire-adjoint : M. G. REBELLE. 

Trésorier : M. J. CarTnaLa. 

Conservaleur-Archiviste : M. J. PEcH. 

Conservaleurs des collections : MM. A. FAGEs et G. SicaRo. 


M. A. Fages est nommé membre du Comité du Bulletin, en rempla- 
cement de M. Bru, décédé. 
L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 heures. 


Le Secrétaire, 
L. GAVOY. 


—— LXIX — 


NOTE SUR LA SITUATION FINANCIÈRE 


DE LA 
SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L'AUDE 
À la fin de l'Exercice 1910 
ET PROPOSITIONS POUR LE BUDGET DE 1911 
Pan M. CATHALA, TRÉSORIER 


— 


La Société avait en caisse à la fin de l'exercice 1909... 1.853 fr. 35 
Elie a recu pendant l'exercice 1910.....,,..,,,....,, 1.763 15 


FO ses asset 3.616 50 


Les dépenses s'élèvent à... 1.716 70 
L'excédent des reccttes est de... 1.899 NO 


Les Recettes et les Dépenses se décomposent comme suit : 


RECETTES 


Solde en caisse au 4er janvier 1910.........,,...,... : 1.853 3) 
237 cotisations 1910 et 2 1909 à 6 fr.......... Sonate 1.43% » 
Subvention du Conseil général...,.,,..,.,. os dr 200 » 
Sous-location du Syndicat médical....,... door si 50 » 


Recettes diverses (vente du Bulletin, insignes, diplo- 
mes, encaissement de coupons, intérêts en compte 


courant)......... ie das SF 19 15 
ROUES heat ocre 3.616 50 


DÉPENSES 


LOVE SE ie A uses #00 » 
Concierge.. ......... AR PR TT TT A 10 D 
fimpositions. ss. HS RNte ET 19 35 
Assurance contre Lincendie ..,..., Hess iiinecss {1 15 
Eclairage ce Aulas ss essais virer ent 1N 60 
Mobilier et entretien.....,.......,.... Re 30 » 
linpression et brochasc du Bulletin de 1909. ......., S## 60 
Envoi du Bulletin, port de livres, impressions diverses, 

frais de bureau et Ge correspondance, frais de 

recouvrement des cotisations, ete... Te 126 79 


À reporter .,,..... ° 1.490 45 


— LAX — 


Achat de livres, abonnements. 


Report..... 
Entretien des Collections et de la Bibliothèque 


Frais d’excursions. ....,...,.. IT ‘ se sie 
Dépenses: AIVETSCS sister see eee — 
Solde en caisse... osseuse Mia ss s 
Total os. ee ee, 00... 
RECETTES 
Solde en caisse au fer janvier 1911.,..,...,.., de 
240 cotisations à 6 fr..,,......... lis daionen. ss 
6 membres nouveaux à 6fr.........,...... sise 
6 diplômes à 2 fr........ Messie : 
Subvention du Conseil général... ss ss sors. 
Sous-location du Syndicat médical ...,....., nca 
Total ae sun. 


Loyer ....... 
Concierge...... 


DÉPENSES 


0. 00. , 000, ° 


. 0.000000 0 ee © 


Impositions........ Te 
Assurance contre l'incendie ....,,....,., Hate 
Eclairage et chauffage .,......,,,.... ... sais sous 
Mobilier et entretien ..,.....,.....,.... PR DU : 
Impression et brochasge du Bulletin de 4910.......,.. 
Frais d'envoi du Bulletin .,.............,,,... ‘ ë 
Impressions diverses... ,,.,,..,,,..,......... se. . 


SALONS) ae er te dinars A 
Entretien de la bibliothèque ......, RS 
Achat de livres, abonnements... Dies de 
Entretien des collections... ondes TT 
Frais de collections élémentaires... ...,.,.., Mesa 
Frais de conférences. ss ss esse esse TT 
Frais d'excursions ...,,.,.,..., Se T7 
Dépenses diverses... ue an don 
Solde à reporter à nouveau. ....,....,... tissus 

OA ... 


1.49 5 
#0 0 

53 M 
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100 » 
1,899 NN) 
3.616 0 
1.899 N 
1.440 ) 
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350 n 
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3.637 N0 


DEUXIÈME PARTIE 


Rapport sur les Excursions de la Société 


EXCURSION 


Du 28 Mars 1910 
AUX MINES DE YILLARDONNEL ET À LA GROTTE DE VILLANIÈRE 


Par M. R. ESPARSEIL 


Le programme de l'excursion, d'ordre exclusivement géolo- 
gique et minéralogique, était trop alléchant ce jour-là pour que 
les admirateurs des deux belles sciences ne se rencontrassent 
pas au rendez-vous. C'étaient les excursionnistes de la belle 
époque, ceux qui, au prix de réelles fatigues, voulant s'instruire, 
négligent même le bon hôtel qui dévie leur route au détriment 
de” la science, et qui portent sur le dos, empaqueté soigneuse- 
ment dans le sac à vivres traditionnel, juste de quoi tromper la 
faim que le séjour dans la montagne aiguillonne généralement. 
Le beau sexe était joliment représenté et il contribuait à atté- 
nuer le sérieux de tant de gens savants. Seul émergeait au- 
dessus de cet heureux mélange un bijou rayonnant, dans la 
personne d'une gracieuse fillette qui, elle aussi peut-être, avait 
voulu pénétrer les mystères cristallographiques du mispickel 
puisque, paraît-il, c'est grâce à lui que l'on a de l'or dans le 
département de l'Aude. Dans tous les cas, un pays des plus 
pittoresques, un temps à faire rêver les photographes, la 
perspective d'une récolte d'éléments instructifs incomparables, 
au milieu d'une société choisie où l'entrain n'avait d'égal que 
le charme goûté auprès de tant de personnes aimables, il n'en 
fallait pas plus pour mettre de la gaieté dans les cœurs et c'est 
par une explosion de cris joyeux que l'on accueillit le Président 
de l'excursion lorsque de sa voix qui voulait se faire sérieuse 
il nous pressait de monter en voiture. | 

Avant d'aborder le fond de mon sujet, je dois m'excuser 
auprès de mes lecteurs du manque de documents qu'ils trouve- 
ront dans ce récit. N'ayant pas été désigné pour l'écrire, j'ai 
suivi l'excursion en tête folle, sans prendre des notes, jouissant 
avidement du plaisir que nous procurait cette belle journée, de 
telle facon qu'obligé de céder après quelques mois aux sollici- 
tations irrésistibles de la personne documentée qui devait 


ei 


sexécuter. j'en prends la place sans autre bagage que mou 
piètre souvenir. 

Mais nous voici déjà à Villardonnel, patrie de M. Mahul, l'au- 
teur du célèbre Cartulaire. Une visite à son châleau s'imposait et 
nous voilà partis sans réfléchir à l'heure matinale vers cet impo- 
sant manoir. La réponse à notre demande de visiter que per- 
sonne n'avail prévue et qui pourtant nous parut toute naturelle 
apres réflexion, fut qu'il étail trop matin et que rien n'était 
préparé pour recevoir dignement la Société d'Etudes scientili- 
ques de l'Aude. Nous renoncons donc à cette visile qui, sionen 
juge par l'extérieur du château, ne devait pas nous faire décou- 
vrir des documents sérieux au point de vue archéologique et 
l'on se dirigea vers l'église dont l'aspect ancien et délabré nous 
_ faisait espérer une compensation à ce contre-temps. Cette visite 
fut courte, l’oflice -du malin allait sonner. Si nous ajoutons à 
cette considération qu'à part un bénitier assez curieux, rien n'a 
attiré notre altention el que notre impatience de voir la mine 
devenait de plus en plus fébrile à mesure que nous approchions 
du but, on comprendra l'élan qui nous fit planter là tous les 
monuments plus ou moins archéologiques de Villardonnel pour 
nous diriger vers la cheminée de l'usine que nous apercevions 
devant nous, émergeant au-dessus du ravin. 


USINE DE ViILLARDONNEL. — La visite débuta par l'usine que 
les propriétaires ont installée aux abords de la mine dans le 
ravin, à un emplacement tel que le choix qui a présidé à son 
installation ne peut être plus heureux pour l'avenir. Cette 
usine est destinée à la fabrication de l'acide arsénieux et est 
construile de telle facon que les éléments trailés, de par la 
gravité, Viennent d'eux-mêmes prendre la place que le trai- 
tement industriel doit leur assigner. C'est ainsi que le mis- 
pickel, porté par un câble aérien du carreau de la mine après 
être passé dans le concassenur, tombe de lui-même dans le 
wagwonnel qui le verse après lavoir transporté dans le four, 
après lequel sont situées les chambres de condensation. C'est à 
. Ja base de ces dernières que l'on recueille l'arsenic pendant que 
les résidus tombent du four dans une chambre inférieure où 
ils se refroidissent pour être mis de côté en vue du traitement 
pour or. 


+ 


Cette usine est assez importante et de construction moderne. 
Elle se compose de fours Czermack-Spireck qui consomment 
0 kil. seulement de coke pour une tonne, alors qu'ils permet- 
tent de passer cinq à huit tonnes de mispickel par jour. Cette 
faible consommation provient du calorique dégagé en partie 
par la combustion du soufre contenu dans les pyrites de fer’et 
arsénicales. Les sociétaires, à qui tous ces détails ont élé expli- 
qués très judicieusement, ont pris un très vif intérêt à écouter 
ces explications et ont pu constater que tout avail élé prévu 
pour un aménagement futur des traitements pour or. 

La visite de la mine a suivi directement celle de l'usine: On a 
parcouru à la file indienne les longues galeries, écoutant reli- 
gieusement les explications de notre guide et goùtant avec un 
plaisir infini les beautés de la science géologique appliquée à 
l'exploitation de Villardonnel. Le niveau supérieur dans lequel 
tout le monde est entré est desservi par une descenderie de 
70 mètres. L'extraction se fait électriquement par une Société 
de transports de force voisine. L'électricité actionne également 
les pompes d'épuisement. Cette partie est la partie riche de la 
mine, aussi nous n’:umes garde d'oublier de bourrer nos poches 
de mispickel cristallisé en souvenir de cette belle excursion. 

À la sortie de la mine, on s'aperçut tout d'un coup que chacun 
de nous avait le ventre creux et que l'heure fuyait. Un homme 
aimable, tous l'étaient dans notre excursion, mais celui-ci, 
comme on va le voir, l'était doublement, un homme aimable, 
dis-je, prit la parole et, dans un argument irrésistible, nous 
démontra que les abords de la mine était un lieu bien mal 
choisi pour effectuer notre déjeuner. 11 v avait dans les environs 
une proprièlé appartenant à son beau-frère ; il nous y invitait 
à dénouer les cordons de nos sacs à vivres. L'offre était faite 
avec trop de cordialité pour que l'on refusät et nous voilà tous 
partis pour Combe-Estremière. M. Malric, l'homme aimable en 
question, nous y avait réservé une véritable surprise. Avec une 
de ces attentions délicates dont il connait seul le secret, il avait 
fait dresser la lable, une vraie table, avec des couverts, une 
belle nappe et des serviettes. 

Pareil luxe pour des excursionnistes qui arrivent dans ce 
home des plus hospitaliers avec leurs sacs tout culottés, ne 


pes 


s'était pas vu depuis longtemps, aussi c'est avec empressement 
que nous nous sommes associés aux paroles de remerciements 
qu'a adressé à M. Malric notre sympathique trésorier, M. Cathala, 
président l’excursion. M. Malric répondit d'abord en emplissant 
nos coupes de vin mousseux des Cheminières et, le verre en 
main, nous dit, en portant un toast à la Société, combien il 
serait heureux de voir cette dernière en excursion au Château 
des Cheminières appartenant à son beau-frère, M. Mir, où l'on 
pourrait s'instruire en voyant fabriquer le vin de champagne 
que nous dégustions en ce moment et dont on appréciait la 
saveur. L'excursion aux Cheminières, mise aux voix, fut instan- 
tanément décidée. 

Le programme étant inexorable il fallut s'arracher aux 
douceurs d'une bonne digestion pour nous diriger vers la 
grotte de Villaniére. Salsigne et ses mines abandonnées 
momentanément pour cause de grève furent franchis sans 
arrêt appréciable et l'on s'achemina vers la grotte. Une des- 
cription de cette dernière serait superflue puisque la Société 
y ayant excursionné en 1896, une description en a été faite 
dans le Bulletin de la mème année. Nous avons constaté que 
les locataires de cette grotte avaient fait un pont souterrain 
pour permettre de franchir sans échelle le gouffre noir qui 
sépare l'entrée de la grotte de celle de la chambre aux stalac- 
tites. Ces dernières ont élé respectées par les visiteurs et, chose 
rare, sont encore en place. Nous eûmes, comme en 1396, la 
même vision merveilleuse qui nousaurait retenu plus longtemps 
si toujours la même voix n'avait crié: « Allons, en route, 
l'heure passe ». 


USINE DE LA FONLE. — L'arrêt à Laslours fut de très courte 
durée, tandis que celui à l'usine de la Fonde fut plus long. Cette 
usine diffère de celle de Villardonnel en ce sens que l'acide 
arsénieux incomplètement récupéré dans des chambres de 
condensation s'en va en fumée, el que le but du traitement est 
surtout Ja fabrication des mattes aurifères à enrichissement 
progressif. On conçoit donc, pécuniairement parlant, l'impor- 
tance de cette usine. Le minerai. prenant sa place dans le trai- 
tement suivant le même principe qu à Villardonnel, est passé et 
repassé dans le four jusqu'à ce que les mattes qui en résultent 


— 


aient acquis une teneur en or suffisante pour en justifier avec 
bénéfice la livraison au fondeur. La méthode employée à la 
Fonde est celle dite de fusion cuivreuse où on ajoute au minerai 
pyriteux ou oxydé à base de silice, de la chaux et un peu de 
minerai de cuivre que l'on trouve en quantité appréciable en 
profondeur dans les travaux de Salsigne (1). Pour cela, on a 
construit des fours dits Water-Jackets de forme rectangulaire à 
circulation d'eau que les sociétaires ont visité en détail ainsi 
que la galerie des machines faisant fonctionner la soufilerie el 
l'ascenseur servant à remonter les mattes. 

Les voitures étaient attelées, les chefaux piaffaient. Sur le 
même ordre du Président, tout le monde s'embarque et voilà 
comment s'est terminée une heureuse journée ROUE la Société 
d'Etudes scientifiques. 


(1) Voir l'étude qui suit ce compte-rendu 


NOTES COMPLÉMENTAIRES 


POUR SERVIR 


A L'ÉTUDE DES MISPICKELS AURIFÈRES DU CABARDÈS 


Gite de Villardonnel 


Les travaux souterrains de Villardonnel signalés dans notre 
étude en 1908 (1) semblent avoir acquis aujourd'hui 1n déve- 
loppement tel qu'ils peuvent être susceptibles de faire ressortir 
quelques faits nouveaux pour l'étude que nous avons entreprise 
depuis 1903 du gite de mispickel de notre région (2). C'est le 
résultat de nos investigations personnelles, sur ce point, que je 
me propose de consigner dans ce travail. Nous y examinerons 
également d'un coup d'œil ce qui a pu se produire dans la 
reconnaissance des autres parties du gîte et les résultats obte- 
nus. 


GÉOGRAPHIE. — La concession de Villardonnel est située dans 
la commune de ce nom, dans la Montagne-Noire, à 10 kil. 
environ au Nord de Carcassonne. Elle est traversée par 2 
ravins, le ruisseau de Malabiau et celui de Villaude, et elle à 
une limite commune avec les concessions de Salsigne et Villa- 
nicre, dont l'étude a fait l'objet des travaux cités plus haut. 
On y accède par la route nationale d'Albi en Espagne et par la 
route départementale de Villardonnel à Salsigne. qui aboutit à 
la gare des tramways de la Caunette (G kil.) 


TopocRapine. — La mine de Villardonnel est située en partie 
sur les flancs du ravin de Villaude, et ses galeries ont eu pour 
but surtout de reconnaitre les derniers affleurements de mis- 
pickel que l'on rencontre vers le sud, avant la disparition du 


(1) R. Esparseis. — Notes eomplementaires pour servir à l'étude des 
moispickel du Cabardes. B. S. FE. S. de l'Aude, 1908. Tome XIX. 

(2) R EsparseiL. — Etude sur Les nouvelles erploitations souterraines 
de quelques gisements du Cabardés, BB. S. ES, de l'Aude. 1901. 
Tome XIV. 


Fe 


primaire sous le secondaire. Ces affleurements sont constitués 
par une série de filons parallèles mis au jour par l'érosion du 
ravin. Ils font partie du champ appartenant au second système 
de fractures étudié dans les études précédentes. Les galeries 
qui débouchent sur l'escarpement du ravin reconnaissent le 
gite en direction tandis qu une descenderie débouchant sur le 
plateau sera prolongée en profondeur, quoiqu'elle ait déjà 70m, 
pour reconnaitre un filon parallèle. 


GÉOLOGIE. — La structure des terrains est surtout formée, 
dans la concession de Villardonnel, par les schistes du silurien 
inférieur, les potsdamiens, dont la formation recouvre presque 
toute la région qui nous occupe. Ces schistes étaient vraisem- 
blablement recouverts par le calcaire géorgien du même étage 
dont il ne subsiste plus que les racines de leurs plis (1). Cepen- 
dant, jusqu'à aujourd hui, malgré le travail de Leymerie (2) qui 
signale le calcaire au rocher de Canecaude, il a été établi que 
la formation schisteuse recouvrait le pays, abandonnant les 
dernières racines calcaires à Lastours et à Villanière d'où elles 
semblent émerger. Si, étant donné le silence de tous les géolo- 
gues qui sont venus après Leymerie et qui ne mentionnent pas 
le calcaire de Canecaude sur leur carte, on peut appeler cela 
un fait nouveau, il sera intéressant, pensons-nous, de signaler 
ce calcaire qui, en réalité, prend naissance au rocher de Cane- 
caude, apparaît dans le voisinage des travaux au mispickel de 
Villardonnel, se poursuit dans la direction de Salsigne où il 
émerge par endroits, notamment dans des travaux au fer 
appelés le Trou de l'eau, la Jourdanne pour se continuer vers 
Villanière, source supposée d'une des grandes bandes calcaires 
qui traverse la Montagne-Noire dans toute sa longueur et avec 
son orientation. 


Puisque nous sommes aux faits nouveaux, nous croyons 


eo 


(1) R. EsPansFiL. — Aperçu groloyique de l'Aude, note 1, page 1. — 
léologie de l'Aude, sur le plomb dans la Montagne-Noire B. S. E. S. de 
l'Aude, 1906. tome XVII. 


(2) LEYMERIE. — Description géognoslique du versant méridional de 
la Montagne- oire, 1873, 


— 40 — 


devoir signaler une dolomie dont personne n'a encore parlé (f) 
et qui ressort vers la ferme de Saint-Julien. Elle doit se trou- 
ver à la jonction du postdamien et du géorgien et doit être 
probablement de l'âge de ces derniers calcaires. Notre opinion 
sur ce point est basée sur ce que la dolomie est une roche de 
transformation dont le carbonate de chaux plus soluble que 
celui de magnésie a disparu suflisamment pour que l'enrichis- 
sement en magnésie qui en résulte puisse transformer le cal- 
caire primitif en dolomie. On comprendra que le calcaire pri- 
mitif étant géorgien, la roche qui nous occupe soit de même 
origine. On doit donc rencontrer cette roche à l'endroit même 
où elle est formée, car elle doit être le produit de réactions 
diverses dont les phénomènes se sont produits à l'endroit mème 
où on la trouve. 


Gite DE MispickEL. — Le gîte de mispickel, on le sait, fait 
partie du système filonien auquel appartiennent les gites de 
Salsigne, de Villanière et de Cupserviès, ainsi que ceux de 
Labastide. Nous avons établi qu'ils ont tous été formés vrai- 
semblablement par l'influence des grandes rides hercyniennes, 
le gite de Villardonnel entre donc dans cette catégorie. Il a, du 
reste, la même direction et a trop de liens communs pour que, 
appartenant au même système de fracture, on lui refuse la 
méme origine. Du reste, nous avons nous-même constaté, soit 
dans la formation du gite, soit dans son allure, soit dans sa 
minéralisation, soit encore dans la similitude des roches en- 
caissantes et du remplissage, une relation trop étroite avec ceux 
auxquels nous le rattachons pour qu'il puisse subsister dans 
notre esprit l'ombre d'un doute à ce sujet. Une étude donc plus 
complète de ce gite risquerait d'aboutir à une redite de notre 
part ; nous nous bornerons donc à enregistrer les travaux exé- 
cutés et à disséquer les résultats nouveaux mis en lumière par 
ces derniers et ceux qui n'étaient pas faits autre part lorsque 
nous avons écrit les études précédentes. 


Travaux EXÉCUTÉES. — L'exploitation actuelle s’est développée 
dans deux centres différents appelés Combe Lisou et la Royale. 


(1) Découverte par M. Fages, de Rivoire. 


At = 


Une simple découverte d'afleurement doit être signalée à 800" 
vers le nord et en direction; elle à été abandonnée momenta- 
nément. 


Cour Lisou. — L'étude en galeries de ce point a été provo- 
quée par d'anciens travaux indiqués par des haldes et des 
oxydations arsenicales superficielles. 

Trois guleries A. B. C. sont superposées et alteignent respec- 
tivement en direction 60,100 et 130n. 

La galerie A voit son toit très incliné sur l'horizontale au 
début des travaux (25 à 300), avec une imprégnation de cristaux 
de mispickel très caractérisée. Sa direction est sensiblement 
N.S. et le pendage du toit à l'avancument se redresse jusqu'à ce 
qu'il soit voisin de 600. La galerie a suivi le filon, et ce dernier 
offre avec une très grande irrégularité, qui est du reste la 
caractéristique de ces gites dans notre pays, une allure très 
complexe. Tantôt le mispickel se présente à l'état pur, plus 
loin il disparait brusquement pour céder la place au quartz 
qui remplit la totalité de la fracture et retourne peu à peu au 
mispickel massif en passant par le quartz moucheté de pyrite 
de fer et cuivreuse mélangé par endroits de fer spathique non 
décomposé. L'avancement, en ce moment, est quartzeux avec 
mouches pyriteuses, tandis que les épontes semblent considé- 
rablement imprégnées de solution arsenicale. L'analyse de ces 
dernières a donné du reste chez M. Pautrat, chimiste à Paris, 
1,70 0/0 d'arsenic pour 4 gr. d'or 0/0. | 

La galerie B entre en direction comme la galerie À, et suit 
également le filon qui présente avec les mêmes caractères d'ir- 
régularité et de complexité les mêmes imprégnations schis- 
teuses. 

C'est à ce niveau que l'on continue un travers-banc destiné à 
recouper le gite de la Royale situé à 100" environ. L'avance- 
ment de la galerie présentait une épaisseur de filon de 060, 
avec une boule de quartz imprégnée de pyrite arsénicale. Non 
loin de l'amorce du travers-banc les travaux ont rencontré un 
bouleversement tectonique, constitué par une série de failles 
et de rejets qui se traduisent surtout par un flottement, une 
sorte d’hésitation bien naturelle dans la conduite des travaux 
qui ont réussi non Sans peine à recouper Île filon beaucoup plus 

6 


— 12 — 


loin La teneur en or de cette galerie varie entre 9 et 10 gr. 
tandis que celle de l'arsenic arrive à 36 0/0. 

Les trois galeries sont en communication par des descende- 
ries ou des remontages dans Île filon, ce qui permet une con- 
naissance plus approfondie de l'allure du gite, et c'est par un 
de ces remontages que l'on a suivi Île filon sous un ravin jus- 
qu'au nouveau (, qui ne révéle pas de faits nouveaux méritant 
une mention spéciale. 


RoYaLe.— Ce point, plus élevé que Combe-Lisou, sera mis en 
communication avec ce dernier par Île travers banc que nous 
avons indique qui servira d'écoulement. Les formations super- 
ficielles de cette attaque présentent une inclinaison de 30 °;. 
sur Ja verticale qui s'améliore à 40° en profondeur. Cette atta- 
que a été effectuée par une descenderie de 70" de profondeur 
qui suit l'inclinaison du filon qui dessert 2 niveaux et un pui- 
sard. La direction du gite semble être parallèle à celle de 
Combe-Lisou, c'est-à-dire sensiblement N.S. Le premier niveau 
est constitué par 2 galeries de 40" de développement, le 2° 
par des galeries de 220" envirou. Le traçage normal s'eflectue 
par des remontages ou des descenderies. Le premier niveau se 
trouve à 30% environ du jour. Le filon qui a été suivi à droite 
el à gauche se présente avec Jes mêmes caractères d'irrégula- 
rité jusqu'a une premiére faille. Dans la galerie sud, la faille 
rejette le filon qui n'a pas élé suivi par la galerie, cette der- 
niere s'étant égarée sur une ramification qui a vite disparu. 

Au nord, le filon, régulier d'abord, se poursuit nettement 
jusqu'à un bouleversement géologique déterminé d'une façon 
imprecise, et la galerie à été arrêtée jusqu'à la fin du remontage 
entame au niveau inférieur et qui y traverse aujourd'hui. 

Le 2"n6 niveau constitue le point central de toute l'exploita- 
lion, et c'est celui qui est poussé le plus activement dans les 
deux sens, parce que jusqu'à présent c'est lui, avec la descen 
derie qui S'enrichit en profondeur, qui a donné les espérances 
les plus chatovantes. Le pendage du filon plonge de 70° à 
l'est, et les avancements, après être passés dans les alternatives 
d'épaisseur que l'on connaît, offrent au nord et au sud des 
épaisseurs de 0"60. L'avancement Sud est sec, le Nord est 


Le 49 


mouillé, l'eau s'écoule lentement dans le puisard d'où elle est 
remontée au jour électriquement. 

Les anomalies signalées à Salsigne et à Villanière se rencon- 
trent à Villardonnel, notamment la présence en milieu schisteux 
du fer spathique ; nous nous sommes assez étendu sur ce point 
pour n'avoir point à y revenir. Quelques mouches de pyrites 
cuivreuses sont à signaler dans les pyrites de fer et les pyrites 
arsénicales, mais pas de cuivre natif dans les épontes comm 
à Salsigne. | 

Le minerai est encore en place, mais les travaux ont donné 
sur le carreau de la mine de 5 à 600 tonnes de mispickel trié à 
28 °/, d'arsenic et 25 gr. °/, d'or. Voici, du reste, le résultat de 
quelques analyses : 

Analyses de M. Pautrat, chimiste à la Faculté des sciences de 
Paris : | 

RoYyaLe Norp. Mispicket quartzeux. arsenic 8.70°/ or 16 gr. °/. 

RoyaLe sup. Mispickel peu quartzeux arsenic 23.03°/, or 4 gr." 


Résidus grillés, moyens........... arsenic {.90°/ or 16 gr. °’,, 
MOVCNNES Sn este idee arsenic 16.41°/ or 20 gr. °/, 


Analyses de M. Jacob, ingénieur à la Caunette : 


CoMBE-Lisot : attaque coupe de bois affleurement.— arsenic 27.50 */., 
argent 160 */., or 17 °/.. 

CouE-Lisou : minerai décomposé au toit, puis schiste et bande de 
minerai. — arsenic 13.10 ‘/.. argent 158 °/.., or 17 °/.. 

Come Lisou : 0*15 décomposé, schistes minéralisés, 0*20 pur. — 
arsenic 32 */.. argent 90 °/.. or 15 °/.., cuivre 0.15 */. 


Analvses de M. Desflassieux, chimiste, au Monestrol : 


ROYALE 2° NIVEAU : Côté nord, à 10 mètres de la descenderie. — 
arsenic 21.2 */., argent 36 °/., or 14 gr. °/.. 

Côté nord, de 10 à 20 mètres de la descenderie. — arsenic 17.6 °/.. 
argent 52 */., or 31 °/.. 

Côté nord, de 20 à 30 mètres de la descenderie. — arsenic 19.3 en 
argent 48 °/., or 51 °/... 

Côté nord, à 10 mètres de la descenderie. — arsenic 26.2 °/,, argent 
36 07. or 15 

Côté nord, de 10 à 20 mètres de la descenderie. — arsenic 28.1 ‘/., 
argent 48 °/., or 30 °/... 

Côté nord, de 20 à 30 métres de la descenderie. — arsenic 25.7 ‘/., 
argent 57 °/,, O7 48 ‘/o. 


he 


Ces échantillons, un peu supérieurs à la moyenne, ne com- 
portaient pas de pyrites. 

Quartz blancs secs. Royale sud 1“ niveau. Rares mouches de mis- 
pickel : or 2 gr. °/.. argent 2 gr. °/. 

Quartz blancs secs. Royale sud 2*° niveau. Rares mouches de mis- 
pickel : or 2 gr. °.., argent 14 °/.. 


Ces deux analyses confirment que l'or est bien véhiculé par 
la minéralisation pyrite au mispickel. 

Royale 2m6 niveau. — Echantillons moyens des deux galeries 
sud toute la longueur. 

{re galerie sud. — Ces échantillons sont presque tous massifs 
et comportent beaucoup de mispickel, très peu de pyrites : 


Perte au feu 36°/, arsenic 29.7 °/. or 22°/., argent 45 °/.…. 


Le trié du triage comportant un peu de quartz doit être un 
peu inférieur à ces résultats. 

Royale n° 2, 2m niveau.— Galerie nord sur toute la longueur. 
h#O mètres d'avancement. — Les échantillons, presque tous 
identiques, sont constilués par du minerai quartzeux très miné- 
ralisé en pyrite et mispickel intimement mélangé : 


Arsenic 17.35 °/, or 40°/., argent 32°/., perte au feu 2h */... 


Filon très intéressant, la moyenne est régulière et le trié doit 
se rapprocher sensiblement de ce chiffre. 

Royale 2%" niveau sud.— Poussière des coups de mine. Epais- 
seur du filon 0,50 quartz et mispickel sans pyrite: 


Perte au feu 21°/, arsenic 15.6 °/, or 16°/., argent 35 */.… 


Cet échantillon est très quartzeux, environ 50 °/, la teneur 
est donc conforme au restant de la galerie. 

Royale 2m niveau, — Avancement nord. Poussière des coups 
de mines. Quartz, schiste, mispickel, pyrite, échantillon trés 
mélangé : 

Perte au feu 18°, arsenic 11.4", or 21°, argent 54 °/. 


Le filon à 040 d'épaisseur en moyenne avec barre de schiste 
au milieu, ce qui explique sa faible minéralisation; la teneur en 
or reste toujours proportionnelle et le trié dépasse certainement 
90 grammes d'or. 


Royale no 1, 2me niveau.— Montage nord. Poussiére des coups 
de nine, composition, épaisseur, filon très régulier, Um36 miné- 
ralisation, quartz, pyrites, mispickel, type de cette galerie : 


Arsenic ÎN.22 ”/., Or 37 oo. argent 45 °/. 


La moyenne de ce filon concorde exactement avec celui de la 
galerie. L'allure. le toit, la minéralisation sont trés intéres- 
sants. 

Nous noterons que ces analyses ont été elfectuëes sur des 
minerais tout venant et non concentrés et que les stalistiques 
adressées au Conseil général signalent à Villardonnel une 
teneur en or variant entre 12 et 30 grammes d'or. 

Dans la direction de la ferme de la Royale, on à relevé d'autres 
afMleurements prolongeant les travaux actuels. Quelques travaux 
faits pour mettre en lumière les analyses ont été abandonnés 
momentanément. 


Entin M. Morin, chimiste de la Monnaie, à Paris, trouve à 
l'avancement actuel du 2" niveau, c'est-à dire en mars 1911, 
or, 90 gr. °/w. Tout venant moyen de la mine : or, 26 gr. ‘/0o. 

Il existe dans la même concession et dans le ruisseau de 


Malabeau d'autres affleurements intacts dont voici quelques 
analyses. 


Analyses de M. Jacob, ingénieur à la Caunette : 


Malabeau ........... sessd os AIS 4 008 087%, O1 SV 
— filon principal pyriteux. . arg. DN°/ O7. 00 
-- hHlonnet de fer..... cuiv. 0.1°/ arg. 10°, or. 5°, 
— YroS grains....... arg. 70°, or. 22°/, 
— grains fius........ arg.21#°/. or. 40°/, 
Canecaude, toit.............. | arg. 64% 07. N° 
— Dlélti:::sissdns ave A2 cr 127% 
—  aflleurem. moyen.. arg. HN /s  OP. 12/4 
— minéralisat. droite. arg. 3964  o17. 14 °/ 
-- filon en placc..... arg. 92°, or. 25° 


Eutin, on vient de découvrir dans une vigne un beau filon de 
quartz moucheté que l'on se propose d'analyser et qui, pour Île 
moment, est recouvert de terre végétale. 


= A6 — 


Analyses de MM. Jacob, Catala et R. Esparseil des ruinerais 
de Villardonnel : 


Or... 61/2 9 12" IN 40e 35 Ve 
Argent... 661/2°, 93" 13% 36% MN 21% 


Analyses de M. Jacob, Villardonnel, menu résidu-triage : 


Uri 8 "/o argent..  20°/. 
140 tonnes : 8 | RTE 20"/, argent .  2N°/, 


Analyses de M. Campredon : 


Stock..... or. 16°, arg. 31 °/o ars. 12° 


Analyses de M. Morin : 


Stock...... or. 18 "/, arg. 3) ars. 24.83" 
Pyriteux... 0, 229 arg. 90 ars. 12 


CuPsERVIES. — Indépendamment des filons qui ont été déja 
étudiés précédemment, d'autres affleurements ont été décou- 
verts dans le ravin, ils affectent tous une direction parallele 
aux précédents. Une description serait forcément superflue, 
car ils ressemblent à ceux qui ont été décrits. Qu'il nous suffise 
de noter simplement que nous avons pu constater, au cours de 
plusieurs prospections dans le pays, que le ravin de Cupservies 
est absolument parsemé de fractures remplies par du mispickel 
jusqu à Labastide, point où se sont arrêtées nos prospections 
depuis l'époque qui a vu l'apparition de notre dernière étude. 
Les plus importantes sont les suivantes : 4° le filon inférieur du 
noyer d'une épaisseur de 0m60 à {" environ; 2° le filon supé- 
rieur parallèle au précédent, 0m20 d'épaisseur ; 3° Le filon de 
Labezigou, très sulfuré, peu d'oxydation, 0m10 ; 4° Le gros 
filon de Labezigou, 0"40, quartzeux et sulfuré par parties, se 
prolonge de bas en haut de la montagne ; 5° le filon du chemin 
de Labastide, affleurant au bord d'un champ; 6° enfin Ha pro- 
Jongation vers le haut de la montagne, entre Cupserviés et la 
æalerie Arton, du filon attaqué par le banquier. Nous l'avons 
mis à jour dans une vigne où nous avons dù enlever la terre 
végétale. Ces filons inexploités sont encore vierges et n'ont 
jamais été touchés. Des analyses effectuées chez différents chi- 
mistes Ivonnais et parisiens et chez M. Campredon, donnent: 


ET ee 


arsenic 40 0/0, #1 °/55 OT: À 9/00 } 1 9/00 ; J 0/00 : 4 9 00 ; 7 0/00 ; 
16,°/00 ; #0 °/0. 11 faut noter que ces analyses ont été faites sur 
des minerais de surface, et qu'en profondeur, si on consi- 
dére les résultats de Salsigne et de Villanière, la teneur en or 
augmentera. 


SALSIGNE. — Les travaux se sont poursuivis très régulière- 
ment au point de vue de l'abattage et de la reconnaissance du 
gite. Ce dernier, qui a atteint la profondeur de 110", une épais- 
seur de filon de 11" de puissance, à révélé certaines particula- 
rités intéressantes comme celui de Villanière, dont il fait suite. 
Le front de taille, en profondeur, est surtout composé de quartz 
moucheté de pyrites arséhicales, de pyrites de fer et de pyrites 
de cuivre qui paraissent plus abondantes qu'en surface. Une 
veine d'une sorte de calcaire très siliceux, complètement trans: 
formée par métamorphismes et piqué de gros cristaux cubiques 
de pyrite de fer, a été mise à jour comine très aurifere. L'ex- 
ploitation des terres oxydées s'est terminée par leur transfor- 
mation en minerai sulfuré. Ces dernières ont donné à l'analyse: 
arsenic 9,40 °/% ; argent 2120/%; or Î# 0/3; argent 188 0/00 ; 
32 "/00 3 OÙ 16 °/6 ; 30 9/60 ; 36 0/00, alors que le sulfuré donnait : 
arsenic 31.6 °/; 36.02 0%; argent 87 9/05 1%%4 9/03 08 °/003 Or 


4 


49/00 3 36 */ov ; 16 °/00 ; 70 9/00. 


ViLCANIÈRE. — Les travaux effectués dans la concession de 
Villanicre ont poursuivi le même but que ceux effectués dans 
la concession de Salsiwne, avec cette différence que lon a mul- 
tiplié ici la diversité des attaques d'affleurements dont plusieurs 
ont été prolongées et notamment une attaque située à la limite 
de la concession de Lastours où le gite S'y prolonge (1), et qui 
donne des résultats très rémunérateurs. La teneur en or des 
différents chantiers de Villaniére varie entre 20 et 70 gr. d'or à 
la tonne, et nous cilerons une tonne vendue au titre de 800 gr. 
d'or. Toutefois, ces teneurs ne sont pas constantes, et elles 


(1) Nous aunoncions en 1903, dans notre élude, que nous poursui- 
vons aujourd'hui, que celle concession était en instance. Elle est 
aujourd'hui accordée, et appartient au mème propriétaire que celle de 
Villaniére. Voir note 2, page 1. 


19 — 


offrent les mêmes irrégularités que les teneurs des autres gites. 
Les pyrites cubiques ont été rencontrées piquées dans un cal- 
Caire analogue à celui de Salsigne, en direction dans un chan- 
tier appelé Terrisse ; elles ont également 70 gr. d'or à la tonne, 
tandis que un quartz noir, sans sulfure, en titrait S8S gr. La 
diversité des attaques ou des points d'exploitation a permis aux 
exploitants de Villanière d'avoir une diversité proportionnelle 
dans les allures des filons suivant la nature des épontes encais 
santes, et là comme partout ailleurs, dans le monde minier on 
a pu se rendre compte du changement très caractéristique de 
la minéralisation suivant que le filon se trouvait dans les schis- 
tes ou dans les racines calcaires que nous connaissons. Parfois. 
l'attaque du Mispickel où des pyrites arsenicales en milieu 
calcaire donnaient des résultats merveilleux en or, comme par 
exemple le filon de pyrites cubiques, piqués dans un calcaire 
rendu méconnaissable par la forte transformation que lui à 
fait subir un métamorphisme intensif. Ce calcaire, très siliceux 
lui-même, encaissé dans des épontes calcaires offrait, nous 
l'avons dit, une richesse de 70 gr. d'or ; mais lorsque les filons 
généraux, encaissés normalement dans les schistes, passaient 
brusquement en milieu calcaire, cela se traduisait par un dé- 
sordre général de l'allure du gite, de la minéralisation et sur- 
tout de la richesse ; cette dernière s'abaissait d'abord pour 
remonter très irrégulicrement ensuite, beaucoup plus irrégulie- 
rement que daps les schistes. 


Faits nouveaux 


Les travaux de Villardonnel font ressortir, pour la connaïis- 
sance du gite de mispickel du Cabardès, quelques faits nouveaux 
ainsi que les travaux récents de Salsigne et de Villaniere. 

Nous signalerons d'abord dans les galeries de Combe-Lisou 
une imprégnalion des deux épontes par l'arsenic et l'or surtout 
en ce qui concerne | imprégpation du toit et dans les exploita- 
lions de Salsigne et de Villanière, une veine filonienne de 
pyrite de fer cristallisée, en gros cubes piqués dans une yangue 
silico-calcaire, ainsi qu'un quartz noir sans sulfure riche en or. 

L'imprégnalion dont il est ici question consiste en une péné- 


A tes 


22.40: 


tration dans les schistes encaissants du magma minéralisé qui 
s'y cristallise le plus souvent avec accompagnement de quartz, 
tantôt cristalisé, tantôt amorphe. Il est résulté de cette péné- 
tration une sorte de mélamorphisme qui transforme en schiste 
micacé le voisinage direct des imprégnations métallifères. 
L'étude à laquelle nous nous sommes livrés sur ce phénomène 
nous a conduit à une comparaison du minerai de la roche 
intacte avec la roche à laquelle le minerai s'est substitué, avec 
les cavités des épontes remplies par les cristallisations de mis- 
pickel ou de quartz avec, enfin, le minerai lui-même et son 
métamorphisme. Pour cela, nous avons posé comme principe 
duquel nous sommes partis, qu'il fallait avant tout bien se 
figurer la dissolution thermale circulant dans la fracture, se 
répandant à droite et à gauche dans les fissures de la roche 
renfermant toujours un peu de silice qui, grâce à la pression 
énorme exercée avant l'érosion sur le point où elle se fait sentir, 
se dissout à la faveur de quelques carbonates alcalins et se. 
reprécipite ensuite dans des conditions données. Nous nous 
sommes aperçu ensuite que les schistes auxquels nous avons à 
faire pourraient être chloriteux, mais dans tous les cas sont très 
quartzeux. La silice, pour se précipiter, avait sûrement entrainé 
avec elle, dans les parois de certains petits vides,'des parcelles 
de magna minéralisé et ces deux éléments s'étaient déposés en 
petits cristaux contre ces parois ou en avaient cimenté les vides. 

Cela nous a conduit à observer les origines de la silice que 
nous étudions et nous avons pu acquérir la conviction que nous 
nous trouvons, dans le Cabardès, en présence de deux classes de 
silice. La première, stérile, résultant de la dissolution des 
épontes à travers lesquelles la solution thermale à passé, créant 
par le fait mème de cette dissolution, avec les accidents tecto- 
niques, des petits vides, des interstices de toutes sortes où est 
venue après COUP, pour les cimenter, se crislalliser cette mènre 
silice qui, cela se concoil aisément, à entrainé des parcelles de 
solution thermale. 

En dissolution, ces parcelles offrant une mobilité comparable 
a celle de la silice, SY sont cristallisées avec elle en cristaux 
épais suivant que le refroidissement à élé plus ou moins insen- 
sible. Il est certain que, pour quelques points déterminés, ce 


4 


— 9 — 


refroidissement a été très insensible, Du reste, l'explication de 
ce phénomène est toule auaturelle si on admet le long des 
épontes les concentralions de principes volatils et mème au 
besoin de la vapeur d'eau, ces concentrations proyoquées par 
le contact des épontes, ont adouci le refroidissement brusque 
qui est indiqué généralement par les parties des filons où nous 
trouvons au contraire le mispickel en grain serré. La deuxième 
classe de quartz serait d'origine profonde et par conséquent 
riche, comme les quartz noirs de Villanière, à 88 gr. d'or, ou 
certains quartz ordinaires du mème endroit. L'opinion de 
M. Desllassieux, citée plus haut à propos de ses analyses dans 
lesquelles il prétend que les analyses des quartz indiqueraient 
que l'or n'est pas véhiculé par le quartz, doit s'entendre dans 
le sens de quartz d'origine sédimentaire, dans la première classe 
par conséquent. Nous ajouterons que l'on à trouvé rarement 
des leneurs en or intéressantes dans le quartz seul, et il ne fau 
dra pas en être surpris si on admet notre théorie quoique, ainsi 
que nous allons le voir, il peut très bien se faire que natre 
quarlz d'origine profonde, difficilement discernable de l'autre. 
ne soit pas obligatoirement aurifére. 11 est mème certain que 
ce doit être la généralité dans le Cabardès et nous nous appuie- 
rons sur ce fait qu'il n'ya pas de traces d'or libre dans les 
gites qui nous occupent. L'or n'est pas amalgamable, il ne se 
trouve pas à la battée qui n'en révèle que 50 °/, seulement dans 
les résidus traités dans les usines du pays, il doit donc se trou 
ver combiné avec la solution métallisante et a dù être amené 
avec elle. Par conséquent, le quartz riche en or trouvé par 
endroits doit être l'exception. 

L'action de contact qui a provoqué avec les concentrations 
des phénomenes lents de cristallisation dans les schistes des 
épontes, fail partie d'une série de phénomènes qui dépendent 
les uns des autres et qui ont produit des résultats divers comme, 
par exemple, la production du schiste sériciteux que nous avons 
observé ait voisinage immédiat des imprégnations. Il est évi- 
dent que sans l'intervention de minéralisateurs tels que des 
chlorures alcalins, il n'est pas possible d'expliquer ce métamor- 
phisme de la roche encaissante et encore indépendamment de 
loule action chimique devrons-nous faire intervenir des causes 


— 9 — 


d'un autre ordre telles que la pression, les gaz, la décompression 
résultant de l'écartement des parois, etc., etc. ({). 

La production, ou plutôt l'imprégnation de ce schiste micacé, 
que nous avons pu observer directement au voisinage des 
imprégnations arsenicales, nous amènera tout naturellement à 
l'étude de ces dernières. Il faudra pour cela encore partir du 
même principe par lequel toute venue hydrothermale se produit 
à la faveur d'un minéralisateur et nous verrons alors, dans le 
cas qui nous occupe, que si certains éléments métalliques peu- 
vent s'être dissous par l'intervention de l'eau chaude sous pres- 
sion, l’arsenic et le soufre qui sont des minéralisateurs beaucoup 
plus faibles que cette dernière ont eu leur influence prédomi- 
nante comme minéralisateurs lorsqu'il a fallu concentrer dans 
des fumerolles moins chaudes les éléments sulfurés au bord du 
magma, de telle façon que l'imprégnation des terrains schisteux 
se produise. Nous devons donc regretter, à différents points de 
vue, que l'on n'ait pas recherché la limite de ces imprégnations; 
au point de vue économique, si on admet, avec M. Desflassieux, 
les éléments sulfurés comme étant les véhicules de l'or par 
excellence dans notre gite et au point de vue technique pour la 
connaissance des différents rapports des gites entre eux. À ce 
sujet, nous ferons remarquer que si nous avons observé au fur 
et à mesure que l'on s'avance vers le sud (2) une complexité de 
plus en plus forte. dans la composition des éléments des gites 
arsénicaux, nous pourrons établir la mème comparaison au point 
de vue de l'imprégnalion des épontes de chaque gite qui aura 


(11 Nous avons indiqué dans un autre travail le rôle que jouaient ces 
différentes causes pour que nous ne nous y appesantissions pas. Nous 
ajouterons cependant que Michel Lévy, analysant l'intensité des phé- 
nomènes généraux exercée par le métamorphisme en profondeur sur 
les éléments de l'écorce terrestre, dit que ce dernier se traduit sous 
différentes formes à des distances plus où moins grandes. A grande 
distance, on trouve une ample cristallisation des éléments sédimen- 
laires accusant peut-être une intervention de minéralisateurs volatils 
lels que les chlorures alcalins. de teile sorte que l'on a des schistes 
micacés. C'est peut-être à une action métamorphique de ce genre qu'il 
faudra attribuer cette Silitication de la couche calcaire piquée de 
pyrites cubiques. 

(2) Notes complémentaires pour sertir à l'étude du nuspickel du 


Cabardes. (B. S. E. S. de l'Aude, 1908. Tome XINX). 


une intensité en raison inverse de la richesse en or contenu 
dans le minerai. 

Indépendamment de la localisation de l'or dans le mispickel 
el non dans le quartz, l'imprégnation des épontes est nulle à 
Cupserviès, le Mas-Cabardès et Villanicre ; on commence à s'en 
apercevoir à Salsigne, elle devient très caractéristique à Villar- 
donnel avec un appauvrissement en or, et dans les Corbières 
ou les Pyrénées-Orientales, c'est-à dire à l'extrême sud, elle se 
transforme en véritable substitulion, c'est-à-dire que la fracture 
étant remplie par un quartz stérile en arsenic et mélaux pré- 
cieux, les deux épontes sont imprégnées de telle sorte que le 
mispickel s'est éparpillé dans les fissures du schiste d'une facon 
si intime qu'on peut considérer ce dernier comme un véritable 
minerai arsenical pauvre en or où le schiste est imperceptible 
au contact direct du quartz. Lorsque la fracture des éléments 
sédimentaires anciens se prolonge dans les roches éruptives du 
Canigou, elle reprend son étal normal toute imprégnalion ces- 
sant, mais l'or ne réapparaissant qu'à une teneur inférieure à 
D gl. 0/0. 


La répartition de l'or dans le mispickel 


Les cours avilis de l'arsenic laissent peu de place à une 
rémunération sérieuse, si on se borne au traitement pour 
arsenic. Une forte teneur en or peut assurer au contraire, mal- 
gré Son irrégularité, un bénéfice aussi sérieux que constant. 
C'est là que réside le secret de la fortune des gîtes aurifères du 
Cabardés et de la faillite des gites non aurifères du Sud et des 
Pyrénées-Orientales, encore en exploitation récemment. Dans 
ces conditions, on concevra aisément l'importance que lexploi- 
tant a attache à la connaissance de la répartition de l'or dans 
son mispickel; et voilà pourquoi, aprés avoir étudié celte ques: 
ion dans un autre travail, nous allons y revenir aujourd'hui 
pour essayer de compléter ce qui v a élé dit. 

I ressort, tout d'abord, des fréquentes analyses qu'ont faites les 
trois exploitants qui englobent le réseau arsenical du Cabardés. 
que contrairement à ce que lon observe autre part dans tes 
gites arsenicaux à luinerai complexe, la gangue quartzeuse n'est 
aurifere que très rarement, ce qui tient évidemment à la com- 
binaison chimique par laquelle l'or est entré dans le minerai 


— 24 — 


et à la différence de nature du quartz. Nous avons déjà dit 
qu'il n'y avait pas d'or libre dans le pays, si ce n'est dans les 
résidus sortant des fours où l'or libre entre pour 50 ‘/, environ 
de la teneur du minerai non grillé. Cette particularité rend, on 
le conçoit, le traitement du minerai très difficile, si difficile 
que sauf ceux qui ont adopté la fusion cuivreuse ou mieux 
plombeuse, aucun n'a réussi à retirer plus de 60 °/ de l'or 
contenu dans le mispickel. L'or a d'abord été constaté en quan- 
tité très appréciable dans la colonne oxydée de Sualsigne (1). 
C'est la seule partie du filon qui a été vraiment oxydée au point 
d'être complètement transformée en oxyde de fer pvriteux et 
peu arsenical. Nous ne savons pas sous quelle forme l'or avait 
été concentré sur ce point, mais il est probable qu'une partie 
sûrement avait été rendue libre. En effet, l'or a une appa- 
rence d'insolubilité plus fictive que réelle, car la moindre alté- 
ration superficielle lui fait subir une influence très marquée. 
ll ne serait donc pas irrationnel qu'une partie de l'or soit 
rendue libre par le mécanisme chimique suivant que nous em- 
pruntons à de Lapparent. Le sulfate de peroxyde de fer formé 
par l'oxydation a dissous les métaux précieux du gite. En s'in- 
filtrant dans les parties de pyrites inaltérées, le sulfate s'est 
réduit en sel de protoxyde, ce qui a sufli pour déterminer la 
précipitation de l'or et de l'argent. Ce phénomène, ainsi que le 
prouve la nature physique du gite sur ce point isolé, est un 
accident local qui ne peut absolument influencer en rien la 
présence de l'or dans les parties profondes de Ja fracture. En 
général pourtant, lorsque l'on rencontre une concentration 
anormale de l'or sur une partie déterminée du gite oxydé, on a 
remarqué que le métal précieux était distribué très régulière- 
ment dans les autres parties du filon. On préfère donc un mé- 
tal réguliérement disséminé, et si la pratique sur Île gite qui 
_ nous occupe n'a pas trop démenti celte manière de voir, il 
n'en est pas moins vrai que l'or, quoique étant réparti d'une 
facon très irrégulière dans le filon, subsiste en quantité telle 
que, reconnu et exploité, il offre encore une teneur excessive- 
ment rémunératrice. 

La nature des schistes encaissants nous permet de sup- 


(1) Voir note 1, page, 


— %, — 


poser que les eaux thermales devaient contenir une notable 
proportion de chlore en dissolution. Or, la présence du chlore 
dans les eaux thermales ou dans les eaux superficielles devra 
suffire pour montrer qu'elles contiennent les éléments nécessai- 
res pour dissoudre une substance comme l'or. Si, de plus, nous 
admettons ce métal entrant de cette facon dans les eaux métal- 
lisantes, nous arriverons logiquement à supposer au tout une 
mobilité impossible à obtenir si l'or est à l'état solide, et alors 
“on comprendra sa faculté de se transporter, de se concentrer 
el de se séparer des autres métaux au besoin ; mais dans tous 
les cas de se localiser, en combinaison, à certains endroits 
déterminés lorsque les conditions du milieu comme la pression, 
la température, le contact d'une éponte, etc., l'y auront 
porté ({). 

Ainsi envisagée, la question de la répartition de l'or en pro- 
fondeur, suivant certaines données à apparence irrégulière, 
peut être solutionnée dans son vérilable sens, car on n'a plus 
qu'à supposer le magna minéralisé précipité, tel que nous ve- 
nons de le décrire à l’état liquide, pour avoir une vue d'ensem- 
ble sur la formation solide du gîte. On aura forcément une 
réponse aléatoire si on veut essayer de déterminer une loi pour 
cette répartition de l'or, car si on suppose la dissolution arse- 
nicale, dans laquelle l'or peut être sous la forme d'arseniure, 
en circulation dans les vides de l'écorce terrestre, on compren- 
dra que le métal précieux ne pourra laisser de traces de son 
passage que si la précipitation a lieu. Or, comme le remplissage 
du filon, lorsqu'il n'a pas été mécanique, résulte de la précipi- 
tation des éléments en dissolution et que cette précipitation ne 
peut s'effectuer que dans certaines conditions de milieu impos- 
sible à déterminer régulièrement, il sera impo:sible d'attribuer 
à l'or tel ou tel point plutôt que tel ou tel autre ou telle ou telle 
profondeur, malgré que l'origine profonde du métal précieux 
soit théoriquement démontrée par le départ des chlorures ou 
fluorures d'or associés au sulfure de fer ou de cuivre au contact 
du bebrock ancien, c'est-à-dire au contact de la roche primi- 
tive supposée, qui a laissé échapper la fumerolle métallisante. 

D'après M. de Launay, l'or serait associé dans les minerais 


(4) DE Lauxay. — Scienre géologique. 


RE re [A —-NPERE à -LPRIE EEE 


complexes comme le nôtre à un quartz spécial. D'après cela, il 
faudrait se demander si ce quartz spécial ne serait pas celui 
qui est aurifère par partie. C'est une question que je pose sans 
la résoudre, préférant adopter comme explication de cette 
silice d'origine profonde (que nous indiquions au début dans 
la.2me classe), celle qui tendrait à la faire venir de la dissolu- 
tion des roches éruptives où elle existe à l'état de silicate en 
profondeur, en même temps que.les fumerolles en question. 

On concevra maintenant la difficulté contre laquelle on se 
heurtera si on veut délerminer par une loi la répartition de 
l'or dans notre gite. 11 est tout naturel, d'après ce que nous 
avons dit, qu'il y soit trés régulièrement, car les conditions 
physiques ou chimiques du milieu où l'or s'est localisé dans le 
mispickel peuvent varier à l'infini. Il n'en serait peut être pas 
de même s'il existait à l'élat libre, et peut-être l'avenir nous 
réservera des indications sur ce point. 

Tant qu'il subsistera à l'état de combinaisons plus ou moins 
sulfurées ou arseniées, il faudra toujours s'attendre à des sur- 
prises au point de vue de sa régularité. Indépendamment des 
causes inconnues qui modifient sa présence, nous avons pu voir 
que le passage du filon d'un milieu physique déterminé à un 
milieu physique différent suflisait largement pour l'influencer. 
Nous connaissons cette cause, il peut y en avoir bien d’autres 
qui se rattachent une à multitude d'effets que la pratique laisse 
passer sans y porter beaucoup d'attention, mais que la théorie 
disséque souvent très judicieusement. 

La question de l'or est aujourd'hui primordiale pour les ex- 
ploitations du Cabardès. Les importants travaux qui ont été 
exécutés sur divers points ont résolu des questions essentielles 
laissées en suspens il y a quelques années, les jeunes exploi- 
tations comme celles de Villardonnel, de Cupserviès ou de 
Malabeau n'ont qu'à marcher sur les traces de leurs ainés Sal- 
signe et Villanière, mettant à profit leur expérience, car il est 
aujourd'hui prouvé indiscutablement que les mêmes phéno- 
méenes se répartissent sur l'ensemble du réseau filonien dont 
nous avons entrepris l'étude. 

R. ESPARSEIL. 


EXCURSION 


Du 17 Avril 1910 
A CESSÉRAS et à la GROTTE DE LA COQUILLE 


Par M. A. FAGES 


Pendant l'année 1910, un dimanche sans pluie fut chose plutôt 
rare. Pourtant, le 17 avril, bien que le ciel soit resté couvert 
toute la journée, il ne plut pas. 

Il était à souhaiter d'ailleurs que le beau temps revint pour 
réparer les dégâts causés par les dernières morsures de l'hiver. 
En effet, quelques jours auparavant, une gelée tardive, ce que 
nos viticulteurs appellent une gelée noire, succédant à une abon- 
dante chute de neige, avait séché les bourgeons naïissants de la 
vigne. Le désastre fut-général et servit de thème à toutes les 
conversations durant notre trajet de Carcassonne à Moux où 
M. Bories, de Fabrezan, vint nous rejoindre. 

Notre collègue nous détourna de ces graves préoccupations 
en nous donnant un aperçu stratigraphique des terrains que 
nous allions parcourir. | 

La distance qui sépare Moux d'Azille fut vite franchie et à 
3 h. 30 nous quittions notre train pour prendre place dans un 
grand omnibus, traîné par quatre chevaux, qui devait nous 
amener à la grotte. 

Le dernier village que nous traversons avant de rentrer dans 
le département de l'Hérault est Pépieux. Je ne dirai rien de 
ce gros bourg de mille habitants, dont le nom n'est pas inscrit 
sur le programme de notre excursion, mais je ne puis m'empé- 
cher de signaler à l'attention du passant la rangée de cyprès qui 
sert de bordure au cimetière de cette localité. Pauvres martyrs! 
ils n'ont pas, comme dans nos bois, leurs cimes élancées et ma- 
jestueuses; ici on leur fait courber le front pour former des 
arcs aux portes d'entrée ; plus loin on a voulu. par des tailles 
plus ou moins savantes, leur faire imiter les instruments de 
la Passion; plus loin encore, ce sont de ces mille jeux d'en- 
fant qui n'ont pas leur raison d’être. Pourquoi donc arrêter 
ainsi leur croissance naturelle, pourquoi modifier leur tenue 
sévère qui inspire si bien le silence et la paix ? 


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NIVNHIO-LNIVS 1Q dA1VuNnu 1$S1193 | 


Digitized by Google 


— 97 — 


A peu de distance se trouve le domaine de La Mignarde, que 
nous traversons. [ci aussi les méfaits de la neige sont encore 
visibles, c'est sur des pins silvestres qu'elle a laissé des traces 
nombreuses. 

En effet, dans la cour de cette ferme on voit un gros tas de 
branches de pins brisées. 

Ici les pins ne manquent pas : une culture intelligente a voulu 
utiliser les vacants en les reboisant, l'essence choisie est le pin 
sylvestre, espèce d'Auvergne. Ce conifère est appelé à rendre 
de grands services ; de plus, il est un des plus vivaces, car on 
le retrouve de 600 à 1400 mètres d'altitude. Il est spontané dans 
les Vosges, où il n'est pas très répandu ; dans les Alpes, on le 
rencontre rarement ; il existe surtout dans les Pyrénées-Orien- 
tales. L'espèce la plus belle est celle du massif central (1). 

Nous avons deux modes de culture du pin silvestre : {re, 
plantation de plaine, semée serrée, qui donne croissance rapide : 
arbres utilisés surtout pour poteaux télégraphiques ; 2m, ter- 
rains arides, semence large:le pin reste court et trapu, il a l'avan:- 
tage d'avoir des qualités de rectitude ; le faible développe- 
ment des nœuds, la densité du bois peuvent compenser et 
même surpasser les avantages d'une croissance rapide. 

Le ruisseau de Saint-Michel, qui coule à quelques centaines 
de mètres plus loin, forme la séparation de l'Aude et de 
l'Hérault. A l'Est, au milieu des derniers pins et de quelques 
rares amandiers, une chapelle romane est encore debout ; les 
murs formés de gros cubes de grès blanchis par le temps sem- 
blent encore défier les années à venir. 

Cette église, dédiée à St Germain, a été depuis longtemps 
convertie en bergerie, et, fait très rare, on lui a conservé son 
caractère primitif. Elle est orientée Est-Ouest, son entrée prin- 
cipale est au Sud. Les murs sont percés de fenètres cintrées 
que séparent des contreforts plats également distants les uns 
des autres. L'abside est décorée extérieurement par des arca- 
tures simulées ; le tout est couronné par une corniche, « cordon 
de Charlemagne », que semblent soutenir quatre modillons 
historiés. 


(1) R. Hickez. — Grignon. 


8 — 


Le clocher, ou plutôt le clocheton, percé de deux ouvertures, 
repose à la division de l’abside et de la nef. 

L'intérieur de l'église, quoique ayant un aspect sévère avec 
ses hautes voûtes, est très pauvre comme architecture. Les 
voûtes de la nef sont en berceau, celles de l’abside en cul de 
four. La nef de l'abside est séparée par un arc à deux rouleaux 
que soutiennent deux colonnes frustes surmontées de chapi- 
teaux en damier. 

Quelques tours de roue et nous voilà à Cesséras. M. Bousquet, 
instituteur honoraire à Azillanet, nous ÿ attendait pour nous 
servir de guide. Cesséras traversé, nous prenons lentement 
le chemin qui doit nous conduire à la grotte ; les côtes sont un 
peu raides, aussi, Comme nous ne gagnons rien à rester en 
voiture, tout le monde descend et s'éparpille sur la route 
blanche qui longe le talus du ravin de Fauzan et qui nous 
améne sur le Causse. 

Le Causse est une immense étendue de terre ayant pour toute 
fortune une bien maigre végétation ; seul le petit chène ou 
chêne Kermés ÿ pousse au milieu des plantes aromatiques. 
Quelques carrés de vigne, plantés dans des caïlloutis, semblent 
former une bordure à ce coin si pauvre. Fauzan, petit hameau 
qui dépend de Cesséras, domine de ses noires maisons cette 
lande aride qui ne semble bonne qu'à nicher les perdreaux. 

Si l'on prend la bifurcation de l'Ouest, et qu'on la suive, 
on arrive à l'établissement qui sert à la manipulation des phos- 
phates. Ce fut en 1887 que la commune de Cesséras concéda à 
M. Gautier, de Narbonne, l'exploitation des phosphates de 
chaux et de la Brushite formant le sol de la grotte. Pour cette 
exploitation on dut creuser un puits qui aboutit au milieu de 
galerie principale. C'est par là que sont montés les phosphates 
au moyen d'un fort treuil ; nous y avons vu une sècherie, mais 
le temps dont nous disposions ne nous permit pas de visiter à 
fond cet établissement qui nous parut très important. 

Sous l'habile direction de M. Bousquet, nous prenons le che- 
min de la grotte. Suivant un sentier à travers la lande nous 
parvenons à une étroite coupure qui doit servir à l'écoulement 
des eaux les jours de grande pluie. Le sol en est glissant et c'est 
appuyés aux parois que nous commençons la descente. Un 


+, 90 .— 


moment d'arrêt est nécessaire pour contempler le site sauvage 
el surtout pittoresque qui se déroule à nos yeux : en face de 
nous, une falaise aux arêtes brutes, creusée d'énormes excava- 
tions ; à nos pieds, la Cesse roulant ses eaux torrentueuses dont 
le mugissement arrive jusqu'à nous. 

Notre caravane s'engage dans un passage étroit et difficile où 
il faut s'aider l'un l'autre; ici, c'est un pont naturel, là des 
roches énormes qui ont glissé et qui appuyées encore à Ja 
falaise forment de longs couloirs, d'autres sont tombées dans 
le torrent et forment des barrages naturels qui enjolivent cette 
sauvage vallée. 

Le passage s'élargit et nous voici enfin en face l'entrée de la 
grotte de Aldène ou de la Coquille. Son nom lui viendrait de 
quelques excavations pleines d'eau, ayant la forme d'une 
coquille (1). 

Elle s'ouvre vers le Nord au pied d'un immense rocher et à 
quarante-cinq mètres au-dessus du cours de la Cesse. L'entrée, 
qui est actuellement murée, devait être très grandiose avant 
l'exploitation des phosphates, car elle mesurait 11 mètres de 
hauteur. 

Elle est formée d'une galerie principale dont la hauteur 
varie, depuis 4" jusqu'à 18", et au fond de laquelle jaillit 
une source que l'on dit intermittente. Comme galeries latérales, 
il y en a trois, qui sont: la galerie du Trône, avec une hauteur 
de voûte de 20, très belle par ses stalactites ; la galerie de 
la Fausse Monnaie, qui est très étroite, on voit encore sur le sol 
des trous cylindriques qui avaient servi de creuset à une bande 
de faux monnayeurs. Enfin, du côté opposé, la galerie du Lac, 
ainsi dénommée parce qu'une partie est pleine d'eau et prive 
ainsi les visiteurs de parvenir au fond, où l'on peut lire la 
signature du chevalier de Caraman, 1783 (2). 

Cette grotte devait être très belle, car malgré les rails et 
matériaux qui encombrent les galeries, elle garde encore par 
ses voûles un cachet des plus grandioses. 

Par les débris d'ossements d'animaux qu'on y recueille cha- 


(Ü) AMELIN. — Guide dans le département de l'Hérault ({S27). 
(2) E. FERRASSE. — Grotte de la Coquille, 


— 9 — 


que jour on peut dire que nous sommes en présence d'un 
ossuaire de l’époque quaternaire. Tous les habitants de nos 
cavernes y ont Jaissé une trace, depuis l'Ursus spelæus jusqu'au 
Felis spelæa (1). 

L'homme préhistorique n'a pas dédaigné une si belle de- 
meure : l'accès difficile, l'exposition abritée, et enfin la riviere 
poissonneuse qui coulait à ses pieds répondaient bien à ses 
besoins. Les traces de son séjour consistent en de belles pointes 
moustériennes, qu'on y a recueilli à l'entrée et surtout dans 
le ravin, au pied de la grotte (2), ainsi que des fragments de 
poterie néolithique dispersés dans presque tous les couloirs. 

Un dernier regard pour contempler encore les colossales 
dentelles qui reluisent sous le faible et tremblant éclairage de 
nos bougies, et nous quittons à regret ces belles salles dont 
notre aimable guide connaît les moindres recoins. 

Nous reprenons nos sacs à l'entrée, et allons nous installer à 
quelques mètres plus loin, dans une petite grotte bien enso- 
leillée, où nous procédons à l'analyse du contenu de nos sacs. 

Dans le court espace qui sépare les deux grottes, nous avons 
remarqué des parties de rochers rougies, noircies même par le 
feu : ne seraient-ce pas les habitations d'été de l'homme préhis- 
torique ou plutôt des abris sous roche ? 

Devant nous, sur la rive gauche de la Cesse, s'ouvrent encore 
de nombreuses grottes dont quelques-unes ont été murées et 
servent à remiser les troupeaux. 

M. Emile Rivière en cite plus de cent qui ont fourni des tra- 
ces du séjour de l'homme depuis l'époque Moustérienne jusqu'à 
l'époque du fer. Au Nord, sur un promontoire de calcaire num- 
mulitique, douze dolmens sont encore debout. Un peu au Sud, 
sur la rive gauche, est un camp gaulois (3). 

Le sifflet de notre chef d'excursion nous rappelle que nous 
n'avons encore rempli qu'une partie du programme de la jour- 
née. Nous bouclons nos sacs et reprenons par le même chemin 
que tout à-l'heure la direction de Cesséras, où nous arrivons à 
trois heures. 


(1) Collection de M. Bousquet, à Azillanet. 
(2) Collection de M. Bousquet, à Azillanet. 
(3) Note de M. Bousquet. 


ot 


Cesséras est un gros bourg de sept cents habitants, de belles 
maisons bordent les avenues et témoignent de l'aisance qu'a 
apporté dans le pays son vin renominé. 

On y voit quelques restes de vieilles murailles qui devaient 
faire partie d'un mur d'enceinte ; deux tours à poivrière sont 
encore debout et donnent une idée de ce qu'étaient ces moyens 
de défense. Sur le point le plus élevé est bâti le château; les 
remaniements dont il a été l'objet lui ont enlevé son caractère, 
seules de grandes fenètres à meneaux le classent vers le xv° 
siécle. 

[I nous semble que quelques notes glanées dans les travaux 
publiés ou chez nos nombreux amis ne seront pas ici mal 
placées, car, grâce à elles, nous pourrons avoir une idée de ce 
que fut autrefois Cesséras. 


843. — Cesséras fut donné par Charles-le-Chauve à Hildricus 
qui sans doute construisit le château-fort. 

Pendant la guerre des Albigeois, Pierre-Raymond de Cesséras 
fut emmuré pour crime d'hérésie par le terrible Frère Fenarius: 
son fils, Bernard Arnaud, fut déclaré faidit, et ses petits-fils 
Guillaume et Pilfort furent dépossédés à jamais. Après la con- 
quête, Saint-Louis donna Cesséras en assignat à Trencavel (1). 


1362. — Cesséras fut pris pas une grande Compagnie conduite 
par Gartiot (2). 


1591. — Combat aux portes de Cesséras entre Joyeuse et 
Montmorency (3). 

Cesséras avait des consuls en 1260, pendant que Trencavel, 
le vicomte dépossédé de Béziers, avait la seigneurie de la ville. 


En 1319, Jordain de Barre, le baïilli de « noble dame de Beau- 
trix, seigneuresse de Cesséras », voulait exiger la dime des 
fruits des habitants ; la communauté porta ses plaintes devant 
Raymond Garrigues, le juge royal de Siran, et à la cour du 
sénéchal, et elle eut gain de cause. 

En 1394, le seigneur de Cesséras voulut obliger les habitants 


(4) Notes de M. Bousquet. 
(2) Notes de M. Barthe, curé de Cesséras. 
(3) Mémoires du baron d Ambres. 


— 32 — 


a moudre leur grain dans ses moulins. Un procès long d'un 
an donna satisfaction à la communauté ({). 


En 1421, les consuls firent reconstruire les fortifications de 
Cesséras malgré l'opposition du seigneur. Une tour fut mème 
construite en face le château ; et l'on peut se demander si la tour 
menaçait les ennemis du dehors ou le seigneur. 

Malgré le sac de la ville par les routiers qui. avaient toul 
brûlé, les chartes de franchise furent rétablies par les consuls. 

A la fin du xvesiècle, Corbeyran de Corsier, devenu tout 
puissant, voulut user de son crédit pour recouvrer les droits 
perdus par ses prédécesseurs. Il essaya de rétablir la banalité 
du four et voulut défendre aux habitants de couper du bois des 
garrigues. en dehors de leur consommation. Les consuls récla- 
mérent et, en 4500, ils obtinrent pleine satisfaction. | 


En 1501, le roi Louis XII publia des lettres patentes portant 
commandement au sénéchal de Toulouse de rétablir les consuls 
et habitants dans tous leurs privilèges. 

L'église du lieu est un joyau ogival qui ne peut passer ina- 
perçu. C'est une masse imposante, dont le clocher monumental 
surmonté de créneaux indique bien qu'elle était disposée pour 
la défense et servait de refuge aux habitants en cas d'attaque. 

Des contreforts saillants et dégagés vont finir en prisme à 
hauteur de l'arète du monument, quelques rares gargouilles 
historiées existent encore, une très remarquable est à l'Est de 
l'entrée ; elle est pareille à la cinquième du chevet de l'église 
de Saint-Nazaire à la Cité de Carcassonne. 

Quoique sur la majeure partie de cette église on lise l'art 
sothique, il nous semble que l'architecte a voulu copier ou 
hiniter des travaux antérieurs. La porte d'entrée notamment, 
quoique portant la date de 1551, est en arc surbaissé et au- 
dessus une place est toute indiquée pour un tympan. 

Le méme travail se retrouve à l'intérieur de l'église en face 
l'entrée et est décoré de deux culs de lampe historiés de style 
renaissance. | 


ee 


(1) J. MiquEL. — Exsai sur l'arrondissement de Saint-Pons, (Archives 
communales de Cesséras. 


99e 


L'intérieur de l'église a 21 mètres de long. Sur les côtés et 
entre les contreforts sont aménagées six chapelles, dont une 
sert de sacristie. 

Les voûtes de la nef sont élancées, les arceaux se croisent 
entre chaque travée. Les travées, en ogive. reposent directement 
sur des colonnes minces et allongées, sans chapiteaux, ce sont 
bien là les caractères de la fin du gothique. 

L'abside est indépendante de la nef. Sa voûte est divisée par 
huit meneaux prismatiques. 

Les voûtes des chapelles sont aussi de la même époque ; elles 

ont éclairées par des fenètres à lancettes. 

En face de l'abside et au fond de l'église est une belle rose 
flamboyante. 

Dans cet ensemble d'architecture religieuse rien ne révèle le 
luxe; seuls les socles qui sont à l'entrée de l'abside portent 
quelques moulures, de plus, ils ne concordent pas avec les 
colonnes rondes. Faudrait-il en déduire que l'église actuelle à 
été rebâtie sur l'emplacement d'une église antérieure ? 

En 840, il existait déjà à Cesséras une église bâtie en l'hon- 
neur de St-Genés ; nous le savons par la charte en vertu de 
laquelle Charles le Chauve donna Cesséras au chef Goth 
Hildric (1). 

Nous nous plaisons à signaler quelques statues, en grès du 
pays, qui nous paraissent remonter au moins au xvi° siècle. Elles 
représentent St-Pierre, St-Paul, St-Roch et un groupe de Sts- 
Anne, Marie et l'Enfant. Malgré la rugosité de la matière, on 
voit que l'artiste a donné tout ce qu'il a pu. Tout en restant 
dans son cadre, les lignes sont simples et dégagees. 

Une vieille cloche, qui date certainement de la construction 
de l'église, est encore dans le clocher, elle porte l'inscription 
suivante : 


L'AN + MIL + CCCCC + NX + II + SANCTE GENESY + 
AVE + MARIA + IHS + 


Nous nous attarderions volontiers à étudier ces restes du 
passé, mais l'heure presse, il faut partir. Nous nous separons 


(1) Note de M. Barthe, curé de Cesséras. 


ss 0h 


à regret de nos aimables cicerones el prenons place dans la 
voiture qui doit nous ramener à notre point de départ, non 
sans avoir vivement remercié M. Bousquet de la complaisance 
avec laquelle il nous a guidés dans notre visite à la grotte et 
M. l'abbé Barthe, curé de Cesséras, de sa gracieuse réception 
et des renseignements qu'il a bien voulu nous fournir. 

Nous terminerons ce compte rendu par un résumé des indi- 
cations que nous a données notre collègue, M. Bories, sur la 
stratigraphie et la faune de la région de Cesséras à la Grotte de 
la Coquille. 

Les premiers contreforts de la Montagne-Noire ont été dépo- 
sés par une masse de sables venus de l'Océan, qui ont envahi 
toute la vallée de l'Aude depuis l'Alaric jusqu'à la couche des 
calcaires lacustres du sommet du Lutétien moyen. 

Ces terrains sont sans trop de dénivellement dans la plaine. 
mais sur les bords ils sont plus redressés. Ils ont fourni une 
belle faune de vertébrés : Lophiodon de grande taille (L. lepto- 
rhynchum) et Pachynolophus. Les calcaires lacustres (calcaires 
de Ventenac) forment le sommet du Lutétien moyen et contien- 
nent toujours les Limnées et Planorbes {L. Michelini Deshayes. 
P. pseudoammonius Voltz). Cette assise possède sur certains 
points Bulimus Hopei avec des intercalations de marnes bleues 
ou rouges et de lignites. Ces couches se répètent plusieurs fois 
sur la route qui monte vers Fauzan. 

Les calcaires du sommet du Lutétien inférieur ne se montrent 
que tout près de la grotte : ils sont peu fossilifères. 


A. FAGES. 


EXCURSION 


Du 26 Juin 1910 


A LA CASCADE DE CUPSERVIES AU ROC DU BOUGRE 


Par M. IL. GAVOY 


Bien que remontant déjà à treize ans, vous n'avez sans doute 
pas oublié le remarquable rapport de M. Joseph Sabatier sur la 
première excursion que fit la Société à Cupservies et au Roc du 
Bougre, le 10 juillet 1898. 

J'aurais pu, par conséquent, me dispenser de vous infliger 
pour celte fois ma prose, si notre regretté collègue, très versé, 
comme vous savez, dans les choses de l'agriculture, ne s'était 
placé, dans son compte-rendu, à un point de vue purement éco- 
nomique, négligeant intentionnellement le côté pittoresque. 

C'est donc à ce dernier point de vue seulement que je vous 
parlerai de notre course de cette année, à laquelle le pittoresque 
ne fit pas défaut. 

Fixée tout d'abord au 5 juin, la date de notre excursion, par 
suite du retard apporté à la végétation par un hiver des plus 
maussades et un printemps pluvieux et froid, fut renvoyée 
au 26. 

Ce jour là, un dimanche, une douzaine de Sociétaires atten- 
daient devant le Palais de Justice l'heure fixée pour le départ. 
C'étaient Mlle Bousquet, M. et Mme Brunel, M. Fages et sa fille, 
M. et Mne Gavoy, Ml: Guiraud, M. Marty et sa sœur, M. et Mme 
Métral et leur fillette. 

Six heures sonnent, on monte en voiture et on s'engage sur 
la route Minervoise. 

Au carrefour de Bezons, la Montagne-Noire se montre à dé: 
couvert sur une grande étendue, mais de gros nuages gris cou- 
rent sur la crête poussés par un fort vent d'ouest et ne sont pas 
sans nous causer quelque inquiétude. 

Puissent-ils ne pas descendre trop bas! 

Une ondée nous arrive à hauteur du ruisseau de Trappel, 
mais, loin de nous décourager, nous poursuivons bravement 


= 6 = 


notre route, convaincus que le ciel, devant notre résolution de 
marcher quand même, se montrera clément. 

Notre voyage se continue ainsi sans incidents à travers la 
vallée de l'Orbiel dont nous revoyons avec plaisir les sites bien 
connus : Conques, La Vernède, Lassac, Lastours et ses vieux 
châteaux, les Ilhes et ses prairies verdoyantes. 

Ce dernier village dépassé, nous descendons un instant de 
voilure pour dégourdir nos jambes et aussi pour permettre aux 
naturalistes de la caravane de satisfaire leurs goûts. 

Les botanistes recueillent, en effet, quelques plantes, mais 
rien ne s'offre aux yeux des entomologistes : le mauvais temps 
des jours précédents et la pluie du matin ont repoussé les insec- 
tes au fond de leurs retraites. Il fait gris, rien ne vole. | 

Nous remontons en voiture avec l'espoir que le soleil voudra 
bien se montrer et nous arrivons à Roquefère, où tout le monde 
met pied à terre. Les cochers vont aller remiser au Mas Cabar- 
dés et viendront nous rejoindre dans l'après-midi au Roc du 
Bougre. | 

Deux d’entre nous se détachent du gros et filent rapidement 
sur le village de Labastide-Esparbairenque, distant à peine de 
1,800 mètres, où réside le guide qui doit nous conduire à 
Cupserviès par la vallée du Rieutort, pendant qu'une voiture 
y transportera nos sacs par le chemin carrossable qui part de 
Roquefère. 

Je ne sais si vous en avez fait la remarque, mais j'ai constaté 
bien des fois que le paysan en général et le montagnard en 
particulier ne mettent dans leurs actes aucune hâte : ils ne sont 
jamais pressés, le temps ne semble pas compter pour eux. Cette 
observation a une fois de plus reçu confirmation. 

En effei, sitôt arrivés à Labastide, nous nous mettons en quête 
de la personne que M. Joseph Sicard, maire de la localité, à 
bien voulu, sur notre demande, désigner pour nous servir de 
wuide. M. Sicard est absent, il a été appelé à Saissac comme 
membre du jury d'un concours pour la race ovine. Sa bonne 
s'offre très obligeamment à aller nous quérir notre homme et 
nous prie d'attendre au salon. Une demi-heure, trois-quarts 
d'heure se passent, la bonne est revenue depuis longtemps, le 
guide ne parait point. Je me décide à aller à sa recherche, et je 


mn ne ne = ee EEE - en on 1 rm 


== QT — 


le trouve en train de se lester copieusement ; il n'a pas le moins 
du monde l'air de se préoccuper de notre arrivée. Le porteur 
de bagages n'a pas non plus encore attelé sa carriole, mais 
ceiui-là aura largement le temps d'arriver avant nous à desli- 
nation. 

A force de les presser, nous finissons par être prêts à partir. 
Ilest grand temps, dix heures ont sonné, nos excursionnistes 
sont impatients. Fatiguée d'attendre, l’une d'elles est depuis 
longtemps partie seule, à l'aventure. 

Au sortir du village, deux chemins se presentent à nous, tous 
deux sur la rive gauche du Rieutort. Le premier suit constam- 
ment les bords du ruisseau, mais les pluies de l'hiver ont occa- 
sionné en divers endroits des éboulements qui le rendent peu 
praticable ; le second, tracé à flanc de coteau, est plus favorable 
a la marche. C'est ce dernier que nous prenons. 

Par petits groupes, nous grimpons, d'abord sous le couvert 
de châtaigniers séculaires ou de chênes robustes, puis sur des 
espaces découverts, d'où la vue se repose sur les flancs boisés 
du vallon au fond duquel coule le Rieutort. Nous avons bien à 
subir par moments quelques embruns, mais le soleil, qui a fini 
par se dégager des nuages, a vite fait de nous sécher el, somme 
toute, notre course s'eflectue sans trop de fatigue, malgré la 
pente qui s accentue à chaque instant. 


Nous arrivons ainsi en vue du village de Cupserviès, perché 
au bord d'une falaise schisteuse au pied de laquelle le Rieutort 
tombe d'une hauteur de près de 50 mètres, formant deux super- 
bes cascades. 


D'après le programme, notre diner devait avoir lieu au voi- 
sinage de la première, mais la pluie était revenue et la tempe- 
rature, jusqu'ici assez douce, s'était subitement refroidie. Nous 
décidämes donc d'aller demander l'hospitalité au café de l'en- 
droit. C'était prudent. En effet, à peine étions-nous installés 
qu'une bourrasque épouvantable se lève, la pluie et le vent font 
rage. 

Bien à l'abri, nous laissons passer la tourmente et nous nous 
consolons de ce contre-temps en dégustant une tasse de moka 
brûlant. 


—_ 38 — 


A deux heures le temps semble s'être rasséréné. Nous allons 
jeter un coup d'œil à la modeste église du village et nous repre- 
nons l'exécution du programme qui consistait à aller rejoindre 
la route de Miraval-Cabardès au voisinage du Roc du Bougre 
où les cochers avaient, comme je l'ai déjà dit, recu l'ordre de 
venir nous attendre à 3 heures. 

Le guide qui nous avait accompagnés nous mel sur le chemin 
et nous quitte pour rentrer à Labastide. 

Tout va bien pendant un quart d'heure environ : les dames 
cueillent des bluets, les naturalistes reprennent leurs recher- 
ches, les autres échangent leurs impressions. Mais voilà que 
du fond de l'horizon s'avancent vers nous des nuées grises que 
chasse un vent furieux. En moins de temps qu'il ne faut pour 
l'écrire, ces nuées crèvent sur nos têtes et nous avons tout juste 
le temps de nous réfugier dans une bergerie de la ferme de 
Trescombelles. 

Nous profitons d'une éclaircie pour repartir dans la direction 
de la Métairie du Carnier où une nouvelle bourrasque nous 
oblige de chercher un abri. Mais celle-ci se prolonge et, perdant 
patience, nous abandonnons notre refuge et bravons la tem pète. 

Notre troupe qui jusqu'alors avait, malgré tout, conservé une 
certaine cohésion, se disloque et, sans plus de souci des che- 
mins tracés, s'en va à la débandade à travers les ajoncs et les 
fougères ruisselants d'eau, franchissant haies et fossés, sem- 
blable à un troupeau de moutons affolés. 

Nous nous reformons à la ferme de Bernadel où, pour un 
instant, les dames font sécher leurs jupes devant un feu de 
brindilles. Mais c'était bien peine perdue, car, pour aller rejoin- 
dre la route, il nous fallut traverser un pré complètement 
inondé. Ce fut le bouquet ! 

Arrivés là, nos vêtements étaient traversés par la pluie, nos 
chaussures étaient pleines d'eau et... pas de voitures! 

Fideles à la consigne qui leur avait été donnée, les cochers 
nous attendaient un peu plus haut, au Roc du Bougre. M. Métral 
se dévoue, malgré la rafale, pour les aller quérir. Heureuse- 
ment, ils n'étaient pas bien loin. Pendant ce temps. les autres 
attendaient sous le couvert des arbres. Sous le couvert! Quel 
euphémisme ! La pluie avait un peu cessé et c'étaient eux main- 


10 = 


tenant, les arbres, qui agités par le vent déversaient sur nous 
des torrents d'eau. 

Les voitures arrivent enfin. Nous y montons vivement et 
fouette cocher. Nous descendons à toute bride la haute vallée 
de l'Orbiel noyée dans la brume, nous brûlons Miraval-Cabardès, 
Mas (abardès et les autres villages traversés le matin et nous 
rentrons sans encombre, vers 6 heures du soir, dans notre 
bonne ville de Carcassonne. 

ee chez nous, 1] fallut, bien entendu, changer de linge 
des pieds à la tête, mais le lendemain, après une bonne nuit 
passée, il n'y paraissait plus et aucun des excursionnistes ne 
s'est autrement ressenti de ces douches prolongées. 

Au contraire, cette course n a laissé à chacun que des souve- 
nirs amusés et le désir de la refaire, mais par exemple avec un 
plus beau temps. | 

J'ignore ce que les botanistes ont rapporté comme plantes ; 
quant à moi, jai recueilli fort peu d'insectes, mais, au milieu 
de vulgarités, j'ai eu le plaisir de trouver un longicorne 
(Agapanthia Kirbyi Gyll.) qui ne figurait pas encore dans ja 
Faune de l'Aude. Un exemplaire c'est peu, cela suffit néan- 
moins pour que je marque d'une pierre blanche la journée du 
26 juin 1910. 


L. GAVOY. 


EXCURSION 


Des 13 et 14 Juillet 1910 


AU PIC DE MADRES (in) 


9 h. 
10 h. 


Midi. 


1 h. 


Gh. 


3 h. 
4 h. 


k h. 
h, h. . 


8 h.. 


. 30 
22 
on 


J0 soir. 


. 30 soir. 


Par M. LIL GAVOY 


PROGRAMME 


PPEMIÈRE JOURNÉE. — Mercredi 13 Juillet 


— Rendez-vous à la gare du Midi. 

— Départ. 

— Arrivée à Quillan. — Déjeuner facultatif. 

— Départ en voiture. — Défilé de la Pierre-Lys. — Axat. 
— Gorges de Saint-Georges. — Gesse. — Barrage de 
Laguzou.— Bains d'Usson, d'Escouloubre et de Carca- 
nières. — Forèt de Carcanet. — Cascade et Gorges de 
l'Aude. — Puyvalador. 

— Formiguères. Diner et coucher. 


DEUXIÈME JOURNÉE. — Jeudi 14 Juillet 


— Lever. 

— Départ. 

— Réal (1421 mètres). 

— Col de Sansa (1791 mètres). — Pic de l'Esquine d'Axe 
(2010 mètres).— Roc Coscoune (2120 mètres). — Pic de 
l'Ours (2341 mètres). 

— Pic de Madrès (2453 mètres).— Herborisation.— Beau 
panorama sur le Donnezan, le Capsir, le Massif de 

_ Carlitte et le Conflent. 
— Déjeuner à la Fontaine du Roc Mary (2334 mètres). 
avec les vivres du sac. 

— Descente sur Puyvalador. 

— Départ en voiture pour Quillan. 

— Quillan. — Diner à l'Hôtel des Pyrénées. 

— Départ en chemin de fer. 

— Arrivée à Carcassonne, 


Site 


Que pensez-vous, Messieurs, de ce programme ? N'était-il pas 
alléchant et de nature à engager de nombreux excursionnistes ? 
Eh bien ! vous me croirez ou non, c'est tout juste si nous fümes 
quatre au rendez-vous, le mercredi 13 juillet. 

Leurs noms méritent d'être cités. C'étaient Mre Brunel, 
Mit Bousquet, M. le D' Carbou et votre serviteur. Un cinquième, 
Mn C. Sicard, devait nous rejoindre à Limoux et nous devions 
prendre un sixième, M. Marty, à notre passage à Usson. 

On verra plus loin comment ce dernier nous faussa compa- 
goie. 

Dix heures. La machine est sous pression. Le temps de nous 
installer dans un compartiment du train de Quillan et nous 
partons. Un beau soleil répand ses rayons d'or sur la campagne, 
le vent est bon, tout nous présage une belle journée. Tant pis 
pour ceux qui n'ont pas osé se mettre en route! 

A onze heures, nous arrivons à Limoux. Madame Sicard nous 
attend sur le quai ; nous lui faisons place à côté de nous et 
nous repartons bientôt pour Quillan où nous arrivons à midi, 
pour diner. 

Une heure et demie plus tard nous prenions place dans deux 
voitures, les dames dans l’une, les messieurs dans l'autre, et 
nous enfilions allègrement la route d'Axat. 

Je ne m'attarderai pas à vous décrire la traversée de la Pierre 
Lys, l'arrivée à Axat, les Gorges de Saint-Georges, l'Usine 
hydro-électrique, etc.., sites vantés dans tous les Guides et 
d'ailleurs connus aujourd'hui de nous tous. Je me contenterai 
de rappeler que, au sortir du défilé de la Pierre-Lys, notre 
cocher se tournant tout-à-coup vers moi, me dit, en me mon- 
trant le ciel du bout de son fouet : Nous aurons de l'orage avant 
la nuit, Monsieur ! 

En effet, de gros nuages gris, poussés par un assez fort vent 
d'Est, passaient rapidement au-dessus de nos têtes et, par 
moments, nous voilaient le soleil. Mais le pronostic de notre 
automédon m émotionna fort peu et ne me causa pas la moin- 
dre inquiétude, bien au contraire. Lequel de nous deux devait 
avoir raison ? La suite le prouvera. 

En tout cas, la traversée de la Haute vallée de l'Aude fut on 
ne peut plus agréable, grâce précisément à ces nuages qui, en 


RE 


nous préservant des rayons trop vifs du soleil, nous permet- 
taient d'admirer sans fatigue le paysage ravissant qui se dérou- 
lait sous nos yeux et dont l'aspect changeaïit à chaque tournant 
de la route. 

A Gesse, nous descendons un instant de voiture et faisons à 
pied quelques centaines de mètres pendant que nos cochers 
laissent souffler leurs chevaux. 

Les dames cueillent des fleurs, le docteur étudie les plantes 
qui croissent sur les bords du chemin et de mon côté je bats les 
buissons à la recherche des insectes. 

Quand les voitures nous rejoignent, nous reprenons nos 
places et filons sur Usson. Nos yeux ne peuvent se lasser 
d'admirer, cest un enchantement perpétuel. Voici bientôt la 
nouvelle usine électrique dite de Laguzou, du nom du pic au 
pied duquel elle est construite. Cette usine, de 1250 chevaux de 
force, est alimentée par une chute de 75 mètres et reliée à celle 
d'Axat. Les eaux de l'Aude, prises en amont, sont amenées par 
un canal en grande partie souterrain et leur trop-plein se 
déverse dans la rivière en une cascade d'environ 20 mètres de 
hauteur dont l'effet est superbe. L'art ici a encore embelli la 
nalure. 

A cinq heures nous arrivons devant l'Etablissement de Bains 
d'Usson, où il était entendu que nous prendrions notre collè- 
gue, M. Marty. Mais celui-ci, nous dit-on, est parti depuis une 
heure dans la direction des Baïns de Carcanières. Nous l'y rejoi- 
gnons, en effet, el notre présence le surprend beaucoup : ne 
nous ayant pas vus arriver à # heures, comme il s y attendait, 
il en avait conclu que le mauvais temps nous avait fait renoncer 
à notre excursion, Car, la veille, il avait fait un orage très vio- 
lent dans la région. Il est trop tard maintenant pour revenir à 
Usson prendre son attirail de botaniste et nous accompagner. 
Nous le quittons, navré de ce contre-temps et poursuivons notre 
chemin à pied tandis que nos cochers détellent pour donner 
l'avoine à leurs chevaux. 

Dès qu'on a dépassé les Bains d'Escouloubre, la route s'éleve 
en lacets nombreux jusques au Col du Capelier. Pour abréger, 
nous coupons ces lacets. Le temps est splendide. Le ciel s est 
complétement dégagé des nuages que le vent a refoulés vers 


Suds 


l'Ouest, toute menace d'orage a disparu, nonobstant les prédic- 
tions de notre cocher et nous faisons pendant 5 ou 6 kilomètres 
une promenade délicieuse que nous agrémentons par la cueil- 
lette des fraises qui abondent sur les bords de la route. 


Le soleil baisse à l'horizon et la nuit est proche quand nous 
atteignons la Métairie de Madrès. Nos cochers sont en retard. 
Enfin, un bruit de grelots se fait entendre. Ils approchent. Les 
voici. Sans perdre de temps, nous remontons en voiture el 
faisons prendre à nos chevaux une vive allure, car nous sommes 
encore loin de notre gîte. La nuit arrive à grands pas. Une à 
une, les étoiles s’allument à la voûte céleste d'un bleu profond, 
la lune monte lentement répandant sa lumière argentée sur la 
pature qui s'endort. Tout bruit a cessé, pas un souflle n'agite 
les arbres de la forêt voisine. Ce calme est vraiment délicieux 
et reposant et nous nous laissons aller insensiblement à une 
douce somnolence. 


Un arrêt brusque nous tire de notre engourdissement ; nous 
sommes à Formiguëres, dans la cour de l'hôtel Merlat. Madame 
Colom, la gérante de l'hôtel, désespérait de nous voir arriver ; 
cela n'a rien de surprenant, car il est neuf heures et demie ; 
nous sommes en retard de trois heures — rien que çà! — sur 
l'horaire du programme. Sans autres explications, nous nous 
précipitons vers la salle à manger où l'on nous sert un délicieux 
potage suivi de nombreux plats aussi copieux qu'appétissants 
et auxquels nous faisons largement honneur, car nous sommes 
véritablement affamés. 

Le commencement du repas est silencieux, mais peu à peu 
les langues se délient, les lazzis partent comme des fusées de 
tous les coins de la table, et c'est au milieu de rires fous que 
s'achève notre diner. 

Il se fait tard. On se souhaite une bonne nuit et chacun gagne 
rapidement son lit, car 1} faudra ètre sur pied, le lendemain, 
de grand matin. 


DEUXIÈME JOURNÉE 


Je dormais à poings fermés quand le docteur vint frapper à 
ma porte à 3 heures du matin, heure fixée pour le lever. 


ÿ 


7, 


Je saute prestement à bas de mon lit et cours à la fenêtre pour 
m'assurer du temps qu'il fait. 

Le jour est levé, pas un nuage au ciel, la montagne vers 
laquelle, dans un instant, nous allons diriger nos pas s£g dresse 
en face de moi et, malgré la distance, j'en distingue les moin- 
dres accidents, tant l'atmosphère est limpide. J'en augure une 
belle journée. 

Je rejoins mes compagnons à la salle à manger où déjà ils 
sont en train de se lester; puis, notre dépense réglée, nous 
donnons ordre à nos cochers de venir nous attendre à 1 heure 
au Pont de la Fargue, en deçà de Puyvalador et nous quittons 
Formiguères sous la conduite de M. Marion, brigadier des eaux 
et forêts, qui s'est mis obligeamment à notre disposition pour 
nous guider. Il est quatre heures, exactement. 

Par un petit chemin qui serpente à travers les prairies encore 
humides de la rosée de la nuit, nous gagnons le petit village de 
Réal, où nous prenons au passage un garde forestier qui pourra 
au besoin nous décharger de nos sacs et nous nous engageons 
sur le sentier qui conduit au Col de Sansa. 

Si l'on s’en rapporte à la carte d'Etat-Major ou à celle du 
Ministère de l'Intérieur, l'ascension paraît assez facile, mais les 
lacets indiqués n'existent que sur le papier. Le sentier, raviné 
par les avalanches, par le trainage des bois et par les pluies 
d'orage, grimpe tout droit et c'est presque à pic qu'il faut ra- 
cheter les 370 mètres de différence de niveau existant entre 
Réal (1421m) et le Col (1791m). L'ascension est dure et nous 
prend une bonne heure. Enfin, nous voici au Col. 

Un petittemps de repos pour reprendre haleine, et nous 
repartons avec une ardeur nouvelle, mais déjà diminués d'un. 
Le docteur, que notre ascension a légèrement éprouvé, nous 
laisse partir ; il occupera son temps à herboriser autour du Col 
de Sansa et viendra nous attendre au rendez-vous donné aux 
cochers. 

C'est grand dommage qu'il ne nous ait pas suivis, car nous 
avions Certainement accompli à ce moment-là la partie la plus 
pénible de notre tâche. En eftet, au lieu d'un sol dur et rocailleux, 
nous foulions maintenant un gazon épais et élastique et nous 
montions sans fatigue en suivant l'arête de la montagne, décou- 


on 


vrant, au fur et à mesure que nous nous élevions, un panorama 
splendide dont nos yeux ne pouvaient se lasser. Le soleil nous 
envoie ses rayons de feu. mais une douce brise en tempère l'ar- 
deur, nous apportant en même temps les effluves balsamiques 
des pins, que nous aspirons à pleins poumons. 

Soudain je m'aperçois que notre petite troupe s'est encore 
réduite, Mlle Bousquet et le garde que nous avions pris à Réal 
ont disparu. Je scrute l'horizon et bientôt je dis‘ingue en avant 
de nous leurs silhouettes se découpant nettement sur les flancs 
du Pic de Madrès dont ils vont atteindre la cime. C'est d'un 
effet très pittoresque. Madame Sicard, moins habituée aux 
courses en montagne, était restée en arrière. Dès qu'elle nous 
a rejoints, elle nous dit que, se sentant un peu fatiguée, elle va 
nous attendre au voisinage du Roc Mary où doit avoir lieu la 
halte pour le déjeuner. 

Nous ne sommes plus que trois maintenant pour gagner le 
sommet du Pic qui se dresse encore à plus de cent mètres au- 
dessus de nous, Mme Brunel, M. Marion et moi. 

M. Marion s'éloigne un moment et je reste seul avec 
Mme Brunel. Tout-à-coup, je vois celle-ci reculer brusquement 
et pâlir et, me désignant du doigt sur le sol quelque chose de 
grisâtre : là, là, me dit-elle! Je reconnais bien vite une 
vipère. 

Replié sur lui-même, le reptile semble prêt à s’élancer sur 
l'imprudente qui, sans doute, l'a frôlé du pied. Je ne lui en 
donne pas le temps. D'un coup de mon bâton ferré je lui casse 
les reins et je l'achève en lui écrasant la tête avec une pierre. 
L'émotion a été si forte que ma compagne ne se sent plus le 
courage d'aller plus loin. Je la laisse donc se remettre tout 
doucement et je me dirige, avec M. Marion, vers le sommet que 
j'atteins enfin. 

Il est neuf heures précises, trente minutes de plus que l'heure 
indiquée au programme. 

Du point élevé où nous sommes, un panorama immense, 
merveilleux, se déroule sous nos yeux. 

Au premier plan, le Pic de Bernard Salvatge et les Pâtu- 
rages de Madrès, à droite le Roquefortés et le Donnezan, devant 
nous le Capcir, vers la gauche le Conflent et, comme fond de 


ne — 


tableau, la chaîne des Pyrénées déroulant ses crètes dentelées 
depuis le Saint-Barthélemy et au-delà jusqu'au massif du Car- 
litte. Derrière nous, le Canigou. 

Au pied du Pic, la Coume de Ponteils, où paissent en liberté 
de nombreux troupeaux de vaches et de chevaux. 

Après avoir longuement admiré ce beau spectacle, nous des- 
cendons dans la direction du Roc Mary. Sous nos pas, un coq 
de bruyère s'envole effrayé en poussant un cri rauque et per- 
çant. 

A dix heures nous nous retrouvons tous autour d'une source 
fraîche et limpide. Les vivres sont tirés hors des sacs et étalés 
sur le gazon et nous procédons à une réfection que la course et 
l'air vif de la montagne avaient rendue nécessaire. Après quoi 
nous reprenons le chemin de la plaine en longeant à travers la 
forêt la rive droite du ruisseau du Roc Mary et nous arrivons à 
à midi et demi au Pont de la Fargue. Nous sommes en avance 
d'une demi-heure que chacun emploie à sa guise. Les dames 
vont faire d'énormes gerbes de fleurs dans la prairie voisine, 
les hommes vont se rafraîchir dans la maison attenante au 
pont. 

A une heure, les voitures arrivent; nous nous séparons de 
nos guides obligeants et nous prenons le chemin du retour. 

Un temps d'arrêt à Usson pour serrer la main à M. Marty et 
aviver encore ses regrets de la veille. 

A G heures 30 nous arrivons à Quillan et à 9 heures nous 
sommes de retour à Carcassonne. 

Favorisée par un temps splendide, notre promenade avait été 
un perpétuel enchantement et je ne puis m'empêcher d'expri- 
mer encore une fois le regret qu'elle n'ait pas été suivie par un 
plus grand nombre de nos collègues, car elle n'offre aucune 
difficulté et n'exige pas, en somme, de grands efforts. La preuve, 
c'est que les dames s’en sont tirées à leur honneur et que mes 
63 ans ne s'en sont pas trop mal trouvés. J'en suis fier, je l'avoue 
humblement, mais excusez cette faiblesse, car cette ascensiqn 
sera probablement pour moi la dernière. 

Le Pic de Madrès est accessible par divers côtés, soit en ve- 
nant des Bains de Carcanitres par la forêt de Carcanet et les 
Pâturages de Madrès, soit en venant de Counozouls par la Mou- 


Te 


linasse et la forêt de Lapazeuil, soit encore par Réal, le Col de 
Sansa et la vallée de Coume de Ponteils. 

Cette dernière vallée est très sauvage et tres belle, mais en haut 
la crète fait une courbe qu'il faut suivre sur environ 200 mètres 
par un sentier étroit et rocailleux et qui ne convient pas aux 
personnes sujettes au vertige. 

L'itinéraire que nous avions adopté me paraît en tous points 
le meilleur, car on a toujours bon chemin puisqu'on marche 
continuellement sur le gazon et qu'on a l'avantage de découvrir 
une grande étendue de pays pendant toute la durée de l'ascen- 
sion. 

Je ne saurais terminer ce compte-rendu, bien pâle en vérité, 
d'une de nos plus belles excursions sans mentionner d'une 
facon toute particulière le brigadier Marion qui, non-seulement 
nous a fourni tous les renseignements nécessaires pour l'éta- 
blissement de l'horaire de notre deuxième journée, mais encore 
n'a pas hésité à se priver d'un jour de congé (n'oublions pas 
que c'était le 14 juillet}, pour nous accompagner et nous guider. 
Qu'il recoive ici encore une fois mes plus vifs et mes plus sin- 
cères remerciements. 


Liste des Coléoptères recueillis pendant l’excursion 


ENVIRONS DE GESSE 


Epuræa æstliva L. Danaciva pallipes Pang. 
Throscus dermestoides L. Anaspis thoracica L. 
Cardiophorus vestigialis Er. OŒEdemera flavipes F. 

Athous Godarti Muls. Sitona regeusteinensis Herbst. 
Dolopius marginatus L. Polydrusus sericeus Schall. 
Adrastus limbatus F. Phyllobius betulæ F. 
Cantharis bicolor Herbst. Cæœliodes exiguus Of. 
Rhagonycha fuscicornis OL Gyuandrophthalma concolor F. 
Malthodes minimus Thoms. Haltica lythri Aubé. 
Malachius clegans Geottr. Cassida subferruginea Schrk. 


DES BAINS D'ESCOULOUBRE À LA FORT DE CARCANET 


Carabus nemoralis Müller. Harpalus rubripes. v: sobrinus Dej. 
Pterostichus v:platypterus Fairm. —  honestus Duit. 
Amara curta De]. Quedius fuliginosus Grav. 


— 48 — 


Anthobium torquatum Marsh. Otiorrhynchus Pyrenæus Gvil. 
L — v:adustum Kiesw. | Eudipnus mollis Stroem. 
Læmophlæus ater OI. Apion immune Kirby. 
Hypnoides minutissimus Germ. Phlæophthorus rhododactylus Marsh. 
Melanotus castanipes Payk. Chrysomela cerealis L. 
Corymbites tessellatus L. Adalia bipunctata L. 


DU COL DE SANSA AU SOMMET DU PIC DE MADRES 


Lebia cyanocephala L. Omophlus frigidus Muls. 

Corymbites cupreus F. Otiorrhynchus singularis L. 
D —  v: æruginosus F. | Brachyderes lusitanicus F. 

Cantharis obscura L. Hylobius abictis L. 

Ernobius uigrinus Slurm. Pissodes notatus F. 

Cæœnocara bovistiä Hoffm. Anthonomus varians Payk. 

Salpingus castaneus Abeille. Magdalis frontalis Gvll. 


DU SOMMET À LA ROUTE, A TRAVERS LA FORÈT 


Carabus catenulatus Scop. Nebria Olivieri Dej. 
—  puuctato-auratus Germ. | Pterostichus Xatarti Dej. 
— _ nemoralis Müller. À Gcotrupes stercorarius L. 


L. GAVOY. 


EXCURSION 


Du 24 Juillet 1910 
AU CHATEAU DES CHEMINIÈRES 


Par Pierre EMBRY 


L 


n 


Vingt-quatre excursionnistes, dont les noms suivent (1), 
avaient répondu à l'appel des organisateurs et, à l'heure dite, 
tous étaient groupés sur le quai de la gare de Carcassonne. 

Chacun prenait place, et le train nous eimportait dans la 
direction de Castelnaudary et du domaine des Cheminières. 

Dans toutes les promenades de la Société d'Etudes scientifi- 
ques de l'Aude, la gaicté est à l'ordre du jour ; mais celle qui 
commençait s'annoncait déjà sous les meilleurs auspices et je 
m empresse d'ajouter que le Grand Crémant des Cheminières, 
que nous n'avions certes pas encore dégusté, n'était pour rien 
dans la bonne humeur qui se manifestait déjà parmi nous. 

Aussitôt après avoir quitté la station de Pezens, la vigne dis- 
parait peu à peu, et la plaine, sous le soleil ardent, se dore de 
céréales. 

Le pays, dépourvu d'arbres,s'étend sur notre droite jusqu'aux 
derniers contreforts de la Montagne-Noire, qui vont s'inclinant 
de plus en plus vers le Col de Naurouze ; sur notre gauche, vers 
les collines de Montréal et de Fanjeaux et au dernier plan, vers 
les Pyrénées. 

De toutes parts le maïs et les céréales constituent la seule 
culture de la région. 

Aprés avoir dépassé Pexiora, dernière station avant Castel- 
naudary, le train longe un riche vignoble, des bouquets d'ar- 
bres, de Ja verdure, puis un parc... et comine dans un éclair, 
a l'extrémité d'une vaste pelouse, un chäteau, une grande pière 


(1) Membres de la Société : MM" Brunel, Gavoy et Métral, MM" 
Cathala, Bousquet, Fages, Métral et Puel, MM. Brézet, Brunel, 
Cathala, Deleu.Embry, A. Fages, Fages fils, Gavoy, Mavnadier, Métral, 
Perdigou, Pigassou, Roux. 

Personnes non associées : M!" Vialatte, MM. Gélis et Roger. 


— 50 — 


d'eau, des maisons de gardes et une métairie. Tout cet ensem- 
ble admirablement ordonné et entretenu, mais à peine entrevu, 
est le domaine des Cheminières. 

Peu après le train stoppe ; nous voici à Castelnaudary. 

A la sortie de la gare, les sacs des cxecursionnistes sont 
recueillis par une voiture du château et, ainsi allégée, la troupe 
se met en marche vers le Domaine. 

La route que nous suivons contourne le grand bassin du 
Canal du Midi, sur la rive nord duquel s'étagent la ville et ses 
moulins à vent. Cette route est sans arbres. Nous la parcourons 
sous un soleil de plomb, au milieu de champs de blé, des gais 
propos et des monotones chansons des cigales. Nous atteignons 
ainsi moins d'une heure après le domaine des Cheminicres. 

Partout aussitôt on remarque l'ordre parfait. la théorie jointe 
à la pratique, le merveilleux effet de la main de l'homme trans- 
formant le pays, le dotant de riches fermages, de gracieux 
coins de parc et d'un château princier. 

Jadis rien de ces merveilles n'existait ; seule une métairie 
s élevait au lieu de tout cela. 

Aujourd'hui on ne voit plus que vignes et vertes prairies, 
rien n'a été épargné pour enrichir d'une telle transformation 
ce pays autrefois à coup sûr moins pittoresque et moins pro- 
ductif, si on en juge par les environs. 

Sous la conduite très expérimentée de M. H. Malric, beau- 
frere de M. le sénateur Mir, maitre de céans, nous commen- 
cons aussitôt la visite du Domaine. 

C'est d'abord la métairie de Donadery ; ici un arrêt s'impose 
pour nous permettre de voir en détail cette exploitation agri- 
cole, si parfaitement aménagée. 

Dans la vacherie, vaste et bien aërée, où sont logées environ 
cinquante bètes, des rails sont disposés pour en assurer le ser- 
vice, au moyen de Wagonnets Decauville. Ces wagonnets déver- 
sent dans des auges de granite la nourriture composée de 
betteraves, de foin vert haché, conservé en silos. Le repas ter- 
miné, ces mêmes auges se remplissent d'eau liédie à la tempé- 
rature des locaux, pour la boisson des bêtes. 

Nous visitons ensuite le forril, la porcherie, le grenier à four. 
rage, l'ensilage et la cuisine. Des machines, actionnées par un 


moteur à pétrole, broient et mélangent la nourriture destinée 
aux nombreux pensionnaires de ce palace d'un nouveau genre. 

Sur tout cela, notre aimable guide veut bien nous tonne les 
plus intéressantes explications. 

Après avoir visité la beurrerie, dont la totalité des produits 
est vendue à la ville et dans les environs, et avoir jeté un coup 
d'œil rapide sur la collection des instruments agricoles très 
perfectionnés qui sont employés à la culture, nous nous diri- 
æeons vers le Château à travers le parc dont l1 caractéristique 
est d'être planté en majeure partie d'essences résineuses. Ce 
parc fut, si mes renseignements sont exacts, dessiné par l'archi- 
tecte paysagiste Chevalier et par M. Mir lui mème. 

De ci, de là, au milieu de vertes pelouses, de nombreuses 
statues disposées avec art, des bassins et de l'eau courante. 

C'est l'oasis au milieu de la vaste plaine dénudée, c'est la 
richesse au milieu d'un pays dont la culture n'a rien de luxu- 
riant. ° | 

Après une visite sommaire dans le parc et autour du Château, 
nous trouvons nos couverts mis sous une vaste et ombreuse 
tonnelle. Chacun rentre en possession de son sac et prend 
place. Les vivres déballés, le pique-nique commence, agrémenté 
du Grand Crémant du crû, et la gaieté reprend ses droits. 

Cependant le silence se fait; et notre Secrétaire général, 
M. L. Gavoy, prononce les quelques paroles que j'ai la bonne 
fortune de pouvoir placer ici : 


«(« MESDAMES, MESSIEURS, 


« Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire un discours, Dieu 
« me garde d'une pareille prétention en présence d'un maitre 
« de la parole. Je risquerais beaucoup trop ! 

« Maintenant que notre premier devoir est accompli, — nous 
« venons de faire taire les pressantes réclamations de nos eslo- 
« macs — il est un autre devoir non moins impérieux auquel 
« nous ne pouvons nous dérober. 

« Grâce à l'aimable entremise de notre sympathique collègue, 
« M. Malric, il nous est donné aujourd'hui de visiter un des 
« plus beaux domaines de notre région. C'est une faveur dont 
« nous devons lui être reconnaissants. C'est pourquoi, au nom 


— #9 — 


« de vous tous ici présents, au nom de la Société d'Etudes 
« scientifiques de l'Aude, j'adresse à M. Malric nos plus vifs et 
« nos plus sincères remerciements et je le prie de se faire 
« auprès de M. le sénateur Mir, l’heureux propriétaire du 
« Domaine des Cheminières, l'interprète de nos sentiments de 
« gratitude pour avoir autorisé notre visite. » 

A ces paroles de remerciements, notre aimable amphytrion, 
représentant au milieu de nous le propriétaire, prononce quel- 
ques paroles de bienvenue, et fait un rapide historique des 
Cheminières. 

Le désir de continuer la visite, en parcourant ces merveilles 
industrielles, agricoles, voire même artistiques, nous fait lever 
le siège. 

Nous entrons à la suite de notre cicerone dans le grand vesti- 
bule du chäteau. Nous parcourons le salon dans lequel se trouve, 
au milieu de meubles très artistiques, un magnifique portrait 
par Rembrandt, la salle à manger et la salle de billard, où sont 
réunies une quantité d'esquisses de Cabanel, des collections 
d'objets d'art et des curiosités d'une grande valeur. 

Tout est disposé avec un art parfait dans les quelques pièces 
que nous avons visitées, le luxe y est complet et partout du 
meilleur got. 

A la sortie du Château, de la grande terrasse, la vue s'étend 
sur le parc et les Pyrénées. 

Une allée nous conduit autour de la grande pièce d'eau du 
parc ; de ci, de là, sur les pelouses, quelques curiosités archéo- 
logiques attirent notre attention ; parmi elles nous devons men- 
tionner une belle vasque et une rosace sculptées provenant de 
la Cité de Carcassonne. 

Nous traversons le verger avec ses espaliers et contre espa- 
liers, et nous nous dirigeons vers l'orangerie construite en mi- 
partie sur un bassin contenant 2,500 m° et où de pelits ruisseaux 
d'eau chaude entretiennent une température régulièrement 
uniforme. 

Une entreprise d'ailleurs aussi grandiose, a besoin d’eau 
pour produire de bons résultats. 

Cette eau chaude d'où vient-elle ? 

Après un examen géologique de la région, dont les terrains 


3 


sous-jacents forment cuvette, le plus sûr moyen de se la pro- 
curer fut le forage d'un puits artésien. 

Le point où devaient être faits les travaux fut convenable 
ment choisi, derrière l'orangerie, de telle sorte que les eaux 
jaillissantes peuvent de là se répandre commodément dans 
toutes les directions. 

Les travaux, commencés en 1898, furent terminés le 28 juil- 
let 1899. Ils eurent pour résultat la découverte de la nappe à 
une profondeur de #21 mètres, d'où sort un volume d'eau pou- 
vant atteindre, en 24 heures, 360 mètres cubes environ (250 
litres à la minute). 

Cette eau, dont la température est de 31°, provient d'un 
niveau aquifère, situé à l'intersection des grès d'Issel et de [a 
Molasse de Castelnaudary. Elle a révélé à l'analyse la présence 
de différents sels. savoir : les carbonates de chaux et de ma- 
gnésie, l'oxyde de fer, le sulfate de soude et le chlorure de 
sodium (1). 

Comme composition elle se rapproche des eaux de Carlsbad. 

M. Malric nous fait prévoir un projet d'utilisation des pro- 
priétés curatives de ces eaux, et la création d'un établissement 
thermal. 

Tout est possible aux Cheminières...! 

Non loin du puits artésien se trouve une pièce d'eau, remar- 
quable par l'abondance des truites qu'elle contient ; car, on fait 
aussi de la pisciculture aux Cheminières, on y élève la truite. 

Il est rare de voir ce poisson dans les eaux de nos plaines de 
l'Aude, mais il est plus surprenant de le voir dans des eaux 
tièdes et à peine courantes. 

J'ai déjà dit que tout était possible aux Cheminières, je me 
plais à le redire. 

Afin d'arriver à ce résultat, M. Mir a créé un véritable libo- 
raloire de pisciculture où les œufs sont mis à éclore. 

Les truites, apres être restées ainsi plusieurs mois, sont trans- 
portées dans le bassin dont nous venons de parler, et après 18 
à 20 mois elles sont bonnes à la consommation. — Les bassins 


(1) Voir le travail de M. L. Gary, ingénieur des Mines, paru dans 
le Bulletin de lu Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude, 


NE. 


des Cheminières ont déjà des reproducteurs de 5 ans, nés aux 
Cheminières même et qui ont supporté des températures de à 
au fond de l'eau. 

Nous étions ainsi parvenus de merveilles en merveilles àu 
Moulin du Vivier, dont la visite tout à fait édifiante nous mon- 
tra les avantages de la minoterie moderne, si loin de n65 
anciens moulins, poussiéreux et sales. 


Des machines actionnées par l'électriéité sont destinées à 
broyer les graines produites dans les nombreux champs de 
céréales du domaine. 

Les grains emmagasinés dans l’un des étages supérieurs sont 
recus dans de vastes entonnoirs el amenés par une tuyauterie 
spéciale dans les différents appareils qui les broyent et les 
rendent à l'état de farine très pure, pendant que les déchets 
sont mécaniquement mis à part. 


La visite des vignes et des chais, où se produit et se prépare 
l'excellent Crémant des Cheminières, était le principal but de 
la journée. 

En effet, créer un vignoble à Castelnaudary, en dehors des 
limites de la culture de la vigne, est une œuvre considérable, 
où tout autre que M.'Mir eùüt peut-être échoué. 

Non seulement le climat, mais le sol lui-même, sont défavo- 
rables à cette culture. 

Aussi a-t-il fallu faire un choix judicieux des plants les plus 
susceptibles de s'approprier à ces conditions défectueuses 
réunies. 

Après quinze années d'expériences, le choix fut enfin arrêté 
sur les vignes à raisins blancs, parmi lesquels le Chardonnar. 
le Semillon, le Muscadet, le Manzac et surtout la Clairette et le 
Saint-Emilion blanc et les divers cépages de la Champagne, qui 
constituent d'ailleurs à eux tous, les meilleurs cépages de tous 
nos grands crûs de France. 

J'aurais garde de m'étendre davantage sur ces questions 
viticoles, étant données les limites trop exigues qui me sonl 
imposées, et mon manque de connaissances dans cette matière. 

Je m'en tiendrai donc à fournir quelques explications sur le 
caves, dans lesquelles se préparent, se logent et se soignenl 


= Em = 


= 


plus de six mille hectolitres de vin et où on traite de la prépa- 
ration du Grand Crémant. 


Lors de la visite de la Société d'Etudes Scientifiques, des 
mineurs creusaient dans le roc, sur une étendue de plus de 
3.000 mètres carrés, les fouilles d’un nouveau bâtiment qui, 
joint aux caves déjà existantes, constituera l'ensemble des bâti- 
timents destinés à la champagnisation, dans lesquels M. Mir 
pourra manipuler et loger deux millions de bouteilles. 


Dans les nouvelles caves, deux étages sont aménagés et l'étage 
supérieur sera lui-même recouvert de plusieurs mètres de terre 
et de plantations d'arbres, pour obtenir dans ces locaux une 
température basse, et toujours la même. 


Pour l'instant, la cave actuelle comprend trois étages, au- 
dessus desquels sont établis les pressoirs mûs par l'électricité. 
Les charrettes y accèdent pour le transport de la vendange. La 
récolte pressée, les moûts sont envoyés dans les grandes cuves 
à débourbage. 

A l'étage supérieur et à l'étage moyen, sont aménagées les 
salles de fermentation dans lesquelles les moûts débourbés 
sont mis en barriques, et il est procédé à la préparation des 
cuvées, à la mise en bouteilles et à la prise de mousse. 

Enfin l'étage inférieur, entiérement en souterrain, sert au 
travail, dit de la bouteille, qui est tout le secret de la fabrica- 
tion du vin de Champagne et qui comprend : la fermentation, 
la mise sur pointe sur les pupitres, le remuage journalier, le 
dégorgeage, le dosage, le bouchage définitif, et enfin l'habillage 
de la bouteille et la mise en caisses ou paniers. 

La série de ces travaux dure de 6 mois à 1 an. 


Entre l'ancienne et la nouvelle cave en construction est placée 
la tour de l'escalier, où se trouve le monte-charge qui dessert 
le tout, y compris la salle d'étiquetage et d'expédition. 


Du haut de cette tour, on domine tout le domaine, qu'il est 
permis de parcourir à vol d'oiseau ; au delà des limites des 
Cheminières l'admirable panorama s'étend au Nord sur toute 
Ja Montagne Noire, avec les nombreux villages, et au Sud sur 
les coteaux du Lauragais avec Villasavary, Fanjeaux, Laurabuc, 
Mireval et Fendeille, et jusqu'aux Pyrénées. 


NÉ = 


A regret nous quittons cet observatoire, car l'heure presse et 
il faut rentrer à Carcassonne. 

Nous visitons, en revenant au château, la distillerie Charen- 
taise, les communs et la curieuse construction du manoir du 
Petit Vizier, avec ses fenêtres à meneaux et son étrange toiture. 

Que n'avons-nous pas vu aux Cheminières ? et quelle puis- 
sance est la fortune quand elle est en bonnes mains! 

Cette journée fut une suite d'enchantements qui laissera, j'en 
suis certain, un excellent souvenir à tous les membres de l'ex- 
cursion et vaut à notre aimable collègue, M. H. Mairic, toute 
notre gratitude, pour le plaisir et l'enseignement tout à la fois 
qu'il nous a procuré. 

En quittant la gare de Castelnaudary, le train traversa encore 
le domaine, ses vignes et son parc; une fois de plus saluons 
« les Cheminières », et n'oublions pas cette franche gaieté 
qui ne se démentit pas un seul instant de la journée, mais dont 
finalement nous devons une large part au « Grand Crémant 
des Cheminières. » 


BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE DES CHEMINIÈRES 


L. Gary. — Note sur Le Puits artésien de Castelnaudary. (Bull. de la 
Soc. d’Et. Scient. de l'Aude, 1900, page T5). 


Lucien Semichon. — Château des Cheminières. — Le Vignoble. — la 
Cave. — Le Grand Crémant. (Extr. de la Rec. de Viticul- 
ture, 1908). 


Jacques d'Hormont. — Le Grand Crémant du Château des Cheminière. 
(Extr. de l’Hygiène Moderne, 15 sept. 1909). 

Degrully. — Les eaux-de-vie du Château des Cheminières. (Extr. du 
Progrès Agricole et Viticole, 30 janv. 1910, 27° année, n°5. 
Lettre de M. Mir à M. Degrully, 20 mars 1910, 27 
année, n° 12). 


TROISIÈME PARTIE 


Notes et Travaux Scientifiques 


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TROUVAILLES au PLATEAU de CARSAC 


Près Carcassonne 


M. A. Cros-Mayrevieille a fait, à la Société des Arts et 
Sciences de Carcassonne (séance du 10 avril 1910), la 
communication suivante : 


Samedi, 15 janvier dernier, je me suis rendu à Mayre- 
vieille, avec MM. Amardel ct Rouzaud, pour examiner les 
restes antiques découverts à suite de défoncements. 

Sur les pentes du plateau de Carsac, situé sur la rive 
droite de l'Aude, dans deux grands champs que l'on vient 
de défoncer et qui sont situés au-dessus de la chapelle (A), 
après avoir nivelé le sol et enlevé, à certains endroits, 
1 mètre à 1 mètre 50 de terre, sept ou huit emplacements 
circulaires contenant des cendres, des charbons, des osse- 
ments et des poteries se sont montrés dispersés, mais non 
loin les uns des autres. | 

Nous en examinons deux, dont l’un absolument intact et 
encore recouvert de 25 centimètres de terre rousse et 
sablonneuse, de la nature de celle qui occupe la surface 
du champ tout entier. 

Nous faisons déblaver soigneusement cet espace de toute 
la terre qui est au-dessus et attaquer méthodiquement la 
lcutille de cendres et charbons qui nous apparait bien 
comme le fond d’une ancienne hutte ou cabane. La len- 
tille noire en question à environ 2 mètres 50 de diamètre 
et sa hauteur, au point où elle a le plus d'épaisseur, est 
de O0 mètre 70. 

La lentille se montre constituée de couches de cendres, 
de charbons plus ou moins ténus, mêlés à de la terre 
noire, avec des débris de cuisine épars, tels que: osse- 
ments de cerfs (os longs cassés pour en extraire la 
moclle), côtes de bœuf cet surtout de mouton, mandibules 
de mouton ‘{), astragales de cerf, os lombaire de lapin (3) 
.et tessons de potcriecs noires. Celles-ci non faites au tour, 


— 


(A) N°° 379 et 391 de la section E du plan cadastral de Carcassonne. 
9 


— 60 — 


modelées à la main et lissées à l'estèque, renferment, 
dans la pâte, de petits fragments de pierres feldspathiques 
ou siliccuses qu'on a intenlionnellement mêlés à l'ar- 
gile pour permettre à ces poteries d'aller au feu. ‘Tous 
ces vases sont du type caliciforme, mais quelques frag- 
ments annoncent des vases plus grands, à fond plat. Le 
fond des vases caliciformes est toujours petit avec une 
sorte d'enfoncement ombilical qui fait un peu saillie à 
l’intérieur. Même particularité du fond pour un gobelel 
presque semi-sphérique dont nous avons quatre gros frag- 
ments qui se rajustent. Ce sont des vases apodes qui ne 
pourront aller au feu que soutenus par un support spécial. 
Dans chaque lentille ou fond de cabane, il pouvait y avoir 
des fragments de quatre ou cinq vases, un grand et les 
autres plus pelits. £e qui indique un mobilier aussi pau- 
vre que primitif. Les os d'animaux recueillis prouvent 
qu'on n'a jamais consommé dans chaque cabane que des 
portions ou quartiers de grands animaux. 

Pas de métal rencontré, c'est-à-dire n1 bronze mi fer : 
mais une tache verte caractéristique, sur une côte de 
mouton, altesle que quelque menu objet de cuivre ou de 
bronze s'est altéré au contact de cet os qui en a gardée 
la trace. | 

Tout £ela donne à penser que les hommes qui habi- 
taient cette cabane connaissaient déjà l'usage du bronze ; 
que leur mobilier, très pauvre, était réduit à quelques 
ustensiles de terre cuite de fabrication indigène et que 
le séjour sur cet emplacement a été relativement court. 

Dans un autre cmplacement qui a été bouleversé par 
Ja charrue à vapeur, on a trouvé une grosse couronne 
de terre cuile formée d'un boudin de terre, de Ja grosseur 
du poignet. avec un trou central où passe à peine le 
pouce. Celle espèce de fusaïiole monstre a été très sou- 
vent au feu et, sur un côté, la terre s’est allérée et comme 
cffritée. Cet objet est une forche du genre de celles qu'on 
a trouvées, en grand nombre, dans les stations lacustres 
(Lac du Bourgel; el qui servaient à soutenir sur le feu 
ou sur les charbons ardents les vases apodes. Avec d'au- 


— 61 — 


tres fragments de poterie analogues à ceux trouvés par 
nous, on a encorc recueilli, sur ce point, une grosse poi- 
gnée d'amandes de glands de chène vert qui se sont 
conservées à l'état carbonisé, mais bien reconnaissables. 
Les indigènes devaient donc nourrir déjà le porc ou se 
nourrir eux-mêmes des dits glands. 

En parcourant attentivement Iles bords du champ dé- 
foncé et le tertre de grosses pierres qu'on y a reléguéecs, 
nous avons découvert d’autres objets intéressants. Ce 
sont les meules primitives à va-et-vient dont se servaient 
les habitants de ce sile ancien. Ces meules sont formées 
d'une grosse plaque ovoide ou allongée bien usée sur sa 
surface plane où même incurvée, sur laquelle on prome- 
nait un caillou de moindre volume et également plat d'un 
côté. Ces pierres sont en grès du pays ou en granit tiré de 
la rivière voisine qui coulait au pied du plateau de Car- 
sac. Les habitants de ce plateau cultivaient donc déjà 
les céréales (millet, orge ou blé). 

N n'a été rencontré, nulle part, de tessons ou débris de 
poleric importée. Aucune trace d'amphorces ou de tégules ; 
aucun fragment de vase grec, campanien ou romain. 

Pour toutes ces raisons, nous délcrminons des huttes 
ou cabanes indigènes de T'époque préhistorique avant les 
rapports commerciaux avec les marchands venus, dans 
nos pays, par mer. C'est non seulement pré-romain, mais 
pré-hellénique. 

Le nom du plateau, Carsac, est à remarquer. Entre 
Carsac et Carcas, il n°'v a que la différence d'une inver- 
sion. Et comme le nom Carcaso de l’époque romaine, 
peut être plus ancien el plus simple Carcas, il peut se 
faire que le nom du site ait été, à l'origine, Carsac (voyez 
Axat qui est écrit Arsac pendant tout Ie moyen âge (1). 
Ce qui laisserait à penser que le plateau actuel, situé 
au-dessus de Mayrevicille, pourrait être l'emplacement 
originel de la peuplade qui alla, plus tard, se concentrer 
et se fortifier dans la Cité actuelle, en emportant même 
le nom du site primitif, parce qu'il était peu éloigné: (2). 

Fout le platcau de Carsac est, d'ailleurs, à surveiller 


æ 62 — 


et à fouiller. On y a signalé depuis longlemps des anti- 
quités (3), mais jamais d'aussi anciennes que celles que 
nous venons d'y rencontrer et dont nous n'avons pas voulu 
laisser perdre le souvenir. 


(1) Voir: J. P. Cros-Mayrevicille : Histoire du Comté et de la Vicomte 
de Carcassonne, 18%6 t. LE Recherches historiques, p. 19. — Au milieu de 
l'immense bassin borné au Sud par les Pyrénées et au Nord par les 
Cévennes, Carcassonne s'élevait sur une éminence baïignée par les eaux 
de l'Aude. 

Le plateau qui avoisine cette ville et s'étend vers le Sud-Ouest s'ap- 
pelle Carsac. Ce nom qui est en usage depuis plusieurs siècles parait 
celtique et, par conséquent, aussi ancien que celui de Carcassonne 
(une charte de 1183 mentionne le lieu appelé Carsac, situé dans le 
voisinage de Carcassonne. Gall. Christiana VI1-1035-pr. 465). La riviére 
d'Aude coulait le long de ce plateau, côtoyait le rocher sur lequel est 
bâtie la citadelle, arrivait à l'Est du faubourg des Trivalles, dont le 
sol est de formation récente et couvrait fréquemment l'espace occupé 
aujourd'hui par le faubourg de la Barbacane, la moitié de la ville 
basse bâtie au x siècle et la prairie des Chanoïines.…. les côteaux 
voisins de Carcassonne ont perdu une grande partie de leur hauteur 
primitive. Cette ville n'est plus isolée comme elle l'était, il y a 2000 
ans. 

(2) M. Thiers a dit, à ce sujet, dans une étude sur la Stèle de Fadia 
domestica et la Voie d'Aquitaine : Il est certain que les deux bornes 
du in siècle, aujourd'hui déposées au Musée de Carcassonne, s'accor- 
dent pour assigner à la Cité de cette époque un emplacement autre 
que celui de la Cité actuelle. Il ne faut pas considérer ce fait comme 
absolument anormal. C'est le contraire qui serait une exception. Vers 
la fin du 1v° siècle, alors que les légions romaines canlonnées sur les 
frontières de l'empire fléchissaient sous l'effort des envahisseurs, le 
pays fut mis en état de défense. Mollement assises en plaine ou sur 
le bord des cours d'eau, les belles cités gallo-romaines durent ceindre 
leurs reins et gravir les hauteurs. Dans les fondations de leurs nou- 
veaux remparts, on jeta les débris de leurs monuments et des tom- 
beaux qui bordaient Icurs routes. À Narbonne, à Béziers, des fouilles 
successives ont mis en évidence une notable partie de ces restes pré- 
cieux ; mais, à Carcassonne, l'enceinte gallo-romaine s'étant conservée 
à peu près intacte, tout au moins dans sa substruction, n'a pas 
livré les secrets qu'elle renferme, de sorte qu'on sait aussi peu de 
chose sur l'histoire de Carcassonne que sur sa situation pendant la 


— 63 — 


période gallo-romaine. (Bulletin de la Commission archéologique de 
Narbonne, annéc 1892, 2° semestre, p. 495). | 

(3) Voir : J. P, Cros Mayrevieille (op. cit. p. 16.) 

On trouve, à Carcassonne, des poteries et des médailles regardées 
jusqu'à présent comme celtiques. Nous en avons découvert notamment 
sur le territoire de Carsac, au Sud-Ouest de la Cité, sur le plateau 
appelé le Paradis. 

Voir, dans le même sens, du même auteur : Les Monuments de Car- 
cassonne, édition de 1850, p. 26. 


$ + 


M. A. Fages a présenté, dans la séance du 19 juin 1910, 
la note suivante, qui vient compléter celle de M. Cros- 
Mayrevicille : 

ar les trouvailles que j'ai faites, depuis Mavyrevieille 
jusqu'à Leuc, je voudrais arriver à démontrer que la rive 
droite de l'Aude a élé habitée aux époques les plus recu- 
lées. 

Dans les parcelles N°s 379 et 391 que nous signale 
M. Cros-Mavrevieille, j'ai recueilli, avant les labours pro- 
fonds qui viennent d'y être faits, des éclats de silex relou- 
chés :Robenhausien). Au sud et près du chemin dénommé 
+ Carriero estreyto », 1e Lênement N° 216 m'a donné deux 
haches polies ,actuel Robenhausien). Jar signalé, en 1905, 
un bronze d’'Antonin (138 à 161), qui me vient du heu 
appelé : Paradis », le Carsac d'autrefois. | 

À Auriac, à Test du parc. on mit à jour plusieurs tom- 
bes faites avec des briques à rebord ; l'une d'elles conte- 
nait un talon de lance en bronze (actuel Larnaudien). 

A 900 mètres environ de ce point el sur le chemin qui 
va à Maragon. sont encore deux fours jumeaux bâtis à 
plein cintre ; ils mesurent 2 m. 50 de long sur 1 mètre 
de large et O0 m. 80 de haut. Les briques qui en forment 
les parois sont rollées l'une à l'autre, réduites même en 
päte, on doit à ge comple v avoir fait un feu bien vit. 
Sommes-nous en présence d'un four de poticr ? 

Le dernier champ qui forme la division de la commune 
de Cavanac avec celle de Carrassonne porte le nom de 
e Libertal ». In 1908, dans la partie ouest de ce champ, 


— 64 — 


% 


on mit à jour vingt-sept foyers. [ls étaient recouverts 
de vingl-cinq à trente centimètres de terre arable et 
contenaient des charbons, des ossements, des tessons de 
poterie micacée, bon nombre d’éclalts de silex ct quelques 
gros cailloux roulés. 

Au sud et dans le ruisseau on peut voir encore une lon- 
guc pierre ayant la forme d'un menhir ; clle a 2 m. 80 de 
long sur 0 m. 60 de large et O0 m. 50 d'épaisseur. Sur une 
face sont gravées les armes de Poulhariez-Cavanac. 

Si nous suivons le cours de l’Aude, nous rentrons dans 
les terrains de Cavanac, centre certain du peuple préhis- 
torique. Le grand nombre de pièces que j'Y 1 recueillies 
en cest la meilleure preuve. 

Depuis l’époque Thenaysienne, avec ses silex étonnés 
par le feu, j'ai suivi pas à pas les périodes, les époques 
même, des temps préhistoriques. Depuis 1906, j'ai ré- 
colté environ quinze cents pièces et, dans le nombre, 
des nouveautés, des pièces inédites. Je profite de l'oc- 
casion pour vous présenter el vous signaler ma dernière 
trouvaïlle. C'est une pointe de flèche dont le pédoncuie à 
disparu, mais qui, malgré cela, est très reconnaissable par 
ses côtés très bien retouchés. Elle est en calcaire silt- 
ceux. Jusqu'à présent on avait signalé des flèches 
taïllécs en jaspe, en obsidienne, en quartzite, en schiste 
et en silex. Seule, une pièce de même nature figure dans 
les vitrines du Musée de Saint-Germain, et nous vient de 
l'Amérique du Nord. D'après la détermination que nous 
en donne M. H. Coquand, nous sommes à nous demander 
pourquoi ces flèches ne sont pas plus communes, £ar Îa 
malière qui la compose n'est pas rare. 

Le £calcaire siliceux est compact, blanc, à cassure 
conchoïde ; il contient de la silice, souvent 48 0 0. Cette 
substance, dissémince dans la pâte, Y forme aussi des no- 
dules ou de petites foncrétions analogues aux agates. Le 
calcaire siliceux appartient au terrain tertiaire, il esl 
abondant aux environs de Paris {calcaire de Fontatine- 
bleau;, ainsi qu'à Beaulieu, près d'Aix en Provence. On 
le rencontre aussi accidentellement dans le voisinage des 


UE 


rognons de silex qui sont engagés dans certaines forma- 
lions secondaires. 

Près de Besançon et dans le Jura, il n'est pas rare 
dans Ja partie supéricure de l'étage Oxfordien, comme 
dans la Franche-Comté, sous le nom de terrain de Chail- 
les. 

Dans les terres de la Farguette on mit à jour, il y à 
quelques années, un cercueil en grès du pays. 11 ne fut 
pas recueilli de mobilier funéraire. Cette pièce a été 
transportlée et enfouie dans le jardin du château. 

En face du village de Cavanac cet sur la rive droite du 
Toran, sont deux fours distants l'un de l’autre de 60 mè- 
tres environ ; ils sont en tout semblables à ceux signalés 
à Auriac. 

J'ai signalé maintes fois des trouvailles préhistoriques 
faites au pied du plateau des Justices. En dermer leu 
jy ai recueilli des poteries décorées faites d'une pâte 
rouge et vernie (Romain). 

Sur le versant opposé, c'est-à-dire dans Ia partie sud 
du plateau des Justices, des ouvriers espagnols découvri- 
rent, en 1887, une £gachelle de l'époque Larnaudienne. 
Elle contenait un grand nombre de bracelets et quelques 
lalons de lance en bronze. Le tout fut brisé et vendu à vil 
prix comme vicux cuivre. J'art vu dans la collection de 
M. Bugnard un talon de lance conique et six fragments 
de bracelets, seuls restes de cette cachette. 


ÉTUDE SUR LES ÉCHINIDES 


Crétacés de Rennes-les-Bains et des Corbières 
Par M. J. LAMBERT, Membre honoraire 


PREMIÈRE PARTIE 
NOTICE STRATIGRAPHIQUE 


Ma première intention en me livrant à l'étude des 
Echinides crétacés des environs de Rennes-les-Bains était 
d'entreprendre un travail exclusivement paléontologique ; 
mais, lorsque je voulus attribuer chaque espèce à une 
assise déterminée, je me trouvais en présence de telles 
difficultés qu’il me parut indispensable de faire précé- 
der mes descriptions de quelques renseignements strati- 
graphiques. 

Après les nombreux travaux publiés sur £e sujet 
par des savants éminents, mon œuvre semblait facile 
et certains penseront qu'il m'aurait suffi de résumer 1c1 
les notes de mes amis, MM. Peron, Tl'ousas et de Grossou- 
vre. Malheureusement ces géologues ne sont pas loujours 
d'accord ct mes excursions sur le terrain sont venues 
me démontrer combien les hypothèses de chacun avaient 
suppléé aux difficultés d'observation. Les conclusions du 
savant auteur de la Stratigraphie de la Craie supérieure 
ont sans doute condensé les résultats des travaux de ses 
prédécesseurs et Iles siens, mais elles sont elles-mêmes 
restées imprécises en raison du rôle prépondérant donné 
par lui à la théorie des faciès. 

Dans ces conditions, j'ai dû reprendre l'examen de cer- 
taincs questions et après de nombreuses excursions dans 
la région, soit seul, soit accompagné de mon fils, de 
MM. Griffe, Gary et Bories, je me suis permis de formuler 
au dernier Congrès de l'Association française pour l'Avan- 
cement des Sciences les quatre propositions suivantes : 

I. — Dans la région de Rennes-les-Bains les Marnes à 
Micraster corbaricus présentent une unité qui ne permet 
pas de les diviser en deux étages ; on doit les attribuer en- 
tièrement au Santonien. 


| — 67 — 


IT. — Les Marnes bleucs avec psammites, sans fossiles, 
près de l’anticlinal du Cardou (Lac Barrenc, Montagne 
de Brens), se chargent de fossiles à leur partie supé- 
rieure vers le synclinal de la Sals (Moulin Tliffou, Sou- 
graigne). 

III. — Les calcaires à Æippurites b'oculaltus me sont 
pas englavés dans les Marnes psammitiques à Placent'ce- 
ras syrtale, ils leur sont supérieurs. 

IV. — Ces calcaires reposent sur des couches à Poly- 
piers, Balolites organisans et Act'nocamax ; ils sont Cam- 
paniens. 

Ces conclusions sont neltement en désaccord avec celles 
de M. de Grossouvre et je dois les justifier. La chose sera 
facile ; il suffit, au lieu de m'en rapporter de confiance 
aux publications des auteurs, de reprendre, avec le se- 
cours des observations généralement si précises de d’Ar- 
chiac, l'étude du terrain sur place. 

On sait que les Corbières sont formées par une série 
d'anticlinaux dont Iles couches, infléchies vers le sud, 
plongent brusquement et sont parfois rompues du côté 
nord. Les synclinaux se trouvent en conséquence plus 
rapprochés des anticlinaux sud que des septentrionaux. 
Entre ces anticlinaux s'élendent de petits bassins plus 
ou moins allongés de l'Est à lOuest el parfois séparés 
entre eux par des bombements plus ou moins escarpés 
(Pic ou Pech de Bugarach\, tandis que les anticlinaux 
sont au contraire parfois transversalement brisés, comme. 
celui de Saint-Antoine de Galamus, par le défilé de l'Agly, 
et celui de La Ferrière par le défilé de La Blanque. 

._ Le pelit bafssin crétacé de Rennes-les-Bains forme une 
sorte de triangle circonscrit au Nord par l'antichnal du 
Cardou ‘1). au Sud par £gelui dit de La Ferrière :2: et à 


(1) Cardou, de la carte de l'Etat-major, au Nord de Rennes-les-Bains, 
atteint l'ait. 396 mèt., est constitué par des terrains primaires. L'anti- 
clinal, formé par ces mémes terrains, se suit à l'Est jusque vers Lauzadel 
(alt. 841 m.). 

(2) Ce nom a été donné par d'Archiae à l'anticlinal qui se dirige de 
l'Est à l'Ouest, des hauteurs au nord de Soulatge (930 im.) à celles qui 
dominent les sources de la Sals et est traversé par La Blanque, un 
peu en aval de La Viallasse. 11 est franchi par les cols de La Pourtecille 
et de Capela, au nord du Linas, et atteint 1021 m. au Bouchard. 


l'Ouest par un relèvement plus vaguement limité, assez 
mal étudié et qui va du Cardou “vers la chaîne de Bézu {1}. 
La surface de ce triangle est formée de couches relevées 
vers l'anticlinal du Cardou et plongeant vers le syncli- 
nal de la Sals (2. 

L'antichinal du Cardou est constitué par des roches pa- 
léozoïques en partie dévoniennes et qui ont fourn à 
M. de Grossouvre quelques fossiles intéressants, notam- 
ment des Goniatites ; elles ont été inégalement recouver- 
tes par le Trias, qui affleure près des sources de la Sais, 
mais n'exisle pas sur les flancs du Cardou. Les sédiments 
marins n’ont recouvert ce dernier que temporairement, 
à l'époque du Lias, et M. Griffe m'a montré une Gryphea 
arcuala recueillie par lui sur les flancs du Cardou. Mais 
le Jurassique moyen et supérieur, reronnu dans les chai- 
nes de Saint-Louis ou de Saint-Antoine de (ralamus ct 
qui forme peut-être une partie de la masse du Pic de Bu- 
garach (1.231 m.), ne s'élail pas étendu jusqu'au Cardou. 
ni même jusqu'à l'anticlinal de La Ferrière, où le Crétacc 
paraît directement reposer sur le Trias. 

Dans ce bassin de Rennes-les-Bains l'Urgonien, cepen- 
dant si bien développé dans l'anticlinal de Saint-Antoine 
de Galamus (3° el que l'on retrouve sur le flanc du Pic 
de Bugarach, apparaît à peine en lambeaux dans l'angle 
Est, vers les sources de la Sals. 


(1) Le Bézu, commune de Saint-Just. Ce bombement est jalonné par 
les hauteurs de Bézu (6N3 m.), de Coume Sourde (5S2 m.) et du col de 
Cuguillou (572 m.), que traverse le chemin de Rermnes-les-Bains à 
Rennes le Château. | 

(21 La Sals prend sa source à l'Eau salée, sur un pointement triasi- 
que de lanticlinal de La Ferrière; elle descend à 4#{#% m. au pont de 
Sougraigne, 31% m,. à son confluent avec La Blanque, 300 m. à Rennes- 
les-Bains, 260 m. à sa sortie de l'anticlinal du Cardou. 

(3) Cet anticlinal, que M. de Grossouvre nomme anticlinal de Mala 
brac, atteint 32m. au signal de Quiribus, 966 m. au plateau de Saint- 
Paul, 918 im. au Roc Paradet, s'abaisse à N56 m. au-dessus du Pas de 
Malabrac, puis se relève jusqu'à 979 m. dans la chaîne de Saint-Louis. 
avant d'être recoupé par l'Aude aux gorges de Pierre-Lys. 


— 69 — 


L’Albien, qui forme plus au sud, notamment dans la 
chaine de Bézu (1), une bande assez continue, ne s'est 
pas étendu jusqu'à Rennes-les-Baïns : il n'a même pas 
atteint l'anticlinal de La Ferrière, puisqu'au col de Ca- 
pela le Cénomanien à Orbitolines repose directement sur 
des argiles bleues avec grains de Jayet et Quartz bipyra- 
midé, que je crois avec M. de Lacvivier devoir rapporter 
au Trias. 

Ici comme sur beaucoup d’autres points, le Cénomanien 
a été un dépôt transgressif, qui recouvre Toute la région 
et dont Îles couches se sont étendues jusqu'au Cardou, aux 
flancs duquel elles constituent un petit dépôt redressé 
assez riche en Echinides. On en peut suivre le prolonge- 
ment le long de l'anticlinal derrière Monlferrand jusqu’à 
l'Est des Crouzils ‘2\, où M. Carez a recueilli D: plopodra 
variolaris. On retrouve d’ailleurs le Cénomanien dans 
l'anticlinal de La Ferrière, aux cols qui dominent de 
400 mètres le village de Sougraigne. Dès 1854, d'Archiac 
avail signalé le Cénomanien comme recouvrant dans la 
vallée de Ia Sals les schistes anciens au-dessous de Ren- 
nes-les-Bains ‘3) ; il cilait dans ces calcaires marneux, 
noduleux (n° 20 de sa coupe, pl. P, les Osfrea cotumba, 
O. carinala et Caprinella triangular's à sept méêtres au- 
dessus du Primaire. Cette petite couche fossilifère, que 
je n'ai pu retrouver. est comme perdue dans une série 
d'autres dépourvues de fossiles et ce Cénomanien de la 
Sals est bien différent de celui du col de Capela avec ses 


(1) C'est le nom donné à cet anticlinal secondaire par M. Carez, dés 
ISS9 ; il me paraît donc devoir être préféré à celui d'anticlinal de 
Cugurou, que lui a donné depuis M. de Grossouvre. Cette chaine, 
parallèle à celle du Cardou, cest constituée par une voûte cflondrée, 
dont le bord septentrional est formé par les escarpements de Fal- 
conière (90 m.) et les hauteurs de Bézu (842m.)et le bord méridional 
par la chaîne de Tricoire (1059 m.). La Blanque confourne cet anticlinal, 
qui semble se prolonger jusqu'à l'Est du Pie de Bugarach. 

(2) Hameau au Nord-Est de Sougraigne. 

(3) Coupe géologique des enrirons de Rennes-les-Bains (Bull. Soc. 
Géol. de France, 2° sér. T. XI, p. 1S5 et pl. L.) 


sen 


bancs remplis d'Orbilolines. auxquels succèdent des cal- 
caires À Ostracées et des bancs pétris de Nérinées. L'étage 
n'apparaît nulle part ailleurs dans le petit bassin de 
Rennes-les-Bains, dont il forme seulement la bordure au 
nord comme au sud. Sa puissance ne paraît pas dépasser 
une trentaine de mètres. 

Le ‘TFuronien est mieux développé à Rennes-les-Baius, 
où il constilue toutes les couches qui affleurent dans le 
lit de la Sals, soit à la traversée du village, soit au-des- 
sous, jusqu'aux assises cénomaniennes (n° 11 à 15 de 
la coupe de d’Archiac). Ce sont des banrs de calcaire 
marneux el de marnes avec quelques lits nodulcux dans 
l'un desquels d’Archiac a signalé son Hem'aster Desort. 
La couche Ta plus remarquable est formée par un cal- 
‘aire dur, en saillie aux flancs de la gorge et dans lequel 
on aperçoil çà et 1à des coupes de Rudisles indétermina- 
bles. 

Ce Turonicn, que traverse la Sals dans le bourg, où 
sourdent Tes principales sources thermales, sur lequel 
coule Fa Douce ‘1 au pont du chemin de Montferrand, 
se redresse, comme le Cénomanien, sur le flanc du Cardou 
et le long de l'anticlinal nord, maïs disparaît sous des cou- 
ches plus récentes dans la partie centrale du bassin. On 
peut lexplorer à Montferrand., où il forme la crète ro- 
cheuse qui porte le village, Plus à l'Est, au bord du sen- 
tier qui suit celle crète pour rejoindre le chemin de 
Montferrand aux Crouzils. on retrouve les banes calcaires 
du Turonien supérieur aver Rudistes, nolamiment {lrppu- 
rites reseclus, dont certains individus allongés ont été 
pris Jadis pour Batolites organ'sans. 

Le TFuronien se retrouve beaucoup mieux développé 
dans Tanticlinal de La Ferrière. On peut l'observer par- 
liculièrement au revers sud de cet antliclinal entre Îles 


(D La Douce est le torrent, desséeché en été, qui prend naissance au 
nord de la Mare, dite Lac Barrenc et se jette dans la Sals, en face des 
Bains de la Reine, 


+ 


NU — 


cols du Linas et de Capela (1) ,ou dans le vallon des Capi- 
taines (2). Les calcaires blancs, assez durs, y sont riches 
en Hippurites, surtout À. resectus et à côté H. Roussel, 
H. petrocoriensis de grande taille, Præradiol'tes ponsia- 
nus. Ces calcaires reposent sur des bancs marneux £onte- 
nant quelques fossiles à l’état de moules et Hemuiaster 
Desori Haime. Le Turonien est d’ailleurs bien mieux re- 
présenté dans le pelit bassin méridional, Bugarach- 
Camps-Soulatge, que dans celui de Rennes-les-Bains. La 
puissance de l'étage est difficile à apprécier, dépassant 
à peine 25 mètres à sa limile septentrionale, elle est plus 
considérable dans l’anticlinal de La Ferrière, où les seuls 
calcaires à /Zippurites resectus paraissent dépasser rette 
épaisseur. Mais pour fixer cette puissance, l’inclinaison 
des assises ne permet pas de se fier sur 1a différence des 
altitudes et, préoccupé d'autres questions, je n'ai pu 
faire sur place les relevés nécessaires à l'établissement 
de cette puissance. 

Le Sénonien est beaucoup plus développé et plus varié 
que les étages précédents, bien que les sous-étages supé- 
rieurs, Aturien, Maeslrichtien, fassent complètement dé- 
faut; mais les sous-élages inférieurs offrent de vastes 
affleurements el une faune échinitique très intéressante. 
Il importe donc d'examiner séparément chacun de £es 
sous-étages. 

_ Le Coniacien est surtout représenté par une assise peu 
puissante de calcaires marneux, de couleur grise ou jau- 
nâtre assez claire, adossés au Turonien sur le coteau de 
Montferrand. Ces calcaires sont assez faciles à obser- 
ver sur le flanc droit du vallon de la Douce, mais plus 
près de la crète que du fond. On y a signalé Perontceruas 
subtricarinatum. qui doit y être fort rare, car Je n'ai 
jamais rencontré aucune Ammonite à ce niveau ; les au- 


(1) Le Linas, hameau entre Bugarach et Camps, près des sources de 
l'Agly. Le col de Capela est au nord du Linas et au-dessus des sources 
de la Sals. 

2) Hameau à 500 m. à l'Est du Linas. 


— 79 — 


tres fossiles y sont cependant abondants, mais les Gas- 
téropodes, les Pholadomyes, Isocardes, etc., sont à l'état 
de moule ; quelques Pinna et Pecten ont seuls conservé 
leur test et l'espèce caractéristique est le Phymosoma ÀAr- 
chiaci, associé à Hemiaster Desor: et à Pertastler Ver- 
neutli. 

Je n'ai pas retrouvé ailleurs rette assise qui doit cepen- 
dant exister à l'Est de Sougraigne, stratigraplhiquement 
au-dessous des marnes à Micraster, mais topographique- 
ment au-dessus. 

Ou a proposé, et je crois avec raison, de rattacher 
encore au Coniacien des calcaires jaunes noduleux, qui 
recouvrent l'assise précédente sur le flanc de la Monta- 
gne de Moutferrand el qui renferment quelques Ammoni- 
tes (Barroisiceras Haberfellner!: Hauer), un gros Nautile 
ct déjà quelques rares Micraster corbaricus. 

Cet ensemble forme, dans la partie haute du bourg, les 
bords de la vallée de la Sais et la couche n° 9 de la coupe 
de d’Archiac. Sa puissance peu considérable ne dépasse 
pas une dizaine de mètres. 

Le Santonien comprend deux assises bien distinctes, à 
la base des marnes dites à Echinides, caractérisées par 
l'abondance du Aficraster corbaricus, au-dessus des mar- 
nes bleues et psammites qui atteignent sur certains points 
une grande puissance, dont la partie supérieure arénacée 
se transforme en grès, ou passe aux argiles à Actlinoca- 
max du Campanien. 

Les marnes à Micraster corbaricus, bleues en profon- 
deur, jaunâtres à 1a surface, sont constituées par une série 
de pelits bancs calcaires à surface irrégulièrement nodu- 
leuse, noyés dans des marnes plus épaisses qui deviennent 
dominantes au sommet de l'assise. Les fossiles v sont 
abondants et irrégulièrement répartis, moins nombreux 
dans les couches les plus élevées ; les uns se rencontrent 
seulement à certains niveaux, d'autres dans toute l'épais- 
seur de l'assise et le Micrasler corbar'cus a dû se mult- 
plier dans l'ancienne mer, comme le fait encore aujour- 
d'hui Amphidetus cordalus Sur certains fonds littoraux 


—_ 7) — 


argilo-sablonneux. À la base, avec Mic. corbaricus abonde 
Rhynchonella difformis ; au-dessus se rencontrent quel- 
ques tests de Cidaridæ et 1eurs radioles en nombre consi- 
dérable ; viennent plus haut Gauthiericeras Marge et 
Cardiaster integer, tandis que dans les couches supérieu- 
res moins riches on trouve Pachyd'scus Linder:, Sonne- 
ralia Savin'. Inoceramus digitatus, Micraster Matheront. 
Mais on recueille dans toute l'assise Morton'ceras Bour- 
geoisi, Pecten Dujardin', Janira quadricostata et Spon- 
dylus spinosus. 

fl me paraît impossible de faire passer, comme l'a pro- 
posé M. Toucas, la linite inférieure du Santonien par le 
milieu des marnes à Micrasters, qui forment un ensem- 
ble paléontologiquement et gstratigraphiquement indivi- 
sible. On peut fixer sa puissance à environ 30 mètres ; 
elle est certainement plus considérable que ne l'avait in- 
diqué d’Archiac et elle correspond à la couche N° 8 de 
la coupe de cet auteur. 

Dans le vallon de la Douce, où elles sont particulière- 
ment développées, les marnes à Micrasler, qui en for- 
ment les deux flancs et le fond, sont fortement redressées 
vers Montferrand, au-dessus de la zonc à Phymosoma 
Archiaci et des calcaires noduleux à Barro'siceras Haber- 
fellneri. Elles en constituent également le flanc gauche 
sur une grande hauteur, puis, toujours inclinées au sud, 
viennent traverser la Sals entre Rennes-les-Bains et le ha- 
meau du Cercle pour remonter sur la rive gauche de la 
vallée avec une inclinaison analogue ; elles passent au- 
dessus du bourg et affleurent à nouveau en face des ber- 
geries de Faviès (1). L'assise, alors fortement redressée 
vers le nord, offre sur ce point un beau développement, 
s’élend sur le col, ct finit par se relever presque jusqu'au 
sommet du mamelon qui porte la cote 5{4. Je n'ai mal- 
heureusement pas eu le temps de rechercher, au-dessous 
de ces marnes à Mic. corbaricus, le Coniacien à Phy- 


(1) Faviés, d'après la carte de l'Etat-major, ou Fabiès d’après une 
orthographe locale, bergerie au nord de Rennes-les-Bains, près du col 
(#55 mél.) qui conduit à Coustaussa. 


en 


mosoma Archiaci (1). Quant aux calcaires l'uroniens qui 
sont au-dessous, je n’y ai pas rencontré de fossiles. 

L'assise paraît d'ailleurs, sur le flanc gauche de Ia val- 
lée se relever en même temps vers l'Ouest sur ce que j'a 
appelé la ligne de bombement Bézu-Cardou, car M. de 
Grossouvre aurait encore recueilli M'c. corbaricus ur 
le chemin de Rennes-le-Château, près du col de Cuguil- 
lou. 

Les marnes à Micrasters, que nous avons vu former 
le fond du vallon de la Douce, paraissent constituer aussi 
le col qui, au nord du Lac Barrenc, sépare la Barre £al- 
caire qui le domine des hauteurs boisées 759 et par lequel 
passe le chemin de Montferrand aux Crouzils. On re- 
trouve l'assise, à l’état de marnes bleues, au fond du 
vallon de la Coume (2) ; elle y est très fortement inclinée 
à la fois vers l'Est et vers le Sud, forme une partie du 
flanc droit de la Coume à sa naissance, puis le lil même 
du torrent ct, sur le flanc gauche, le petit ravin qui:re- 
monte vers l’Est dans la direction des Crouzils. Après 
avoir disparu sous des calcaires, par suite d'un léger 
bombement, les marnes reviennent au jour au fond du 
vallon, sous le point 656, et, plongeant de nouveau au 
Sud, s'enfonrent profondément vers le synclinal de Îa 
Sals, pour reparaître sur la rive gauche de la rivière, à 
1200 mètres environ en amont de Sougraigne, £elte fois 
relevées vers le sud contre l'anticlinal de La Ferrière. 
Plus bleues que dans le vallon de la Douce, elles offrent 
encore ici de beaux affleurements et permettent une abon- 
dante récolte de fossiles. C'est sur ce point que j'ai re- 
cueilli un Cardiaster integer assez bien conservé pour 
permettre d'observer son fasciole marginal. 

Au centre du bassin, par suite de l’inclinaison générale 


(1) M. Miquel semble l'y avoir retrouvé, d’après les fossiles qu'il 
m'a communiqués. 

(2) On nomme ainsi le vallon qui s'ouvre au nord de Sougraigne 
(41% mèt.) entre les deux montagnes des Croutets (656 mèt.) à l'Ouest 
et de Brens (699 mèt.) à l'Est. 


= 7 — 


« 


des assises, les marnes à Micraster se montrent dans le 
vallon de Bordencuve (1), mais seulement sur son flanc 
gauche, entre le petit ravin qui descend de La Fajolle (2) 
et le ravin suivant en aval. Ce gisement, souvent visité, 
semble inépuisable pour la recherche des fossiles et con- 
tient, avec Micraster corbaricus, divers radioles de Cida- 
ridæ, Echinocorys Graves, Mortoniceras Bourgeois, Mu- 
hiericeras 'nconslans, Sonneratia Païlleter, etc. 

Les marnes à Micraster se retrouvent sur divers points 
plus éloignés de Rennes-les-Bains, au nord de Rennes-le- 
Château, aux environs de Bugarach et de Saint-Louis, de 
Camps, de Cubières et de Soulatge, surtout avec un très 
beau développement au col du Linas. 

Dans la région orientale du bassin de Rennes-les-Bains, 
les marnes à Micrasler corbaricus sont couronnées par 
une assise calcaire connue sous le nom de Barre du Petit 
Lac et qui constilue, en effet, au nord du Lac Barreng, 
l'étroite barre calcaire (alt. 700) dont l'extrémité occiden- 
tale forme une sorte de corne au-dessus du vallon de la 
Douce. Bien que je n’aie rencontré dans cette Barre aucun 
fossile, d'autres plus heureux v auraient recueilli des 
Rudistes déterminables. « Cetle Barre, dit M. de Grossou- 
e vre (3). est pétrie d’'Hippurites. Par places ce sont de 
e nombreux individus de petite laille, à surface extérieure 
«< cannelée ; M. Douvillé les a déterminés comme /71'ppu- 


(1) Bordeneuve est le hameau situé au Sud de Rennes-les-Bains, 
sur le coteau que borde la Sals au Sud et à l'Ouest. Le vallon de Bor- 
deneuve remonte de la Sals vers le nord-est dans la direction du lac 
Barrenc ; un ravin secondaire se dirige vers la montagne des Croutets 
(656 mèt.). Ce vallon est nommé par M. Toucas ravin de Laforest. 

(2) La Fajolle est la petile métairie située au point marqué La Tui- 
lerie sur la carte de l'Etat-major. Elle se trouve sur le plateau (460 m.) 
un peu au-dessous du chemin de Montferrand aux Croutcts, au pied 
de la grande pente de la Montagne des Cornes. L'ancienne Tuilerie, 
aujourd'hui ruinée et complètement disparue, était située un peu plus 
haut (480 m.) et plus à l'Est ; elle exploitait un banc plus argileux des 
Marues bleues, supéricur aux grès tabulaires. 

(3) Stratigraphie de la Craie supérirure, fase. EL, p. 445. 


10 


7% — 


« riles socialis; Sur d’autres points la roche est remplie 
« d'Hipp. sublævis. associés à de nombreux Plag'opty- 
€ CUS ». 

J avoue que cette fin de la description m'a toujours 
inspiré des doutes, alors surtout que l’auteur déclare avoir 
suivi les calcaires de la Barre, à mi-flanc de la monta- 
gne des Cornes (1), au-dessus de la Douce, jusqu'au che- 
min de Montferrand à La Tuilerie. Or, sur le flanc de 
celte montagne, il n'y a aucune trace des £alcaires de Îa 
Barre et la pelite falaise de calcaires à nombreux Hip- 
puriles qui s'observe sur £e point est un débris démantelé 
du niveau supérieur Campanien qui à glissé sur les mar- 
nes bleues du Santonien supérieur. On peul donc se de- 
mander si les Hippurites cités ne proviendraient pas de 
ce prélendu prolongement de la Barre calcaire {2;. Tout 
cela me laisse fort sceptique sur les affirmations un peu 
trop générales de MM. Foucas (3) et de Grossouvre. 
contrediles d'ailleurs par les observations de M. Carez 1, 
lequel a parfaitement reconnu que les calcaires de la 
Barre ne se prolongeaient pas vers Rennes-les-Bains. On 
ne les retrouve d'ailleurs pas dans la vallée de la Sais, où 
les marnes à Micraster Sont directement recouvertes par 
des galcaires. grès et marnes grises N° 7 de la coupe de 
d'Archiac. 

Dans Te vallon de Bordeneuve j'ai pu observer le pas- 


{ 


(1) La Montagne des Cornes, qui paraît devoir son nom aux nom- 
breux fossiles en forme de cornes de bœuf {Hippurites) qui en jonchent 
la surface, se dresse entre La Fajolle (460 m.) et le lac Barrenc (660 m.}; 
elle parait atteindre l'altilude de 670 mètres. 

(2) EH faut noter aussi que ces petits Hippurites à surface extérieure 
canuelée, dont parle M. de Grossouvre, ressemblent étrangement à 
ceux que l'on trouve sur le prolongement de l'axe de la Barre. dans 
les calcaires turoniens de la crète de Montferrand. 

(3) Bull. Soc. Geol. de France, 3° sér. T. X XIV, p. 607. 

(#) Les Pyrenées : Livret guide, coupe de la page 32, où les calcaires 
à Hyppurites 11° ne forment qu'une lentille. Les autres renseigne- 
ments fournis par cetle coupe sont d'ailleurs erronés. 


— 711 — 


sage des marnes à Micraster aux marnes bleues ct Psam- 
mites. Ce passage se fait par des bancs de calcaire gré- 
seux sans aucun Hippurites. Un peu plus haut cependant 
et un peu plus au nord-ouest M. de Grossouvre a signalé, 
au-dessus des marnes à Micrasler « un cordon calcaire 
« avec Hippurites sans valves... Les Hippurites montrent 
« une section semblable à celles de l'A. bioculatus». Il 
pense que ce cordon est l'équivalent du calcaire de la 
Barre. J'ai visité avec soin le point signalé et n'y a vu 
aucun banc de calcaire à Hippurites en place, mais seu- 
lement des Psammites des marnes bleues. Les rares blocs 
de calcaire à Rudistes ont l'aspect de matériaux appor- 
tés (1). | 

M. de Grossouvre pense avoir retrouvé les calcaires de 
la Barre dans ceux qui, un peu au-dessous de La Fajolle, 
viennent créneler le sommet du petit mamelon à l'Ouest. 
I s'agit de calcaires gréseux dans lesquels je n'ait pu ren- 
contrer aucun fossile ; je ne saurais donc nt confirmer, 
ni infirmer l'hypothèse présentée, mais je constate qu'il 
ne m'a pas été possible de raccorder ce bans avec ceux 
de la Barre du Petit Lac. Il me parait de même bien hy- 
pothétique de rattacher à ces derniers des blocs épars 
et sans fossiles signalés sur la rive gauche de la Sais, au 
col de Cuguillou. 

Au contraire, dans le vallon de la Coume, entre les mar- 
nes à Micraster el les marnes bleues micacées, on observe 
des £alcaires blanchâtres qui paraissent bien être le pro- 
longement de la Barre du Petit Lac, ou du moins qui en 
occupent la position stratigraphique. 

Cetle assise, qui n'a guère plus de huit à dix mètres 
d'épaisseur, formerait donc une lentille dans la région 
orientale du bassin de Rennes-les-Bains, mais celle ne se 
serait pas étendue à l'Ouest au delà de la Montagne des 
Cornes. De l'autre côté de l'anticlinal de La Ferrière, à 


(1) Des bergeries, aujourd'hui ruinées, ont jadis existé sur ce point 
et sans doute des imocllons de calcaire à Rudistes entraicent dans leur 
construction. 


SR 


l'est du Pic de Bugarach, on voit, au bord du ruisseau des 
Pastressis, les marnes à Micrasler, qui affleurent sur 
lc plateau coté 690 mètres, recouvertes par des calcaires 
marneux gris, aves Polvpiers ct Nérinées géantes, forte- 
ment inclinés vers le sud ; cette assise, que termine un 
banc dur, noduleux, plonge vers les marnes bleues et 
psammiles du coteau de La Bastide ; elle occupe donc la 
place des calcaires de la Barre du Petit Lac. Je n'v at pas 
rencontré de Rudistes, mais il paraît que dans la partie 
haute de la vallée de la Bianque, sous le Pic de Bugarach. 
on retrouverail des ralcaires, supérieurs aux marnes à 
Micraster, avec Hippur'tes socialis et H. sublærws. On 
Jes relrouveruait encore, avec ces mêmes Hippurites, dans 
les gorges de l'Agly, entre Camps et Cubières. 

Je suis donc loin de nier l'existence de ce niveau de 
Rudistes Santoniens, je doute seulement de la provenance 
exacte de carlains individus attribués à la Barre du 
Petit Lac el je pense que la faune de cette assise, en ce 
qui concerne le bassin de Rennes-les-Baïns, est complè- 
tement à réviser. 

L'assise des calcaires de la Barre du Petit Lac et selle 
des marnes à MWicrasler corbaricus, sont uniformément 
recouvertes par des marnes bleues, parfois grises, mica- 
cées, avec bancs intercalés de Psammites et dont Ia puis- 
sance s'accroil rapidement du nord au sud. On peut obser- 
ver l'affleurement extrême de ces marnes au Lac Bar- 
renc, dont elles retiennent les eaux ; on les suit sur les 
flancs de Ia Montagne des Cornes, couronnées par un pla- 
cage de calcaires à Hippurites du Campanien : on Îles 
revoit dans Île vallon de Bordeneuve ; elles forment le 
sommel du coteau à PEst de Rennes-les-Bains et Ssincli- 
nent assez brusquement vers le svnclinal de ja Sals pour 
plonger sous cette rivière au gisement fameux du Moulin 
Tiffou ‘1. On les retrouve partout aux environs de Sou- 


(1) Moulin au bord de la route de Bugarach en aval du confluent de 
la Blanque. Cette désignation empruntée au nom du propriétaire, un 
Tiffou, a été rendue célèbre par d'Archiac. 


— 19 — 


graigne, où elles atteignent une puissance beaucoup plus 
considérable et forment au sud des Crouzils un vaste af- 
fleurement relevé vers le nord. En dehors du bassin étu- 
dié, ces marnes offrent encore de beaux développements 
à l'est du Pic de Bugarach ct aussi à l'ouest près de Para- 
hou. Il importe d'ailleurs d'éludier plus en détail cette 
intéressante assise des marnes bleues et psammites. Dans 
l'ensemble, la base est formée de bancs de grès micacé, 
alternant avec des marnes bleues plus épaisses ; puis, les 
bancs de grès diminuent et 1es marnes atteignent plus de 
puissance et à la fin de la formation les bancs de psam- 
miles reparaissent de plus en plus nombreux ct épais en 
sorte que l'on passe à une véritable assise gréseuse. 

C'est à ce niveau que l'on doit placer, sans transition 
toujours bien nette, la limite supérieure du Santonien et 
que commence le Campanien avec les argiles à Acfino- 
camax (A. quadralus, A. Toucasi, A. Grossouvrei). 

La superposilion à 1a Montagne des Cornes s'établit 
comme il suit, en observant qu'en raison de l’inclinaison 
des assises vers le sud et l'ouest la différence des altitu- 
des ne peut être invoquée pour l'appréciation de la puis- 
sance des couches : 

(SOMMET DE LA MONTAGNE DES CORNES, alt. 678 mètres) 


8. Calcaire à Rudistes avec lits marneux, quelques polvpiers, 
Plagioptychus, Sphærulites el nombreux Hippurites (JT. 


suleatus, H. striatus, H. biveulatus), environ.......... 8 m. 0C 
7. * Banc plus dur formant corniche vers le Sud, avec les 
mêmes fossiles... ...,......... Shore Re Re 2 m. 


6. * Calcaires et marnes alternauts, remplis de Rudistes (IT. 
lurgtdus, 1 canalientatus, IH bioculatus) 0 M. 


D. 7 Banc de BTS NL. ses enr es sant Fées. so... 1m. 50 
#. * Calcaire marncux. mal stratitié.avec Batolites organisans 

CE M DOMNAMIR sssesdemseenneiesrates ésassses 200 
3. Calcaire gréseux, à surface rousse, avec nombreux poly- 

piers, grands (yrlolites el Hip. biorulatus.. 4m. 00 
2. Marnes à parties argileuses noiràtres avec quelques poly- 

piers et {rtinocamar Toucasi.. ses eee. . 1 m. 00 
1. Marnes bleues paraissant sans fossiles avec dalles de 

Psammites intercalées, environ........,....,,..., .... 40 m. 00 


(La Fajolle, alt. 460 mètres.) 


= 


Les assises de £ette coupe marquées d'un astérisque 
sont celles que l'on observe sur la photographie, fig. 1 
de la planche I. Elles sont inclinées vers le Sud-Ouest 
d'environ 15°. Je reviendrai sur leur détail en étudiant 
le Campanien. 

Au-dessous de La Fajolle, du côté de la Douce, il y a 
encore environ 15 à 20 mètres de marnes bleues. Au 
sud et dans le vallon de Bordeneuve, les marnes bleues 
apparaissent faiblement inclinées au fond dans le bois et 
elles atteignent de ce côté une grande puissance, puis- 
qu'elles forment tout le revers de la Montagne des Crou- 
tets. Puis, à l'approche de la vallée de la Sals, les mar- 
nes plongent brusquement vers Île sûüd-ouest et s’inclinent 
presque jusqu’à la verticale, en sorte que les bancs de 
grès constituent des barrages, qui occasionnaient les peti- 
tes cascades du torrent. Ces marnes bleues constituent 
les deux rives de Ia Sals en fare des maisons de Borde- 
neuve et elles affleurent depuis le pont de la route de Sou- 
graigne jusqu'au hameau du Cersle {couches 5, 6 et 7 
de la coupe de d’Archiac). Un peu en amont du Moulin 
Tiffou on voit klans île lit même de la Sals des marnes argi- 
leuses bleues, jadis très fossilifères, du célèbre gisement, 
aujourd’hui à peu près perdu par suite des érosions de la 
rivière. La liste des espèces en a été donnée par d'Archiac 
et reproduile par M. de Grossouvre {1). 

Sur Ja rive gauche de la Sals on peut relever sur ce 
point la coupe suivante : 

Grès jaunätre à gros grains, dit d'Alet..................., 5 m. 00 
(Lacune occupée par des broussailles).............. cs... 9 M. 00 


4. Grès gris, fin, avec rares empreintes de fossiles, moules 
de C'ardium, en trois bancs.............,............ #4 m. 00 


3. Gros banc de grès gris, micacé........... ééssasesessse, Lim 00 
2, Marnes bleues, paraissant sans fossiles............. ..... 4 m. 00 
1. Marnes bleues fossilifères (berges de la Sals)....... .…... 2m. 00 


L'ensemble des couches est légèrement incliné vers Île 
Sud et ici le Grès d’Alet vient interrompre la conlinuite 


(1) Stratigraphie de la Craie supérieure, fasc. 1, p. 455. 


ft — 


des assises, précisément au point où devraient commenser 
les premières couches du Campanien. Dans la £oupe de 
d'Archiac tout le massif gréseux, Nos 3 et 4, avait élé 
confondu avec le Grès d’Alet sous son N° 4. 

En amont du pont de Sougraigne, on ne voit plus, aux 
bords de la Blanque que le Grès d’Alet, mais au voisinage 
de T'anticlinal de La Ferrière Iles marnes bleues reparais- 
sent, l'assise a été fortement redressée et les banss de 
grès, devenus verticaux, constituent £es murailles dé- 
mantelées qui donnent à la région son aspect à la fois 
si singulier et si pittoresque. 

En remontant la Sals, on voit de chaque côté de larges 
affleurements des marnes bleues, jusqu'au tournant où 
elles sont recouvertes par le Grès d’Alet, qui s'étend trans- 
gressivement sur la rive droite jusqu'à la crête de l'ex- 
trémilé occidentale de la Montagne des Croutets. Après 
une large interruplion, le Grès d’Alet forme à l'est des 
Croutets le mamelon 656, et celte interruption est octu- 
pée par les couches supérieures marno-gréseuses de las- 
sise des marnes bleues, qui renferment sur ce point quel- 
ques Globator et Pseudopyrina. 

Dans le vallon de la Coume, sur le flanc droit, on voit 
affleurer au-dessous du point 656 au sommet une quin- 
zaine de mètres de sables et grès d’Alel, au-dessous des 
calcaires à Hippurites en partie recouverts par les ébou- 
lis des sables précédents, puis les bancs gréseux de la 
partie supérieure des marnes bleues qui forment un 
abrupt : l’ensemble de ces couches atteint environ 56 mè- 
{res d'épaisseur, Au-dessous, une pente couverte de brous- 
sailles est formée sur près de 70 mètres de hauteur de 
marnes qui reposent sur une nouvelle assise de calcaires 
gréseux ; puis des allernances analogues se reproduisent 
plus bas. sur une hauteur à peu près égale. jusqu'aux 
calcaires ‘12 mètres) qui surmontent [es marnes à Mi- 
craster :8 mètres". Ainsi la puissance lotale de l'assise des 
marnes bleues, qui ne dépassaient pas beaucoup une cin- 
quantaine de mètres à la Montagne des Cornes, alteint 
brusquement près de Sougraigne une épaisseur triple. 


— 82 — 


Il est donc probable que certaines couches, notamment 
celles supérieures fossilifères, ne se sont pas étendues 
vers le nord-ouest jusqu’à l'extrémilé du bassin. L'assise 
aurait en somme 6té soumise aux mêmes influences que 
les calcaires dits de Ja Barre et sc serait déposée dans les 
mêmes conditions. Quoiqu'il en soit, cet ensemble de cou- 
ches presqu'horizontales au point où nous venons de les 
examiner, subit une flexion brusque au voisinage du syn- 
clinal de la Sals et les couches gréseuses supérieures, qui 
atteignent aux Croutets une altitude encore voisine de 
600 mètres, plongeant avec une inclinaison à peu près 
égale à £elle de la pente sud de la montagne, soit d'envi- 
ron 16°, se retrouvent au bord fe la route près de Sougrai- 
gne. L'assise, ainsi abaissée de près de 200 mètres, se re- 
lève au contraire sur la rive gauche de la Sals, Vers l'an- 
ticlinal de La Ferrière. 

La première partie de celte flexion, déjà observée dans 
le vallon de Bordeneuve, était pour moi le point le plus 
intéressant à constater, car elle explique une disposition 
de couches qui était restée énigmatique lors de mes pre- 
mières recherches ct qui a donné lieu aux plus graves 
erreurs de la part des précédents observateurs. 

Nous avons vu les bancs les plus élevés des marnes 
bleues avec Globator nucleus former la crèle de la mon- 
tagne au nord-ouest des Croutcts. Cette couche passe sous 
les maisons du hameau et un peu plus à l'est est recou- 
verte par le calcaire à Rudistes {1) ; les deux rouches 
s’inclinent alors vers la vallée de la Sals avec une pente 
dans l'ensemble égale à celle du flanc de la montagne. 
en sorte que sur celte pente, suivant Île relief plus ou 
moins saillant des affleurements, on trouve à la surface 
tantôt Tes marnes bleucs, tantôt les calcaires à Rudistes. 

Lorsqu'un pareil phénomène d’inégale dénudation se 
produit en terrain plat et pour des couches voisines de 
l'horizontale, il est tellement connu que personne ne 


(1) Ces calcaires ont été déjà signalés sur ce point par M. de 
Grossouvre (Bull. carte géol. de la France, &. I, no 2%5, p. 4, 1891). 


qe 


s’y trompe. Ainsi, soit une surface de terrain A. B. ondu- 
lée par le creusement de plusieurs ravins, V, V', V”, etc. 
dans des marnes, avec crètes C, C’, C”, etc., d'un banc 
‘alcaire jadis continu, personne n'ira s'imaginer que les 


V. c. . > L 
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F9 1 


marnes m. ne forment pas une couche régulière el uni- 
que sous les cinq buttes calcaires : personne n'ira préten- 
dre, comme T'indiquerail le pointillé, qu'il y a cinq cou- 
ches successives marneuses m, séparées par cinq cou- 
ches différentes ralcaires. x. 

Lorsque le phénomène se produit Sur un plan incliné, 
à flanc de montagne, pourquoi lui donner une autre inter- 
prétation ? C'est cependant ce qu'ont fait MM. Toucas ct 
de Grossouvre, à la suite de Dumortier. 


F9. 2: 


Mais ici A c’est Sougraigne, B représente les Croutets, 
VV, V, ete. ce sont les différents points de moindre 
pente. où affleure la couhe inférieure des marnes bleues : 
C, C’, C”, ete. figurent les lambeaux de Ia couche supé- 


rieure à ippuriles b'oculalus. 


LS GE 


MM. Toucas 1} et de Grossouvre (2), imbus de sette 
idée ue la théorie des faciès suffirait à l'explication 
de la plupart des phénomènes géologiques, ont supposé 
ici des couches multiples successives et des récurrences 
stratigraphiques qui n'existent pas. La récurrence est 
purement topographique et ce sont les mêmes marnes 
bleues, le même calcaire à Hippurites que l'on rencontre 
plusieurs fois en montant de Sougraigne aux Croutets. 
De la part de M. Toucas. l'erreur s'explique facilement : 
elle est une conséquense de ses théories sur la tectonique 
de la région et de cette idée que chaque couche dont il 
relevait un affleurement s'enfonçait vers le nord-ouest 
dans la montagne, au lieu de constituer à sa surface une 
sorle de placage, Simplement un peu plus incliné à Sou- 
graigne que celui depuis longtemps reconnu et admis à 
la Montagne des Cornes. De la part de M. de Grossouvre 
qui avait si bien expliqué l'allure générale des assises aux 


« 


environs de Sougraigne ‘3 l’interprétation de la roupe 
des Croutets donnée ensuite est plus surprenante et ne 
s'explique que par la fidélité à une tradilion alors domi- 
nante au sujet du prétendu recouvrement des salcaires à 
Rudistes par les marnes bleues fossilifères. 

D’Archiac avait cependant reconnu {4} qu’à Sougraigne 
les calcaires à Hippurites occupaient la partie supérieure 
de son second élage et devaient être regardés “omme suc- 
cédant immédiatement aux marnes bleues. Or, il suffit 


d'ouvrir les yeux pour constater qu'entre les Migniés et 


ee 2 ee 


(1) Bull. S. G. D. F. 3 Sér. t. XXIV, p. 612 et suiv. La fig. 3, qui 
est un simple diagramme et non une coupe à l'échelle indiquée, ne 
reproduit nullement la disposition des couches. 

(2) Stratigraphie de la Craie, p. 460. — (Bull. carte géol. de la France, 
t. DE, n° 25, p. #4, fig. 2). 

(3) Stratiqraphie de La Craie supérieure, p. 459. 

(#4) Les Corbières, p. 141, 148. L'erreur de d'Archiac a consisté à 
faire intervenir pour l'interprétation de sa coupe des failles imaginai- 
res. Mais le reproche que lui adresse M. de Grossouvre (Bull. Carte 
géol. de France, LU, p. 6), d'avoir placé le banc à Hippurites au- 
dessus des Marnes bleues cst mal fondé. 


: _— 85 — 


les Croutels les bancs gréseux suivent exactement la 
pente de fa montagne el qu'un peu ples à l'Est c'est le 
même banc de £alcaire à Rudistes qui, au bord du che- 
min, reparaît plusieurs fois au-dessus d'un massit unique 
de grès et de marnes bleucs. 

Ce qui a trompé ici les auteurs qui ont donné des cou- 
pes de la Montagne des Croutets (1), c'est que les rouches 
suc£tessives dans le vallon de la Coume, subissent vers son 
débouché dans la vallée de la Sals un gauchissement pro- 
noncé qui transforme l'inclinaison ouest de la région 
nord en une inclinaison sud, vers le syn£linal de la Sals, 
en sorte que les assises qui affleurent au flanc sud de la 
montagne ne sont plus celles qui affleurent sur le flanc 
est, mais seulement deux ou trois des couches les plus 
élevées de ces dernières. De là, res diagrammes succes- 
sifs publiés par les auteurs. surtout frappés de l'allure des 
couches du flanc oriental de la montagne, Dumortier ‘2, 
Toucas ‘3, de Grossouvre : 4), tandis qu'eu réalité, un peu 
plus à l'ouest, sur le chemin des Croutets, les assises sont 
disposées comme le montre la photographie /ig. 2, de 
ma planche 1, et l’on voit les divers bancs qui suivent la 
pente de la montagne et sont recoupés par des ravins où 
affleurent des couches inférieures ‘5). 

Les couches que l'on peut observer dans cette montée 
de Sougraigne aux Croutets sont donc seulement celles re- 


(1) Le hameau de Sougraigne qui donne son nom à la Montagne 
porte le nom de Croutets inscrit sur la carte de l’Etat-major et main- 
tenu par M. de Grossouvre. M. Toucas le nomme à tort Cloutels et 
Dumortier Sroutets. 

(2) Bull. Soc. génl. de Franre, 2 sér., t. XVT, p. 865. 

(3) Bull. Soc. géol. de France, 3 sér., t. VIT, p. 48, fig. 3 et t. XXIV. 
p. 612, fig. 3. 

(4) Bull. Carte géol. de la France, WE, n° %5, p. #. Le diagramme 
est à peu près exact si l'on reculait la figure au nord jusqu'au point 
656. mais il ne l'est plus s'il est réellement pris entre Sougraigne et 
les Croutets. 

(5) Un second cliché, plus démonstratif encore, avait été pris par 
mon fils, il a malheureusement été avarié pendant le voyage de retour, 


= 6 


levées dans la coupe suivante pour laquelle il n’y a aucun 
compte à tenir de la différense des altitudes entre les 
points extrêmes el qui dépasse 200 mètres. Les couches 
3à 9 affleurent seules au bord du chemin ; 8 cet 9 appar- 
tiennent au Campanien:; 6 el 7 one le niveau à 
Ammonites et Pseudopyrines, qui couronne l'assise des 
marnes bleues. 


9. Calcaire marneux roux à Hippuriles bioculatus........,. 2 m.00 
8. Calcaire marneux gris à Actinoramarx et Batolites oryani- 


SHRS (LE Sean ie AN ID TT …. 1m.0 
7. Calcaire gréseux à Delphinula radiala,Globator nucleus et 
PSone Sr mie tee ie issues. ns 00 


6. Calcaire gréseux à Ammonites, Puzosia corbarica, Placen- 

ich Sinlules EC sssasdetaracelessemses se 0 nr. CU 
9. Marnes bleues fossiliféres à nombreux Cyelolites, Theca- 

smilies, Trochus sougraiqgnensis, Globalor nucleus, etc. 2 m. 0 
#. Marnes bleues à Lima martirensis................. ..... 3 m. 0 
3. Marnes bleues et calcaires à Trllina Venei........,...... # m.0 
2. Psammites en gros bancs ..........................,... 4 m. ® 
1. Marnes bleues à Gaudryrerus Rourillei, Scaphites hippo- 

CrÉDIS RCE cesse en a 


Si nous examinons maintenant les assises qui ronsti- 
tuent le flanc occidental de la Montagne de Brens, nous 
y observons encore un énorme développement des mar- 
nes bleues que couronnent près du sommet ‘alt. 69% des 
calcaires à Iippuriles. où M. de Grossouvre cite H. so- 
cialis. H. sublœvis. IT. Jeani. Ces calcaires confondus par 
les auteurs avec ceux de la Barre du Petit Lac. en sont en 
réalité séparés par la masse des marnes bleues. qui repo- 
sent au contraire sur les calcaires de la Barre au fond de 
la Coume par une altilude voisine de 500 ‘2°. L'allure 
générale des couches à Ja Montagne de Brens est la même 


(A) 4clinocamar Grossourreti est cilé ici d'après M. Toucas. 

(2) Cette puissance des Marnes bleues qui atteindrait ici prés de 
200" n'a rien qui puisse surprendre, puisque M. Roussel l'évaluait 
jadis à un chiffre bien supérieur, 600 près de Soulatge (Bull. Sor. 
Geol, de France, 3 sér., t. XV, p. 627). 


D ,— 


qu'à la Montagne des Croutets. Les strates se maintien- 
nent presqu'horizontalcs depuis l'extrémité septentrionale, 
terminée par deux abrupls qui donnent une belle coupe 
des marnes micacées el des Psammitcs intercalés, jus- 
qu'au point où la crète s’abaisse vers Sougraigne. Dans 
cette partie septentrionale de la montagne, les marnes 
bleues m'ont paru dépourvues de fossiles. Près de l'ex- 
trémité méridionale, elles s’infléchissent si profondément 
vers le svngelinal de la Sais que les bancs à Rudisies du 
sommet (alt. 699) reparaissent au-dessus de Fancien ci- 
melière de Sougraigne (alt. env. 450; avec une chule de 
250 mètres. [Is renferment sur ce point d'assez nombreux 
Hippuriles sublœv'is (1). 

MM. Toucas et de Grossouvre ont voulu faire de £e gise- 
ment du cimetière de Sougraigne un prolongement du ni- 
veau dit de la Barre dont il est séparé par prés ‘de 
200 mètres de marnes bleues. Dans l'hypothèse de ces 
géologues, ce gisement aurait dù reposer directement sur 
les marnes à Micrastler corbaricus et être recouvert par 
les marnes bleues ; ils ont donc signalé au-dessus des mar- 
nes à Placentiras syrtale :2j ; mais celles-ct, topogra- 
phiquement plus élevées, sont stratigraphiquement in- 
férieures aux couches à ippurites. Quant à M. Toucas, 
il n'a pas hésité à indiquer {3 au-dessous du calciure à 
Iippurites des mirnes à Micrasiters (couches :5 de sa 
coupe), qui n'existent pas sur ce point. Pour retrouver 
les marnes à Micraster corbaricus, il faut se reporter à 
plus de 1200 mètres en amont sur le flanc gauche de la 
ullée de la Sals où, comme nous l'avons vu, ses marnes 
sont redressées contre lanticlinal de La fferrière. Au 
Nord-Est de Sougraigne on trouve seulement de vastes 


(1) M. de Grossouvre y cite, en outre, 21. præcessor, H, rennensis, 
H. galloprocincialis, H. Jeani, H. Zurcheri que je n'ai pas rencontrés, 
le gisement tendant à s'épuiser. | 

(2) Cette espèce est d'ailleurs caractéristique des bancs supérieurs 
des Marnes bleues et n'a jamais été rencontrée à leur base. 

(3) Bull. S. G, de F., 3° sér. T. XXIV, p. 612, 


— 88 — 


affleurements des marnes bleues descendant jusqu’à la 
Sais. qui les ravine et met ses fossiles en évidence, notam- 
ment un petit l'urbo que trahit son test blanc. 

Ces marnes bleues, redevenues presqu'horizontales au 
bord de la Sals à Sougraigne, appartiennent au niveau 
moyen de l’assise et plus en aval, en face des Migniés, 
toujours sur la rive gauche, elles sont recouvertes par 
d’autres marnes bleues avec bang£gs épais de Psammites in- 
tercalés, dont le principal paraît correspondre à celui 
No 2 de la coupe ci-dessus donnée du Moulin Tiffou. 

En raison de son aspect protéique, de ses brusques 
changements de puissan£ce, de l'inégale répartition de 
ses fossiles et des ac£idents tectoniques qui l'affectent, 
l’assise des marnes bleues est certainement de toutes cel- 
les étudiées la plus difficile à bien comprendre cet celle 
qui a donné lieu aux appréciations les plus divergentes. 
En traçant ci-dessus les grandes lignes de ses caractères 
ou de sa disposition et en signalant fes principales er- 
reurs commises à son sujet, je n'ai d'ailleurs pas la 
prétention d'avoir résolu tous les problèmes et une large 
moisson d'observations intéressantes reste à faire sur 
celte partie de l'étage Santonien. 

Cette assise des marnes bleues a eu jadis son prolonge- 
ment vers le sud par dessus l'anticlinal actuel de La 
Ferrière et on en retrouve des portions encore importan- 
tes de chaque £ôté du Pic de Bugarach. Le gisement occi- 
dental montre surtout des couches supérieures et aurait 
fourni près de Saint-Louis à M. ‘loucas Acf'nocamar 
quadratus. Le gisement oriental, plus important, s'étend 
des Pastressis à La Bastide ; il commente au ruisseau 
venant des Pastressis, forme le mamelon allongé qui 
porte La Bastide et s'élève encore à une assez grande 
hauteur au sud. Les fossiles y sont très irrégulièrement 
disséminés et ne se rencontrent que. dans les couches les 
plus élevées au sud-ouest du hameau, le principal esl 
Actlinocamax Toucasi ; j'y ai recueilli aussi À. (rrossou- 
vrei, Trochacteon giganteus, des vertèbres de Mosasaurus, 
etc., et M. Toucas y cite Actfinocamax quadrafus. On à 


— 89 — 


signalé également dans ces marnes supérieures de gros 
Polypiers et des Rudistes. Il y a là une erreur: res gros 
Polypiers. les Hippurites et Plagoptychus se trouvent sur 
les marnes et non dans les marnes ; ils proviennent évi- 
demment d'un ban£s supérieur, aujourd'hui démantelé et 
que je n'ai pas retrouvé en place. Quoiqu'il en soit, là en- 
core des Rudistes sont au-dessus des marnes bleues, comme 
l'a reconnu M. Touras et non recouvertes par clles, comme 
le suppose M. de Grossouvre. , 

Le Campanien comprend évidemment la partie des 
marnes bleues à Actlinocamax Toucasi et À. quadralus, 
supérieure aux bancs à ?lacenticeras syrtale du Santo- 
nien. Ces marnes, réduites à moins d'un mètre à la 
Montagne des Cornes, encore très peu épaisses à Sou- 
graigne, n'aitteignent un sérieux développement que dans 
le bassin méridional de Camps. Dans la région de Ren- 
nes-les-Bains, elles sont pour ainsi dire inséparables des 
calcaires à Hippurites où abondent Batol'tes organisans 
et Hippurtles bioculatus. 

En éludiant les marnes bleues, nous venons de recon- 
naître cette assise à Hippurites à la Montagne des Cor- 
nes, à celle des Croutets, où celle descend, en partie dé- 
mantelée, jusqu’à Sougraigne. Nous l'avons retrouvée en- 
core vers le sommet de la Montagne de Brens et au rime- 
tière de Sougraigne ; mais nous n'avons pu conslater son 
prolongement sur le revers nord de l'anticlinal de La 
Ferrière, où, peut-être, elle existe cependant (1). On 
sait qu’en dehors du bassin de Rennes-les-Baïns les cou- 
ches à Hippurites du Campanien ont été signalées à 
l'est de Saint-Louis, aux Gasrous ; on les retrouve en 
lambeaux démantelés à La Bastide sur le flanc oriental 


(1) Dans une petite carte, dont il a d'ailleurs fait lui-mémne une 
sérieuse critique, M. de Grossouvre indique sur la rive gauche de la 
Sals, entre Sougraigne et La Jouanc, un banc de calcaire à Hippuriles, 
que je n'ai pas observé et dont il n'est fait la moindre mention, ni au 
texte, ni dans les notes antérieures de l'auteur. — Recherches sur la 
Craie supérieure, pl. I, p. 468. 


200 = 


du Pic de Bugarach. Quant aux autres gisements, que je 
n'ai point visité, je m'absticndrai d'autant plus d'en par- 
ler que leur niveau exact est loin d'avoir été suffisam- 
ment précisé par des auteurs qui ont pu confondre des 
horizons divers de calcaires à Rudisles. 

Le plus bel affleurement de ses calcaires est celui de la 
Montagne des Cornes, depuis longtemps classique ét bien 
connu. Ïl est formé de couches successives, indiquées à 
la coupe £i-dessus donnée, mais les divisions que fon 
a voulu établir dans cet ensemble sont purement théori- 
ques. 11 est inexact que certaines espèces caractérisent 
certains bancs ; 1a vérité est que ces espèces se sont plus 
ou moins développées sur certains points, tantôt dans 
une couche, tantôt dans une autre. Les modifications 
fauniques sont encorc plus latérales que verticales ; il en 
cst de même d'ailleurs pour tous les dépôts réciformes. 
Comme l’a dit M. de Grossouvre : « Généralement les fos- 
« siles constituent des groupes dans lesquels une des 
« espèces prédomine à l'exclusion des autres: ailleurs 
« elles sont plus ou moins mélangées ensemble » (1). 

Les SphϾrulites (S. angeoides, S. plicatus) se rencon- 
trent plutôl vers le bord méridional du gisement ; les 
Plagioptychus sont rares ; les Hippurites abondent, les 
unes d'un côlé {H. turgidus), les autres de l'autre (1. 
rennensis). Les groupes sont d'ailleurs associés et j'a 
rencontré accolés H. sulcatus et H. bioculatus. On peut 
dire seulement d'une manière générale que Baloliles orga- 
nisans, Hippurites canaliculatus, H. turgidus sont plus 
fréquents dans les couches inférieures, A. sulcatus, H. 
strialus dans les courhes supérieures ; A. btoculatus 
abonde à tous les niveaux. 

La dernière assise crétacée du bassin de Rennes-les- 
Bains est le Grès d’Alet, formé de sables et de grès plus 
grossiers que ceux des marnes bleues et de teinte plus 
claire, plus jaunâtre ; il est peu riche en fossiles ét ren- 


(1) Stratigraphie de La Craie supérieure, fasc. I, p. 454. 


— 91 — 


ferme sculement des particules charbonneuses et de va- 
gues empreintes végétales. Les Grès d’Alet, exploités près 
de Ta route de Bugarach, sur la rive gauche de la Blanque, 
s'étendent au nord sur le flanc gauche de la vallée de 
la Sals jusqu'au col de Cuguillou, au-dessus des grès de 
l’assise des marnes bleucs. Sur la rive droite de la Blan- 
que, ils forment un massif assez puissant, borné par la 
Sals à l'est et au sud par l'anticlinal de La Ferrière. Ils 
franchissent même 1a Sals entre, en aval, l’échancrure 
de Serbairou et, en amont, la limite de Sougraigne, pour 
remonter en coin sur la montagne boisée qui s'élève au 
“nord et en alteindre la crète. Après une interruption, le 
Grès d’Alet reparaît à la crèle de la Montagne des Crou- 
tets, en constitue Ie mamelon 656, puis se prolonge un 
peu au nord sur le plateau étroit qui sépare le vallon de 
Bordencuve de celui de la Coume. 

Après ce rapide exposé de la straligraphic locale, il me 
resle à préciser les quelques points sur lesquels je suis 
en désaccord avec ceux de mes savants confrères qui se 
sont occupés de la Géologie des environs de Rennes-les- 
Bains. J'aurai d’ailleurs peu de chose à dire des travaux 
de ceux qui se sont borné, comme MM. Roussel (1) et 
Carez (2). à signaler des étages, sans centrer dans le dé- 
tail des différentes assises. 

Après avoir nié l'existence du Trias aux sources de la 
Sals, M. Carez l’a admis et a publié des coupes générales 
où ‘les diverses assises du Sénonien sont ‘intenlionnelle- 
ment confondues. Ce Sénonien passerait sous Te Pic de 
Bugarach, surtout pour satisfaire à la théorie des Nap- 
pes, qui me laisse ici Sreptique. Sans discuter cette ques- 
tion technique, qui m'entrainerait hors de mon sujet, 
je remarque que, d'après les constalations de M. Roussel, 
le crétacé conlourne sans faille le Pic de Bugarach (3). 


(1) Bull, S. 4. de F., 3 sér. T. XV. p. 601. 

(2) Bull. S, G. de F., 3 sér. T. XVI, p. 372. — Les Pyrénées, livret- 
guide, p. 27. 

(3) Op. cit., p. 625. 


11 


— 92 — 


M. Carez a donné un petit diagramme {coupe sinueuse 
allant du point 759, sur l'antliclinal du Cardou, à Sou- 
graigne. C'est le résumé des hypothèses alors en cours 
sur la multiplicité des bancs de Rudistes et leur recouvre- 
ment par les marnes du Moulin Fiffou. J'ai établi que rien 
de toul cela ne se vovail sur le terrain. Par sontre, Île 
même auteur a parfaitement reconnu près de Montfer- 
rand le substratum formé par le Turonien et le Cénoma- 
uien dont la présence avait échappé à MM. Toucas et de 
Grossouvre. 

Peron avail déjà admis sans discussion que les mar- 
nes bleues étaient supérieures aux courhes à Rudis- 
tes (1). [1 confondait d'ailleurs le niveau Turonien à 
Hippuriles resectus du Linas avec le niveau Campamien 
à Hipp. bi'oculaltus de Ia Montagne des Cornes. Enfin, il 
déclare {2} avoir recueilli dans les calcaires à Echinides 
Radiolites s'nuatus et Biradiolites fissicostatus sans d'ail- 
leurs en préciser le gisement el bien que personne n ait 
jamais rencontré de Rudistes dans les marnes à Micras- 
ters. 

Après les criliques ci-dessus formulées de certaines 
opinions de M. Toucas. je crois superflu de discuter ici 
ses diverses notes sur Ta Géologie des Corbières {3) et Je 
me bornerai à un rapide examen de la dernière, celle 
où il résume plus nettement sa manière de voir ‘4). Bien 
que M. TFoucas ait généralement indiqué pour ses coupes 
une échelle, il importe de remarquer que £e sont de sim- 
ples croquis, d’une exactitude relative au point de vue 
lopographique, mais qui ont le grand avantage de nette- 
ment synthétiser la pensée de leur auteur. 

Sur Ja soupe de la Montagne des Cornes, le Cénomanien 
et le Turonien fossilifère à Hippuriles resectus de Mont- 
ferrand ont été omis. Le calcaire de la Barre du Petit Lac 


EE 
(1) Bull. SG. de F., # sér. À. V., p. 409. 
(2) Ibid., p. 519. | 
(3) Bull. S. G. de F., 3° sér. T. VHE, p. 39. 
(4) Op. cit. T. XXIV, p. 602. 


— 93 — 


est prolongé dans le vallon de Bordencuve, où on ne le 
retrouve pas et la couche à Acfinocamarx est placée entre 
deux bancs de Rudistes, alors que les calcaires à Rudis- 
les inférieurs sont des parties démantelées du banc su- 
périeur qui ont glissé sur les marnes bleues. Enfin, il 
n'existe pas réellement de marnes bleues au-dessus des 
bancs à Rudistes. 

La critique fondée qui en a été faite par M. de Gros- 
souvre me dispense de revenir sur la deuxième coupe de 
M. Toucas et après re que j'ai dit de celle de Sougraigne, 
il serait superflu d’insister. 

La quatrième coupe, du £ol de Capela à La Bastide, est 
inapplicable sur le terrain, au moins pour sa partie £en- 
trale. Les couches indiquées existent peut-être à 1 ou 
2 kilomètres de là, mais pas sur la ligne de coupe. Quant 
aux marnes bleues dites à nombreux Acfinocamax, il 
faut retrancher l'adjertif. Ces fossiles sont des Plus rares 
et les petits pâtres du pays, qui les recherchent avec 
soin pour les vendre aux géologues, en trouvent à peine 
un ou deux par an. 

Je tiens, d'ailleurs, à proclamer ici que si j'ai le pro- 
fond regret de constater que mes observations sur divers 
points de détail ne concordent pas avec celles de MM. Tou- 
cas et de Grossouvre, je n’en rends pas moins hommage 
à l’ensemble de leurs recherches qui ont permis de dé- 
brouiller l'ancien £haos de la stratigraphie des Corbières, 
et, en adressant mes publics remerciements au savant 
dont les bienveillantes communications m'ont permis d’'en- 
treprendre et de compléter £ette étude, je tiens à dire ma 
respectueuse estime pour les travaux de mes éminents 
confrères. 

M. de Grossouvre, qui a longuement exploré les Corbiè- 
res et publié sur le crélaré de cette région des notes suc- 
cessives, a en quelque sorte résumé ses observalions dans 
le tableau suivant : (1) 


(1) Stratigraphie de la Craie supérieure, p. 468. 


0% = 


Campanien. — Grès d'Alet. 


Psammites, grès et conglomérats avec marnes 
bleues subordonnées à divers niveaux ; calcaire 
à Rudistes et à Polvpiers. Plarenticeras syrtale. 
Puzosia corbarica, Gaudryreras Rourvillei, 4ctino- 
camarx Toucasi, Au sommet, Hippuriles sulcatus, 
IL. striatus : à la base H. organisans, H. ranali- 


| culatus, FL. rennensis. 
Santonien. nie | 
Calcaire à Hippurites du petit Lac. Brens. Lau- 


SUP. | 
zadel, avec 11. Jeani, I. socialis, H. pracursor. H. 

subleætis. 

INF. { Marnes et calcaires à Micraxter corbaricus, M. Ma- 
theroni, Holaster integer, Mortoniceras teranum. 
Sonneralia Pailletei, Inoceramus digitatus. Spon- 

dylus spinosus. 

| Calcaires noduleux à Micraxter corbaricus, Morto- 

SUP. ) niceras Emxscheris, M. Bourgeoisi, Gauthiericeras 

; Marge, Ostrea proboxcidea. 

Coniacien. | 

- Calcaires durs jaunâtres à Cyphosoma 4rchiari, 
INF. Orthopsis miliaris, Peroniceras subtri carinatum, 
Tissotia Ewaldi. 


Cette classification est évidemment insuffisante. Son 
auteur a voulu éviter lécueil où lui paraissaient être 
tombés ses devanciers et pour y parvenir, il a confondu 
les Psammites et Îles couches à Rudistes, les marhes 
bleues et les grès dans un complexe. C'est peut-être un 
procédé : #e n'est pas une solution. 

Le Cénomanien et le Turonicn sont supprimés. La di- 
, vision en deux sous-élages des marnes à Micrasler cor- 
baricus est artificielle puisque Micraster corbaricus, S pon- 
dylus spinosus, Morloniceras Bourgeo'st se rencontrent de 
la base au sommet. 

Je me suis déjà expliqué sur les calcaires de la Barre du 
Petit Lac el sur leur faune, dans un prétendu prolonge- 
ment au flanc dela Montagne des Cornes. Je grrois avoir 
élabli l'impossibilité de synchroniser avec eux les bancs 
de Rudistes de 1a Montagne de Brens et du cimetière de 
Sougraigne qui en sont séparés par près de 200 mètres de 
marnes bleucs. 


m0 = 


M. de Grossouvre a intercalé au milieu de l'assise des 
marnes bleues son deuxième niveau d’Hippurites Séno- 
niens, dont ie type serait au point qu'il nomme ravin de 
la Fajolle. et 11 te place au-dessous des marnes à Actino- 
Camux. 

En réalité, les pelits ravins que les orages ont creusé 
sur le flanc occidental de la Montagne des Cornes, au- 
dessus de la Fajolle, au niveau de l'ancienne ‘uilerie, 
n'entament qu'à leur partie supérieure des courhes en 
place ; plus bas, ils ont simplement creusé des lambeaux 
des mêmes couches qui ont glissé sur les marnes, ainsi 
que le prouvent les inclinaisons variables des blocs dé- 
mantelés. Les ralcaires à Rudistes sont en effet ic1 in- 
elinés vers l'ouest d'environ 15° et ils ont facilement 
glissé sur leur substratum argilo-marneux au contact en- 
retenu humide par d'abondantes infiltrations. Nous en 
avons déjà vu des blocs éboulés sur le flanc gauche du 
vallon de la Douce. On en retrouve d'autres ici qui offrent 
d'ailleurs pour la récolle des fossiles d'excellents gise- 
ments et s’est l'un d'eux, au bord du chemin, qu paraît 
avoir fourni jadis à Picot de Lapeirouse ses premiers 
Tuvaux d'Orgue :Batolites organisans) . 

Je n'ai pas à revenir ici sur mon interprélation si dif- 
férente de celle de M. de Grossouvre pour les couches du 
Moulin Tiffou et surtout de Sougraigne. 


Ces pages étaient écrites lorsque j'ai pu, quelques jours 
avant sa mort, discuter les conclusions de mon travail 
avec le Colonel Foucas. Après eXamen des nombreux cli- 
chés pris par mon fils sur le terrain, nous étions tombés 
d'accord sur la plupart des points. Je dois toutefois à la 
vérité de dire que M. TFoucas maintenait énergiquement 
son opinion sur la présence À Sougraigne de deux niveaux 
d'Hippurites. lun inférieur, Santonicn, eclur du cime- 
tière, L'autre supérieur, Campanien, de la Montagne de 
Brens et du chemin des Croutets. Ce second niveau, dont 
l'âge était pour lui établi par la présence à la base d'un 
Actinocamax, qu'il persévérait à identifier à A. quadra- 


— 96 — 


tus, formerait à la montagne des (ornes, au-dessus des 
couches à Batolites organisans, deux assises bien dhis- 
tincites par les espèces d’Hippurites nouvellement étu- 
diées, bien que ces assises soient reliées par quelques 
espêces communes, comme A. bioculatus. Je n'ai mal- 
heureusement pas écrit sous la dictée de M. ‘loucas les 
noms de ces espèces considérées par lui comme caracté- 
ristiques et ne puis les citer ici. 

Sans partager sur ces derniers points la manière de 
voir de mon si regretté confrère, je tenais à rappeler les 
opinions suprêmes du savant géologue qui a si longtemps 
et si heureusement cxploré le Crétacé des Corbières. 


mt RER 
_ 


107. 


DEUXIÈME PARTIE 


DESCRIPTION DES ESPÈCES 


Bien que l’éron, après avoir, cn 1877, donné la liste des 
Echinides crétacés de Rennes-les-Bains, ait fourm sur 
quinze d’entre eux des renseignements assez complets et 
détaillés (1), bien que Cotteau, dix ans plus tard, ait pu- 
blié un £calalogue de ceux recueillis dans Iles Corbières par 
M. Roussel (2), on est enrorc assez mal fixé sur plusieurs 
de ces espèces et leur révision m'a paru d'autant plus né- 
cessaire que, dans la liste de Cotteau, on trouve confondues 
celles de régions différentes, notamment celles des Pe- 
lites Pyrénées. Enfin, un £ertain nombre d'espèces ont 
été publiées dans Ia Paléontologie française (3) ou acci- 
dentellement dérrites par d'Archiac (D, par Cotleau (5), 
par Savin (6 ou par moi (7). [1 importait de réunir tous 
ces documents épars et en même temps de faire connaître 
les quelques espèces nouvellement rencontrées par M. Bo- 
ries et par moi au £gours de ces dernières années. J'ai donc 


PR re "mt 


(1) Bull, Soc. Géol. de Fr. 3e sér T. V, p. #77, 520 et suiv. 
(2) Catalogue des Echinides crétacés des Petites Pyrénées et des Corbie- 
es. — Bull. S. G. D. F., 3° sér. T. XV, p. 639. 

(3) La plupart des réguliers par d'Orbignv : Pal. franc. Crét. VE les 
autres par Cotteau, Crét. VIT. 

(9) Bull. S. 4. D. F. % sér. T. XI, p. 228. 1854. 

(5) Echinides fossiles des Pyrénées : Mém. Congrès Scient. de Bor- 
deaux, 1863. 

(6) Note sur quelques Echinides du Dauphiné (Bull. Soc. Stalist. de 
l'Isère, 4° ser. T. VI). — Révision des Echin. foss. du dép. de l'Isère. 
(Bull. Soc. Statist. de l'Isère, 4° sér. T. VID). 

(3) Exsai d'une Monographie du genre Micrasler (Paris, 1895). — 
Rérision de quelques Cidaride de la Craie (Bull. Soc. Se. Hist. et Nat. 
de l'Yonne, 1" sem. 1908, — Essai de Nomenelalure raisonnée des Echi- 
nides, par J. Lambert et P. Thiéry, fasc. 1, Chaumont, 1909 et 
fasc. ?, 1910). 


entrepris dans £e but cette petite monographie des Echi- 
nides crétacés des Corbières, ou plus exactement de là 
partie occidentale des Corbières orientales. 


Je laisserai en effet de côté ici les espèces des Corbiè- 
res les plus orientales. Cette partie du massif, qui en fase 
de Ja Médilerranée comprend le pays entre La Clape et 
Opoul, avec les gisements de Durban ct de lontfroide, 
constitue une région sensiblement différente au double 
point de vuc tectonique et paléontologique. Je ne l'ai pas 
personnellement explorée et il n'a paru préférable de ne 
pas confondre ses fossiles avec ceux de la région occiden- 
tale. Je mentionnerai seulement ceux des environs de 
Padern et de Tuchan, parce qu’ils appartiennent au bas- 
sin du Verdouble, qui se relie très étroitement à Sou- 
latge avec celui de lAglv, voisin au Linas de celui de 
Rennes-les-Bains. 


Si ce travail présente quelqu’intérêt, il le devra large- 
ment aux bienveillantes communications de mes corres- 
pondants ct, en particulier, à celles de M. le colonel 
Toucas, qui a bien voulu, avec l'autorisation de M. Haug, 
me permellre d'étudier les nombreux matériaux recueillis 
par lui au £ours de ses heureuses recherches dans les 
Corbières. Je dois aussi un souvenir reconnaissant à mon 
ami si regretté Péron qui, avant sa mort, m'avait confié 
les Echinides de sa belle collection, M. Miquel, de Barrou- 
bio, et M. Borics, de Fabrezan, ont bien voulu Cgalement 
mettre à ma disposition les cspères par cux recueillies : 
je les en remercie el je suis heureux de pouvoir 1e1 lémoi- 
gner à M. Bories ma gratitude pour lamabilité avec la- 
quelle il na guidé dans celle région des Corbières qu'il 
connait si bien et m'a fait part de ses précieuses observa- 
tions personnelles. Je remercie aussi Fexcellent M. Griffe 
sous la direction duquel j'ai visité plusieurs gisements des 
environs de Rennes-les-Bains (1. 


(1) Je regrette toutefois de n'avoir pu obtenir mème une réponse de 
M. Jean, d'Alairac, qui a recucilli tant de {fossiles dans cette résion. 


— 99 — 


CipaRiSs PYRENAIGA Cotteau, 1862. 


Cidaris vesiculosa EuuonrTiER (non Goldfuss) : Note sur les Corbieres 
(Bull. S. G. D. F., 2° sér. T. XVI, p. 870.— 1857). 
—  pyrenaica CorrTeau : Pal. france. (Crét. VIE p. 201, pl. 1047 et 
1048, lig. 1, 10. — 1862). 
— — Cotreau : Echin. P. Pyrénées et des Corbières (Bull. 
S. G. D. F., 4 sér. T. NV, p. 641. — 1887) 

Ne gonnaissant pas en nature le test de cette espèce, je 
ne saurais dire si elle appartient réellement au genre C1- 
daris ; sa taille, la forme de ses plaques et surtout felle 
de ses radioles la rapprothceraient des Sfereocidar's, mais 
les figures nw'indiquent aucunes fosseltes suturales et tous 
ses tubercules périapicaux ne sont pas atrophiés. Dans 
ces conditions je ne me crois pas encore autorisé à la 
changer de genre. 

Le type de la rollection Puech paraît originaire de 
l'Ariège, mais des radioles ont élé retrouvés dans la région 
de Rennes-les-Bains, dans FAlbien du Bézu, commune de 
Saint-Just. On en a signalé d'autres dans le même élage 
entre Saint-Paul-de-Fenouillet et Soulatge. 


Ciparis RENNENSIS Lambert. 
(PI. I, fig. 12, 13). 


On rencontre dans les couches à Ilippurites de la Mon- 
tagne des Cornes des radioles de Cidar'dæ dont je ne 
puis, en raison de leur état fragmentaire, donner une 
bien complèle descriplion et que Je rapporte provisoi- 
rement seulement au genre Cidarts. 

Ces radioles rentrent dans le groupe st romplexe de 
ceux de l'ancien Cidaris subves'culost; ls sont allongés 
et Icur facette articulaire lisse forme sur le bouton un 
bourrelet satllant ; anneau strié, collerette très basse. pres- 
que nulle ; tige cylindrique. ornée de rangées très serrées 
de petites côtes, séparées par d’étroits intervalles. Ces 
pelites côtes ordinairement granuleuses. comme formées 
de granules entassés. ordinairement arrondis, montrent 
parfois une tendante à devenir spiriformes : partois aussi 


— 100 — 


les granules s’anastomosent el le radiole est orné seule- 
ment de petites côtes longitudinales. 

Ces radioles se distinguent facilement par leurs côtes 
plus granuleuses et plus serrées de £eux des 7 ypocidar:s 
subvuesiculosa d'Orbigny (C'daris) et T. serrata Desor. 
Stereocidaris Lallier! Lambert et Temnocidaris Baylet 
Cotteau ont leurs granules bien plus fins et plus épineux. 
Ceux attribués par Colteau à son Cidaris pyrena'ca sen 
rapprochent davantage, mais en diffèrent par leur forme 
plus grèle, à tige ornée de granules moins fins, avec bou- 
ton plus haut et collerette encore plus basse. Les radio- 
les du C. rennensis sont plus voisins encore el peut-être 
ne se distinguent-ils pas d'un radiole très allongé du Sé- 
nonien supérieur de Gensac (Haute-Garonne), d'ailleurs 
non décrit, ni figuré. 

Localités : Montagne des Cornes, soit à la base dans 
les couches à polvpiers et Æippurites b'oculatus, soil sur- 
tout un peu plus haut avec Hip. turgidus ; sous-élage 
Campanien. 


Dorocipanis DErrancei Lambert, 1909. 


Cidaris Defrancei fc). 
—  subvesiculosa {purx) CoTrEAU (non d'Orbigny): Paléont. franc. 
(Crét. VIF, p. 261, pl. 1060, tig. 2, 3.— 1862). 
_ = Toucas (non d'Orbigny) : (Bull. S. G. D. F., 
3" sér. T. XIV, p. 606. — 197). 
Dorocidaris Defrancei LauweuT : Essai de nomenclature raisonnée des 
Echinides, fasc. 1, pl. EL fig. 7, 11. — 1909 ; 
et fasc. 2, p. 147. — 1910. 
— — LAMBERT : Révision de quelques Cidaridæ de la 
Craie, p. 23. — 1909. 


Cotteau a dit de sctte espèce dans la Paléontologie fran- 
caise: 7 M. d’'Archiac nous a communiqué un C'daris 
« provenant de Ja Craie blanche de Soulalge fAude) : sa 
« Laïlle est movenne, sa facc imféricure est relativement 
« large et plate : ses ambulacres présentent seulement qua- 
: tre rangées de granules et à peine quelques rudiments 
« des séries intermédiaires ; ses tubercules interambula- 


— 101 — 


Æ% 


craires, au nombre de six à sept par rangée, sont forte- 
ment développés, surtout au-dessus de l'ambitus et quel- 
« ques-uns paraissent crénelés ; Ia zone miliaire qu les 
sépare est étroite, sinueuse, déprimée ». 

D'après la figure donnée par Cotteau, cet individu est 
trop mutilé pour que l'on puisse exactement apprécier 
tous ses caractères, mais ses plaques nombreuses, peu 
élevées, ses scrobicules peu développés, ses tubercules à 
faible mamelon, parfois subcrénelé, ses ambulacres pres- 
que droits à quatre rangs seulement de granules ne per- 
mettent de le confondre avec aucune des espèces que je 
viens d'étudier dans ma Révision de quelques Cidaridæ 
de la Craie et je n'ai pas hésité à Jui donner un nom nou- 
veau pour faire cesser toute fâcheuse confusion avec le 
Typocidaris subvesiculosa d'Orbigny (Cidaris) du Cam- 
panien de Royan. 

L'attribution générique exacte de cette espèce aurait pu 
rester douteuse, si je n'avais retrouvé dans les collections 
de la Sorbonne deux individus que M. Haug a bien voulu 
mettre à ma disposition et qui permettent d'en parfai- 
tement apprécier tous les caractères. On constate ainsi 
que l'individu figuré par Cotteau était accidentellement 
déprimé et devenu plus rotulaire que le type. Ce dernier, 
qui mesure 37 millimètres de diamètre sur 27 de hau- 
teur. a bien sa face inférieure plus large que la face su- 
périeure, mais sa forme est renflée, assez haute el sc re- 
trécit un peu vers l'apex ; les tubercules sont bien au nom- 
bre de sept par rangée ; les scrobicules sont elliptiques 
en dessous, circulaires seulement en dessus ; la zone mi- 
liaire déprimée ne saurait êlre considérée comme étroite 
ct ses granules assez gros sont distinctement sériés. Le 
péristome large (16 milk.) est très nettement pentagonal ; 
l'apex est relativement étroit (13 mil. On n'observe 
aucune trace de fosseltes aux sutures horizontales même 
en dessus. La forme générale du test, le nombre des tu- 
ber£ules par rangée, la dépression de la Zone médiane et 
surtout l'absenre de fossettes ne permettent donc pas de 
séparer £etle espèce des Dorocidarts. 


À 


LE 


— 102 — 


L’individu des rollections de la Sorbonne que je prends 
pour type a élé successivement attribué aux Cidar's gra- 
nulostriata el C. subvesiculosa, puis regardé comme es- 
pêce nouvelle. Je n'ai pas hésité à confirmer cette der- 
nière manière de voir et comme il porte sur une très 
vieille étiquette le nom manuscrit de Cidaris Defrantizr, 
qui lui a élé donné par un collecteur anonyme, je lui 
conserve cette dénomination en rectifiant l'orthographe. 

M. Toucas, qui a recueilli à Rennes-les-Bains un se- 
cond individu de ce Doroc'daris, l'avait rapporté au Cida- 
ris subvesiculosa, qui en diffère par sa forme moins éle- 
vée, moins retrécie en dessus. ses plaques plus hautes, ses 
tubercules moins nombreux dans chaque rangée, ses scro- 
bicules plus profonds, tous circulaires, sa zone miliaire 
plus étroite et la présence de fossettes sulurales bien ap- 
parentes. D. Defrancei n'esl pas sans analogie avec mon 
T'ypocidaris corbarica, pourvu de fossetles peu profondes. 
mais il s'en distingue par ses plaques moins hautes, ses 
lubercules périapicaux mieux développés, ses scrobicu- 
Jes plus elliptiques avec cercles scrobiculaires confondus 
en dessous, par son péristome plus large et plus nettement 
pentagonal, par son apex plus étroit, par ses granules mi- 
liaires moins fins et la présence dans ses ambulacres de 
quatre rangs de granules seulement. 

M. Bories a bien voulu enrichir ma collection d'un au- 
tre individu du D. Defrancei recueilli par In dans le 
vallon de Ia Douce au Sud du pont de Montferrand, au 
bord du chemin qui remonte vers la Tuilerie, dans les 
couches à Crdaridæ des marnes à Micraster corbar'cus. 
Cet individu porte encore une partie de son appareil 
maslicatoire et des fragments de radioles très incom- 
plets. mais qui permettent de rattacher à l'espèce d'au- 
tres radioles, notamment celui figuré à la pl. Il de notre 
Essai de nomenrlature raisonnée des Echinides. 

Ce radiole. malheureusement lui-même inromplet, est 
exvlindrique, un peu allongé et rappelle ceux de l'ancien 
groupe du C'daris sceptrifera. Sa surface articulaire pa- 
rail lisse, Panneau strié, la collerette courte ; la tige porte 


— 103 — 


treize côtes rapprochées, armées d’épines saillantes, acé- 
rées, infléchies vers l'extrémité, sans intervalle chagriné, 
ni strié. Ce radiole est donc plus épineux que celut plus 
grèle du Typocidaris corbarica ; il présente plus de res- 
semblance avec le Cidaris pseudosceptr'fera Hébert, mais 
s’en distingue par sa collerette plus courte, sa tige plus 
cylindrique à côtes plus serrées, sans intervalles chagri- 
nés. RE NE: 

Localités : Soulatge (d’après d’Archiac), Rennes-les- 
Bains ; partie inférieure des marnes à WMicraster kcor- 
baricus ; Sous étage santonien. 


BaLaANocIDARIS SORIGNETI Desor. 
(Cidaris) 1853 
Bien que £ette espèce ne m'ait pas été communiquée, il 
convient de rappeler que M. Roussel eu a signalé les ra- 
dioles dans le cénomanien de l'anticlinal de La Ferrière 
(Bull. S. G. S. F. 3° sér. T. XV, p. 626). Cotteau les a 
indiqués à Padern (op. c'f. p. 658). 


BALANOCIDARIS GIBBERULA Agassiz. 
(Cidaris) 1846 
(PI. IL, fig. 29) 


Cette espèce a été établie par Agassiz pour un radiole 
glandiforme (1) indiqué romme originaire de Cassis, à 
mamelons plus irréguliers que reux du C'daris cucumifera 
Agassiz et pourvu d'un fleuron terminal généralement 
bien accentué. Desor l'a figuré au Svnopsis ‘pl. VE 
fig. 3), et dans la Paléontologie française Cotteau lui a 
réuni deux autres radioles recueillis par Levmerie à 
Rennes-les-Bains ‘2), mais évidemment identiques au 
type. Il assimilait en même temps à ces radioles un 
test recueilli par l'abbé Bargès dans le Cénomanien de 
Cassis, d'ailleurs sans radioles adhérents. 


(1) Catalogue raisonnée des Echinides, p. 25. — 1846. 
(2) Pal. franc. Crét. VIE, p. 23%, 236, pl. 1051, tig. 15, 17. Le type 
est figuré mème planche fig. 18. 


— 104 — 


Péron a élevé sur la légitimité de cette assimilation 
des doutes fondés (1). Il résulte, en effet, .des renseigne- 
ment fournis par le savant géologue et confirmés par ceux 
de la région provençale !2), que personne n’a jamais 
trouvé de radioles de B. gibberula aux environs de Cassis. 
On peut donc considérer qu'une erreur a été commise soit 
par Agassiz, soit par Michelin, qui lui avait communiqué 
le type, au sujet de la provenan£e de ce radiole. Le B. 
gibberula doit donc être rayé de la liste des Echinides de 
la Provence et au contraire être placé sans aucun doute 
parmi ceux de Rennes-les-Baïins. 

Quant au test, recueilli dans le cénomanien de Cassis 
par l’abbé Bargès, décrit ct figuré par Cotteau {3) sous le 
nom erroné de Cidaris g'bberula, il est certainement sans 
rapports avec Îles radioles et il y a lieu de lui restituer 
le nom de Bargesi que Cotteau lui a donné trois mois 
plus tard (4). Ce Cidar'dæ de Cassis est bien un Tyloci- 
daris, voisin du T. Bowerbanki Forbes ({Cidaris), mais 
différent par ses granules ambulacraires moins égaux et 
serrés. J'ai fait connaître autrefois à M. Savin que ce 
Tylocidaris se rapprochait du T. Ramond Leymerie 
(Cidaris), mais je n'ai pas dit, comme Savin semble l'avoir 
cru {5) qu'il lui était identique. Chez l'espèce du Maes- 
trichlien de la Haute-Garonne le mamelon du tubercule 
est moins gros, les zones miliaires sont plus larges. les 
granules ambulacraires centraux sont plus fins et plus 
réguliers. Malgré les explications données par Péron, 
Gauthier et M. Michalet ont continué à citer Balanoc'da- 
daris gibberula en Provence à la Bedoule et au Revest. 


(1) Bull. Soc. G. D. Fr. 3 sér. T. V, p. 520. 

(2) MM. Coquand, Toucas, Gauthier, Le Merle, — contra Hébert, 
mais Hébert n'a pas osé aflirmer l'identité de ses radioles du Cénoma-. 
nien de La Bedoule avec ceux du Santonien de Rennes-les-Bains. 
Bull, S. G. D. F., 3 sér. T. VI, p. 323. 

(3) Pal, franc. Crét. VI, p. 234, pl. 1034, fig. 1, 7. — Juillet 1862. 

(4) Op. cit. p. 290. — Octobre 1862. 

(5) Echinides fossiles de l'Isère, p. 210. 


— 405 — 


Mais ces citations sont essentiellement douteuses et en ce 
qui concerne les radioles du Revest, ils m'ont paru appar- 
tenir plutôt au B. Sorigneti Desor (C'daris). 


Cotleau a encore indiqué dans le cénomanien un ra- 
diole voisin du B. g'bberula, r'esl son Cidaris Mourguest, 
du Liban (1, en réalité selon moi identique au Cidaris 
clavimorus Frans ‘2), lui-même identique au C. clavinto- 
rus Quenstedt ‘3. Après avoir admis ces équivalences 
dans sa sYnonymie, Cotteau en a contesté la valeur dans 
son texte et proposant de le réunir au C. g'bberula, il en 
distingue son C. Mourguesi par sa forme moins cylindri- 
que, plus acuminée, à granules plus allongés, plus compri- 
més, moins serrés, plus nettement alignés. Mais il suffit 
d'examiner une série de radioles du B. gtbberula, comme 
comme celle d'une trentaine d'individus que jar sous les 
yeux, pour reconnaitre que certains sont irréguliers el 
fomprimés, d'autres dépourvus de fleuron et encore plus 
acuminés que ceux du Cidaris Mourguest, avec granules 
comprimés. alignés, passant à de véritables petites côtes. 
Les intervalles entre les granules nettement et finement 
chagrinés chez les individus glandiformes normaux, ten- 
dent à devenir striés chez les individus plus acuminés 
ornés de petiles côtes. Ainsi les Cidaris clav'morus Quens- 
tedt et C. Mourguesi Cotteau tombent simplement dans la 
synonymie du Balanocidaris g'bberula. 


Pour les caractères détaillés de l'espèce je ne puis d'ait- 
leurs que renvoyer à la description de Cotteau dans Ia 
Paléontologie française {Crét. VIT, p. 234), mais seule- 
ment à celle des radioles, p. 235, figurés à la planche 
1051 (fig. 15, 18) et aussi à la description et aux figu- 
res de Savin dans sa révision des Echinides de l'Isère 
{p. 210, pl. IV, fig. 4, 6). Mais il importe de rappeler que 
Savin a commis, au sujet de cette espèce, une double er- 


(1) Echinides nour. ou peu connus, p. 56, pl. VIL, fig. 46, 17. — 1885, 
(2) Aus dem Orient, LH, p. 13, taf. I, tig. 8, 13. — 1838. 
(3) Die Echiniden; p. 189, Tab. 68, fig. 49, 50. — 1874. 


— 106 — 


reur en l’attribuant d'une part au genre Plegiocidar's et 
d'autre part à l'étage cénomanien. 

Les très légères crénelures observées par Savin sur 
quelques radioles rentrent dans la catégorie de ce que j'a 
appelé les crénelures obsolètes et ne peuvent être com- 
parées aux profondes £rénelures des Plegiocidarts, ni par 
conséquent emporter l'attribution générique proposée. Ces 
impressions fugaces n'affectent d'ailleurs que quelques 
radioles et tous ceux dont j'ai pu étudier fa facctle articu- 
laire m'ont paru incrénelés. Le groupe figuré par Savin 
provenait, comme il le dit, des couches à Echinides du 
vallon ouvert entre Montfcrrand et la Montagne des Cor- 
nes, où il n°v a pas le moindre affleurement de cénoma- 
niet. 


Quant à la synonymie de l'espèce, elle doit être recti- 
fiéc comme il suit : 


Oidaris gibberula Acassiz. — Catalogue raisonné des Echinides, p. 35. 
— 1846. 
— — Drsor. — Synopsis des Echinides, p. 3%, pl. VI, 
fig. 11. 
— — (pars) CorTEAU. — l'aléont. franc. Crét., VIL p. 334. 
pl. 1051, fig. 15, 18 (radiolt non testa). — 1862. 
— — CoTrTEeau. — Echin. foss. des Pyrénées, p. 1, (191). — 
1863. 
— clavimorus QuexsTEeDT. — Die Echiniden, p. 189, taf. GS. tig. 
#9, 50. — 1874. 
—  gibberula PEnoN.— Bull. S, Géol. de Fr, % sèr. T. V, p. 520.— 
1877. 
— clavimorus Fraas. — Aus dem Orient, 11, p. 13, taf. 1. fig. à. 
13. — 1838. | 
— Mourguesi Correau. — Echin. nout. où peu connus. 1, p. 56. 
pl. VIL fig. 16, 17. — 1885. 
Plegiocidaris gibberula Savix. — Révision des Echin. foss. de l'Isère. 
p. 210. pl. IV, fig. 4, 6. — 1905. 
Balanocidaris — LAMBERT. — Les Echinides des iles SnowW-Hil 
el Seymour, p. #4. Ext. Schwed. Sudpolar 
exped. Bd. IE, L. 11. — 1911. 


— 107 — 


J'ai expliqué dans mes Echinides des îles Snow-Hill et 
Seymour les motifs qui m'ont engagé à séparer des vrais 
Cidaris les espèces à radioles glandiformes pour cons- 
tiluer avec elles le genre Balanocidaris. 

Localités : Vallon de la Douce, au pied de Montferrand, 
vallon de Bordencuve ; bancs à Cidaridæ des marnes à 
Micraster corbaricus ; sous-étage santonien. 


Baaxocipanis Miqueut Lambert. 
(PL. IE, fig. 4, 5). 


Espèce connue seulement par ses radioles ; ceux-ci sont 
subglandiformes, cylindriques, obtus ‘longueur 21 malt. 
diam. $S mill.), à surface lisse et collerette étroite, res- 
serrée, mal limitée ; anneau saillant et surface erticutare 
sulcrénelée, ne portant que de très légères ct fugaces 1m- 
pressions. | : 

Ces radioles paraissent assez différents de tous £eux 
actuellement connus et leur attribution générique reste 
elle-même encore un peu incertaine. Le Pseudoc'dar:s 
baltica Schlüter du Sénonien supérieur de lile de Sée- 
land, de plus grande taille, se distingue par sa surface 
finement granuleuse. Cette espère, à facette articulaire 
dépourvue de véritables crénelures, ne saurait d’ailleurs 
rester confondue avec les Pseudocidaris et serait mieux 
à sa place parmi lcs. Balanocidarts. 

De même Île Cidaris clav'phæn'x Fraas (non Quens- 
tedt) du Liban (1) de plus grande taille, plus glandiforme 
aveg collerette indistincte, me parait Ctre encore un Ba- 
lanocidaris. Quant au Rad'olus claviphænix Quenstedt 
de provenance inconnue, orné de fins granules régulière- 
ment sériés et fagette articulaire probablement crénelce, 
on ne saurait le confondre avec les formes précédentes et 
c'est à tort que Cotteau a voulu identifier ces deux 
sortes de radioles (1). 


(1) Aus dem Orient, I p. 29, pl. 1. tig. 11. — 1878. 
(2) Sur quelques espèces d'Echinides du Liban. (Ext. Ass. Franc. 
pour l'avance. des Se.), Congrès de Besancon, p. 2. — 1N93. 


12 


— 4108 — 


Localité: Vallon de la Douce ; niveau à C'daridæ des 
marnes à Micrasler corbaricus ; sous-étage Santonien. 


CYATHOCIDARIS CYATHIFERA Agassiz. 
(Cidaris) 1840. 
(PI. 11, fig. 24, 27). 
SYNONYMIE 
Cidaris cyathifera Acassiz. — Calaloqus systemalticus, p. 10.— 180. 
—  euryacantha AGassiz. — Op. vil. 
—  cyathifera Acassiz et DEsor. — Catalogue raisonné des Echi- 
nides, p. 25. — 1846. 
—  Jouanneti AGassiz et DEsor (non Desmoulins), op. cit., p. 2%. 
—  cyathifera p'OrBIGNY. —- Prodrome, I, p. 274. — 1850. 
—  Jouannetii Deson (non Desmoulins), Synopsis des Echinides. 
p. 33, pl. V. fig. 14. — 1855. 
—  Cyathifera Drson. — Op. rit., fig. 15. 
= . CoquaNb. — Synapsis des foss. rrèt. du Sud-Ouest, 
p. 1013. — 1860. 
—  Jouanneti Coquanb {non Desmoulins), op. rit. 
—  cyathifera CorrEau. — EÉchin. de la Sarthe, p. %56, pl. 42. 
fig. 9, 12. — 1800. 
— — Dusarpix et Hupé, — Zooph. Echinod., p. 481. — 
1862. 
—  Jouanneti Dusannix et HuPÉ {non Desmoulins), op. rit. 
— — CorrEeau (non Desnroulins), Paléont. france., Crét. 
VII, p. 296, pl. 1072. — 1862. 
Rhabdocidaris Noguesi Correau. — Op. cil., p. 350, pl. 1081, fig. 13, 
14. — 1863. 
— — CoTTEAU. — Echin. des Pyrénées, p. 29, 189. — 
1863. | 
Cidaris Jouanneti PéÉrox (non Desmoulins), Faune des Calcaires à 
Echinides, Bull. S. G. D. F., 3° sér. T. V. p. 532. 
— ANTI. 
— — Toucas (non Desmoulins), Bull. S. G. D. F., # sér. 
T. VIN, p. 46, 51. — 1880. 
— — CorTEAU (non Desmoulins), Echin du Sud-Ouest de 
la Fr., p. 11. — 1883. 
—  Ramoneti Correau. — Op. cit., p. 13, pl. 2. fig. 14, 16. 
—  Jouanneti Toucas (non Desmoulins), Bull. S. G. D. F., 3° sér. 
T. XXIV, p. 606. — 1896. 
— — DE GRossouvrEe. — Sfratig. Craie supérieure. T, 
p. #44. — 1901. 


— 109 — 


Cyathocidaris cyathifera LamBerT. — Les Echinides des îles Snow-Hill 


el Seymour. (Ext. Schwed. Sudpol. exped. 
1901. Bd. HE, L. 11. p. 1. — 1911). 


_ — LAMBERT et THiery. — Essai de nomenclut. 
rais. des Echinides, fase. 2, p. 145.— 1910. 


Desmoulins, en 1837, a créé son Cidaris Jouannet'i 
pour des radioles préfigurés, à tige comprimée, du Juras- 
sique de la Souabe, auxquels i1 assimilait d’autres radio- 
les du crétacé de Périgueux (1). Le type était en eftet 
pour lui le radiole figuré dès 1776 par Andrew (2) et re- 
produit par Leske aux figures 8 et 9 de la planche 47 
de Ses Additamenta(3) c'est-à-dire une. forme de radioles 
jurassiques impossible à distinguer de celle aujourd’hui 
gonfondue avec d’autres sous les noms de Rhabdocidartis 
copeoides, R. caprimontana, etc. Quant à savoir ce que 
pouvaient être les radioles £crétacés assimilés, personne 
en 1837 ne pouvait s’en douter. 

Cependant, même sans tenir comple des citations va- 
gues du Calaloqus systematicus, il faut reconnaitre que 
le Cidaris cyath'fera, succinctement décrit par Agassiz 
dans le Catalogue raisonné et attribué à la Craic de ‘Lou- 
raine, constiluait une espèce bien distinclte de la précé- 
dente. Il est vrai qu'Agassiz créait en mème temps un 
nouveau Cidaris Jouanneti' à facelle articulaire  hsse 
pour son an£ien C. eurynacantha, mais sans indication 
d'origine autre qu'un vague Cr. En réalité, £e C. Jouan- 
neli nouveau, bien différent du Rhabdocidar's juras- 
sique de la Souabe, n'était autre que son C. euryna- 
cantha, X. 75, de la Craie du Périgord que la présence 
de quelques épines distingue seule de son C. cyath'fera, 
90, de la Craie de Touraine. 

Quoiqu'il en soit, nous voici dès lors en présence de 


(1) Etudes sur les Echinides, p. 336, n° 26. — 1837. 

(2 Brief aus der Schweiz nach Hannorer geschr. p. 40, tab. V. {. 6. 
— 1776. 

(3) Jac. Theod. Klein naturalis disp. Echinodermatum, p. 267, tab. 47, 
f. 8. 9. — 1778. 


— 110 — 


deux Cidaris Jouanneti, le type jurassique de la Souabe 
à surface articulaire crénelée ct le C. Jouannet: Agassiz 
de Ta Craie du Périgord à surface articulaire lisse. Pour 
Desor les C. Jouanneti de Ia Craie el le C. eyath'fera res- 
tent encore deux formes distinctes, mais dans la Paléonto- 
logie française Cotleau les réunit en maintenant aux ra- 
diotes crélacés avec facelle articulaire lisse le nom de C. 
Jouanneti qui appartient essentiellement aux radioles ju- 
rassiques avec facette articulaire nettement crénelée. 
Il avait été bien mieux inspiré lorsque, deux ans plus 
tôt, dans ses Échinides de la Sarthe, il donnait à Fles- 
pèce de la Touraine son vrai nom de C. cyathifera, qui 
doit lui être conservé. Si Cotteau a préféré pour elle le 
nom de Jouanneli c'est parce qu'il m'est pas remonté aux 
origines ct ne s'est pas aperçu que sous fe dernier nom 
on avait longtemps sonfondu deux espèces distinctes, le 
Lype jurassique et la forme £crétacée qu'Agassiz en avait 
en réalité séparé depuis 1840, ou tout au moins depuis 
1816, sous le nom de cyulhifera. 

En dépit de cette erreur sur le nom qui In appartient, 
l'espèce, depuis les figures donnécs par Desor et ensuite 
par Cotleau. était nettement définie et facile à recon- 
nailre, Cest dons bien elle que Péron à signalée à Ren- 
nes-les-Bains avec d'autres radioles de C'daridæ. H Tut 
en même Temps el à juste titre remarquer que Cotteau, 
après avoir décrit ces radiolcs comme C. Jouannetr dans 
la Dordogne et la Touraine, en à fait dans les Corbières 
son Rhabdocidaris Noguest. Cette observation est parfai- 
tement exarte el justifiée par l'examen d'un individu com- 
plet avec radioles adhérents, dont lun serait un Æ. \o- 
guesi, Landis que l'autre est un C. cyathifera parfaite- 
ment caractérisé. | 

Voici la description de cet intéressant individu dont Sa- 
vin a bien voulu enrichir ma collection : 

Test d'assez grande taille, mesurant 62 millim. de dia- 
mètre sur {0 environ de hauteur, élevé et £ependant ne 
portant par rangée qu'un petit nombre de tubercules in- 
lerambulacraires, six à sept. Ceux-e1 sont donc portés 


— 111 — 


par des plaques proportionnellement assez hautes, ce que 
la forme des radioles suffisait d'ailleurs à faire prévoir. 
Le mamelon perforé du tuberrule est médiocrement déve- 
loppé, à rol lisse, cône peu saillant et scrobicule cir- 
gulaire peu profond ; les granules serobiculaires, men dé- 
veloppés en dessous, se ronfondent en dessus avec les gra- 
nules miliaires ; tous forment des rercles complets, mais 
celle double disposition démontre l'impossibilité de dé- 
terminer sur £e seul caractère des plaques isolées ; 
une granulation miliaire fine, régulière, sérice, rou- 
vre le surplus de chaque plaque. On n'observe pas 
en dessus de fossettes sur 1es sutures, mais selles de 
la zone médiane Sont sensiblement déprimées. Les am- 
bulacres onduleux, étroits, portent seulement quatre 
rangs de fins granules, qui n'augmentent pas de gros- 
seur à la face inféricure, près du péristome ; les zones 
porifères, également étroites, présentent des paires de po- 
res rapprochés, séparés l'un de l'autre par une cloison 
oblique, saillante, dont la présence exclut l'espèce du 
genre Leiocidaris. 

Ce test ne me parait pouvoir étre réunr à aucun de 
eux décrits par les auteurs ; il n a que des rapports éloi- 
gnés aves certaines formes, jadis confondues sous le nom 
de Cidaris subves'culosa, mais s'en distingue par ses am- 
bulacres plus étroits, à granules égaux. Dorocidar!s per- 
lata Forbes a ses ambulacres plus larges à rangées plus 
nombreuses de granules et aussi des radioles très diffé- 
rents. /). vendocinens's \gassiz a ses plaques plus nom- 
breuses et moins hautes. Enfin £hez Lerocidaris venulosa 
Cotteau les pores sont très différents. 

Quant aux radioles, souvent plus larges à leur extré- 
mité qu'au centre. ils consistent, comme on Île sait, en une 
lige épaisse, subevlindrique, dont fa croissance plus ra- 
pide de la partie sorticale a entrainé la disposition cupu- 
liforme de leur extrémité élargie : la collerette est courte, 
peu distingte ; l'anneau est peu saillant et Ia Facette arti- 
culaire lisse. La surface de la tige est garnie de pustules 
plus ou moins saillantes et régulières, parfois disposées 


— 112 — 


en lignes et passant souvent à de fines côtes granuleuses. 
Le style central, ordinairement peu développé, s'élève da- 
vantage chez un des individus figurés par Cotteau ; les 
bords de la cupule sont simplement striés, plus ou moins 
inégaux el l’intérieur est finement chagriné ; cette cupule 
est d’ailleurs plus ou moins évasée, et, au lieu de s'ou- 
vrir en £ornet, la tige reste parfois cylindrique jusqu'à 
son extrémité. Ce sont des radioles de cette forme, d'ail- 
Ilcurs mulilés du côté de leur cupule, qui avaient été pris 
par Colleau pour des radioles de Rhabdocidaris et attri- 
bués par lui à son À. Noguesi. Coticau a encore crée 
avec ces radioles du Cyathocidaris une autre espèce, son 
Cidaris Ramoneti qui, pour être du Campanien des Cha- 
rentes, n'en esl pas moins identique à l'un de £eux que 
j'ai recueilli au vallon de Bordeneuve. 

J'ai déjà indiqué dans ma Description des Echinides 
crélacés du pôle antarctique les caractères principaux du 
Cidaris cyathifera et j'en ai fait le type d'un genre parti- 
culier, Cyathocidaris, que distingue son étrange vestiture. 

Localités : Le type décrit provient de Sougraigne et fait 
partie de ma collection ; des radioles ont été signalés par 
Péron aux environs de Rennes-les-Bains ; M. Bories en 
a recueilli dans le vallon de la Douce ct nous en avons 
retrouvé dans £gelui de Bordencuve. M. Toucas les a ren- 
contrés au Linas, toujours dans les bancs à Cidar'dæ de 
la partie inférieure des marnes à M'craster corbaricus ; 
sous-étage Santonien. 


Genres Tyrocibaris et STEREOCIDARIS Pomel, 1885. 


En publiant, il y a deux ans, ma Révision de quelques 
Cidaridæ de la Craie, je me suis principalement attache 
à l'étude de leur test et j'ai intentionnellement négligé 
celle des radiolcs pour ne pas compliquer outre mesure 
les difficultés que j'avais à résoudre. Aujourd hut lexa- 
men des Echinides des Corbières m'oblige à aborder cette 
étude des radioles, où tout au moins de ceux de la partie 
des genres T'ypocidaris ct Slereocidar's que l'on peut dést- 
gner sous le nom de groupe du Cidaris sceptrifera. 


— 113 — 


I y a lieu d'abord de constaler que dans ce groupe 
l'aspect plus ou moins fusiforme, la tige plus ou moins 
tronquée ou couronnée, les granules plus ou moins sail- 
lants, en rangées plus ou moins scrrées, séparés par des 
intervalles plus ou moins chagrinés ou striés, la collerette 
plus ou moins haute “onstituent des caractères assez va- 
riables pour que l'on ne puisse fonder sur l'un d'entre eux 
une distinction spécifique. 

Les radioles typiques du S{ercoc'daris sceptrifera Man- 
Lell (Cidaris) sont évidemment ceux de la Craie d'Angle- 
gleterre figurés par Parkinson (Organ. rem. LIL) tab. IV, 
fig. 2, Montell (Geol.a f Sussex), pl. XVIL, fig. 12, Forbes 
‘in Dixon: Géol. of. Sussex), pl. XXV, fig. 3 à 7, Wright 
(Brit. foss. Echin. 11}, pl. VL, fig. 2 à 6, pl. VIL, fig. 1, Z 
et par Cotteau (Pal. franç. Crét. VID, pl. 1058, fig. 1. 
Ces radioles se distinguent par leur aspert fusiforme, 
lrès allongé, Ia finesse des granules spiniformes de leur 
tige et le nombre de leurs rangées que séparent des inter- 
valles ordinairement chagrinés mais souvent striés à leur 
extrémité et par l'absence complète de collerette. 

On a voulu en rapprocher une forme bien différente 
signalée par Agassiz sous le nom de Cidar's filamentosa, 
R. 21, incomplet, d'origine inconnue et qu a plutôt la 
physionomie d'une forme jurassique. En faisant figurer 
l'espèce (Synopsis, pl. V, fig. 22), Desor lu a substitué 
un individu différent, de la collection Michelin, d'origine 
également inconnue, mais évidemment crétacée et qu 
est ainsi devenu pour lui et pour Cotteau le pseudotype 
de l'espèce. Ce pseudotype se distingue d'après Cotteau 
des radioles du Slercocidarts sceptr'fera par sa collerette 
plus grêle et plus longue, son anneau un peu plus saillant 
et par les granules de sa tige plus gros, en séries plus es- 
pacées et intervalles striés. 

Iébert à proposé en 1875 de séparer du Cid. sceplrt- 
fera, sous le nom de C. pseudo-sceptrifera, les radioles 
représentés aux figures 8, pl. 42 des Echinides de 1a 
Sarthe. et 12 à 15, pl. 1056 de la Paléontologie française. 
Il caractérisail son espèce par ses radioles à plus haute 


D 


— 114 — 


collerette, à granules plus obtus, formant des séries 
moins régulières, moins nombreuses, plus souvent inter- 
rompues et disposés en côles crénelées. Les imdications 
de localités et Ies renseignements fournis par Hébert sur 
le test sont contradictoires ou vagues (1) et dans ces con- 
ditions Cotteau s’est refusé à admettre l'espèce, même à 
la mentionner (2). 

J'estime £cependant qu’il y a avantage à séparer du 
C. sceptrifera les radioles les plus courts, généralement 
couronnés, à granules plus robustes et plus sarllants en 
séries moins nombreuses, avec collerette distincte, sem- 
blables à ceux des figures 12, 14 et 15 de la planche 1056 
de la Paléontologie française et que le maintien du €. 
pseudosceptlrifera peut parfaitement se justifier. L'ensem- 
ble de ses caractères conduiraient d’ailleurs à le reporter 
parmi les T'ypocidaris. On pourrait être lenté de rappro- 
cher cette espèce du C. fusiformis Cotteau, mais ce der- 
nier s'en distingue en réalité par ses radioles plus petits. 
acuminés à leur extrémité, avec côtes irrégulières, for- 
mées de granules moins saillants, moins spiniformes. par- 
fois anastomosés. [1 s’en distingue surtout par son test à 
tubercules subcrénelés, avec scrobicules circulaires peu 
profonds, séparés du cône par un anneau, par ses zones 
miliaires étendues, formées d'une granulation fine et ho- 
mogène, surtout, d'après les figures 12 et 14 de Ja plan- 
che 1055 de la Paléontologie française, par l'absence de 
fossettes sulurales, en sorte que l'espère serait plutôt un 
Balanocidaris qu'un Typocidaris. 


De son £rôté, Schlüter, dans ses Die Regularen Echint- 
den (p. 110, 141) a séparé une partie des Cid. sceptr'fera 


(1) Le C. preudosceptrifera attribué au Turonien est dit cependant 
très fréquent à Saint-Paterne (Santonien). Le test n'est même pas 
indiqué d'une facon précise : entin Hébert parait confondre le Cl. 
Ligeriensis, qui ne se trouve pas à Saint-Paterne, avec le C. pxruda- 
pistilum qui + est fréquent (Bull. S. G. D. F., 4 sér. T. HE. p. 14. 

(2) Eclun, foss. de l'Yonne NW. p. 430 ; 1878. — Echin. du Sud Ouest 
de la France, p. 11; 1883. 


— 115 — 


de Cotteau, notamment le radiole fig. 12 de la pl. 1057 
de la Paléontologie française, sous Ie nom de T'ypocidar:s 
royanus, fusiforme, à collerette assez haute et granules 
spiniformes en séries peu nombreuses. 

Enfin, D. Valette a créé (1) son Cid. Lamberti pour un 
radiole de la Craie de l'Yonne, auquel il réunit celui des 
figures 8, 9 de la pl. 1056 de Ia Paléontologie française, 
caractérisé par les intervalles entre Iles séries de granulics 
de sa tige, lcsquels sont finement striés au lieu d’être 
chagrinés. Cette espèce m'a toujours paru se confondre 
avec le prétendu C. filamentosa Desor {non Agassiz). 

Cotteau avait lui-même fait connaître son C. Roussel: 
des Corbières, représenté par des débris de radioles très 
voisins de £fertains radioles des marnes à Micraster de 
Rennes-les-Bains, mais à granules plus atténués, se 
transformant davantage en côtes longitudinales plus fines 
et plus espacées. d'ailleurs attribués au Cénomanien (2. 

Ainsi de tous les radioles attribués par Cotteau dans la 
Paléontologie française à son Cidar's sceptrifera lui ap- 
partiennent seulement ceux des figures + à 7 de la pl. 
1056 et deux de la pl. 1058. Les autres figures doivent re- 
£evoir les explications suivantes : 


PI. 1056, fig. 12, 14, 15. Typocidaris pseudoxceptrifera. 


— — — 13, Typocidaris sper. À, 

— — — 8, 9. Typocidaris Lambertr. 

— 1057, — 12. Typocidaris royanus. 

— AO, — 3, #4, 5. Typacidaris pseudosceptrifera. 
— — — 6. Typocidaris spec. B. 


Notons que l'on trouve en outre à Saint-Paterne une 
forme très différente de £elles signalées par Hébert, moins 
fusiforme. plus grêle, à granules spiniformes plus fins 
en lignes peu nombreuses, ave larges intervalles chagri- 


(1) Dexcripl. de quelques Echinides noutecur, p. 2 fig. 1, 2. 

(2) Plusieurs des indications stratigraphiques des Echinides com- 
muniqués à Cotteau par M. Roussel m'ont toujours inspiré des 
doutes. 


— 116 — 


nés. Peut-être £es radioles sont-ils ceux du Cidar's Vibra- 
yet Lambert ? 

On recueille d'autre part dans le Tl'uronien supérieur du 
Revest (Var) des radioles assez courts ornés de granules 
robustes, saillants, cn lignes assez rapprochées et colle- 
relle distincte que M. ‘Toucas a rapporlé avec raison. 
semble-t-il. au 7°. pseudosceptrifera. 

Si nous examinons maintenant les radioles assez nom- 
breux que l'on recucille aux environs de Rennes-les-Baïins. 
en dchors de £eux très différents que nous assimilons aux 
Cidaris rennens's, Typoc'daris corbarica et T. pseudopts- 
tillum, nous en lrouvons d'autres appartenant au. groupe 
du Cidaris sceptr'fera el que Péron n'hésilait pas à réu- 
nir à cetlc espèce mais qu'il importe de soigneusement 
étudier. 

On peut en effet distinguer parmi eux : 

19 Ceux, assez rares, en baguette fusiforme courte et 
ordinairement rouronnée, avec collerette courte, tige ornée 
de côtes à peine granuleuses et intervalles chagrinés. 
On ne saurait les distinguer de reux du T'ypoc'daris hiru- 
do Sorignet (Cidaris) dont le test a été rencontré dans 
les mêmes couches. 

2° Ceux, très abondants, en baguette fusiforme relali- 
vement courte el assez épaisse, collerette lrès basse. par- 
fois à peine apparente, lige ornée de fins granules spini- 
formes en séries plus où moins rapprothées et intervalles 
chagrinés. Quelques individus plus petits, plus grêles 
restent à peu près cvlindriques. Avec ces radioles on en 
trouve d'autres dont, entre les épines, la fine granulation 
chagrinée est moins serrée el dont les granules microsco- 
piques S'alignent eux-mêmes en séries longitudinales, don- 
nant aux intervalles un aspert plus ou moins nettement 
strié. Il existe d'ailleurs des passages insensibles de lune 
de ges disposilions à Tautre et aucune pe coïncide avec 
le caractère tiré de la hauteur de la collerette, qui reste 
toujours peu élevée, parfois nulle, en sorte que lon ne 
saurait séparer ces deux formes de radioles dont les ca- 
raclères peuvent subir d'assez larges variations. 


Malgré leur taille un ‘peu moindre, leur tige moins allon- 
gée, moins nettement ‘fusiliforme, leur collerette partois 
un peu plus distincle, leurs granules spiniformes ordinai- 
rement moins acérés, en séries souvent un peu plus espi- 
cées, ces radioles sont inséparables de ceux du Stereoc'da- 
ris Sceptrifera qui présentent des variations identiques 
et souvent plus importantes. 

3e Ceux fusiformes, rourts, à tige ornée de granules spi- 
niformes robustes, arérés, saillants, disposés en lignes 
assez rapprochées, avec collerette distincte. Ces radioles, 
assez rares, ne paraissent pas pouvoir être séparés de 
“eux du Typocidaris pseudosceptrifera Hébert. 

4e Ceux, beaucoup plus rares, en baguette subcylindri- 
que, à collerette assez haule ct tige garnic de granules 
Spiniformes saillants, en séries serrées, dont les étroits 
intervalles ne sont ni chagrinés, m striés. J'ai cru devoir 
les rapprocher au moins provisoirement du Doroc’dartrs 
Defrancei. 

5° Ceux des couches à Hippurites, en baguette fust- 
forme, paraissant dépourvus de collerette et à tige ornée 
de grauules spiniformes irréguliers séparés par des 
intervalles striés ; ils se distinguent de ceux du Cidarts 
Lamberti Valette par leurs épines plus saillantes, irré- 
gulières, en séries plus rapprochées. 


TYPOGIDARIS HIRUDO Norignel. 
[Cidaris] 1850 
(PI IL, fig. 1, 3). 

L'unique individu recueilli dans les Corbières est de 
petite taïlle et mesure 21 millim. de diamètre sur 12 de 
hauteur. L'espère, créée pour un radiole de la Craie de 
l'Eure, fut pour la première fois désrite et figuréc d'a- 
près un débris dans la Paléontologie française”: D et doit 
être interprétée comme elle la été par Cotteau, c'est-à- 
dire en prenant pour type la forme commune du Turonien 
inférieur. J'en ai d'ailleurs distingué la forme du Céno- 


a 


(D) Paléont. frans. Crét. VI, p. 244, pl. 105% bis, fig. 6. 16, 


— 118 — 


manien supérieur sous le nom de T'ypocidar's præhirudo 
et Cotteau a établi pour relle du Campanien le Sfereoct- 
daris pseudohirudo {Cidar's). 

Le test complet du T. hirudo est fort rare et n'a jamais 
été figuré, mais les radioles très abondants se renron- 
trent depuis la base du Turonien jusque dans les prenners 
banrs du Campanien et leur aire de répartilion straligra- 
phique est très étendue. Après re que Cotteau et moi- 
même {1) avons dit de cette cspèce et les figures grossies 
que nous avons données de la disposition de ses granules 
umbulacraires, on peut se faire une idée exacte de ses 
caractères. Quant à Tlindividu rencontré par M. Bories 
à Rennes-les-Bains, sa petite taille, ses ambulacres avec 
deux rangs de granules seulement en dessus, à lambitus 
quatre rangs, dont les internes plus petits que les margi- 
naux el accompagnés près du péristome par quelques 
verrues intermédiaires, Ses Zones miliaires un peu moins 
développées ronstituent des différences qui n'avaient d’a- 
bord porté à en faire une espèce particulière sous le nom 
de 7. Bortesff 2° : mais un nouvel examen m'engage à le 
considérer surtout comme Île résullat de la taille de cet 
individu et à le réunir au T7. hirudo. 

Un radiole que fje rapporte à £ette espèce a été recueilli 
avec ce test : il est bien typique et se distingue de ceux du 
Stercocidaris sceptr'fera Mantell (C'darfs par sa forme 
plus épaisse, plus rourte, le plus souvent lronquée et cou- 
ronnée à son extrémité, par sa tige ornée de rôles par- 
fois granuleuses plutôt que de granules spiniformes et 
souvent de rôles lisses. 


Loculilés : Bergerie Gravère ‘3 dans le vallon de Ja 


(À) Echinides crét. dans l'Yonne, l'Aube, ete. p. 32, fig. 3 (Bull. Soc. 
Se. Hist. et Nat. de FYonne, T. XLVII, 1894). 

(2) Revision des Cidarule de la Craie, p. 37. — (Ext Bull. Soc. Sc. 
Hist. et Nat. de l'Yonne, T. LXNIL, 1909). 

(3) On donne ce nom à la grange qui se trouve au bas de Montfer- 
rand Sur un petit mamelon, à peu près sous l'R des mots Barin:-r- 
Rennes de la Carte de F'Etat-major. 


— 419 — 


Douge ; couche à Cidaridæ de la partie inférieure des 
marnes à Micraster corbaricus ; sous-étage Santonien. 


Tyrociparis CoRBARICA Lambert, 1909 


| SYNONYMIE 
Typocidaris corbaricus Lammenr : Essai de nomenclature.raisonnée des 
Echinides, fase. 1, pl. I, fig. 11, 16. — 
Mars 1909. | | 
— — LAMBERT : Lérision de quelques Cidaridew de la 
Craie, p. 46. — 1909. 
— — LAMBERT : Essai de nomenclat. vrais. des Echi- 
nides, fasc. 2, p. 151. décembre 190. 


Assez grande espèce dont le tvpe mesure 44 millim. de 
diamètre sur 27 de hauteur, circulaire, assez renflée, à 
péristome médiocre (17 millim.) et apex à peine déve- 
Jloppé. Interambularres composés de plaques hautes en 
dessus, plus basses en dessous, avec six tubercules par 
rangée, dont un seul des périapicaux atrophié dans cha- 
que aire ; ces tubercules sont subcrénelés à la face supé- 
rieure ; scrobicules elliptiques en dessous, circulaires et 
assez largement développés en dessus ; entourés d'un £er- 
cle de 19 granules s’élevant sur une base subtrigone ; ces 
cercles, Langents entre eux près du péristome, sont séparés 
à lambitus et en dessus par les fins granules de la zone 
miliaire, qui se développe dans la partie médiane de Faire 
el s'étend jusqu’à la région adambulacraire. Ces granules 
miliaires ne sont pas sériés en dessus, mais le sont très 
distinctement en dessous et ils laissent bien apparentes 
les sutures, dont les horizontales présentent en dessus 
une fosselle assez nette. Ambulacres flexueux, portant à 
l’ambilus six rangs de granules assez homogènes. Péris- 
tome étroit, 16 millim., subcirculaire. Apex large, subcir- 
culaire, nettement dicyclique, à cinq petites ocellaires 
subtrigones en saillie et génitales irrégulièrement subhe- 
xagonales ave£ celle de l'ambulacre IL un peu plus déve- 
loppée ; toutes ces plaques sont couvertes d'une granula- 
tion miliaire fine et homogène ; périprorte pentagonal en- 
£cadré par les bords lisses des cinq génitales. | 


_ 


— 120 — 


Le type portait des radioles adhérents, dont les prin- 
cipaux ont malheureusement été brisés ; ceux des granultes. 
scrobiculaires se dressent encore en faisceau autour du 
radiole principal, én baguette, dont la tige cylindrique, 
d’après quelques radioles assimilés est ornée de côtes avec 
granules plus ou moins épineux et intervalles assez larges 
finement striés, non chagrinés comme chez le Stereoc:da- 
ris sceptrifera ; collerette courte, mais distincte. 

Cette magnifique espèce, dont le type, figuré dans notre 
Essai de nomenglature raisonnée des Ichinides, a éte 
recueilli à Sougraigne par feu le colonel Savin, se distin- 
gue facilement de ses congénères par les caractères déjà 
indiqués et en particulier du Dorocidaris Defrancei Lam- 
bert par ses plaques plus hautes, à plus large scrobicule, 
par ses zones miliaires plus-étendues et ses ambulacres 
à six rangs de granules. T. htrudo Sorignet a ses plaques 
encore plus hautes et ses granules ambulacraires plus ine- 
gaux,entremêlés de verrucs. T. pseudopistillum, à radioles 
très épineux, montre des granules ambula£raires diffé- 
rents, les centraux nombreux, égaux, serrés, les margi- 
naux plus développés, Stereocidaris sceptr'fera a ses pla- 
ques moins nombreuses ; Iles tubercules des périapicales 
tous atrophiés, des scrobicules un peu plus développés 
et des granules ambulagraires plus inégaux. / 

Localités : Sougraigne, Faviès près Rennes-les-Bains ; 
radioles à la Bergerie Gravère et au vallon de Borde- 
neuve ; couches à Cidaridæ, de la partie inférieure des 
marues à Micraster corbaricus ; Ssous-étage Santonien. 


TYyPOCIDARIS PSEUDOPISTILLUM Cotteau. 
(Cidaris) 1862 
(PI. 1, fig. 22, 3). 

Si l'identité des radioles typiques, à corolle terminale, 
du Santonien de la Sarthe et de ceux dépourvus de corolle 
du Campanien des Charentes n'est pas absolument dé- 
montrée, ceux des Corbières incomplets et privés de Ia 
partie terminale de leur tige ne peuvent servir à trancher 
Ja question. 


AO 


Comme l'a déjà remarqué Cotteau (Echin. de la Sarthe, 
p. 384; tous les radioles de son C'daris pseudop*stillum 
ne présentent. pas une corolle terminale également déve- 
loppée. Celle-ci, parfois très réduite, peut même ne pas 
exister. Avez ces radioles on recueille dans la Sarthe 
quelques plaques isolées indiquant une espèce à ambula- 
cres très étroits avec quatre rangs de granules, dont les 
internes sont plus pelits que les marginaux et qu pré- 
sentent des traces distinctes de fossettes des T'ypocidar:s. 
Cetle dernière constatation est une nouvelle preuve de ce 
fait que tous les radioles à £corolle terminale ne sont pas 
des Cyathocidaris et que cette disposition est réellement 
accidentelle. 

Quant aux radioles du Campanien des Charentes, tous 
subulés, il est difficile de les séparer des précédents. Ii 
est d’ailleurs prouvé qu’ils appartiennent à un test bien 
connu, également pourvu de fossettes, dont les caractères 
ambulagraires ont été mis en lumière par Arnaud (1). 
ses zones miliaires interambularraires semblent plus dé- 
veloppées, plus homogènes, composées de granules plus 
fins et plus égaux que felles de l'espèce tourangelle. Ces 
deux formes, à radioles à peu près identiques, devront 
cependant, selon toutes probabilités, constiluer deux espè- 
ces lorsque le test de celle de la Touraine sera mieux 
connu. 11 importe toutefois de remarquer que dans Ie Tu- 
ronien et le Coniacien des Charentes on trouve des radio- 
les semblables à £eux du Campanien. L'avenir seul nous 
fixera sur le point de savoir si nous sommes en présengce 
d'une espèce à longévité exceptionnelle ou d'espèces suc- 
cessives qui se distinguent seulement par les caractères 
de leur test (2). 

Les radioles du Santonien des Corbières ressemblent 
beaucoup à ceux de la Touraine; quelques-uns cepen- 


(4) Observations sur le Cidaris pseudopistilhum. (Actes Soc. Linné- 
enne de Bordeaux, T. 53, pl. I, fig. 1. — 1N98). 

(2) Voir ma note : Révision de quelques Cidaridæ de la Craie, p. 43. 
1908. 


— 122 — 


dant sont plus allongés avec tendance marquée à l'ali- 
gnement d’épines plus rares et moins saillantes. 

Les radioles du Cidaris spinosissima Agassiz, notam- 
ment £eux que je leur assimile du Santonien du Beausset, 
se distinguent par leur aspest plus robuste, leur forme 
romprimée et leurs épines bien plus fortes, moins acérées. 

Localités : Vallon de la Douce, sous Montferrand et à ja 
Bergerie Gravère, vallon de Bordeneuve, dans la couche 
à Cidaridæ de la partie inférieure des marnes à Micras- 
ter corbaricus, et non, comme l’a dit M. Toucas (1), dans 
la partie supérieure de ces marnes, où nt M. Bories, n1 
moi n'avons retrouvé l'espèce ; sous-élage Santonien. 


TYPOCIDARIS PSEUDOSCEPTRIFERA Hébert. 
(Cidaris) 1875 
(PI. IL, tig. 30). 

M. Toucas à rapporté à cette espèce, dont je viens de 
rappeler la création (2) et les caractères, quelques radio- 
les rencontrés par lui en 1896 dans le Santonien de kKRen- 
nes-les-Bains ‘3), mais c’est certainement à tort qu'il 
les £citait en 1879 dans le Cénomanien du col de Ca- 
pela {4). 

Cette forme est rare à Rennes-les-Baïns et je ne puis 
y rapporter qu'un seul radiole rencontré par moi dans le 
vallon de Bordeneuve. 

Localités : Vallon de la Douce ‘sous Moniferrand), val- 
lon de Bordeneuve ; banc à Cidaridæ des marnes à Af!- 
craster corbaricus ; Sous-étage Santonien. 


TYPOCIDARIS HIPPURITUM Lambert. 
(PL. IL, fig. 17, 18). 
Ïl ne m'a pas paru possible de laisser confondus avec 


les radioles du Stereocidar's sceptrifera ceux subfusifor- 
mes, plus grèles, sans collerette et à tige ornée de granu- 


(A) Bull. S. (5, d. F. 3 sér. T, XXIV, p. 607 — 1896. 
(2 Op. cit. TU, p. 196 — 18%5. 

(3) Op. cit. T, XXIV, p. 606. 

(4) Bull. S. 6. d. F. 3" sér. T. VIE p. 44 — 1879. 


— 123 — | 


les spiniformes saillants, irréguliers, se muant par pla- 
ces en côtes, que l'on rencontre dans les couches supé- 
rieures à Hippurites. Leurs granules, en séries peu nom- 
breuses, sont séparés par d’étroits intervalles finement 
siriés. 

Je viens d'expliquer que les radioles du 7. kppur:tum 
se distinguent de ceux du Cidaris Lamberti Valette par 
leurs épines plus saillantes, plus irrégulières, en séries 
plus rapprochées. Ceux du Cidaris rennensis Lambert, 
qui les accompagnent, en diffèrent nettement par leur 
tige cylindrique, à collerette assez haute et tige ornée 
de côtes granuleuses. 

Localité : Montagne des Cornes ; lits marneux des cou- 
ches à Hippurites ; sous-étage Campanien. 


STEREOCIDARIS SCEPTRIFERA Mantell. 
(Cidaris) 1822 
(PI. Il, fig. 31). 


L'individu de £etle espèce que j'ai sous les yeux est de 
moyenne taille et mesure seulement 31 millimètres de 
diamètre sur 16 de hauteur. Il se distingue du type an- 
glais par ses scrobicules relativement plus développés ct 
une diminution correspondante de la zone milhiare, en 
sorte que les cercles de granules scrobiculaires sont en 
dessous tangents entre eux dans la même rangée et res- 
tent en dessus plus rapprochés que chez les individus de 
la Craie blanche. Les granules ambulacraires sur $ix 
rangs à l'ambitus forment aussi des rangées centrales 
plus homogènes avec plus rares verrues intermédiaires. 
Ces différences, bien que peu importantes, permettent de 
distinguer £ette forme des Corbières au moins à titre de 
variété et j'ai proposé pour elle le nom de Gr'ffe: (Ré- 
vision de qq. Cidarides de la Craie ; p. 953, 1909). 

Les radioles, tout en demeurant, comme nous l'avons 
vu, spécifiquement inséparables de ceux de la Craie du 
Nord, présentent eux-mêmes quelques différences, qui 
viennent justifier l'établissement de la variété proposée. 

léron, dans sa note de 1877, avait déjà constaté Ja pré- 


13 


Le dore 


sence du $. sceptrifera dans les Corbières, mais ii n'en 
connaissait que les radioles. 

Localités: Le test a été recueilli à Soulatge par le 
colonel Savin ; les radioles beaucoup moins rares ont été 
rencontrés dans le vallon de la Douce, soit au-dessous de 
Montferrand, soit au-dessous de La Fajolle et à Ia Berge- 
rie Gravère ; on les retrouve dans le vallon de Bordeneuve 
et au col de Faviès ; banc à Cidaridæ des marnes à M"'- 
crasler corbaricus du sous-étage Santonien. 


TYLOCIDARIS CLAVIGERA KϾnig. 
(Cidaris) 1822 
(PI. IH, fig. 29). 

M. Péron a regueilli dans les marnes à Echinides de 
Rennes-les-Bains un très beau test de £gette rare espèce, 
dont les radioles seuls sont assez abondants. Il diffère un 
peu de ceux de la Craie blanche d'Angleterre et de Nor- 
mandie par Sa taille plus forte, mesurant 35 millimètres 
de diamètre sur 22 de hauteur, par sa forme plus haute, 
par ses tubercules plus nombreux, sept par rangée, un 
peu plus rapprochés en dessus, ou les cercles scrobicu- 
laires sont langents et confluents en dessous, par sa zone 
miliaire un peu plus déprimée ; mais pour tous ses autres 
caractères, cet individu est identique au 7. clavrgera 
typique et les différences relevées sont trop peu impor- 
Lantes pour légitimer la création d'une espèce, ou même 
d'une variété, alors surtout que dans la Craie de Vendôme 
il existe une forme déjà plus haute que le type. avec tu- 
bercules plus nombreux, six par rangée, et zone militaire 
centrale plus large, garnie de granules plus fins. C'est 
donc de cette variété /Zeberti Desor (Synopsis, p. 12. 
figurée dans la Paléontologie française {Crét. pl. 1071. 
fig. 1, 4), que l'individu des Corbières se rapproche le 
plus. 

Les radioles sont généralement moins allongés, plus 
ulobuleux que ceux de la Craie du bassin de Paris et que 
tous feux figurés par Wright. Quelques-uns cependant 
sont absolument conformes à ceux du Coniacien de 


_— 19 — 


l'Yonne. Plusieurs présentent une grande ressemblanse 
avec ceux du Cidaris glandaria Lang (Cidarites) lel que 
Fraas l'a figuré (1). On voit ainsi combien est délicate Ia 
détermination des radioles isolés, puisqu'il est parfois 
assez difficile de séparer ceux du Balanocidaris glanda- 
-ria Cénomanien, de ceux du Tyloc'daris clav'gera du 
Santonien, alors que les premiers sont déjà presque insé- 
parables de ceux du Balanocidaris gland'fera Goldtuss 
(Cidariles) du Rauracien. EL cependant les tests de ces 
espèces sont bien différents, n’appartenant même pas 
tous à un seul genre. 


Localités : Rennes-les-Baïns ; radioles assez abondants 
dans le vallon de la Douce, au-dessous de Montferrand, 
déjà signalés par M. Toucas à Sougraigne ct au Linas; 
banc à Cidaridæ des marnes à M'craster corbar:cus ; 
sous-étag® Santonien. 


Dipcopopia varioLaris Brongniart. 
(Cidarites) 1822 


Un grand individu de £ette espèce bien connue et par- 
tout caractéristique du Cénomanien a été recueilli sur le 
flanc du Cardou par M. Borics ; il mesure 56 millimètres 
de diamètre et appartient, avec ses huit rangées obliques 
de tubercules interambulacraires, à la variété ÆRossy'. 
Je rappelle simplement ici que les individus de lAptien 
et de l’Albien, jadis confondus avec ceux du Cénomanien, 
n'appartiennent pas à l'espèce et que j'ai dû les repor- 
ter parmi les D. Renevier! Cotteau (Pseudod'adema) et 
D. Malbosi Agassiz (D'adema) . 


Localités : Flanc sud du Cardou en face de Montfer- 
rand ; l'espèce a été aussi recueillie par M. Carez à l'Est 
des Crouzils et signalée par Cotteau à Padern ; étage Cé- 
nomanien. 


1) Aus dem Orient IT, p. 27, Tal. 1, tig. 8 — 1878. 


— 126 — 


GLYPHOCYPHUS RADIATUS Mœninghaus. 
(Echinus) 1826 


Aucun individu de cette petite espèce et provenant des 
Corbières n'a élé soumis à mon examen ; mais je frois 
devoir rappeler ici qu'elle a été citée par Cotteau à Pa- 
dern dans l'étage Cénomanien. 


OnrHopsis Grossouvret Lambert. 
(PI. IL, tig. 44, 15). 


Espèce représentée par un seul individu, un peu dé- 
formé, sensiblement déprimé, mesurant environ 30 mil- 
limèlres de diamètre et remarquable par le développe- 
ment de ses tubercules. Les ambulacraires plus nombreux, 
plus serrés et moins gros que les interambulasraires ne 
sont accompagnés dans la zone médiane que de rares gra- 
nules mamelonnés. Dans linterambulacre il y a deux 
rangées principales remontant jusqu’à l'apex el deux ran- 
gées secondaires adambulacraires de tubercules plus pe- 
tits, qui s'élèvent jusqu'un peu au-dessus de l'ambitus et 
se confondent plus haut avec les granules ; deux rangées 
médianes de tuberrules presqu'égaux aux principaux en 
dessous el qui disparaissent assez brusquement en des- 
sus. Granules mamelonnés rares, inégaux, épars. La sur- 
face du test est partout finement chagrinée comme chez 
les autres Ortfhopsis de la Craie. 

Cette espèce se distingue facilement de ses congénères 
par Île développement relatif de ses tubercules. À la face 
inférieure les interambulagraires sont disposés en lignes 
à peine obliques. tandis que rhez O. miliarts les tubercu- 
les bien plus petits s'écartent nettement en éventail. 0. 
granularis plus voisin a ses tubercules interambulacrai- 
res moins serrés en dessous et ses tubercules secondaires 
y sont beaucoup moins développés. 

Localité: Vallon de Bordeneuve ; marnes à Wicrasler 
corbaricus du Sous-étage Santonien. 


— 127 — 


ORTHOPSIS MILIARIS d’Archiac. 
(Cidarites) 1835 
(PL Il, tig. 16). 

Cette espèce bien connue a été plusieurs fois citée dans 
les Corbières par d’'Archiac, Cotteau, Leymerie, MM. ‘Lou- 
cas et de Grossouvre ; elle doit cependant y être assez 
rare, car ni Péron, ni la plupart de mes correspondants 
de l’Aude, ni moi-même ne l'avons renrontrée. Je possède 
cependant dans ma collection un individu recucilh par 
Savin à Soulatge. L'espèce est d'ailleurs peu caractéris- 
lique d'un niveau délerminé et elle se propage dans les 
Charentes depuis 1e Turonien jusqu'au -Dordonien inclu- 
sivement. 

Localités : L'espèce a été signalée par M. de Grossou- 
vre dans les couches à Phymosoma Archiact du Conia- 
rien de Montferrand ; d'autres auteurs l'ont citée dans les 
marnes à Echinides de Sougraigne, à Bugarach, au col 
de Linas et à Soulatge dans les marnes à Micraster 
corbaricus du sous-étage Santonien. 


Genre SaLENIA Gray. 1835 


Il existe certainement plusieurs Salénies dans le cré- 
tacé des Corbières et Cotteau y a cité son Salen'a scut:- 
gera dans le Cénomanien ; mais, comme l'a depuis démon- 
tré Arnaud, le savant Echinologue confondait sous ce nom 
des formes si diverses qu il est impossible, sans une étude 
nouvelle des individus recueillis, de dire exactement à 
quelle espèce ils appartiennent. Le type du C'dar'tes 
sculiger Munster d'Essen, sur lequel Schlüter n'a mal- 
heureusement fourni aucun renseignement détaillé, ne 
parait d’ailleurs identique ni à £gelur d'Agassiz moule 
36 , ni à celui de Cotteau, de la Sarthe, beaucoup moins 
granuleux et à tubercules plus serrés. 

De son côté, M. Toucas a cité dans les marnes à Echi- 
nides de Rennes-les-Bains S. Bourgeo'sr Bull. S. G. d. 
F. 3° Sér. T. XXIV, p. 606, et M. Roussel signalait la 
même espère dans les couches à Phymosoma Archac. 


— 128 — 


Mais les individus recueillis sont en très fâcheux état. 
d’une détermination incertaine et il me paraît prudent de 
ne pas encore inscrire le Salen'a Bourgeoïisi Colteau dans 
la liste des cspèces de la partie des Corbières étudiées 
dans ce travail. 


PELTASTES ACANTHOIDES Desmoulins. 


(Echinus) 1837 


Cette espèce a été citée par M. Roussel dans le Céno- 
manien de l'anticlinal de la Ferrière (Bull. S. G. d. F. 
3e Sér. T. XV, p. 626), à Padern, dans le même étage : 
elle ne m'a pas été communiquée. 


PuyuosomAa RoussEezr Cotteau. 
(Cyphosoma) 1887 


M. Roussel a signalé £ette espèce dans le Cénomanien 
de l’anticlinal de la Ferrière (Bull. S. G. d. EF. 3° Sér. 
T. XV, p. 626) ; mais Cotteau, dans son Catalogue des 
Echinides crétacés des Petites Pyrénées et des Corbières. 
n'a pas reproduit celte citation (p. 651, pl. 18, fig. 1, 5:. 
La présence du P. Rousseli dans la région étudiée peut 
donc être considérée comme très problématique. 


PHYMOSOMA ARCHIACI Agassiz. 
(Diadena) 1846 | 


Le tvpe de l’espèce provenait de Beaumont, près An- 
goulême et d'après Arnaud du Coniacien inférieur. 11 esl 
remarquable par la largeur de sa zone médiane interam- 
bulacraire à peine tuberculeuse et le peu de développe- 
ment de ses rangées secondaires externes, qui disparais- 
sent en dessous. Ciltée par divers auteurs, £etle espèce à 
été pour la première fois décrite et figurée d'après son 
moule en plâtre {T. 63), dans la Paléontologie française 
sous le nom de Pseudodiadema Archiac' :p. 505, pl. 
1121, fig. 11, 13:. Le type de ce moule a été ensuite dé- 


— 4199 — 


crit et figuré dans le même ouvrage (p. 615, pl. 1149, 
fig. 1, 3) comme Cyphosoma. Il présente en réalité dans 
sa Zone niliaire quatre rangs de très petits tuberscules 
ternaires el aux cotés externes des rangées principales 
une rangée secondaire flanquée elle-même de tubercules 
ternaires adambulacraires. 

Cotleau rapportait à £e 1ype un individu de Soulatge 
‘pl. 1149, fig. 4, 9), qui présente bien Ies mêmes carac- 
lères, mais dont les rangées ternaires centrales sont ré- 
duites à de simples granules mamelonnés. Parmi les in- 
dividus soumis à mon examen, quelques-uns sont rigou- 
reusement identiques au type, d'autres à la forme de 
Soulatge figurée par Cotleau. L'un présente même, dans 
la zone miliaire £entrale, à l'ambitus, quelques tuber- 
eules secondaires ; mais le plus souvent il n'v a pas de 
tubercules dans la zone miliaire et if n'existe qu'une seule 
rangée de petits tubercules secondaires adambulacraires. 
Les tubercules sont aussi de taille assez différente, plus 
gros chez certains individus et chez d'autres diminuant 
davantage de volume en dessus. La forme générale est 
elle-même assez variable, ordinairement circulaire, nrais 
parfois subpentagonale. Il est d'ailleurs de toute évi- 
dense que ces individus divers, trouvés dans la même 
couche, présentent une même physionomie générale get 
appartiennent bien à la même espèce. 

Péron semble n'avoir pas parfaitement compris fe P. 
Archiacr et l'avoir au moins partiellement confondu avec 
P. magnificum \gassiz ‘Cyphosoma). Sans doute, il existe 
entre les deux espèces certains rapports. mais le con- 
traste entre les tuhercules des deux faces est bicn plus 
sensible chez P. magnificum, dépourvu de tubercules dans 
la zone miliaire sentrale, dont les tubercules ambulacrai- 
res ont leur base extéricurement radiée et dont le péris- 
tome est bien plus étroit. 

Localités : Cette espèce est caractéristique du Conian- 
rien des Corbières : elle est assez abondante dans le val- 
lon de la Douce, près de Montferrand ; Colleau la citait à 
Quillan et à Soulatge, M. Toucas à Sougraigne et au Lit- 


— 130 — 


nas ; M. Miquel l'a recueillie près de Faviès ; sous-étage 
Coniacien (1). 


PHYMOSOMA TIARA Agassiz. 
(Cyvhosoma) 1846 


Cette espèce appartient à un groupe de Phymosoma 
de la Craie blanche, remarquable par ses gros tubercules 
et qui paraît avoir donné lieu à des interprétations bien 
confuses. Si l'on met de côté certains moules siliceux. 
comme ceux représentés par Lister et Klein, d'une inter- 
prétation pratiquement impossible, le premier individu 
figuré de ce groupe est le Cidaris variolala Parkinson, 
de la Craie du Kent, dont la face inférieure était seule 
connue (Org. rem. III, tab. 1, fig 10). Ce nom, antérieu- 
rement appliqué par Klein à un groupe d'espèces vivan- 
tes, a été changé par Mantell (1822) en celui de Aæntg' 
et par Desmarest (1825) en celui de Miller’. 

Goldfuss, en 1826, établit son Cidar'tes granulosus, 
qui comprend deux formes : le type des environs d'Aix- 
la-Chapelle (tab. 40, fig. 7), et un individu assimilé du 
Tourtia d’'Essen, dont Schlüter a fait depuis son Phymo- 
soma Goldfussi. Ce type cest remarquable par l'espacement 
de ses tubercules principaux et la présence de rangées 
marginales de pelits lubercules secondaires, interrom- 
pues à l’ambitus, mais surtout développées en dessus. 
À côlé de celle espèce Goldfuss décrit son Cidar'les var'o- 
laris (non Brongniart) des marnes de Coesfeld, en de 
confondant avec un Diplopodia du Cénomanien d'Essen 
et diverses autres formes jurassiques. Ce C. var'olar's se 
distingue du C. granulosus par ses tubercules principaux 


(1) La confusion opérée par Péron, entre les Phymosoma Archiaci el 
P. magnificum me paraît avoir entrainé celle de M. Toucas, qui cite à 
son tour ce dernier dans les marnes à Micrasters de Montferrand 
avec le prétendu Echinocomus conicus (Bull. S. G. d. F. 3 Sér. T. VIH, 
p.otet T. XXIV. p. 606). Mais cette double citation semble faite sous 
l'autorité de Péron, et je n'ai pu encore observer un véritable P. ma- 
ynificum des Corbières ; M. Toucas ne m'en a montré aucun. 


— 1431 — 


moins gros, plus serrés et diminuant un peu plus de vo- 
Jume en dessus et ses petits tubercules secondaires en 
rangée plus complète el moins hétérogène. 

En 1846, Agassiz réunit sous le nom de Cyphosoma 
Millert au type toujours imprécis de Parkinson le C. gra- 
nulosus (oldfuss et lui rapporte le moule M. 56 complè- 
tement dépourvu de tubercules secondaires ; puis il crée 
pour le Cidarilés var'olaris Goldfuss (non Brongniart 
son Cyphosoma ornalissimum, dont le moule R. 28 mon- 
tre des tubercules secondaires bien développés en dessus. 
Enfin, il décril son Cyphosoma liara, moule M. 6, de 
Meudon, de petite taille, à tubercules principaux peu ser - 
rés en dessus et seulement quelques très pelits tubercu- 
les secondaires en dessous. 

Sous le nom de Cyphosoma Milleri, lorbes nous a donné 
en 1850 la première interprétation du véritable Cidarts 
Kœnigi Mantell. C'est une forme à tubercules 'princi- 
paux relativement médiocres, nombreux, serrés, avec très 
petits tubercules secondaires en rangées ininterrompues 
{Forbes in Dixon : Géol. of. Sussex, pl. 25, fig. 17, 26 et 
27). | 

Cotteau, dans la Paléontologie française, a repris en 
1865 l'examen de £es espèces. IF réunit à son Cyphosoma 
KϾnigi le C. ornal'ssimum, le moule M. 56 au moule K. 
28 et figure (pl. 1167; deux individus, dont l'un de la 
Craie d'Angleterre pourvu en dessus de gros tuberrules 
secondaires. Ces rangées secondaires sont encore plus 
développées el flanquées de tubercules ternaires chez un 
autre individu anglais figuré à la planche 1168 ‘fig. 1, 
3). Tous sont évidemment différents du vrai C. Kænig' tel 
que Forbes avait rirconscrit et se rapportent seulement 
au C. ornalissimum. 

Quant au C. granulosum Cotteau pl. 1169 à peu près 
dépourvu de tubercules secondaires et provenant l'un de 
la Craie de Kent, Fautre de celle du Cotentin, il est très 
nettement différent du type de Goldfuss et on ne peut sans 
inconvénients confondre cette forme avec le tvpe d AIx- 
la-Chapelle. Ce C. granulosum Cotteau (non Goldfuss) ne 


— 132 — 


paraît d'ailleurs pas se distinguer du C. fiara Agassiz. 
avec lequel Cotteau a confondu un plus grand individu 
de la Craie de l'Oise pl. 1166, fig. 7, 12) à tubercules 
ambulacraires périapicaux serrés et atrophiés, el qui sem- 
ble se rapporter plutôt à la forme du‘moule M. 56. 


Wright a commis dans l'interprétation des espèces de 
ce groupe des confusions non moins regreltables : son €. 
Kænigi jeune (pl. 22, fig. 5) n'appartient même pas au 
genre ; c’est un Rachiosoma ! Son C. Kærnig' de sa planche 
23 (fig. 1 et 3), de l'Upper Chalk, est identique à £elui 
de Cotteau et représente seulement le C. ornatisstmum. 
Son C. granulosum du Lower Chalk n'a aucun rapport 
avec celui de Goldfuss et représente seulement la forme du 
moule M. 6. 

L'individu du C. Xænigi, figuré par Cotteau dans ses 
Echinides de l'Yonne ‘II, pl. 79, fig. 1), avec ses très fai- 
bles tubercules secondaires en dessus, est encore une 
forme du moule M. 56. 


Quant aux formes allemandes du Sénonien supérieur de 
Rugen, jadis assimilées au C. Kænrg, Schlüter les en a 
séparées avec raison sous les noms de Phymosoma prin- 
ceps et P. tœniatum Hagenow. 


A côté de ces espèces. Arnaud avait distingué du Cam- 
panien supérieur de Saint-Sernin d'Uzet son Cosmocy- 
phus boopis que la mort l'a empêché de publier. GCetle 
espèce, à pores largement dédoublés en dessus, n'est d’ail- 
leurs pas un Cosmocyphus, simple sous-genre de Phymo- 
soma. La grosseur de ses tubercules principaux, {eur 
écartement, la présence de petits tubercules secondaires 
interrompus à Tambitus ct plus développés en dessus 
m'engagent à les réunir au véritable ?. granulosum Gold- 
fuss. quitte à reprendre le nom proposé par Arnaud, si 
venait un jour à être démontré que des différences réel- 
les existent entre les deux formes limbourgeoise et rha- 
rentenaise. L'espèce sc distingue du P. tiara Agassiz par 
ses tubercules principaux encore plus gros, plus espaces. 
par la disposition de ses lubercules secondaires et par scs 


— 133 — 


majeures à sept éléments au Jieu de six, avec cône plus 
fortement radié du côté porifère. 

En résumé, dans le groupe qui nous occupe, si nous lais- 
sons de côté Ics espèces de la Craie supérieure de Rugen, 
nous restons en présence des formes suivantes : 


A. forme à tubercules principaux nombreux, serrés, 
avec scrobicules tangents dans la même rangée et tuber- 
cules secondaires très peu développés. Elle paraît corres- 
pondre au type du P. Xœnigt Mantell (C'daris), tel qu’il 
a été interprété par Forbes, mais que ni Cotteau, mi 
Wright n'ont plus mentionné. On en ignore le niveau stra- 
ligraphique précis. 

B. forme à tubercules principaux voisins de ceux de 
la forme A, diminuant de volume en dessus, mais avec 
tubercules secondaires bien développés à la face supé- 
rieure €t parfois des tubercules en rangées lernaires. 
Elle correspond au moule R. 28 et au P. ornalissimum 
Agassiz {Cyphosoma). Elle caractérise la Craie à Marsu- 
pites. 


C. forme à tubercules principaux bien développés, es- 
pacés, ne se serrant pas dans les ambulacres vers Fapex, 
avec scrobicules distincts et tubercules secondaires très 
petits, irréguliers. Cette forme £orrespond au P. t'ara 
Agassiz {Cyphosoma, moule M. 6 et ïl ne me paraît pas 
possible d'en séparer le Cyphosoma granulosum Coilteau 
(non Cidariles Goldfuss). Elle appartient au Campanien 
supérieur et remonterait dans l’Aturien. 


D. forme à gros tubercules peu nombreux. bien espa- 
cés et scrobicules séparés par quelques granules ; tuber- 
cules secondaires, petits. irréguliers, n’apparaæssant que 
chez les individus très adultes. Cette forme se distingue 
de la forme C par son test plus rotulaire, moins renflé, 
ses tubercules ambulacraires plus serrés près de Fapex. 
ses rares tubercules secondaires plus irréguliers, mais 
plus développés en dessus. Elle correspond au moule M. 
96 et a élé confondue par tous les auteurs avec les formes 
précédentes. Je propose de la distinguer sous le nom de 


die 


P. normannum. Elle paraît caractéristique du Coniacien 
(Z. à Micraster decip'ens) dans la Craie du Nord. 


E. forme à gros tubercules très espacés et scrobicules 
séparés, avec pelits tubercules secondaires hétérogènes. 
interrompus à l'ambitus et plus développés en dessus. 
Elle correspond au P. granulosum Goldfuss :Cidarites . 
mais non au Cyphosoma granulosum Cotteau. Elle se ren- 
contre seulement dans la Craie supérieure du Limbourg et 
des Charentes. 

Les personnes qui ne partageraicnt pas mon opinion sur 
ces distinctions de formes multiples et caractéristiques 
de niveaux différents pourront d'ailleurs, suivant les 
vues de Cotteau, réunir les formes A. B. D. sous le nom de 
Phymosoma Kænigr, mais alors elles devront encore logi- 
quement réunir à £<etle espèce, comme Île faisait Forbes. 
la forme C, Phymosoma t'ara, que Cotteau a d ailleurs 
lui-même en réalité confondu avec son Cyphosoma Kœ- 
nigi. | 

L'individu des Corbières que j'ai sous les veux mesure 
38 millimètres de diamètre et est remarquable par la gros- 
seur de ses tubercules principaux espacés et à scrobicu- 
les cependant tangents entre eux dans la même rangée. 
Ces tubercules diminuent peu de volume et ne se serrent 
pas au voisinage de lPapex dans les ambulacres. Les tu- 
bercules secondaires très petits sont rares, irréguliers et 
l’aspert général du test rappelle surtout celui du C. 
granulosum Cotteau non Goldfuss'. 


C'est donc, comme nous venons de le voir et d'après les 
distinctions qui précèdent, au P. fiara Agassiz que l'indi- 
vidu des Corbières me paraît devoir être réuni, plutôt 
qu'au P. Kocnigi. même en <onfondant avec Cotteau sous 
ce nom les ?P. ornalissimum Agassiz du Santonien et ?. 
normannum Lambert, du Coniarien. 


Localités : M. Bories a bien voulu enrichir ma collec- 
lion de l'unique individu par lui resueilh à la crête de 
Laforet. à l'Ouest des Croutets, avec Globator nucleus. 
etre. ; couches supérieures du sous-élage Santonien. 


— 435 — 


CincOPELTIS MERIDANENSIS Cotteau. 
(Leiosoma) 1866 
(PI. I, tig. 19, 21). 

Malgré sa petite taille, l'individu que j'ar sous les veux, 
mesurant 11 millimètres de diamètre sur 5 de hauteur, 
présente bien les raractères du type figuré dans la Pa- 
léontologie française (pl. 1186, fig. 1, 7'. Il est seulement 
un peu moins renflé ct son apex conservé, à périprocte 
subeirculaire, est encore complètement dicyclique. 

On trouve dans Iles mêmes couches que ce test de petits 
radioles de 11 millimètres de longueur sur à peine 2 de 
diamètre et qui me paraissent devoir être attribués à cette 
espèce. Is rappellent un peu ceux du Phymosoma sub- 
compressum Cotteau, du Cénomanien ; mais sont moins 
comprimés, avec anneau moins saillant, strié el leur sur- 
face articulaire est complètement lisse. La tige a sa col- 
lerette très finement striée, mal limitée et le surplus d’ap- 
parence lisse porle en réalité une granulation tout à fait 
microscopique. 

Localité: Montagne des Cornes ; couches à Hippurites 
du sous-étage Campanien, où Péron avait déjà cité l'es- 
pèce ‘op. cit. p. 1479. C'est elle que M. de Grossouvre 
paraît avoir signalé dans le même gisement, sans nom 
d'espèce (Stratig. Craie sup. p. 463). 

Le type avait été rencontré dans une couche à Poly- 
piers de Figuières ‘Bouches-du-Rhône. attribuée au ‘lu- 
ronien, mais on sait qu'en 1866 on attribuait volontiers à 
cet étage toutes les couches à Ilippurites et à Polypiers. 


Gonioryaus MAJOR Agassiz, 1858. 


Je rappelle seulement iri que cette belle espèce a éle 
cilée par Cotleau dans le Cénomanien de Padern ‘Echin. 
des Pet. Pyrénées et des Corbières, p. 651). 


Gotroryaus MExarpt Desmarest. 
(Echinus) 1825 


J'ai sous les veux un important fragment de la forme 
haute de £etle espèce, recueilli par M. Bories dans le Cé- 


— 136 — 


nomanien du col de la Pourteille au dessus de Sougraigne. 

M. Roussel a cité dans le Cénomanien de l'anticlinat 
de La Ferrière 1e G. sulcalus Guéranger {Bull. S. G. d.F. 
3e Sér. T. XV, p. 626), mais la présence de cette dernière 
espèce dans les Corbières, non confirmée par Cotteau. 
semble trep douteuse pour qu’il en soit fait état. 


GONIOPYGUS PETROCORIENSIS Arnaud, 1890. 
éPI. Il, fig. 6, 9). 

On sait que celte espèce, à périprocte trigone et pour- 
vue de granules tuberculiformes ambulacraires entre ses 
tubercuïes principaux, se distingue du G. royanus d’Ar- 
chiac par son apex tisse et ses ambulacres plus étroits, à 
tubercules plus nombreux et plus serrés, avec granules 
intermédiaires plus petits, ne s’élevant pas jusqu’à l'apex. 
Le G. eravillensis Arnaud n'est guère qu'une variéte à 
apex lisse du G. royanus ; il diffère donc du G. petroco- 
tiensis par la largeur de ses ambulacres et le plus petit 
nombre de ses tubercules. | 

L'individu examiné des Corbières présente très exa£te- 
ment les caractères du G. petrocoriensis du Iuronien des 
Charentes et il ne me paraît pas possible de l'en distin- 
guer. 

Dans Îles couches à Hippurites de la Montagne des 
Cornes on rencontre quelques radioles de Gomopygus. 
l1s mesurent 17 millimètres de longueur, ont leur sur- 
face articulaire non crénelée et leur tige lisse, légèrement 
carénée à son extrémité. On ne saurail confondre ces 
radioles avec ceux du G. royanus, dont la tige est cou- 
verte de fines côtes granuleuses. [ls sont plus grèles el 
un peu moins nettement carénés à leur extrémité que 
ceux figurés par Cotteau du G. petrocoriensis, sans qu'il 
soit actuellement possible d'opérer entre eux une Sépa- 
ration spécifique. 

Localité: L'unique individu recucilh par M. Bories a 
été rencontré par lui à la Montagne des Cornes avec quel- 
ques Pseudopyrina écrasés, au-dessus des marncs bleues 
et Psammites, sous les grands bancs à Rudistes du flanc 
Sud. Quant aux radioles, je les ai trouvés un peu plus 


— 137 — 


haut, dans les rouches à Hippuriles b'oculatus du sous- 
étage Campanien. 


AxortoPycus Micnrzixi Cotteau, 186o. 


Espèce de moyenne taille, mesurant 31 millimètres de 
diamètre sur 16 de hauteur, légèrement subconique, à 
bords arrondis et face inférieure déprimée vers le péris- 
tome. Périprocte arrondi, un peu plus haut que large, 
irrégulier, plus ou moins oblique, s'’ouvrant au-dessus de 
la marge dans les 6° à 11° plaques à partir de l'apex. 
Petits tubercules scrobiculés, perforés, crénelés, très ser- 
rés à la face inféricure, espacés en dessus, où les secon- 
daires épars sont égaux aux principaux qui s'élèvent 
seuls jusqu’à l’apex. Dans l'ambulatre, au dessus de l'am- 
bilus, les tubercules principaux forment deux rangées 
marginales et les secondaires bien plus petits disparais- 
sent avant d'atteindre l'apex. Cet ambulacre est entière- 
ment composé de primaires, tuberculifères de trois en 
trois, mais le tubercule de la primaire 1 empièle sur la 
2e et la 3° est simplement granulifère ; suture médiane 
très apparente. Les plaques interambulacraires sont très 
basses, légèrement inflé“hies à l'ambitus et à la face 
interne, il existe en dessous une profonde dépression 
correspondant à la suture médiane. Cette dépression, qui 
existe également chez Anorthopygus orbicular's ne $se 
manifeste pas à la surface externe du test. Les autres ca- 
ractères sont ceux du genre. 

Le type du Cénomanien de la Sarthe était de taille sen- 
siblement plus forte, plus nettement subconique ; ses tu- 
bercules scrobiculés sont proportionnellement moins gros 
et plus nombreux en dessus ; ses ambulacres sont aussi 
plus tuberculeux ; mais ces légères différences me sem- 
blent simplement en rapport avec la taille moindre des 
individus des Corbières. L'espèce se distingue du 4. 
orbicularis Grateloup {Nucleol'tes\ par sa forme plus 
haute, subconique, son périprocte plus éloigné de l'apex et 
ses tubercules scrobiculés plus réguliers ct plus rares en 
dessus. 


... 


— 138 — 


Localités: L'espèce a été recueillie par M. Bories sur 
le flanc Sud du Cardou, en face de Montferrand et au col 
de la Pourteille au dessus de Sougraigne ; étage Cénoma- 
nien. 


Discoines suBucuLus Klein, 1734-78. 


Cette espèce, une des plus caractéristiques de l'étage 
Cénomanien, a été signalée par MM. Roussel et Cotteau 
à Padern et Saint-Julia-de-Bec (Bull. S. G. d. F. 3° Sér. 
T. XV, p. 626, 6147). M. Carez l'a retrouvée près des sour- 
ces de la Sals. 


DiscoipEs ARIZENSIS Cotteau, 1857. 


Cette belle espèce aurait été retrouvée, d'après son au- 
teur ‘op. cil. p. 648, pl. XVIH, fig. 8, 12), dans le Céno- 
manien de Padern. 


Discoipes MinNimus Agassiz, 18/0. 


Péron, 1e premier, a cité le D. m'nimus à Rennes-les- 
Bains. J'ai sous les yeux le petit individu, parfaitement 
conservé, que mon savant ami a bien voulu me communi- 
quer et je ne puis que confirmer sa détermination. Jadis 
considérée comme rare, l'espèce est un des Echinides les 
plus communs du Turonien inférieur de la Marne. Elle 
apparaît dans la zone à Actinocamax plenus, abonde 
dans Îles marnes à Rhynchonella Cuuwiert et T'ypoc'dar's 
hirudo, devient plus rare dans celles à /Znoceramus la- 
biatus et exceplionnelle dans les marnes à T'erebra- 
tulina gracilis. Dans l'Yonne, l'espèce a exactement la 
même répartition et l'examen de ces nombreux individus 
permet de constater que le Discoides 1nferus Desor n'est 
qu'une variété de taille un peu plus forte et à face ‘infé- 
rieure moins bombée du D. m'nimus. J'eslime donc abso- 
lument fondée l'opinion déjà formulée par Cotteau (Etude 
sur les Echin. foss. de l'Yonne, IE, p. 322) sur la réu- 
nion de ces deux espèces. 

C’est bien le D. minimus que M. de Grossouvre a cité 


.— 139 — 


sans oser lui donner ‘e nom dans le luronien de l'aile 
Nord du pli du Bézu. Quant à l'individu recucilh par 
Péron, il est indiqué comme trouvé dans la même couche 
que les radioles du Sfercocidar's sceptrifera(Bull. S. G. 
d. 3e Sér.T. V,p. 527), mais l'étiquette qui accompa- 
gne l'échantillon porte simplement Ia mention Rennes- 
les-Bains. D'autre part, personne n’a jamais retrouvé le 
D. minimus dans le banc à radioles de Cidaridæ des mar- 
nes à Micrasler corbaricus et lout porte à croire que 
Péron avait recueilli son individu un peu plus bas. En 
tous cas, le gisement précis de cet unique individu de 
Rennes-les-Bains reste douteux et il me parait plus sage 
de n’en point faire acluellement état. 


Localité: Cugurou, près Bugarach, dans l'aile Nora du 
pli du Bézu ; étage Turonien. 


Discoipes ArcHIAcI Cotteau, 1861. 


Cette espèce, décrite et figurée dans la Paléontologie 
française (Crét. VII, p. 40, pl. 1013, fig. 10, 13), a élé 
attribuée aux calcaires marncux à Echinides, nom sous 
lequel on désigne les marnes à icraster corbar'cus des 
Corbières. Elle est très voisine de l'espèce précédente, 
surtout de la variété infera et s'en distingue sculement 
par sa face inférieure moins bombée cet son périprocte 
plus petit. . 

Localité : Padern, sur les bords du Verdouble, dans des 
marnes à Échinides ; sous-étage Sanlonien. 


Genre ConuLts Klein, 1534-78. 


A la suite de d’Archiac (1), d'Orbigny (2, Cotteau ‘3), 
Hébert (4) et Péron {5) ont cité, sous le nom d’Echino- 


(1) D'Archiac: Les Corbières, p. 363 — 1859. 

(2) D'Orbiguy : Paléont, française, Crét. VI, p. 517 -- 1859. 
(3) Cotteau : Echin. foss. des Pyrénées, p. 40 — 1863. 

(4) Hébert: Bull. S. (4. d. F. Y Sér. T. VE, p. 319 — 1N3S. 
(5) Péron: Bull. S. G. d. F, 3 sér. T. V, p. 527 — INT. 


14 


— 140 — 


conus conicus, le Conulus albogale‘us Klein dans la faune 
des calcaires à Echinides des Corbières. M. Toucas s est 
emparé de ces citations pour indiquer l'espèce comme si 
l'avait lui-même recueillie {Buil. S. G. d. EF. 3° Sér. ‘E. 
VIII, p. 51et T. XXIV, p. 606, mais il n'en possède au- 
cun individu dans ses collections à la Sorbonne et s'est 
borné en réalité à suivre ici une tradition sans fonde- 
ment, que M. de Grossouvre avait considéré avec raison 
comme forl douteuse {Stratig. Craie sup. p. 141. 

D'Archiac ne faisait aucune mention de l'espèce dans 
son Mémoire de 1854 : il l'indique seulement en 1859, sans 
doute comme Leymerie l’indiquait en 1846 près de ‘Iroyves 
el encore en 1858 à Joigny, c'est-à-dire en confondant 
ie C. albogalerus avec le C. subrotundus. L'erreur était 
d'ailleurs d'autant plus excusable que certains ƣ. subro- 
tundus du Turonien affectent une forme franchement 
conoïde. D'Orbigny, Cotteau, Hébert, Péron et M. ‘Ioucas 
n'ont fait en somme que reproduire sans critique suffi- 
sante une affirmation erronée de d'Archiac et que rien 
absolument depuis plus d'un demi siècle de recherches 
n'est venu confirmer. 

Péron a commis une autre erreur en cilant incidem- 


ment dans une liste de fossiles des couches à M'craster 


corbaricus de Rennes-les-Bains l'£ch'noconus g'gas ‘Bull. 
S. G. d. F. 3° Sér. FT. V, p. 477):. Jamais personne n'a 
rencontré à ce niveau Ie Conulus grqas Cotteau (Ech'no- 
conus) une des espèces les .plus caractéristiques du Maës- 
trichtien de la Haute-Garonne. Péron lui-même n'en fait 
plus mention dans son examen critique des espèces et il 
n'a jamais pu ni me communiquer ni me montrer ce pré- 
tendu C. g'ygas de Rennes-les-Bains. C'est donc avec rat- 
son que M. de Grossouvre a regardé la malencontreuse 
cilalion de Péron comme des plus douteuses ‘Stratig. 
Craie sup. p. +411. Je n'hésite pas à la considérer com- 
me erronée el j'estime qu'il Y a lieu de retrancher défi- 
nilivement de la liste des espèces d'Echinides des Cor- 
bières les Conulus albogalerus Klein et €. g'gas Cotteau 
(ÆEchinoconus). | 


LR 


— 141 — 


Conur.UusS SUBROTUNDUS Mantell, 18922. 


Cette espèce bien connue, et caractéristique de l'étage 
luronien inférieur, m'a élé jadis communiquée par M. 
Carez, qui l'avait recueillie aux Joulis (sic), probable- 
ment les Jordis de la carte de l’Elat major, un peu au 
Nord de Saint-Louis. C’est elle probablement que Cotteau 
a jadis citée à Cubières sous le nom d’Echinoconus co- 
nicus. 


Genre GLoBATOR Agassiz, 1810. 


Le genre Globator a été établi par Agassiz dans son 
Catalogus systemalicus pour son G. nucleus, de la Craie 
de France, avec cette diagnosec: Ambilus subsphær'cus ; 
ambulacra simplic'a, ad peripheriam divergentia, ports 
non conjunctis. Anus posticus, oblongus, supramarg'na- 
lis ; os quinquangulare. Les caractères du péristome ont 
été précisés dès 1842 par Desor dans sa Monographie des 
Galérites. Il en résultait que Globator ne se distingue réel- 
lement de Pyrina Aygassiz (non Desmoulins) que par sa 
forme plus circulaire au lieu d’être plus où moins allon- 
gée ; aussi fut-il assez mal accueilli et d'Orbigny ne Favait 
pas admis. | 

Mais on sait que Desmoulins attachait avec raison aux 
caractères du péristome chez les Echinides une valeur 
considérable, en sorte que, dès 1835, en proposant son 
genre Pyrina il le caractérise par sa bouche symétrique, 
pourvue d'un système buccal interne analogue à celur de 
ses Galérites. Avant reconnu qu'une espèce de ‘fouraine 
(P. ouulum Lamarck {N'ucleolites) présentait une certaine 
obliquité du péristome, il proposait, dans le cas où le Fait 
ne serait pas le résultat d'une détérioration, de créer 
pour elle un genre nouveau (1). Malheureusement, des 


(1) Cette nécessité d'exelure du genre Pyrina les espèces à péristome 
oblique nettement exprimée par Desmoulins, en 135, page 28 de ses 
Etudes sur Les Echinides, est contirmée par lui deux ans plus tard. p. 
259, note. 


__— 


— 142 — 


sept espèces rapporlées à ce genre, la première, pourvue 
de cloisons internes était un D'scoides et les deux suivan- 
les de vrais Conulus, la cinquième élail un ÆEch'nocorys. 
la sixième un simple nomen nudunt de de Blainville, la 
septième identique au Nucleoliles ovulum Lamarck avait 
réellement son péristome oblique et devait être exclue 
du genre Pyrina, en sorte que la seule espèce conforme 
à la diagnose, celle sur laquelle cette dernière semble 
avoir été calquée, était l'espèce nouvelle P. petrocor'en- 
sis, dont le péristome est en effet semblable à celui des 
Conulus, mais qui en diffère par son périprocte supra- 
marginal. Agassiz, qui eut le tort de n'attacher aucune 
importance aux caractères tirés du péristome et de con- 
fondre dans de mêmes genres des espèces à péristome 
régulier et d'autres à péristome oblique ‘1, n'a tenu 
aucun compte des observations de Desmoulins et, en 
1810, ne rapporte au genre que deux espèces à ‘péristome 
oblique, mais qu'il croyait pourvues d'un périsitome ré- 
gulier. Ce sont Desor d'abord en 1842 et Agassiz en 1847, 
qui ont créé un genre Pyrina nouveau ne comprenant plus 
que Îles espèces à péristome oblique formellement ex- 
clues par Desmoulins. 

Ce nouveau genre Pyrina se confondait d'ailleurs pres- 
que avec Je genre Globator, car le fait d'avoir une forme 
un peu moins subglobuleuse, un peu plus allongée, na 
qu'une valeur bien relative. 

Dans ces conditions, je viens de proposer dans ma LDes- 
cription des Echinides crétacés de la Belgique de resti- 
tuer au genre Pyrina Desmoulins ses caractères prinntifs. 
conformes au tvpe P. petrocoriensis et de faire des faus- 
ses Pvrines de Desor ct d’Agassiz un simple sous-genre 
de Globator. sous le nom de Pseudopyrina. Je n'ai d'ail- 
leurs pas cru devoir séparer de Globator l'ancien Pyr'nü 


(1) L'erreur d'Agassiz sur l'insigunifiance au point de vue taxonomi- 
que des caractères tirés du péristome a été adoptée par Desor el 
même par de Loriol qui a continué à confondre, avec les Botrtoproqus 
à péristome pentagoual, des Pygorhynchux à péristome oblique. 


— 143 — 


Houzeaui Cotleau malgré la présence chez celle espèce 
circulaire d'une cinquième ‘petite génitale imperforéce. 


GLoBATOR Roussezi Cotteau 
(Pyrina) 1887. 

Cette espèce, bien décrite ct figurée par Cotteau dans 
ses Echinides des Petites Pyrénées et des Corbières (Bull. 
S. G. d. F. 3e Sér. T. XV, p. 6145, pl. 17, fig. 1, 3), se 
rencontre surlout dans le Cénomanien de FAriège, mais 
son auteur la signale également à Padern (Aude) et il 
est probable que de nouvelles recherches permettraient 
de la retrouver dans la région intermédiaire. M. Roussel 
l'a d'ailleurs citée dans l'anticlinal de Ferrière {Bull S. 
G. d. EF. 3e Sér. T. XV, p. 626). Cotteau a seulement 
comparé ce Globator avec  Pyrina cylindr'ca Gras, 
qui est un vrai Pseudopyr'na. Elle est évidemment plus 
voisine de Globator nucleus \gassiz, tvpe du genre, plus 
pelil, plus globuleux et à périprocte moins développé, 
situé plus haut. G. lœvis Agassiz ‘Galeriles) se distingue 
de G. Rousseli par sa forme plus déprimée et pulvinée 
en dessous. 


GLOBATOR NUCLEUS Agassiz, 1810. 
(PI. IT, fig. 15. 16). 

Cette espèce, d'abord simplement connue par sa dia- 
gnose générique, était alors attribuée à la Craie de France 
ct le Lvpe porte dans la série des moules de Neuchâtel Ia 
mention M. 18. Ses caractères ont été précisés par Desor 
dans Sa Monographie des Galériles :p. 30, tab. I, fig. 
1. 4. C'est une forme globuleuse, de 1% millimètres de 
longueur sur 18 de largeur et 16 de hauteur et que l'au- 
teur déclare d'origine précise inconnue, dont Fapex a 
d'ailleurs été assez mal figuré Pi. Dans le Catalogue rat- 
sonné elle est sans aucun motif attribuée à la Crate de 


(1) est facile de constater que la disposition pénétrante des ocel- 
laires, représentées comme intercalées entre les génitales, résulte 
d'une erreur d'observation. 


— 144 — 


Ciply (Belgique) et d'Orbigny, qui l'a de nouveau décrite 
et figurée (Pal. franç. Crét. VI, p. 489, pl. 987, fig. 1, 
9) à, sans plus de raison, maintenu cette indication de 
localité, justement critiquée par Desor, au Synopsis (p. 
187, pl. 25, fig. 1, 4). Il est certain en effet que le type 
M. 148 ne provenait pas de la Craie de Belgique, où l'on 
n'a jamais rien trouvé de semblable. Ce type correspond 
au contraire très exactement à des individus des Cor- 
bières que j'ai sous les veux et c’est avec raison que De- 
sor l’a attribué au crétacé de Sougraigne. La figure don- 
née au Synopsis reproduit bien la forme générale du néo- 
type de Sougraigne, mais elle manque d'exactitude pour 
certains détails: ainsi toutes les plaques ambulacraires 
ne sont pas des primaires ; lambulacre est composé d'as- 
sules inégales : une grande primaire, qui enchasse à sa 
partie externe une plaquette porifère, alterne en réalite 
avec une primaire simple, comme cela a lieu chez Conu- 
lus. Les tubercules mamelonnés, perforés, sont plus net- 
tement scrobiculés et paraissent incrénelés. Le péristo- 
me est oblique ; l'apex n'a que quatre plaques génitales ct 
la cinquième génitale jimperforée, figurée par Desor, 
n'existe pas. 

Cetle espèce, assez répandue à Sougraigne dans les 
couches calcaréogréseuses supérieures des marnes bleues, 
est le plus souvent très déformée, mais les individus, sem- 
blables au type figuré par Desor, sont faciles à dislin- 
guer par leur forme subglobuleuse, dont le diamètre lon- 
gitudinal l'emporte à peine sur le diamètre transversal. 
L'apex a quatre plaques génitales et les ocellarres aux 
angles. Les ambulacres portent en dessous six rangées de 
tubercules assez serrés, puis les rangées internes devien- 
nent irrégulières et cessent vers l'ambitus pour laisser 
place à une assez large zone miliaire ; les rangées exter- 
nes parviennent seules jusqu'à Fapex. 

De très jeunes individus, au diamètre de 6 millimètres. 
offrent déjà tous Tes caractères de ladulte. mais chez 
eux le périprocte plus haut est plus rapproché de lapex 
ct les zones miliaires ambulacraires sont moins dévelop- 
pées. 


— 145 — 


Parmi les espèces voisines G. Roussel: Cotteau (Pyr'na) 
du Cénomanign de Padern, de plus grande taille, a son 
périprocte situé plus bas. G. lœv's Agassiz (Gater'tes) 
aussi du Cénomanien, moins subglobuleux, a aussi son 
périprocte plus bas. G. fauroentanus Gauthier, du Séno- 
nien du Beausset {1), est de plus grande taille et de forme 
plutôt subpentagonale que circulaire. 

Il est très singulier que ni Péron, ni Cotteau, m le colo- 
nel Toucas, ni M. de Grossouvre n'aient mentionné le G. 
nucleus dans les Corbières, où l'espèce n'est cependant 
pas très rare. 

Localités : Le Globator nucleus, parfaitement typique, 
a été recueilli par M. Bories à la crète de la Montagne 
de Sougraigne au Nord-Ouest des Croutets. M. Miquel l'a 
également rencontré près des Croutets dans des calcaires 
gréseux gris de la partie supérieure des marnes bleues. 
Le colonel Savin l'avait trouvé, probablement au même 
niveau, sur la Montagne de Brens. M. Toucas m'en a com- 
muniqué un individu provenant de la Montagne des Cor- 
nes, sans autre indicalion précise de niveau. J'ai moi- 
même recueilli l'espèce à Sougraigne, au bas du chemin 
des Croutets. dans les marnes bleues à Zrochus sou- 
graignensis. Les petits individus pisiformes, ci-dessus si- 
gnalés, ont été trouvés par M. Bories dans fe lit du torrent 
de Bordencuve, à un niveau peut-être un peu inférieur 
aux précédents. M. Carez a rencontré G. nucleus à Sou- 
latge. I parait se retrouver au Beausset, d'après des in- 
dividus communiqués par M. Michalet. 

En résumé, espèce caractérise dans les Corbières la 
parlie supérieure des marnes bleues du Santonien supè- 
rieur. 


GLogaTor Haucr Lambert. 
(PI HE, fig. 6, 10). 


Cette espèce, dont je prie M. le professeur Iaug de bien 
vouloir accepter la dédicace comme un faible témoignage 


(1) Espèce non décrite ni tigurcée. 


— 146 — 


de mes remerciements pour ses précicuses communica- 
tions, est sans doute assez voisine de la précédente, mais 
elle en diffère par sa taille plus forte (longueur 25 milli- 
mètres, largeur 25, hauteur 21 millimètres), par sa forme 
moins subglobuleuse, sensiblement allongée, par son pé- 
riprocte plus régulièrement ovale et plus développé, par 
ses ambulacres un peu plus larges et sa surface beaucoup 
plus tuberculeuse. Ses tubercules forment six rangées 
ambulacraires qui s'élèvent jusqu'en dessus. Dans les 
interambulacres, les tubercules scrobiculés sont même en 
dessus abondants et épars dans une fine granulation mi- 
liaire, fandis que chez G. nucleus ces mêmes tubercules. 
encore assez nombreux dans la région adambulacraire de- 
viennent rares dans la partie médiane de l'aire, où l'on 
n'en voit plus que deux ou trois obliquement disposés sur 
chaque plaque. 

Malgré l'allongement de son test, la face inférieure du 
G. Haugi très convexe ne permet pas de rattacher cette 
espèce aux Pseudopyrina. Le type du G. Iaugt ne pro- 
vient pas du département de l’Aude, mais, comme on la 
parfois confondu avec G. nucleus et qu'il a éte désigné 
sous ce nom dans les collections de la Sorbonne, il m'a 
paru intéressant de l'en séparer en indiquant les carac- 
tères qui permettent de distinguer spécifiquement cette 
espèce, dont une variélé de laille seulement un peu plus 
petite se retrouve d'ailleurs aux environs de Rennes-les- 
Bains. 

Localités : Saïint-Sirac près Levchert, Bastié ‘Ariège). 
D'autres individus ont été recueillis dans les bancs su- 
péricurs de calcaire grésceux gris du Santonien par M. 
Bories au Nord-Ouest des Croutets. 


GLOBATOR CORNUUM Lambert. 
(PL. LL, fig. 41, 44). 

Espèce de moyenne taille, mesurant 26 millimètres de 
longueur sur 23 de largeur et 20 de hauteur, subpentla- 
gonale, très renflée en dessus, faiblement convexe en 
dessous. Péristome central, à fleur du test : périprocte 
ovale, situé assez haut. Aimbulacres étroits, très légère- 


— 147 — 


ment saillants. Tubercules assez nombreux, épars dans 
toutes les aires. 


C'est probablement ce Globator que d’Orbigny dans la 
Paléontologie française et depuis le colonel ‘l'oucas avaient 
cité À Soulaige, à Sougraigne ct à la Montagne des Cor- 
nes sous le nom de Pyrina petrocoriens's Desmoulins 
(1). Mais ce dernier, qui appartient à une autre famille 
d'Echinide, en diffère bien netlement par sa plus grande 
laïlle, ses ambulacres plus saillants, son périprocte situé 
plus bas, sa face inférieure plus plane et surtout son pé- 
ristome régulier. Dès 1863, Cotteau élevait des doutes sur 
l'assimilation proposée par d’Orbigny (2; et Péron a eu 
le tort de la rappeler {3) sans critique suffisante. Après 
examen des individus recueillis par M. Toucas, nous avons 
reconnu ensemble qu'ils appartenaient en réalité À une 
espèce bien différente et nouvelle: celle que je décris 
ici, et qu'il y avait lieu de supprimer Pyrina petroco- 
riensis de la liste des Echinides des Corbières. 


La forme générale du Globator cornuum le rapproche 
un peu du G. tauroentanus Gauthier, du Beausset, mais 
ce dernier plus pentagonal cst moins renflé en dessus, ses 
ambulacres sont complètement à fleur du test et ses 
zones porifères superficielles ne sont pas déprimées com- 
me celles de l'espèce de Rennes-les-Bains. 


Localités : Celle de Soulalge indiquée par d'Orbigny est - 
douteuse et pourrait bien se rapporter au Pseudopyr'na 
alacina. Les seuls indifidus qu’il m'ait été donné d'exa- 
miner ont été recueillis par M. Foucas el par moi dans les 
bancs à Hippurites de 1a Montagne des Cornes et de Sou- 
graigne que je rapporte au sous-étage Campanien. 


(1) D'Orbigny : Pal. frane. Crèt. VE, p. 88. —Toucas : Bull. S.G.d.F. 
3 sér. T. NXXIV, p. 604 et 614: 

(2) Echinides fossiles des Pyrénées, p. #2 (202). 

(3) Calcaires à Echinides de Rennes-les-Bains (Bull S. G. d. F.3: 
sér. T. V. p. 479 — 1875). 


— 448 — 


PsEuDoryRiNA ATAGINA Cotteau 
(Pyrina) 1856. 
(PLU, fig. 23, 2). 


Pyrina atacica Correau : Catalogue des Echinides fossiles des 
Pyrénées, p. 13. — 1856. . 
— ataciana D'OnBiGny : Paléont. franc., (Crét. VII, p. 401, 
pl. 988, fig. 1, 5). — 1857. 
— — DEson : Synopsis des Echinides, p. 191. — 185$. 
— ataxensis Correacu : Échinides foss. des Pyrénées, p. #2, 202. 
— 1863. 
— — PÉRON : Calcaires à Echinides de Rennes-lex-Bains, 
: (Bull. S. G. D. F. 3° sér. T. V, p. 4791. -— 1871. 
—  petrocoriensis Correau {non Desmoulins): Cutalogue des Echi- 
nides des Petites Pyrénées et des Corbières (Bull. 
S. G. D. F., 3" sér. T. XV, p. 662). — 1887. 
— ataciana Toucas : Bull. S. (4. D. F.,3° sér. T. XXIV, p.614. 
É — 1896. 
— ataxensis DE (GROSSOUVRE : Recherches sur La Craie sup. 
Stratigraphie gén., fase. 1, p. 453, 46%. — 1901. 


Primilivement désignée sous le nom barbare d'atacicu 
que d'Orbigny a transformé en alaciana, cette espêce a 
reçu ensuite de son auteur le nom non moins barbare 
d’'alaxensis. Je lui restitue son vrai nom latin afacina qui 
pour être moins conforme aux règles édictées par les 
Congrès (1) est seule conforme à la saine orthographe 
latine. 

Cotteau qui a créé ce Pseudopyrina l'avait plus tard 
complètement perdu de vue et, en 1887, il en a désigne 


(1) La majorité des Congrès scientifiques est trop souvent composée 
de Barbares, étrangers au génie de la langue latine et sans compé- 
tence pour la réformer ; ainsi la règle qui impose la termination enxts 
aux noms de lieüx ue devrait s'appliquer qu'aux pays inconnus des 
Romains. En la généralisant, on aboutit à des expressions grotesques 
comme le serait romanensis pour dire romain. L'antique Narbonnaïse 
a été trop longtemps et complètement romaine pour que la géographie 
de cette région n'ait pas été latinisée. Ces noms antiques doivent pré- 
valoir sur les néologismes modernes qu'ils soient ou non en ensis. 


— 149 — 


un individu de l'Ariège sous le nom de Pyrina petroco- 
ritensis. Les deux espèces sont cependant bien nettement 
différentes et le P. petrocoriens's de plus grande taille, 
à ambulacres plus saillants, a son périprocte situé plus 
bas et un péristome régulier, tandis que ce dernier est net- 
tement oblique chez Pseudopyrina atac'na. j 

Le Pseudopyrina atacina a été assez bien décrit et fi- 
guré dans la Paléontologie française. J'en ai sous les yeux 
un individu en bon état recueilli par Savin à la Mélainie 
de Brens, près Sougraigne. 11 mesure 2£ millimètres de 
longueur sur 20 de largeur et 16 de hauteur ; il est donc 
nettement elliptique, arrondi à ses extrémités ; sa face 
supérieure renflée, subhémisphérique, a son apex très 
légèrement excentrique en avant ; la face inférieure plane, 
arrondie et pulvinée sur les bords est un peu déprimée 
vers le péristome. Ce dernier, situé au milieu de la face 
inférieure, est assez large, neltement oblique et acuminé 
vers l'aire 3. Les ambulacres sont en légère saillie avec 
zones porifères un peu déprimées ; leur composition est 
d'ailleurs conforme à celle des autres espèces du genre : 
les pores très serrés, régulièrement superposés en dessus, 
s'écartent de la ligne droite et forment des triades obli- 
ques en approchant du péristome. Le périprocte assez 
grand, ovale, ouvert dans le bord postérieur, est partiel- 
lement visible du dessus, mais non du dessous. L'apex 
est formé de quatre plaques génitales perforées avec ocel- 
laires aux angles ; entre les deux ocellaires postérieures 
ct les deux génitales 1 et 4 on aperçoit une très petite 
plaque imperforée, rudiment de Ia cinquième génilale. 
Les tubercules scrobiculés égaux, épars, sont cependant 
sensiblement plus serrés en dessous qu'en dessus el ten- 
dent à former dans les ambulacres des rangées latérales 
assez régulières. 

L'espèce se distingue facilement des Globator nucteus, 
G. Haugi et G. cornuum par sa forme plus déprimée, sa 
face inférieure non convexe et son périprocle situé plus 
bas. P. Toucasi d'Orbignv ‘Pyr'na un peu plus allongé, 
subconvexe en dessous, est plus cylindrique, a son apex 


— 150 — 


un peu plus excentrique en avant, ses pores en rangées 
moins obliques près du péristome et ses tubercules plus 
serrés en dessous. : : | 


C'est évidemment par erreur que Gauthier, dans ses 
listes de 1880, a cité P. atac'na dans le Cénomanien de 
Cassis et de La Bedoule. On retrouve bien en Provence 
une forme très voisine, moins arrondie en arrière, plus 
déprimée en dessus, mais à un niveau plus élevé, dans 
le Sénonien du Beaussot. 


Localités : Le P. alacina paraît fort rarc dans les Cor- 
bières cl je n'en connais que quelques individus, le meil- 
leur recueilli par Savin à la mélairie dé Brens, un plus 
petit trouvé par M. Bories au Nord-Ouest des Croutets el 
dont il a bien voulu enrichir ma collection ; un autre a 
élé rencontré par le colonel Toucas à la Montagne des 
Cornes ; enfin, le type de la collection Cotteau était com- 
me les premiers de Sougraigne. 11s proviennent tous, d'a- 
près la roche, d'un bane de grès ferrugineux, immédia- 
tement inférieur aux couches à Hippurites ct qui pour- 
rait bien déjà être placé dans le sous-étage Campanien. 


Pseuporyrixa Toucast d'Orbigny 


(Pyrina) 1859. 


Bien que le type de cette espèce ait été attribué à l'étage 
Furonien du Beausset, il m'est impossible d'en séparer 
un individu que j'ai recueilli sur le chemin de Sougrai- 
yne aux Croutets. Une comparaison directe avec un tn- 
dividu du Beausset ne me permet de relever aucune dif- 
férence entre lui et celui des Corbières. P. Toucasr a élé 
trop bien décril et figuré dans la Paléontologie française 
Crét. VI, p. 482, pl. 984, fig. 6, 10) pour qu'il v ait 
lieu de revenir sur cette description. 


Localité: Sougraigne ; calcaires marneux gris du bas 
du chemin des Croutels ; sous-étage Santonien supérieur. 


sr 


— 151 — 


PSsEUDOPYRINA (spec. ind.) 


Certains des auteurs ‘qui se sont occupés des fossiles des 
Corbières, comme Cotteau (1) et Toucas 2), y ont cité le 
Pyrina ovulum Lamarck (Nucleolites). J'ai examiné la 
question avec M. Toucas et nous avous reconnu que ja- 
mais le véritable Pseudopyrina ovulum n'avait été positi- 
vement rencontré dans la région. 

Sans doute, on trouve parfois dans les bancs marneux 
des calcaires à Rudistes de la Montagne des Cornes un 
Pseudopyrina qui se rapproche un peu de l'espèce tou- 
rangelle, mail il est pius large, plus anguleux en avant, 
moins convexe en dessous el même en dessus, donc moins 
cylindrique ; ses tubercules sont moins nombreux, moins 
développés en dessus el se réduisent à deux rangées 
marginales dans la partie supérieure des ambulacres ; les 
granules intermédiaires sont beaucoup plus fins et moins 
inégaux. TT 

Malheureusement, les seuls individus que je possède 
sont en trop mauvais état pour pouvoir être correctement 
décrits el figurés et je suis obligé, pour leur donner un 
nom, d'attendre le hasard de nouvelles et heureuses dé- 
couvertes. | 

Localité: Montagne des Cornes ; bancs à Rudistes du 
sous-étage Campanien. 


PyGauLus sUBÆQUALIS Agassiz, 18/7. 

Cetle espèce a été citée par Cotteau dans l'étage Céno- 
manien à Padern {Echin. P. Pyrénées et Corbières, Bull. 
S. G. d. F. 3e Sér. T. XV, p. 616). 

NUCLEOPYGUS (nov. spec.) 
(PL. IH, fig. 20, 22). 


Espèce mesurant 10 millimètres de longueur, sur % de 
largeur et 7 de hauteur au-dessus du périprocte, sub- 


(1) Bull. S. 4. d. F, 3° sér. T. XV, p. 662. 
(2) Bull. S. G. d. F. 3° sér. T. VIE, p. 65. 


— 152 — 


quadrangulaire, arrondie en avant, tronquée en arrière, 
avec face supérieure renflée, déclive en avant et tace 1n- 
férieure déprimée ; péristome enfoncé, subpentagonal, net- 
tement excentrique en avant ; face postérieure subtrigone, 
avec périprocte supramarginal, allongé, étroit. Apex el 
pétates iuconnus. Il faut espérer que de nouvelles décou-. 
vertes permettront de compléler cette diagnose ct d'im- 
poser à l'espèce un nom spécifique. 

Ce Nucleopygqus, insuffisamment caractérisé, se distin- 
gue cependant facilement de tous ses congénères. Nu- 
cleolites parallelus Agassiz est plus allongé et plus re- 
lréci en avant. Nucleopyqus coravium Agassiz a sa face 
inférieure moins déprimée et son péristome moins excen- 
trique. Plus petit, Nucleopygus m'nor Agassiz a son pé- 
ristome plus large et son périprocte plus voisin de l'apex. 

Localité : Crète au Nord-Ouest des Croutets, près Sou- 
graigne ; sous-étage Santonien. 


BoTRioPyGus ATAXENSIS Cotteau, 1877. 


Cette espèce décrite et figurée dans la Description des 
Echinides crétacés des Petites Pyrénées et des Corbières 
(p. 647, pl. XVII, fig. 4, 7), n’est toujours connuc que par 
l'unique individu recueilli par M. Roussel dans le Cé- 
nomanien de Padern. On ignore toujours les caractères 
de son péristome el sa position générique exacle reste 
problématique. | 


PayizoBrissus Boriesr Lambert. 
(PI. IN, fig. 17, 19). 

Espèce de moyenne taille, mesurant 15 millimètres de 
longueur sur 13 de largeur et 9 de hauteur, ovalaire, plus 
élargie en arrière qu'en avant; face supérieure renflée 
surtout vers les bords, simplement convexe et non caré- 
née en dessous : péristome excentrique en avant, dans une 
dépression sensible de la face inférieure, rendue étroite 
par la convexité des bords ; ce péristome est entouré de 
faibles bourrelets et de phyllodes peu développées. Apex 
à quatre pores génilaux, excentrique en avant; pétales 
étroits, ouverts, égaux, composés de pores oblongs, les 


is 


externes à peine plus longs que les internes et disposés 
par paires nettement conjuguées. Périprocte peu déve- 
loppé, assez haut, supramarginal, presqu’à fleur du test 
et s'ouvrant au sommet d'un léger sillon, qui disparait à 
l'ambitus. 

Cette intéressante petile espèce ne saurait être confon- 
due avec aucune autre, en raison de ses caractères mixtes, 
qui la placent à la limile entre les vrais Phyllobr'ssus, 
à plus faibles phyllodes, avec périprocte dans un sillon 
mieux limité, ei les Catopyqus à face inférieure subcon- 
vexe, péristome à fleur du test, entouré de bourrelets bien 
développés. Le Botriopygqus ataxensis Cotteau en diffère 
par sa forme moins renflée, avec périprocte bien plus 
large, marginal et échancrant le bord, et par ses pétales 
tendant un peu plus à se fermer. 

Localité: L'unique individu, dont M. Bories a bien 
voulu enrichir ma collection, a été recueilli par lui à Ia 
Montagne des Cornes, à la base des couches à Hippuri- 
tes du flanc Sud avec le petit Pseudopyrina resté indéter- 
miné ; sous-étage Campanien. 


OooPyaus Savixt Lambert, 1902 


J'ai donné la descgiption et des figures de cette espèce 
dans la Note de Savin: Note sur quelques Échin'des du 
Dauphiné et autres régions, p. 6, pl. 111, fig. 6, 10, et 
il me paraît superflu d'y revenir, sinon pour indiquer que 
l'espèce comparée sous le nom de O. pyrifornus n'est 
pas le O. piriformis Leske (Echinites), mais mon 0. 
gracilis. Je ne puis d'ailleurs, au sujet de cette espèce et 
des caractères du genre, que renvoyer à mes précédents 
travaux: Liste critique des Echinides du Calcaire à Bau- 
clites du Cotentin, p. 15 et suiv. {Caen 1909) et Descr'p- 
tion des EÉchin'des crétacés de la Belgique, p. 56 et sui- 
vantes (Bruxelles 1911). | 

C'est par erreur également que dans la Note de Savin 
cette cspèce a été attribuée au Turonien. Elle a bien été 
rencontrée au Nord du petit Lac, mais sur le flanc gau- 
che de la partie haute du vallon de la Douce, au pied de 


== Ab 


la barre calcaire ci-dessus décrite et dans les couches 
supérieures des marnes à Micrasler corbar'cus, du sous- 
étage Santonien. 


CLYPEOLAMPAS ovuM Grateloup 


(Galerites) 1836. 
(PL II, fig. 4, 5). 


Galerites ovum GRATELOUP : Oursins foss. de Dar, p. 5, pl. 2. fig. 5. 


— 1836. 

Conociypus — p'OnBiäny : Paléont. franr., (Crét. VI, p. 349. pl. 
948. — 1856. 

Conoclypeus — Toucas : Bull. S. 6. D. F., 3° sér. T. XXIV, p. 613. 
— 1896. | 


L'individu de Sougraigne que j'ai sous les yeux me- 
sure 38 millimètres de longueur sur 32 de largeur et seu- 
lement 24 de hauteur ; il est donc beaucoup moins élevé 
que le type de la Paléontologie française (Crét. VI, pl. 
948) et sa forme plus déprimée le rapprocherait un peu 
du C. perovalis Arnaud (Conoclypeus) du Campanien ; 
mais il n’en a.ni la partie apicale subconique m'la dou- 
ble rangée de granulcs sur les crètes qui, dans les péta- 
les, séparent les paires de pores. Je ne vois donc aucune 
raison pour ne pas confirmer la détermination de C. 
ouum qui m'a élé donnée par M. Toucas et sous laquelle 
il figure dans les collections de la Sorbonne. Il ne sau- 
rait d'ailleurs être distingué d'un individu parfaitement 
typique que j'ai sous les yeux et qui provient du Santo- 
nien supérieur {N 2 des Charentes. 

Peut-être cet individu de Sougraigne est-il celur qu 
avait été jadis provisoirement rapporté au C. peroval's? 
Mais, comme nous venons de le voir, cette désignation; 
ne saurait être maintenue. 

Localité: Sougraigne ; paraît d'après la roche provenir 
d'un banc de calcaire gréseux gris semblable à ceux avec 
Placenticeras syrtale du bas de la montée des Croutels : 
couches supérieures de l’étage Santonien. 


(0 Bull. S. G. d. F. 3 sér. T. XXIV. p. B4. 


— 155 — 


CLzyrEeoLaMmpas Toucasi Lambert. 
(PI. TE, fig. 1, 3). 


Conoclypeus ovum Toucas (non Grateloup) : Bull. Soc. G. d. F. 3" Sér. 
T. XXIV. p. 613-1896. 


Espèce de moyenne taille, mesurant 28 millimètres de 
longueur sur 23 de largeur et 18 de hauteur, un peu allon- 
gée, arrondie en avant et en arrière, où elle est légère- 
ment plus large qu'en avant ; face inférieure plane ; tace 
supérieure renflée, subconique, non carénée, avec apex 
peu excentrique en avant, beaucoup moins que le péris- 
tome. Ambulacres à pétales assez longs, étroils, subfle- 
xueux, dont les paires de pores sont séparés par une crèle 
avec un seul rang de granules. Périprocte marginals 
oblong et transverse ; zone sternale étroite ; floscelle bien 
développé, analogue à celui du C. ovum. 

On ne saurait cependant confondre l'espèce avec ce 
Clypeolampas ‘ovum Grateloup {Clypeaster), plus haut, 
à sommet plus arrondi, péristome moins excentrique cet 
pétales plus courts, droits, plus réguliers. C. peroval's 
Arnaud (Conoclypeus), qui a été cité par M. Toucas à 
Sougraigne, diffère nellement de notre espèce par sa forme 
plus large, son péristome beaucoup moins excentrique 
en avant, ses pétales plus droits. 

Localité: Sougraigne ; provient d’après la roche d'un 
grès ferrugineux, analogue à celui qui, dans la montée 
des Croutels, sert de base aux couches à Hippurites avec, 
d'après M. Toucas, Ac{inocamax Grossouvrer. Cette cou- 
che appartient probablement déjà au sous-étage Campa- 
nien. 


IloLasTEr NopuLosus Goldfuss 
(Spalanqus) 1826. 

M. Carez. dans son Livret-Guide des Pvrénées, a cilé 
cette espèce dans le Cénomanien des sources de Ia Sals 
(p. 29. Ne l'avant pas rencontrée moi-même dans les 
Corbières, je lui laisse la responsabilité de cette cilalion. 


15 


— 156 — 


Horasren TREcENsSIS Leymerie. 1842 


Je n'ai jamais vu aucun individu de cette espèce pro- 
venant des Corbières, mais M. de Grossouvre l'a indiquée 
dans le Cénomanien, tantôt sous ce nom de frecens's à 
GCubières {1), tantôt sous celui évidemment erroné de 
Holaster tercensis à Parahou ‘2 ct à Cubières ‘3. 1 
attribue cette dernière et malencontreuse détermination 
à Gauthier, mais il est impossible que ce savant spécia- 
liste ait commis une pareille méprise et confondu l'H0- 
laster du Cénomanien de Troyes avec l'espèce non figurée 
du Sénonien de Tercis, établie sur un individu écrasé et 
que Cotteau supposait Ffasciolé : 41. M. le professeur Men- 
gaud, de Toulouse, vient d'ailleurs de retrouver aux envi- 
rons de Santander (Espagne) le Cardiaster tercensis, 
qui, très voisin du C. æquiluberculatus Cotteau, en diffère 
par son apex moins excentrique et la partie subpétaloide 
de ses ambulacres pairs sensiblement plus longue. Evi- 
demment M. de Grossouvre avait inexactement copié le 
nom inscrit par Gauthier et il nv a pas à temir compte 
de cette citation d'un ZZolaster tercens's, résultant d'une 
simple erreur typographique. 

Localités : Parahou près Saint-Louis, Cubières ; étage 
Cénomanicen. 


CARDIASTER INTEGER Agassiz 


(Holaster) 1847. 


SYNONYMIE 
Holaster integer AGassiz : Calaloque raisonné, p. 134. — 1843. 
= — D'ORBIGNY : Prodrome de Paléont, WW, p.200.— 10. 
— — D'ORBIGNY : Paléont. frane., Crèt. VI, p. 18, pl. 
851. — 1853. 


(1) Recherches sur la Craie Supériewr'e. — Stratigraphie générale. 
fase. 1, p. #41 — 1901. 

(2) Hameau de la commune de St-Louis, dans la partie haute de la 
vallée de la Blanque. 

(3) Bull. S. 4. d. F3 sér. T. XXE, p. 287 et 291 — 1893. 

(#1 Cotteau : Echin. [uss. des Pyrénées, p. 48 — 1863. 


— 197 — 


— latissimus D'Anciac : Bull. S. (4. D. F., 2° sér. T. XI, 
p. 196. — 1854. 

— integer LryMERIE et Correau : Calal. des Echin. foss. des 
Pyrénées, p. 350. — 1856. 

— — Desonr : Synopsis des Echinides, p. 341. — 1858. 

— — D'ARCHIAC : Les Corbières, p. 359. — 1849. 

— — + CoTTEAU : Erhin. foss. des Pyrénées, p. 47. —- 1863. 

— — PÉRON : Bull. S. (4. D. F., 3° sér. T. V. p. 527. — 
1877. 

— Trigeri DE LAcviviErR (nomen nudum)j: Bull. S. (5. D.F. 
3° sér. T. V, p. 538. — 1877. 

— integer CoTTEAU : Etudes sur les Erhin. f[oxs. de l'Yonne, 
p. 489. — 1878. 

— — HÉBERT : Bull, S. 4. D. F., 3 sér. T. VI, p. 319. 
— 1878. 

— — Toucas : op. cit. T. VIII, p. 46, 554, 58. — 1880. 

— Trigni  Roussez {nomen nudum) : op. cit. T. XV, p. 619 
— ANS. 

— integer Toucas : op. cit. T. XXIV, p. 613. — 1896. 

— — DE Grossouvre : Recherches sur la Craie sup. 
Strat. gén., fasc. 1, p. 444. — 1901. 

— — PÉRON : Bull. S. 6. D. F., &° sér. T. F, p. 520. — 
1902. 


Cette grande espèce, connue par le moule P. 96, par- 
faitement décrite et figurée dans la Paléontologie tran- 
caise (Crét. VI, pl. 851), peut être considérée comme ca- 
ractéristique des marnes à W'craster corbaricus dans Îles 
Corbières. Longtemps elle à été regardée comme dépour- 
vue de fasciole ; mais j'ai pu en recucilhr à Sougraigne 
des individus bien conservés montrant très nettement la 
présence de cel organe. Cette découverte entraine néces- 
sairement Île rejet de espèce dans le genre Cardiaster. 

Divers auteurs l'ont signalée à tort dans la Craic blan- 
che du bassin de Paris, où elle est remplacée par Holas- 
ter placenta Agassiz, moule M. 2, presque dépourvu de 
sillon antérieur et sans fasciole. Cotteau a démontré en 
1878 l'erreur de la confusion des deux espèces, que Pé- 
ron a persévéré à réunir malgré l'opposition d'iébert. 
D'Archiac avait lui-même abandonné l'attribulion du Car- 


— 158 — 


diaster inleger au Holaster lal'ssimus, proposée par lu 
en 1854. D’après Péron, le Cardiaster integer Se retrouve- 
rait avec Micraster arenatus Sismonda, 4. Matheron: 
Desor et Mortoniceras texanum dans le Santonien des Al- 
pes-Maritimes. - 

Localités: Vallon de la Douce, vailon de Bordeneure. 
Faviès à Rennes-les-Bains, vallon de la Coume, flanc 
gauche de la vallée de la Sals à Sougraigne, col du Li- 
nas, Bugarach, Soulatge. 


Ecnocorys Gravesi Desor 


(Ananchytes) 1847. 


Cette espèce, dont j'ai indiqué les caractères dans ma 
Monographie du genre Echinocorys, p. 48, pl. 1, fig. 
12, 15, se rencontre dans la partie inférieure des marnes 
à Micraster corbaricus. 


Localités : Vallon de Bordeneuve, Faviès à Rennes-les- 
Bains, Sougraigne ; sous-étage Santonien. 


Ecanocorys vurcanis Breynius, 1732. 


Celle espèce bien connue, à tubercules plus développés 
et flancs plus déclives que la précédente et dont j'ai égi- 
lement donné une descriplion très détaillée dans ma Mo- 
nographie du genre Echinocorys, p. 51, pl. 1, fig. 10. 
17, a été signalée dans les Corbières dès 1854 par d'Ar- 
chiac, comme variété de l’Echinocorys ovatus Leske, qu 
est en réalité une autre espèce, caractéristique de ni- 
veaux plus élevés de l'étage Sénonien. Péron a justement 
rapporté les individus par lui recucillis près de Rennes- 
les-Bains à Ha variété str'ata. 

Localités: Vallon de la Doucc, vallon de Bordeneuve 
à Rennes-les-Bains, col du Linas, cité aussi par M. ‘Lou- 
cas à Sougraigne ct à Soulalge ; marnes à icrasler cor- 
baricus du sous-étage Santonien. 


— 159 — 


EciNocoRYs GIBBUS Lamarck 
(Ananchytes) 1816. 


Je crois devoir rapporter à cette espèce un individu 
recueilli dans les marnes à M'craster corbaricus du val- 
lon de la Douce. Malgré son état de déformation il pré- 
sente bien les caractères que j'ai attribués à l'espèce 
dans ma Monographie du genre Echinocorys, p. 59%, pl. 
IT, fig. 2, 6. C'est probablement cette même forme que 
M. Toucas a désignée au même point sous le nom d’£. 
ovatus Leske, espèce qui caractérise, comme je viens de 
le dire, un niveau sensiblement plus élevé de l'étage Sé- 
nonien. 


-  ÉPIASTER DISTINCTUS Agassiz 
(Micraster) 1840. 


Cette espèce a élé.citée par M. Roussel dans le Céno- 
manien de J'anticlinal de la Ferrière (Butl. S. G. d. F. 
3e Sér. T. XV, p. 626) et cette détermination a éte con- 
firmée par Cotteau dans son Catalogue des Echinides des 
Petites Pyrénées et -des Corbières. 

Localités : Padern, Saint-Julia-de-Bec ; étage Cénoma- 
nien. 


MicRASTER ConBARIGUS Lambert, 1895. 


SYNONYMIE SOMMAIRE 


Micraster brevis (pars) Desor : Catul. raisonné, p. 130 (er locis, 

non typo}, — 1811. 

— coranguinum (pars) p'OnRBiGNy : Pal. Franc., Crét. VI, 
p. 207, pl. KG8, fig. 1, 2 (fantum). — 1853. 

— brevis np ArcHIAC : Bull, S. 4. D. F., 2 sér. T, XI, p. 1%. 
— 1854. 

— — (pars) Deson : Synapxis des Echinides, p. 36%.— 1858. 

— —  p'Ancuiac: Les Corbières, p. 359. — 1859. 

— gibbus n'Arcurac (non Lamarck) : op. cit, p. 359. — 1859, 

— cortestudinarium CoTrEAU (non Goldfuss): Echin. foss. des 
Pyrénées, p. 55. — 1863. | 


— 160 — 


Micraster brevis QUENSTEDT : Die Echiniden, p. 655, Taf. 88, fig. 18. 
— 1874. 
— —  PÉRON : Bull. S. GC. D. F., 3 sér.T. V, p. 5233. — 1N71. 
— gibbus PÉRoN (non Lamarck) : Op. Ci. 
Spatangus brevis BayLe : Foss. principaux des terrains, pl. 156, tig. 
5, 6. — 1878. 
Micraster (spec. ind.) HéBEerT : Bull. S. G. D. F., 3' sér. T. VI, p. 34. 


— 1878. 
— brevis Toucas : Bull. S. G. D. F., 3° sér. T, VIE, p. 51. — 
1880. 


— gibbus Toucas (non Lamarck) : op. cit. 
— brevis CoquanD : Bull. Acad. d'Hippône, n° 15, p. 235. — 


1880. 
— — WRiGur: Brit. foss. Echin., p. 339, pl. 35, fig. 3. 
| — 1881. 
— —  Correau : Bull. S. GC. D. F., 3 sér. T. XV, p. 660. 
— 1887. 


— —  CoTTEAU : Echin. d'Aragon, p. 3. — 1R8K9. 
— corbaricus LAMBERT : Monog. du genre Micraster, p. 231. 


— 1895. | | 

— brevis Toucas : Bull. S. G. D. F., 3° sér. T. XXIV, p. 613. 
— 1896. 

— corbaricus DE GROSSOUvVRE : Stratig. Craie sup., fase. 1. 
p. 444. — 1901. . 


— —  DacLont : Etude yéol. des Pyrénées de l'Aragon, 
p. 236, 238. — 1910. 


Après la description très complète que j'ai donnée de 
cette espèce, je crois superflu d'y revenir. Elle est d'ail- 
leurs bien connue de toutes les personnes qu ont par- 
couru les Corbières et il suffit de rappeler qu'elle a été 
très longtemps confondue avec le Mic. brevis essentielle- 
ment créé par Desor en 1847 pour le Spatangus g'bbus 
Goldfuss (non Lamarck) de la Craie de Paderborn. C'est 
à Hébert que revient le mérite de l'avoir distinguée com- 
me cspèce particulière, mais il avait négligé de hu don- 
ner un nom. 

La forme commune et typique de l'espèce a été par- 
failement figurée par Bavle dans ses fossiles principaux 
des terrains ‘pl. 156, f. 5). Elle est remarquable par 
son test large et renflé, son ambitus arrondi, à peinc 


— 161 — 


échancré en avant par un sillon atténué, par sa face in- 
férieure convexe, son péristome assez éloigné du bord, 
non recouvert par une lèvre saillante. L'apex est faible- 
ment excentrique en avant, les pétales pairs sont longs, 
droils, à peine excavés, avec zone interporifère plus ou 
moins divisée par une rainure centrale et dont les fins 
granules tendent à se grouper en bourrelet Sur chaque 
primaire. Le pétale impair plus étroit est composé de 
pores hétérogènes, les plus voisins de l'apex encore égaux, 
séparés par un granule, les autres conjugués, allongés 
dans les rangées externes. Les zones périplastronales sont 
finement granuleuses, avec quelques tubercules scrobica- 
lés, épars, plus petits que ceux des aires voisines. Le fas- 
ciole assez net est étroit sur le plastron et parfois s'y obli- 
tère. 

A côté de cette forme on trouve plus rarement une va- 
riété polygonale, déjà figurée par Bayle ‘pl. 156, fig. 6). 

D'autres individus constituent une variété renflée, sub- 
globuleuse, comme celle figurée dans la Paléontologie fran- 
çaise (pl. 868, fig. 1, 2). 

Quelques-uns assez hauts, subconiques, ont été jadis 
confondus par Péron et M. Toucas avec le WMicraster gib- 
bus, dont ils n'ont jamais les flancs déclives, ni la lèvre 
sternale saillante, recouvrant le péristome. 

Une autre variélé. un peu moins cireulaire, moins large 
“en arrière. avec labrum un peu moins court, a été parfois 
rapportée au Mic. coranguinum, dont elle se distingue 
par son sillon plus atténué, les pores beaucoup plus rap- 
prochés de son pélale impair et ses zones périplastrona- 
les garnies de granules plus fins, non anastomosés. Le 
Mic. coranguinum malgré la cilalion donnée par Péron, 
est donc une espèce à raver de la liste des Echinides des 
Corbières. | 

Enfin, on observe chez Mic. corbar'cus, comme chez 
beaucoup de ses congénères, des individus dont les péta- 
les deviennent complètement superficiels. 

La taille de l'espèce varie naturellement avec Fâge des 
individus, mais presque tous sont adultes et les jeunes 


— 162 — 


restent très rares. J'en ai cependant recucilli un à Sou- 
graigne, qui ne mesure pas plus de 20 millimètres de lon- 
gucur ; ses pétales sont encore très courts, superficiels et 
l'impair est encore différent des autres. 

Bien que l'espèce ait élé jadis confondue par d Orbigny 
avec le Mic. coranguinum et par Cotteau avec le Mc. 
cortestudinarium, elle appartient à un groupe très diffé- 
rent, plutôt subglobuleux que cordiforme et dépourvu de 
grande lèvre sternale. Ses analogies avec le véritable H'c. 
brevis et [es formes voisines, comme mon M'c. :caunensis, 
sont plus réelles ; mais chez le premier le sillon est plus 
profond en dessus et le fasciole plus complètement obli- 
téré ; chez le second l'apex est plus excentrique, les zo- 
nes interporifères sont plus régulièrement granuleuses, 
les périplastronales plus tuberculeuses ; l'un et l'autre 
enfin ont Icurs pétales bien plus courts. 

On a voulu également rapprocher du fic. corbaricus 
les Mic. arenatus et Mic. latus Sismonda, mais chez ce 
dernier le sillon est bien plus large et plus profond, l'am- 
bulacre impair est différent des autres et les zones inter- 
porifères des pétales pairs sont plus développées. W'c. 
arenatus, plus voisin, a cependant son sillon antérieur 
plus accentué, une carène postérieure moins atténuée, son 
péristome un peu plus rapproché du bord. Mic. Lartet 
Munier Chalmas, de la Catalogne, ressemble sans doute 
davantage au Mic. corbaricus, mais, comme je l'a déjà 
dit, 11 m'a paru s'en distinguer par ses pétales moins 
longs, l’impair différant davantage ‘des autres et son pé- 
riprocte situé constamment plus haut. M'c. tercens's Cot- 
leau plus globuleux a ses pétales plus courts et plus brus- 
quement cxcavés, ce qui lui donne une physionomie très 
différente. Enfin, j'indiquerai plus loin les caractères 
qui ne permettent pas de confondre Mic. corbar'cus avec 
son compagnon, It Mic. Matheroni. 

On trouve dans la province espagnole de Santander un 
Micraster de forme renflée, qui offre plus de rapports 
peut-être avec le Mic. corbaricus, dont il pourrait bien 
être le représentant dans cette région occidentale. 11 en 


— 163 — 


diffère toutefois par sa forme plus globuleuse, sa tace 
postérieure plus rentrante, ses zones périplastronales plus 
régulièrement granuleuses, surtout son péristome plus 
rapproché du bord avec labrum un peu plus saillant et 
son apex, dont le madréporide lend davantage à se pro- 
longer en arrière. 


Localités : L'espèce est partout très abondante dans les 
marnes dites à Echinides qu'elle caractérise, particuliè- 
rement dans le vallon de la Douce, sur le flanc droit de 
celui de Bordeneuve, au col de Faviès, en amont de Sou- 
graigne sur le flanc gauche de la vallée de la Sals et au 
col du Linas ; l'espèce se trouve encore au fond du vallon 
de la Coume, au pied de Rennes-le-Château, à Sant- 
Louis, à Camps et à Soulaige ; marnes à Micraster du 
sous-étage Santonien. 

En dehors des Corbières le Micraster corbar'cus a éte 
signalé au Beausset (Var), puis par M. Carez sous le nom 
de Mic. brevis dans T’Alava (Vitoriano) et en Catalogne 
(Boixals\, par Gauthier en Algérie ‘Chettabah) et en Tu- 
nisie (Djcbel-Djebba) ; M. Mengaud vient de le trouver 
aux environs de Santander : Cotteau l'avait signalé sur di- 
vers points en Aragon, où M. Dalloni vient de le retrouver 
à la Sierra de Cotiella et dans le massif du Turbon. 


MicrasTer MaTHeroxt Desor, 18/7. 


Celte espèce très renflée et remarquable par sa grande 
taille atteint 90 millimèlres de longueur sur 88 de lar- 
geur (1). Elle a été parfaitement décrite et figurée par 
d'Orbigny dans la Paléontologie française ‘Crét. VE, p. 
203, pl. 861 et 865. Péron, qui devait cependant bien la 
connaître et l'avait citée en 1877 à Rennes-les-Bains 
(Bull. S. G. d. EF. 3° Sér. T. V, p. 5261, a paru depuis 
disposé à la confondre avec Mic. arenatus Sismonda ‘Bull. 


(1) Ce grand individu, comme la plupart de ceux des Corbiéres, est 
accidentellement déprimé ; un autre, du Crétacé de Nice, mesure 80 
millim de longueur sur 38 de largeur et 60 de hauteur. 


— 164 — 


S. G. d. F. 4e Sér. T. I, p. 519). Le savant géologue 
venait cependant de reconnaître que Mic. arenalus, à 
ambulacre impair à peu près semblable aux autres, était 
un Gibbaster, tandis que Mic. Matheron: n'en cest pas un 
et n'appartient pas à 1a même section du genre. Sa pro- 
position inexplicable ne saurait donc être acceptée. 

On sait que Coquand avail voulu créer, aux dépens du 
Mic. Matheront du Beausset, une prétendue espèce nou- 
velle, son Æpiaster Michaletr {1) établi sur de simples 
débris et, comme je l'ai déjà indiqué, sans aucune valeur 
(Monog. du G. Micraster, p. 188). 

C'est encore selon moi le Mic. Matheron!' que Cotteau 
a cité à Bugarach, d’après M. Roussel iBull. S. G. d. F. 
3e Sér. T. XV, p. 660), sous le nom de Mic. Hebertt de 
Lacvivier. Jamais, en effet, ni Péron, n1 MM. ‘loucas et 
de Grossouvre, ni aucune des diverses personnes qui ont 
le plus soigneusement exploré la région de Bugarach nv 
ont rencontré le Mic. Heberti, qui est un Gibbasler, tan- 
dis que le Mic. Matheron', que Cotteau ne cite même pas 
dans son Catalogue, n'est pas rare dans les grands affleu- 
rements de marnes à Echinides, qui dominent Île vil- 
lage vers le col du Linas. Ces prétendus M'c. 1lebert' de 
Cotteau sont de toute évidence de jeunes H'c. Matheron. 
Sans doute, M. Toucas à depuis cité à son tour M'c. 
Heberti dans le vallon de la Douce avec le Cardiaster °n- 
teger ‘Bull. S. G. d. EF. 3° Sér. FT. XXIV, p. 606. Mais 
il s'agit de sa part d’une énuméralion empruntée à d'au- 
tres auteurs et non d'espèces recueillies par lui-même, 
puisque M. Ieberti voisine dans cette liste avec £cluno- 
conus conicus, qui n'appartient pas davantage à la ré- 
sion de Rennes-les-Bains. M'craster Heberlr doit donc 
être rayé de Ja liste des Echinides de la partie étudiée 1c1 
des Corbières. | 

Le Micraster Matheron: dont les jeunes individus ne 
sont pas très rares aux environs de Renncs-les-Bains. se 
distingue toujours facilement du M'c. corbaricus par Sa 


(1) Etudes supplém. sur la Paléontologie algérienne, p. 279 — 10. 


— 165 — 


taille plus forte, son péristome plus excentrique en avant, 
son périprocte s’ouvrant plus haut, ses pétales pairs pro- 
portionnellement moins longs, avec zones interporifères 
moins accidentées, finement granuleuses, surtout par son 
ambulacre impair différent des autres, très long, étroit, 
composé de pores à peine inégaux, séparés par un gra- 
nule, souvent un peu obliques entre eux et disposés par 
paires scrrées. 

Localités : Vallon de la Douce près de Rennes-les-Bains, 
Rennes-le-Château, col du Linas, cité aussi par M. de 
Grossouvre au col de Cuguillou et par M. Toucas à l'Est 
de Sougraigne ; couches à Micraster corbar'cus ; sous- 
étage Santonien. | 


MICRASTER CARENTONENSIS Lambert, 1895. 


J'ai établi cette espèce, dans ma Monographie du genre 
Micraster (p. 2140), pour une forme, surtout fréquente 
dans les Charentes, mais se retrouvant en louraine et que 
Cotteau, dans ses Echinides de la Sarthe, avait décrite 
et figurée (p. 324, pl. 95, fig. 1, +# sous le nom de H'c. 
laxoporus, qui est une espèce différente, spéciale à la 
tranchée de la Rousselière. 

M. de Grossouvre a recueilli un individu du fic. ca- 
rentonensis dans le vallon de la Douce, à la partie su- 
périeure des marnes à Wicraster corbar'cus ; sous-élage 
Santonien. 

ÎTEMIASTER MINIMUS Agassiz 
(Micraxter) 1840. 

Cotteau a signalé cette espèce dans l'étage Albien au 

Bézu, commune de Saint-Just. 


IEMIASTER BUurFo Brongniart 
palanqus) 1N22. 

C'est M. Roussel qui a signalé cette espèce dans le Cé- 
nomanien de lanticlinal de La Ferrière, Sa presence v 
semble en effet très probable ‘Bull. S. G. d. EF. 3° Sér. 
T. XV, p. 626). | 


- 


— 166 — 


Hemiasrer Desoni Haime, 1854. 


Hemiaster Desori HaiME. in d'Archiac : Bull. S. 6. D. F., 2 sér. T. NE, 

p. 198, 238, pl. 1, fig. 6. — 1854. 

— Desorii Deson : Synopsis des Echin., p. 369. — 1858. 

— Desori Correau : Echin. des Pyrénées, p. 60. — 163. 

— Gauthieri Toucas (non Péron) : Bull. S. G. D. F., 3° sér. 
TT. VIE, p. 45. — 1879. 

— Desori PÉRON : op. cit., p. 100. 

— Gauthieri RousseL (non Pérou) : op. cit., T. XV, p. 626. — 
1887. 

— Leymeriei Roussez (non Desor) : op. cit. 

— Gauthieri Correau (non Péron) : op. cit. p. 659. — 18N7. 

— Leymeriei Correau (non Desor) : op. rit. 

— Gauthieri DE GRossoUvRE (non Péron) : Stralig. Craie sup, 
fase. 1, p. #42. — 191. 

— Desori Savinx : Notes sur quelques Echin. du Dauphiné et 
autres régions, p. 2. — 1902. 


Hemiaster  Desori, ‘décrit et figuré dans la Note de 
d’Archiac sur la Géologie des environs des Bains de Ren- 
nes, à été attribué à cet auteur par Cotteau. C'était une 
erreur dans laquelle Desor n'était pas lombé (Synopsis, 
p. 369) et on doit avec lui tenir compte de la Note de 
d'Archiac, qui attribue positivement (p. 205) la déter- 
mination et la description de ses Echinodermes à J. 
Haime. 

Le gisement du tvpe de cette espèce donna lieu à une 
difficulté dont ne se sont pas préoccupé les auteurs qui 
Tont citée. Dans Ia description des espèces nouvelles 
celle du 77. Desort est donnée sous le titre: Assise des 
Calcaires à Echinodermes, N° 8. Mais dans la nolice 
straligraphique où chaque espêce est énumérée par as- 
sise. il nen est fait aucune mention pour cette couche 
N° 8. H. Desori esl seulement cité dans les calcaires 
noduleux el marnes jaunâtres, bleues à l'intérieur, Nos 
14 el 15. c'est à dire dans l'assise marneuse du Turonten., 
au-dessous des calcaires à Rudistes de cet étage. 

Dans ces conditions, on peut se demander si le type du 


— 167 — 


H. Desori est la forme des marnes turoniennes, ou celle 
des bancs à Phymosoma Archiaci base des marnes à 
Echinodermes, ou enfin le petit /Zem'aster des marnes à 
Micraster. Les auteurs ne nous fournissent aucun rensei- 
gnement pour la solution de cette question. Cotteau avail 
cité jadis 77. Desor:' sans indiquer son niveau précis. Si 
Peron finit par le mentionner en 1879, c'est pour le con- 
fondre avec une forme très différente, Perraster Verneuïl!, 
comme M. Toucas l'a depuis confondu avec H. Gauthier:. 
J'ai dû alors rechercher sur place des éléments nouveaux 
de décision. Malheureusement, je n'ai pu retrouver aux 
Bains-doux, dans les calcaires marneux où d'Archiac l'a- 
vait rencontré, le 1. Desorti ; mais dans les marnes turo- 
niennes, inférieures aux calcaires à Aippurites resectus, 
du ravin des Capilaines, j'ai recueilli de petits Hemuaster 
qui se rapportent exactement à la description et aux fi- 
gures de Haime. Dans le Coniacien à Phymosoma Ar- 
chiact on trouve d’autres petits Hem'aster que M. ‘loucas 
a voulu rapporter au À. Gauthiert. Is n'en ont cependant 
ni la forme oblongue, ni les pétales et ils se rapprochent 
plutôt du H. Desori. Quant à l’/Zemiaster des marnes à 
Micraster corbaricus, il n'est connu que par des indivi- 
dus trop écrasés pour se prêter à une détermination pré- 
cise. 

Or, d'après Ilaime, le véritable 77. Desor: est une torme 
voisine du 77. bufo, mais moins élevé en arrière, avec pé- 
tales antérieurs pairs plus longs, plus étroits, plus pro- 
fonds et plus droits, plus rapprochés des postérieurs. 
Les figures confirment cette description comparative et, 
avec leur forme renfléc, arrondie, à peine sinueuse en 
avant, obliquement tronquée en arrière, moins haute, 
moins acuminée de ce côté que chez H. bufo, les immdivi- 
dus des marnes turoniennes sont exactement conformes 
au type de l'espèce. Leurs pétales pairs sont, comme le 
dit Haime, longs. droits, étroits, mais ces pétales ne sont 
ni plus profonds, ni plus divergents que ceux du #. 
bufo ; 1eur face inférieure est seulement un peu plus 
bomlée et leur fasciole reste indistinct, | 


+ 


s — 168 — 


Quant à l’Hemiaster du Coniacien, il diffère du type 
du Æ. Desori seulement par sa face inférieure moins bom- 
bée, ses pétales un peu plus larges et plus profonds, son 
fasciole plus distinct ; mais ces différences me paraissent 
de trop peu d'importance pour justifier une séparation 
spécifique. Sans doute, quelques individus de plus forte 
taille, mesurant 31 millimètres de longueur (au lieu de 
20), sur 29 de largeur et 22 de hauteur, s’éloignent da- 
vantage du type par leur forme plus haute, plus bombée 
en dessus, avec carène postérieure plus saillante, mais 
de nombreux intermédiaires les rattachent aux autres. 

H. Desori, ainsi largement compris, en réumssant les 
individus du Comiacien à la forme type du l'uronien, se 
distingue facilement des formes très inéquipétales du. 
groupe du H. Leymeriet. Bien qu'en aient pensé MM. 
Toucas, Roussel et Cotteau, il est très différent du 71. 
Gauthieri Péron du Sénonien de la Provence par sa forme 
moins ovale, ses pétales moins inégaux, moins étroits, 
moins superficiels. Sans doute, j'ai sous les veux quel- 
ques petits Æemiasler des Jeannots près La Bedoule 
(Bouches-du-Rhône) plus voisins du H. Desor! que le 
type figuré par Péron de son H. Gauthier: (1), mais ils 
restent bien distincts de l'espèce des Corbières par leurs 
pétales pairs plus courts, plus inégaux, plus larges et 
plus superficiels. 

Haime avait indiqué déjà les caractères qui séparent 
son A. Desori du H. bufo Brongniart ‘Spatangus). Il est 
superflu de le comparer aux espèces pourvues d'un sillon 
antérieur échancrant nettement le bord et aussi aux espé- 
ces très inéquipélales. H. Toucasi d'Orbigny plus grauu 
a sa face postérieure moins oblique, son apex plus excen- 
trique en arrière et ses pétales plus inégaux. H. lge- 


(1) Bien que décrit dans un travail sur les Echinides des Corbierex 
(Bull. S. G. d. F.3" sér. T. V, p. 521) l'A. Gauthieri n'est pas une espèce 
des Corbières. Péron le dit positivement, mais il a été mal compris de 
la plupart des auteurs qui paraissent s'être imaginé de contraire et 
ont, avec Cotteau, Roussel et M. Toucas, confondu avec lui le H. Desori. 


— 169 — 


riensis d'Orbigny est plus arrondi en avant, plus retréci 
en arrière et ses pétales plus courts, plus flexueux, sont 
plus inégaux. Savin a indiqué les différences qui exis- 
lent entre l’espèce des Corbières et son H. Lambert des 
Martigues (Notes sur q. q. Echin. du Dauphiné, P. 2, 
pl. [, fig. 12, 18 — 1902;. Mon 77. Dalloni' du Cénoma- 
nien de l'Aragon diffère du 4. Desor! par sa forme plus 
déclive en avant, ses pétales pairs plus inégaux, plus 
courts, subflexueux, moins profonds et plus larges. Parmi 
les espèces du même groupe non décrites et naturellement 
encore mal connues, 77. cadierensis Gauthier du Cénoma- 
nien est plus déclive en avant, son péristome est plus 
excentrique et ses pétales pairs plus courts sont plus 
brusquement excavés. 

Localités : Falaise des Bains-Doux à Rennes-les-Bains, 
vallon des Capitaines à Bugarach ; marnes inférieures de 
l'étage Turonien. Montferrand, Le Linas d'après M. ‘Lou- 
‘as, Soulatge d'après Cotteau ; bancs à Phymosoma Ar- 
chiaci du sous-étage Coniacien. 

Je ne puis terminer cette étude du ÆZem'aster Desor: 
sans dire un mot d'une espèce trop souvent et bien à tort 
confondue avec lui, H. Leymerie: Desor, d'ailleurs porté 
par Cotteau dans la liste des espèces de Rennes-les-Baïins. 

Il a existé et il existe encore au sujet du A. Leymer'e: 
une certaine confusion. Le tvpe (1. 43) du Turomen de 
la Touraine (Saint-Christophe) fut simplement carac- 
térisé par la brièvelé de ses pétales postérieurs (Catal. 
raisonné, p. 122). Il est donc très voisin du H. nucleus 
Desor (CF. 55) du Turonien de Thaims (Charente-Infé- 
ricure) à pétales antérieurs plus larges et plus arqués. 
D'Orbigny qui, le premier, a décrit et figuré ces espèces, 
les signale dans de nouvelles localités, mais son interpré- 
tation, la première en date et accompagnée de descrip- 
lions complètes et de figures, doit être suivie, commea 
l’a d'ailleurs suivie Desor (Synopsis, p. 372). 

A côté de ces espèces d'Orbigny à créé son H. sem'l's 
du Cénomanien de Villers-sur-Mer ct de Port des Barques, 
de forme intermédiaire entre les précédents, moins dé- 


— 170 — 


_clive en avant que H. nucleus, moins gibbeux de ce côté 
que À. Leymeriei (Pal. franç. Crét. VI, p. 229, pl. 874). 
Il crée également son H. Regulusi (op. cit. p. 248, pl. 
884) plus régulièrement convexe que les précédents et 
à apex plus excentrique en arrière, du Sénonien du Beaus- 
set. | | 

Cotteau, dans ses Echinides de la Sarthe, maintient 
les À. simil's du Cénomanien, H. Leymer'e et H. nucleus 
du Turouien, mais il y ajoute un 71. nucleus du Santo- 
nien de Saint-Paterne (p. 317, pl. 52, fig. 10, 11) plus 
renflé en avant, à pétale impair très étroit et pétales 
pairs presque droits. 

Les choses en étaient là quand Hébert fit paraitre son 
Etude critique sur un groupe d’'Hemiasters (Bull. S. tr, 
d. . 2e Sér. T. 22, p. 193 — 1865). I cherche à v 
interpréter les espèces d'après les formes retrouvées aux 
localités qui avaient fourni les types, mais en même 
temps il substitue certaines localités à d’autres, Chatel- 
lerault à Saint-Christophe et Saint-Christophe à Villers- 
sur-Mer. Ce système le conduit à des réunions tout à 
fait inattendues, comme celle des H. simil's et H. Ley- 
meriei. : 

Péron, en 1877, n'a cité H. Leymerie: que pour repro- 
cher à Hébert d'avoir confondu cette espèce avec son 
IH. Gauthier: plus ovale, moins inéquipétale et à ambu- 
lacres plus superficiels. 

Cotteau, qui évidemment tenait à ne pas contredire 
: Hébert, a pris en 1883 Île singulier parti (Echin. du 
S.-0., p. 168) de réunir sous le nom de A4. Leymertre: 
tous les Hemiaster luroniens, très inéquipétales et une 
partie de ceux du Cénomanien, tout en faisant de son an- 
cien A. similis de la Sarthe son 1. sarthens:s. 

C'est dans ces conditions et après avoir admis celte 
confuse interprétation de l'espèce de Desor que Cotteau 
cilait en 1887 7/1. Leymer'ei parmi les Echinides des Cor- 
bières (Catalogue p. 699). Il en donne une description 
en quatre lignes qui concorde d'ailleurs assez mal avec 
les caractères du {ype, qui n'est pas acuminé en arrière ; 


— 171 — 


puis il le cite d'abord à Soulatge, ensuite comme assez 
commun à Bugarach. Or, personne n'a jamais rencontre 
un Hemiaster aussi inéquipétale que 7. Leymer'e aux 
environs de Bugarach et je suis convaincu que Cotteau, 
qui réunissait alors au H. Leymerie: les formes les plus 
diverses, a confondu avec lui A. Desor', qui lui se ren- 
contre aux environs de Bugarach, mais que précisément 
Cotteau n'y cite pas. 

Cotteau cite également une espèce sénonienne, H. Re- 
gulusi, dans le Cénomanien des Corbières (Catalogue, p. 
642). On peut cependant affirmer que si la détermination 
est exacte, l'indication du gisement ne le serait pas ; mais 
si le niveau stratigraphique, indiqué par M. Roussel, est 
exact (Bull. S. G. d. EF. 3e Sér. T. XV, p. 626), c'est 
la détermination qui ne l'est pas. Cette dernière hyÿpo- 
thèse est la plus vraisemblable alors qu'il s’agit d'un 
groupe d’Hemiaster si singulièrement interprété depuis 
l'Etude critique publiée par Hébert. 

Dans ces conditions, on doit logiquement, en attendant 
de nouvelles découvertes, supprimer les 77. Rugulusr et 
H. Leymerier de la liste des Echinides des Corbières. 

Pour en finir avec cet 71. Leymer'er il convient de re- 
marquer que Gauthier a repris la question dans sa Note 
sur quelques Échinides crétacés de la Touraine. Il pro- 
teste contre les confusions proposées par Ffébert et admi- 
ses par Cotteau et montre que ‘A. simil's du Cénomariien 
se distingue facilement par ses tubercules à peine scro- 
biculés en dessus des espèces turonicnnes, À. Leymer'e: 
ct A. nucleus. Malheureusement Gauthier nous propose 
encore de nouveaux types ; un 7/7. sumid's de Briollay 
(Maine-et-Loire) se substitue à celui de Villers-sur-Mer ; 
son H. Leymeriei est du Cénomanien de Port des Barques 
et non plus du Turonien de Saint-Christophe. 

Si l’on interprète les Hemiastler de ce groupe plutôt d'a- 
près les créateurs des espèces que sur les opinions subsé- 
quentes des commentateurs, j'estime que l'on doit const- 
dérer comme espèces distinctes : 

* 19 Hemiaster similis d'Orbigny du Cénomanien de Vil- 


16 


— 172 — 


lers-sur-Mer, Port des Barques et Briollay (Pal. franc. 
Crét. pl. 874) renflé, non acuminé, à carène obtuse en 
arrière, légèrement déclive en avant, à pétales pairs an- 
Lérieurs Targes, profonds, presque droits ; tubercules à 
peine scrobiculés en dessus. — On doit lui rapporter les 
IT. Leymertei Hébert (non Desor\ ct H. sarthens's Cot- 
teau. 


2 1lemïiaster Leymerte! Desor, du Turonien de Saint- 
Christophe, Villebourg ‘Indre-et-Loire, et retrouvé à 
Uchaux (Vaucluse), figuré pl. 875, très renflé, gibbeux en 
avant, non acuminé en arrière, pélales pairs profonds. 
subflexueux ; tubercules nettement scrobiculés en dessus. 


3° {lenuaster nucleus Desor, du ‘Turonien de Thaims 
‘Charente-Inférieure), figuré pl. 876, acumine en ar- 
rière, déclive en avant ; ambulacres larges, les antérieurs 
pairs subflexueux ; tubercules scrobiculés plus dévelop- 
pés que chez l'espèce précédente. 

40 Jemiaster Regulust d'Orbigny, du Santonien du 
Beausset (Var. figuré pl. 884, régulièrement convexe en 
dessus, apex excentrique en arrière ; pétales postérieurs 
un peu moins courts que chez les précédents ; fasciole cir- 
conserivaut de moins près les pétales. 

90 emiaster Desmoulins! d'Orbignv, du Sénonien su- 
périeur de Lanquais ‘Dordogne! et de Rovan, figure 
pl. 883, diffère des précédents. par la présence dun sil- 
lon antérieur peu profond, mais distinct. 

6° Hemiaster Gautlier' Péron, du Santonien de La Bec- 
doule, ovale, avec pétales larges, superficiels, moins iné- 
gaux que chez les précédents, 

7° Nemiaster Soulier' Fallot, du Sénonien de Dieulerit. 
oblong, à apex très excentrique en arrière et large am- 
bulacre impair. 

Quant au Hemiasler nucleus Cotleau {non Desori du 
Santonien de la Sarthe, figuré pl. 52, fig. 16, 11. il se 
distingue par sa forme plus retrécie en arrière et il devra 
sans doute constituer un jour une espèce nouvelle. 


— 173 — 


PERIASTER VERNEUILI Desor 


(Hemiaster) 1847. 


Cette espèce est 1e compagnon du /lenuaster Desort 
dans le Coniacien des Corbières, mais beaucoup plus rare. 
Sa forme polygonale, l'ampleur de son sillon antérieur 
ne permettent d’ailleurs aucune confusion entre eux, alors 
méme que le second fasciole ne serait pas distinct. Ce 
fasciole latéro-sous-anal très étroit est en effet souvent 
atrophié et explique le classement répété de l'espèce dans 
le genre Hemiaster. 

J'ai toutefois sous les yeux un individu recueilh par Sa- 
vin à Soulatge et qui montre nettement ce second fas- 
ciole. 


Localités : Montferrand, Soulatge ; couches à Phymo- 
soma Archiact'du sous-étage Coniacien. 


TABLEAU 


De la Répartitlon stratigraphique des Echinides crétacés étudiés 


sax. | Ë 
ec TOSIES | 5 
| AHAAEME 
NOMS DES ESPÈCES - Ë ô E £ £ - 
<islélsisisls 
J 218 
HÈIE 
Cidaris pyrenaica Cotteau .......... far + 
—  rennensis Lb..,..................... ||) || — {+ 
Dorocidaris Defrancei Lb....... So eat _|—|— —|+ 
Balanocidaris Sorigneli Desor............,... — | + | 
— gibberula Agassiz.............. er + 
— Miquel LD: hisser eh Tr 
Cyathoridaris cyathifera Agassiz ............. —|—|—;—|+ 
Typoridaris hirudo Sorignet ......... Hoiiue ae + 
— corbarica Lb ......... ue Sie —|— 5 D à 
— pseudopistillum Cotteau..... .s.l—|—|]—)— 
— pseudosceptrifera Heb.... .... He eiT 
— hippurilum Lb ........... tft + 
Stereocidaris sceptrifera Mantell.............. ne de Es 
Tylocidaris clavigera KϾnig..............,,.. nue + 
Diplopodia rariolaris Brong.. ......... sans —|+ 
Glyphocyphus radiatus Hœningh ........., ….|—|+ 
Orthopsis miliaris d'Archiac............,..... —|—|—,+|+ | 
— Grossoutrei Lb..... sise == 
Peltastes acanthoides Demoul................ | —|+ 
Phymosoma Rousseli Cotteau........ net —|+ 
— Archiaci Agassiz........... nee + : 
— liara Agassiz.................. el US | 
Circopeltis meridanensis Cotteau ........,....——|—-i-l-i- “ 
Goniopyqus major Agassiz....... A cui Le à 
— Menardi Desmar ....... ns ES T7 
— pelrocortensis Arnaud ......... || i—|-—|— + 
Anorlhopyqus Michelini Cotteau ....... .,....|—1|+- 
Discoides subuculus Klein ........ es Sun 
— arizensis Cotteau.............,..... —| + 
— NUIRIMUS ALASSIZ........ sos... —|—|+ 
_— Archiari Cotteau.................,.—|—1—|- + 
Conulus subrotundus Mantell.......... ss. —|—|+ 
Globator Rousxeli Cotteau.........,.... ae .|—|+ 


— 2 mn ec er mn Où en Es 


sax. | £ 
hole TONIES 2 
| AAA 
NOMS DES ESPÈCES 38181815 1El 
|| lTIS 
Globator nucleus Agassiz...............,... sales re 
—  Haugi Lb......................—1—-|-—{—1— + 
— cornuum Lb................ ll — + 
Pseudopyrina atacina Cotteau................—|—|—|—|— sa 
— Toucasi d'Orb ..... sussssssssosl—|—|—|—-|— + 
— (pet nissan le) ete —|+ 
Pygaulus subæqualis Agassiz...... unes ...|— 
Nucleopygus (spec. ind.)......................1—|—|—1— + 
Botriopygus alaxensis Cotteau...........,..... = 
Phyllobrissus Boriesi Lb.....................1—1—| || —|+ 
Oolopyqus Sarini Lb.........................1—|—|— =) à 
Clypeolampas otum Gratel..................,1—1—| 1 | 14 
— Toucasi Lb...,.......,...0.0.,1[—1—|—|—| 1 1+ 
Holaster nodulosus Goldf..........-,....,... st 
—  tlrecensis Leymerie..............,..,.]—1+ 
Cardiaster integer Agassiz ..............,...,1—1—|—1 14 
Echinocorys Graxesi Desor ...........,....,..,11—{—1—|+4 
— vulgaris Breyn.........,........,1—]—|— —|+ 
_ gibbus Lamarck........ css mo l—|—|—|— {+ 
Epiaster distinclus Agassiz.............,,,,.. —|+ 
Micraster corbaricus Lb ....., ..,.. débehente —|—|—|—|+ 
—  Matheroni Desor....,....,..,.... —|—|—|—|+ 
— carentonensis Lb....,...... dire —|—|—|—|+ 
Hemiaster minimus Agassiz..............,... + 
— bufo Brongniart.................... — | + 
— Desnré Haime.... sous soso —|+1+ 
Periaster Verneuili Desor..........,.,..... .|—|—|—|+ 
2173/#1211718 


TABLE ALPHABÉTIQUE 
Des Genres et Espèces décrites ou discutées 


(LES SYNONYMES SONT EN ITALIQUE) 


pages 
Anorthopygus Michelini Cotteau................,....,....... 137 
Balanocidaris gibberula Agassiz...........,.,...........,.... * 103 
— Miquélr-Db::2:3%.584. danses anse 107 

— Sorigneti Des........ ......,,.. rss tie 103 
Botriopygus ataxensis Cott..............,. ,......,......... 152 
Cardiaster integer Agass ....... ..,....,..,.,..,.. li 156 
— lércénses Coll haine aire sed eee 156 
Ciddrs lation 'KŒnIS : 25 rus misent e nier eat 124 
— rlatimorus Quenstedt.............. hdi odeu se 105 

— claviphœænix Fraus ss. usines masse tonséesse 106 

—  cyathifera Agass..........,.,..... D 108 
= PUEYNACAMIAR ABASS ses dredisametedesschsdsets 108 

= ‘flamentosa ASasss.i sisi nest 113 
—  gibberula Agass.. eos umeveuessereosese 105 
= AUrUUU SOTIR rss tintin en <. 117 

—  Jouanneti Desm...... Rd Poser . 109 
—  Jouanneli Agass... ue see see seessesssee 108 

= Lémbérti Valette. ss sosméssdeesiuteé Bees 115 

— Mourguesi Cotl......s....ssss soso Re 106 

—  pseudopistillum Cotteau........... Midi 120 

— _ pseudosceplrifera Heb.......,,..... ess ssssssssuses 113 

—  pyrenaica Cotteau........ as eds ee 99 

—  Ramoneti Cotteau ....... A UE (LS 

—+ ‘ténnensis LD saisir desedases sis siens 99 

—  Rousseli Cotteau........... RE 117 

—  sceplrifera Mant..........,,..,,......, A 133 

—  Sorigneli Des ......,..,.........:.... A 103 

— SHDTONITIUMONMOOL Eee einen etes 100 

—  variolala Parkinson..............., RE 130 

— LeNCulost Dunmorlier sue vsadiiai test soses 99 

= -VibrayeL bb sions 116 
Cidarites Kontqi Mant, esse D 131 
—  miliaris d'Arch....... noob Strict honte 126 

= AUS Gold aa ennemie etudes 130 

— vcariolaris Brong......,................. censé 125 


— 177 — 


pages 

Circopeltis meridanensis Cott............. 7 135 
Clypeolampas ovum Grateloup................. radeon 154 
— TOUCASL ÉD Sent des EE nee. ne 155 
Conoclypus otum d'Orbigny.......... HÉtoiarie tmine . 154 
— ovum Toucas (non d'Orb........................ .. 199 
Conulus (Genre) .................... A 139 
= ‘4lbogalcrus Klcihssssssass sas 140 
— gigas Colleau........ssessscssessess, TR TT. 140 

— subrotundus Mantell ....................,,..,.... 141 
Cosmocyphus bonpis Arnaud................ A 132 
Cyathocidaris cyathifera Agass............................... 108 
Cyphosoma Archiaci Agass........................,........ 128 
— granulosum Colteau.......,....,44s4seessssss 131 

— RIDE COLE, ns sets ire eee NN das 131 

— AROUND A MASSE usines einen iudes 129 

— MIUPI TC ABASS rise aeraetiiisaitiustestés 131 

— OPNULISSEMEUM AHASS. eee esse 131 

— LT LRSTA NE OO) A PRE À SR ER ne 128 

— PU BASS monotone it needs 130 
Diplopodia variolaris Brong............ TT 125 
Discoides Archiaci Cotteau................,..,,,..,......... 139 
— arizensis Cotteau .......... sous Het ieoesdes 138 

— Minimus APASS errant ai 138 

. subuculus Nieities eue state 138 
Dorocidaris Defrancei Lb....... node noire ends 100 
Echinoconus conteus d'Archiac............. ss ssssssssessess 140 
— HS POlTON er suehe denses brasse it 140 
Echinocorys gibbus Lamarck............,,,.....,...,....... 159 
— Gravest DéSob ss cmesse  eERNden 158 

— OUI ATOM 28  aissssseeeoteses 158 

— vulgaris Breynius................ PARTS se 158 
Echinus Millbri Desmaresl:s season destine rod 130 
—  raiatus Hæœninghaus....,...................,.., vess 120 
Épiaster dISLiRCtus-A ASS: S ad eme amenant she 159 
ns. Michaletr Coquahds. ss 2eme donétaionues 16% 
Gulrriles orum Grateloup.................,................., 15% 
Globator (Genre)..................... SR .… 141 
—  cornuum Lh....... béton detre 146 

—  Haugi Lb............. tas eee iiense EL 

—  nucleus Agass.........,.........., a 143 

—  Rousseli Cott......... ...,. 143 


Ru tauroentanus Gautbhier.. ns 20000000 145 


— 178 — 
pages 
Glyphocyphus radiatus Hæninghaus....... . ......... iii . 126 
Goniopygus major Agass........,.. eue ln Hisndireo 135 
— Menardi Desmarest......................... ….. 135 
— petrocoriensis Arnaud. ...........e.....ooss.ss.e 136 
_— sulcatus Guéranger........... A 136 
Hemiaster bufo Brongniart........................ idee 165 
— Desori Haime ............ SH baleine 166 
— Desmoulinsi d'Orb ............... ........ éésusee “112 
— Gauthieri Péron..........44s....cssessesce sis 168 172 
— Gauthieri Toucas........,..... ice dns .….. 166 
— Leymeriei Desor .........,......, its ossicrerese100 172 
— Leynierier Coll .:ssisésosséesen sas sous Re 166 
—  minimus Agass......... A sb ie ‘165 
— nuclens Desor.......,... 169 172 
— nucleus Colt ses en nn illumine. tot. ..170 172 
— Regulusi d'Orb........... sérése sise: on. 170 172 
— SIMS d'OPD sers. us en .....109 171 
— Soulieri Fallot ...... Siret dés edu ane ra lee 172 
— Verneuili Des......,......... see dde 173 
Holaster integer Agass........,.. .. Ro situsenieties 7100 
— _ nodulosus Goldfuss.........,,... desc et reset 155 
—  tercensis de Grossouvre......... RE 
—  trecensis Leymerie......... sidéseneteness scene. ‘190 
—  Trigeri de Lacvivier.........., ua etes buses "197 
—  Trigni Roussel. ......... série PR TU 157 
Leiosoma meridanense Cott..... ass seen soso 135 
Micraster arenatus Sismonda ..."........s.os..ssesoosoues .<. 164 
— DreviS DeSOrissndii ein iethosduein sida 159 
— carentonensis Schr. ..............,,........... és 140) 
— CorEnqUuERAUMN Obs Sis us ssesenses tés a es … 159 
— COFDAFICOS BDs is es stande ne carie rot 159 
— cortestudinarium Cott ...... sis Re 159 
— gibbus d'Archiac ............ Has Hess ste ce en 159 
— Heberti de Lacvivier.......,........... . 164 
— Matheroni Desor .....,............ daube sussass 109 
— DETIMUUS ATASS. en esresvoossee Red t …. 165 
Nucleopygus (spec)...........,...... dois Saoteceensa “esse, 101 
Oolopygus Savini Lb..,............,... een doses Hautes 153 
Orthopsis Grossouvrei Lb ...........:....... ....... siseuees 1420 
— miliaris d'Archiac................ esse sis x 126 
Peltastes acanthoïdes Desmoulins.............,...... Messie 128 


Periaster Verneuili Des.......... reereesesenereses 173 


Phyllobrissus Boriesi Lh ................,... ......... RE 
Phymosoma Archiaci Agass ...............................e 128 
— Goldtussi SchIUter ses susiiimssimine esse 130 

— Kænigi Mantell ........... ES 133 

— magnificum Agass.........o.......s.se.es RE 

— normannum Db..:2:,3.4ecesssssesses restes 133 

— ornatissimum Agas....... PR 133 

— princeps Hagenow..............,.,..........es.e.e 132 

— Roussel Colles sienne 128 

— tiara Agass ........... Soi Dern ane 130 

— tæniatum Hagenow,...............,...., idees 132 
Pseudopyrina atacina Cott.......,........ ...,,........ .,.. 148 
— ovulum Lamarck.............. “ess des te . 151 

— (SDEL rss scenic dise 151 

— Toucasi d'Orbigny..............,,...,... TR 150 
Pygaulus sub:rqualis Agass...............,..............,,.. 151 
Pyrina (Genre): ses ii eme seins 141 
—  alaciana d'Orb........ TR 148 
=, at Colbert RP Sous 148 
—  alaxensis Cott......... CRRPEES ETES EESTI E TE EESEETTE .. 148 
—  orulum Toucas .........,..,..,.,,,,. esse 141 
—  pelrocoriensis Cott ..........,,.... .….. 145 
—  Rousseli Cott......,.... RE  . 143 
— TOUS A ONDES road eonste 150 
Rhabdocidaris Noguesi Cott .......,...... sors cs... 108 
Salenia Bourgeoisi Cott...................,, ses .sosssse.ves 127 
Spatangus breris Bayle.................... A 160 
— bufo Brongniart.........,.....,,.,..... dé osessoe 165 
Stereocidaris (Genre).......... A fntares Dobues 112 
_— Grille bb Siren es soeeinsnete Te 123 
— sceptrifera Mant ..,....,..,.s.sosesssssessessssee 123 
Tylocidaris Bargesi Cott................. sis tue sers «+ 104 
—_ clavigera Koni®.s ss ss essieu e sci 124 

— Ramondi Leymerie...............,..,.......,.,.. 104 
Typocidaris (Genre).......... irimeente sit eee tone 112 
_ Boriesi Lb ...... ess PT D 117 

— Corparica LD: henss is os 119 

— bippuritum. bus sssssstieseausnteesse nes 122 

— hirudo Soriguet...........,............ Membse 117 

. Lamberti Valette.................. er abus 115 

— pseudopistillum Gott...,..........,... ti 120 

— pseudosceptrifera Heh.....,,... SR rt. 115 122 


— royanus Schlüter............,.. M 115 


— 180 — 


EXPLICATION DE LA PLANCHE 1. 


Fic. 1. Flanc méridional de la Montagne des Cornes, montrant en 
haut les calcaires à Rudistes, inclinés de 15° vers l'Ouest et 
reposant sur un gros banc de Psammite B. que coupe le 
chemin du Lac A. vers le milieu de la figure. Toute la pente 


au dessous est recouverte de blocs éboulés des couches supé- 
rieures. 


Fi. 2. Pente de la Montagne de Sougraigne, au bas des Croutets, 
prise du côté de l'Oucst. Au second plan on voit les couches 
du grès ferrugincux fossilifère inférieures aux bancs à 
Rudistes, qui remontent vers le Nord en suivant la pente de 
la Montagne A. A. Au fond les Marnes bleues B. et les Psam- 
nites C. suivent la même inclinaison et plongent au Sud vers 

le synclinal de la Sals. 


SOCIÈTE D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L'AUDE PL. 


Fig. 1. — MONTAGNE DES CORNES. 


Cliché Louis Lambert. 
Fig. 2. — MONTAGNE DE SOUGRAIGNE SOUS LES CROUTETS. 


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SOC. D'ÉTUDES SCIENT. DE L'AUDE PL II 


£ 22 Go et = 


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Ron 
.. 
2 


FGauthier del et th. 


ÉCHINIDES CRÉTACÉS..DÉS)GOF 


— 181 — 


EXPLICATION DE LA PLANCHE II 


Fig. 4. — Typoridaris hirudo Sorignet (Cidaris), de la Bergerie 
Gravère, vu en dessus ; coll. Bories. 

Fig. 2. — Le mème, vu en dessous. 

Fig. 3. — Le mème, vu de protil. 

Fig. 4. — Radiole du Palanocidaris Miqueli Lambert, de Montferrand; 
coll. Lambert. 

Fig. 5. — Autre radiole de la même espèce et du même gisement ; 
coll. Bories. 

Fig. 6. — Goniopyqus petrocoriensis Arnaud, des bancs à Hippurites 
de la Montagne des Cornes, vu de prolil ; coll. Borics. 

Fig. 7. — Le même grossi. 

Fig. 8. — Radiole du mème, du même gisement ; coll. Lambert. 

Fig 9. — Le méme grossi. 

Fig. 10. — Fragment de radiole du Cidaris rennensis Lambert, du 
mème gisement ; coll. Lambert. 

Fig. 11 — Autre radiole de la mème espèce et du même gisement. 

Fig. 12 — Autre fragment de radiole, du méine gisement. 

Fig. 13. — Le même grossi. 

Fig. 44. — Orthopsis Grossoutret Lambert, du vallon de Bordeneuve, 
vu en dessus ; coll. Bories. 

Fig. 15. — Interambulacre du méme, vu en dessous. 

Fig. 16. — Intcrambulacre de la face inférieure d'un Orthopsis miliaris 
d'Archiac (Gidariles) de Soulatge ; coll. Lambert. 

Fig. 17. — Radiole du Typocidaris hippuritum Lambert des bancs à 
Hippurites de la Montagne des Cornes ; coll. Lambert. 

Fig. 18. — Le mème grossi. 

Fig. 19. — Circopellis meridanensis Cotteau (Leiosoma) des bancs à 
Hippurites de la Montagne des Cornes, vu en dessus; 
coll. Miquel. 

Fig. 20 — Le mème grossi. 

Fig. 21 — Le méme, vu de prolil. 

Fig. 22. — Radiole du Typocidaris pseudopistillum Cotteau (Cidaris), 
de Montferrand ; coll. Lambert. 

Fig. 233. — Le méme grossi. 

Fig. 2% — Cyathocidaris cyathifera Agassiz (Cidaris) des Marnes à 
Micraster de Sougraigne, vu de côté et montrant deux 
radioles adhérents : coll. Lambert. 

Fig. 25. — Radiole allongé de la mème espèce, de Montferrand ; coll. 


Bories. 


Fig. 
Fig. 
Fig. 
Fig. 
Fig. 


Fig. 


— 182 — 


26. — Radiole cupuliforme de la même espèce et du même gise- 
ment. 

27, — Autre radiole de la mème espèce à cupule encore plus 
évasée, du même gisement ; coll. Lambert. 

28. — Radiole du Tylocidaris clarigera Kænig (Cidaris), de Mont- 
ferrand ; coll. Bories. 

29. — Radiole du Balanociduris gibberula Agassiz (Cidaris) de 
Montferrand ; coll. Lambert. 

30. — Radiole du Tupocidaris pseudosceptrifera Hébert (Cidaris) 
du col de Faviès ; coll. Bories. 

31. — Radiole du Stereocidaris sceptrifera Mantell (Cidaris) du col 
de Faviès ; coll. Bories. 


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SOC. D'ÉTUDES SCIENT. DE L'AUDE 


F.Gauthier del et lith. 


E Duchatel. mp . Paris 


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ÉCHINIDES CRÉTACÉS DES Co 


BIÈRES 


Fig. 


Fig. 
Fig. 
Fig. 


Fig. 
Fig. 


Fig. 
Fig. 
Fig. 
Fig. 


Fig. 


Fig. 
Fig. 
Fig. 
Fig. 


Fig. 
Fig. 


Fig. 
Fig. 
Fig. 
Fig. 
Fig. 
Fig. 


Fig. 


— 183 — 


EXPLICATION DE LA PLANCHE Ill 


4. — Clypeolampas Toucasi Lambert, de Sougraigne, vu en des- 
sus ; coll. Toucas, à la Sorbonne. 
2. — Le même, vu en dessous. 
3. — Le même, vu de profil. 
k. — Clypeolampas ovum Grateloup (fulerites), du Santonien de 
Sougralgne, vu en dessus ; coll. Toucas, à la Sorbonne. 
5. — Le mème, vu de profil. 
6. — Globator Haugi Lambert, du Sénonien de Bastié (Ariège) 
vu en dessus ; coll. de la Sorbonne. 
7. — Le même, vu de profil. 
8. — Le même, vu par derrière. 
9. — Portion grossie d'un ambulacre du même. 
10. — Autre individu de la même espèce et de grande taille, de 
Saint-Sirac (Ariège), vu en dessous ; coll. de la Sorbonne. 
11. — Globator cornuum Lambert, des bancs à Hippurites de la 
Montagne des Cornes, vu en dessus ; coll. de la Sorbonne. 
12. — Le même, vu en dessous. 
13. — Le méme, vu par derrière. 
4%. — Portion grossie d'un ambulacre du même. 
45. — Globator nucleus Agassiz, des Croutets, apex grossi; coll. 
Lambert. ù 
16. — Portion grossie d'un ambulacre du même. 
17. — Phyllobrissus Boriesi Lambert, des bancs à Hippurites de la 
Montagne des Cornes, vu en dessus ; coll. Lambert. 


18. — Le même, vu en dessous. 

19. — Le même, vu de profil. 

20. — Nucleopyqus (spec. ind.) du Santonien des Croutets. vu en 
dessus ; coll. Bories. 

21. — Le méme grossi. 


22. — Le même, vu de protil. 

23. — Pseudopyrina atacina Cotteau (Pyrma), de la Montagne de 
Brens, à Sougraigne, vu en dessus ; coll. Lambert. 

24. — Le méme, vu par derrière. 


UNE CHASSE AUX INSECTES 
Dans les détritus d'inondation 


Les crues des cours d'eau fournissent à l'entomologiste un 
excellent moyen de faire sans beaucoup de fatigue des récoltes 
aussi abondantes que fructueuses. 

Les détritus de toute sorte qu'ils charrient et déposent sur les 
bords entraînent avec eux une infinité d'insectes que l'eau a 
délogés de leurs retraites et c'est parmi ces détritus, amoncelés 
souvent en tas considérables, que l'on rencontre des espèces 
venues de points très éloignés et qu'on ne saurait se procurer 
autrement. 

J'ai profité de la dernière crue de l'Aude, qui s'est produite 
le 24 mai 1910, pour recueillir et emporter chez moi une cer. 
taine quantité de détritus qui s'étaient déposés sur la rive 
gauche, en amont du Païchérou et voici ce que j'en ai retiré : 


Notiophilus #4 punctatus Dei. 
Dyschirius nitidus Schaum. 

— æneus Dej. 
Clivina collaris Herbst. 
Bembidium cribrum Du. 

— tenellum Er. 

— obtusum Sturm. 
Tachys sexstriata Duft. 

—  parvula Dej. 


—  bistriata v:gregaria Chaud. 


Perileptus arcolatus Creutz. 


Thalassophilus longicornis Sturm. 


Olisthopus fuscatus Dej. 
Abacetws Selimanni Germ. 
Amara ovatla F. 

—  familiaris Duft. 

—  bifrons Gvil. 

—  apricaria Pavk. 


—  fulva Degcer.  : 


Ophonus rutibarbis F. 
—  signalicornis Duft. 
—  hirsutulus Dej. 


Ophonus maculicornis Duft. 
Harpalus rufilarsis Duft. 
— sulphuripes Germ. 
— anxius Duît. 
Bradycellus verbasci Duft. 
Stenolophus Teutonus Schrk. 

— mixtus Herbst. 
Acupalpus dorsalis F. 
Amblystomus niger Heer. 
Lyonichus quadrillum Duft. 
Metabletus obscuroguttatus Duft. 

— foveatus Fourcr. 
Blechrus exilis Schaum. 

—  Abeillei Bris. 
Dromius melanocephalus Dej. 
Laccobius sinuatus Motsch. 
Helophorus rugosus OI. 

— porculus Bedel. 


-Gcoryssus cælatus Er. 


Chilopora rubicunda Er. 
Oxypoda opaca Grar. 
—  sericea Heer. 


— 185 — 


Oxypoda lurida Woll. 

— fuscula Rey. 
Aleochara brevipennis Grav. 
— morion Grav. 

Aleuonota macella Er. 
Colpodota sordida Marsh. 

— fungi, v: clientula Er. 
Amischa analis Grav. 
Atheta vicina Steph. 

—  atramentaria Gyll. 

—  divisa Mærk. 

—  amicula Steph. 

— ‘gra Heer. 

—  fragilis Kraatz. 
Aloconota insecta Thoms. 

— grégaria Er. 
Tachyusa nitella Fauvel. 
Falagria obscura Grav. 
Gyrophæna bihamata Thoms. 
Tachinus flavolimbatus Pand. 
Tachyporus nitidulus F. 
Conurus pubescens Payk. 
Mycetoporus Baudueri Rey. 
Quedius molochinus Grav. 

— _ picipes Mannh. 

—  obliteratus Er. 

—  rufipes Grav. 

—  semiæneus Steph. 

— _ boops Grav. 
Bisnius villosulus Steph. 

— _ procerulus Grav. 
Philonthus debilis Grav. 

— concinnus Grav. 

— nigritulus Grav. 

— varius Gyli. 


— varius v : bimaculatus Grav. 
— fulvipes, v : varipes Rey. 


= pullus Nordm. 
Othius l&viusculus Steph. 
Leptacinus batychrus Gylt 


v: linearis Grav. 


Eulissus fulgidus F. 
Xantholinus angustatus Steph. 

— tricolor F. 

Medon nigritulus Er. 
—  ripicola Kraatz. 
— _ propinquus Bris. 
— obsoletus Nordm. 

Scopæus rubidus Rey. 

—  didymus Er. 
Stenus buphthalmus Grav. 
—  subæneus Er. 
—  aceris Steph. 

Oxytelus inustus Grav. 

Bledius dissimilis Er. 

Trogophlœus Mannerheimi Kol. 

— riparius Lac. 

— exiguus Er. 

— corticinus Grav. 
Thinobius linearis Kraatz. 
Ochthephilus homalinus Er. 
Omalium cæsum Grav. 

Bryaxis hæmatica Reichb. 

—  antennata Aubé. 

—  sanguinea L. 
Bythinus pyrenæus Sauley. 
Tychus tuberculatus Aubé. 
Cyrtoscydmus collaris Müller. 
Euconnus hirticollis llig. 

— intrusus Schaum. 
Choleva cisteloides Frol. 
Nargus Wilkini Spence. 

—  brunneus Sturm. 
— _velox Spence. 

Catops fuscus Panz. 

Ptomaphagus sericeus Panz. 

Liodes sp. 

Cyrtusa pauxilla Schmidt. 

Eucinetus hæmorrhoïidalis Germ. 

Clambus minutus Sturm. 

Artbrolips æqualis Woll. 

Corylophus cassidoides Marsh. 

Rhypobius velox Woll. 


, 


— 186 — 


Atomaria nigriventris Steph. 
-  scuütellaris Motsch. 
—  pusilla Schonb. 
—  rufcornis Marsh. 
Corticaria crenulata Gyll. 


Melanophthalma truncatella Mannh. 


Amphotis marginata F. 
Monotoma quadricollis Aubé. 
Dermestes murinus L. 


Syncalypta striatopunctata Steff. 


— spinosa Rossi. 
Pedilophorus nitens Panz. 
Simplocaria semistriata F. 
Limnichus pygmæus Sturm. 

— incanus Kiesw. 
Hister 4 maculatus L. 

- _ purpurascens Herbst. 

—  mœærens Er. 

— 12 striatus Schrk. 
Carcinops minima Aubé. 
Hetærius ferrugineus OI. 
Saprinus Pelleti Mars. 

—  grossipes Mars. 
Aphodius granarius L. 

— inquinatus Panz. 
Pleurophorus cisus Panz. 
Rhyssemus verrucosus Muls. 
Triodouta aquila Lap. 
Valgus hemipterus L. 
Throscus dermestoides L. 
Drasterius bimaculatus Rossi. 
Hypnoidus pulchellus L. 

— curtus Germ. 


Hypnoidus meridionalis Lap. 
Silesis rutilipennis Illig. 
Lamprohiza Mulsanti o" Kiesw. 
Gonocephalum pygmæum Stew. 
Euglenes pruinosus Kiesw. 
Mecynotarsus serricornis Panz. 
Anthicus tenellus Laf. 

— 4 guttatus Rossi. 

—  hispidus Rossi. 
Anthicus læviceps Baudi. 

— & oculatus Laf. 

— tristis Schmidt. 
Omias concinnus Bohem. 
Trachyphlœus spinimanus Germ. 
Hypera crinita Bohem. 
Dorytomus longimanus Forst. 

— hirtipennis Bedel. 

— Dejeani Faust. 

— agnathus Bohem. 
Cossonus planatus Bedel. 
Codiosoma spadix Herbst. 
Amaurorrhinus v: narbonnensis Bris. 
Tychius pusillus Germ. 

Apion pisi F. 
Colaspidema atrum OI. 
Gastroidea polygoni L. 
Phyllodecta laticollis Suffr. 
Haltica oleracea L, 
Epithrix intermedia Foudr. 
Cassida subferruginea Schrk. 
Hyperaspis reppensis v : subconcolor ©’ Weise. 
Scymnus Apetzi Muls. 

— bipunctatus Kugel. 


Soit un total de 193 espèces ou variétés, dont un grand 
nombre sont vulgaires et de peu de valeur. Il en est cependant 
quelques-unes intéressantes ou peu communes, telles que : 
Notiophilus 4 punctatus, Bembidium obtusum, Thalassophilus lon- 
gicornis, Stenolophus mirtus, Blechrus À beillei, Helophorus rugosus, 
H. porculus, Chilopora rubicunda, Atheta divisa, À. œgra, Scopœus 
rubidus, Trogophlœus Mannerheimi, Thinobius linearis, Ochthophi- 


— 187,— 


lus homalinus, Tychus tuberculatus, Narqus brunneus. Cyrtusa 
pauxilla, Hister mærens, Hctœrius ferrugineus, Saprinus Pelleti, 
S. grossipes, Rhyssemus verrucosus, Silesis rutilipennis, Anthicus 
4 oculatus, Dorytomus hirtipennis (25). 


D'autres ne figuraient pas encore au Catalogue de l'Aude, ce 
sobt : Ophonus signaticornis, O. hirsutulus, (reoryssus cϾlatus, 
Orcypoda lurida, O. fuscula, Colpodota fungi v: clientula, Atheta 
frayilis, Tachyusa nitelia, (iyrophœna bihamata, Philonthus ful- 
vipés v: varipes, Ph. pullus, Xantholinus angustatus, Catops fuscus, 
Eucinetus hæmorrhoidalis, Amphotis marginata, Amaurorrhinus 
v: narbonensis (16). 


On voit par cette simple énumération combien il est facile 
d'ajouter à sa collection quelques nouvelles espèces ou bien de 
regarnir ses cartons de doubles en vue d'échanges ultérieurs. 


Carcassonne, 31 mai 1910. 


L. GAVOY. 


17 


DANS LA MONTAGNE-NOIRE 


Quand on remonte la riante vallée du Clamoux, en sui- 
vant le chemin de grande communication n° 12 qui conduit 
à Mazamet par Villeneuve-Minervois, Cabrespine et Pradel- 
les-Cabardés, on aperçoit, de l’un des derniers tournants, 
et un peu avant d'arriver à Pradelles, quelques maisons 
blanches se détachant sur un fond de verdure, au pied du 
Pic de Nore. Ce sont les maisons de Castans, petit village 
formé de la réunion de plusieurs hameaux, peu distants les 
uns des autres, qui portent les noms de Bourdials, Raissac, 
La Viale, La Fargue, Quintaine, Escandelle (ancien prieuré 
du monastère de Caunes) et Thérondel. 

Les trois premiers sont silués sur la même ligne, à flanc 
de montagne ; les autres sont éparpillés plus bas sur les bords 
du Clamoux. L'église paroissiale est au hameau de La Viale. 
C'est ce point élevé de la Montagne- Noire que nous avions 
choisi, M. le D' Carbou et son fils, l'ami Rebelle et moi, 
comme but d’une exploration botanique et entomologique. 

Le 21 juillet 1909, fuyant pour quelques heures la plaine 
brûlante, nous parlions de grand matin en automobile et 
franchissant allègrement les 33 Kilomètres qui séparent 
Castans de Carcassonne, nous arrivions, vers 7 heures et 
demie, au hameau ‘de Raiïissac, sans autre incident que la 
rencontre de deux paÿsans qui nous avaient pris, Je ne sais 
trop pourquoi, pour des marchands de moutons. 

Malgré la rapidité de notre allure, nous avions joui plei- 
nement des divers aspects de la vallée à travers laquelle le 
Clamoux déroule ses capricieux méandres. A celte heure 
malinale, une brume légère flottait bu-dessus de la rivière, 
cnveloppant loules choses d’un voile de gaze que le soleil 
déchirail à mesure qu'il s'élevait sur l’horizon. Villeneuve- 
Minervois nous élait apparu coquetlement assis au milieu 
des prairies el des vignes: puis ce fut Cabrespine. dominé 
par les Rocs de lAigle ct de l'Agnel, el son chäteau en rui- 


— 189 — 


nes. La brise chantait dans le feuillage des châtaigniers qui 
ombragent la route. les voix: des travailleurs partant pour 
les champs montaienl claires vers nous, tandis que tout au 
fond de la gorge encore ténébreuse grondait le Clamoux 
brisant ses eaux limpides sur les roches qui obslruent son 
cours. Et de tous ces bruits se dégageait une harmonie déli- 
cieuse qui pénélrait notre âme, cependant que nous aspirions 
à pleins poumons l'air frais el parfumé du matin. 


Notre voiture remisée, nous mellons sac au dos el nous 
voilà partis à la recherche des plantes et des insectes. Nous 
passons derrière l'église de La Viale et prenant le premier 
sentier qui se présente à nous, nous montons dans la direc- 
tion de la mélairie de Clamoux. scrutant lentement, sans 
nous presser, les moindres recoins. Nous atleignons ainsi 
sans fatigue l'altitude de 400 mètres. Un ruisseau descendu 
des flancs du Pic de Nore nous barre le chemin : c’est le 
ruisseau des Cloutels. Nous le franchissons aisément et obli- 
quant légèrement vers l'Est, nous descendons à travers 
champs et prés vers les bords du Clamoux qui prend sa 
source plus au Nord. Longtemps ses rives fleuries retiennent 
les botanistes. Puis, poursuivant notre promenade, nous 
allons au gré de notre fantaisie, sans direction bien précise, 
laissant nos regards errer sur le vert tapis des prairies dont 
l'herbe fraichement coupée exhale avant de mourir son 
parfum capiteux. L'air en est embaumé, nous le respirons 
avec délices. Aussi loin que notre vue peut s'étendre, nous 
n'apercevons aucun être vivant: pas un bruit, pas un cri 
d'homme ou d'animal n'arrivent jusqu'à nous. Le silence 
est complet, on se croirait perdu au bout du monde. Mais 
bientôt la brise nous apporte un murmure confus qui devient 
insensiblement plus distinct à mesure que nous avançons. 
C'est la chanson du ruisseau d'Aigucbelle qui court en ser- 
pentant au milieu des prés vers le Clamoux dont il est le 
premier affluent de gauche. Son nom lui est bien donné 
car on dirait vraiment de l'argent cn fusion. 


— 190 — 


Sur ses bords garnis de plantes aquatiques, des aulnes et 
des saules forment un berceau’ de verdure. L'endroit est on 
ne peut plus propice pour une halte. Vite, sacs à terre et 
vidons leur contenu. Aussi bien il est midi passé. nous 
marchons depuis plus de quatre heures, il est temps de se 
restaurer. 

Bien installés à l'ombre et doucement bercés par le 
gazouillement de l’eau, nous goùtons pendant quelques 
instants-un repos bien mérité. 

Mais le temps passe et il nous faut reprendre notre course 
vagabonde. 

Dévalant les ravins par des sentes à peine tracées au 
milieu des ajoncs et des bruyères. escaladant les croupes 
moutonnanles, nous finissons par atteindre une métairie 
qu'on appelle, je crois, la métairie Basse. Personne à qui 
parler. tout le monde est aux champs, occupé à rentrer les 
foins. À quelque distance de la ferme, en effet, nous voyons. 
au milieu d’un pré fortement en pente, une charrelte 
pesamment chargée que traînent des bœufs. Excité par les 
cris du bouvier, l'attelage, lentement maïs sûrement, tire le 
lourd véhicule dont le poids est augmenté par la pente qu'il 
lui faut racheter. Ah! les braves bêtes! Vraiment, on se 
demande ce qu'il faut admirer le plus, de leur force mus- 
culaire et de leur docilité ou de l'intelligence de l’homme 
qui a su les asservir à son usage. | 

De la métairie Basse nous gagnons un chemin qui nous 
ramène à Castans où nous allons nous rafraichir. À cinq 
heures nous remontons en voiture et deux heures après 
nous rentrions chez nous, enchantés et ravis. 

Nous avions exploré une grande partie du bassin supé- 
ricur du Clamoux el nous rapportions une belle moisson de 
plantes et d'insectes. Les botanistes pourront juger de la 
richesse ct de la variété de la flore par la liste ci-dessous 
que je dois. comme toujours, à l’amabilité de notre collègue, 
M. Rebelle. Quant à moi, j'avais recueilli une centaine d’es- 


1 


pèces de coléoplères, parmi lesquelles huit ne figuraient 
pas encore au calalogue de l'Aude : Philonthus nigrila, 
Plalysoma frontale, Ancystronycha abdominalis, Polydrusus 
amænus, Apion sorbi, Xyleborus monographus, Leplura hybrida, 
Balanomorpha chrysanthemi. Résultat très appréciable qui 
doublait le prix d'une course en montagne effectuée par 
une belle journée et en charmante compagnie. 


Carcassonne, octobre 1910. 


L. GAVOY. 


BOTANIQUE 


Ranunculus aconitifolius EL. 
Helleborus viridis L. | 
Teesdelia nudicaulis R. Br. 
Lychnis sylvestris DC. 
Drosera rotundifolia L. 
Spergula arvensis L. 
Sagina procumbens L. 
Mærhingia trincrvia Clairv. 


Cerastium erectum Coss. et Germ. 


Hypericum pulchrum L. 

— linearifolium Valh. 

— humifusum L. 
Elodes palustris Spach. 
Trifolium montanum L. 

— incarnatum L. 
Ornithopus perpusillus L. 
Paronvchia polygonifolia DC. 
Corrigiola littoralis L. 
Scdum Cepæa L. 

—  acre L. 

— hirsutum All 

— dasÿphytlun LE. 
Bunium bulbocastanuin L. 
Carum verticillatum K. 
.Fgopodium Podagraria L. 
Galium vernum Scop. 
Knautia longifolia Koch. 
Matricaria Chamomilla L. 


Leucanthemum cebennense DC. 
Eupatorium cannabinum L. 
Centaurea montana L. 

— Cyanus L. 

— nigra L. 

— pectinala L. 
Filago minima Fries. 
Gnaphalium sylvaticum L. 

— uliginosum L. 
Arnoseris pusilla Givrtn. 
Tolpis barbata Wild. 
Adenostyles albifrons Rchb. 
Senecio lividus L. 

—  adonidifolius L. 
Cirsium ecriophorum Scop. 
Campanula Erinus L. 
Wahlembergia hederacea Rech. 
Phyteuma spicatum L. 

Erica cinerea LE. 

Jasione montana L. 

Anagallis tencella L. 
Verbascum floccosum W et K. 
Veronica scutcllata EL. 

— oficinalis L. 
Anarrhinum bellidifolium Desf. 
Pedicularis sylvatica L. 
Thymus serpyilum L. 
Teucrium scorodonia L. 


— 192 — 


Calamintha Clinopodium Benth. 
— Acinos Benth. 
Brunella grandiflora Mænch. 
— _ pyrenaica G. G. 
Stachys sylvatica L. 
Rumex acelosa L. 

—  thyrsoides Destf. 
Polygonum dumetorum L. 
Salix Caprea L. 

Carex depauperata Good. 


Carex Linkii Schk. 
Rhynchospora alba Vahl. 
Molinia cœrulca Manth. 

Brisa media L. 
Anthoxanthum odoratum L. 
Danthonia decumbens DC. 
Deschampsia flexuosa Griseb. 
Asplenium septentrionale Sw. 
Pteris aquilina L. 

Blechnum spicant Sm. 


ENTOMOLOGIE 


Carabus catenuulatus v: Mulsanti 6éh. 


Lebia cyanoccphala L. 
Philonthus nigrita Grav. 
Piuderus littoralis Grav. 
Anthobium torquatum Marsh. 
Necrophorus vestigator Hersch. 
Olibrus pygmivus Sturm. 
Brachypterus urtica F. 
Heterostomus gravidus Il. 
Meligethes obscurus Er. 

— umbrosus Sturm. 
Cerylon histeroides F. 
Platysoma frontale Payk. 
Lucanus cervus L. 

Dorcus parallelipipedus L. 
Geotrupes sylvaticus Panz. 

es pyrenieus Charp. 
Phylopertha horticola L. 
Anisoplia segetum Herbst. 
Ludius irneus, v : germanus L. 
Athous Godarti Muls. 

Helodes minuta L. 
Ancystronycha abdominalis F. 
Cantharis livida L. 

—  bicolor Herbst. 
Rhagonyeha nigripes Redt. 


Malthinus seriepunctatus Kiesw. 


Malachius geniculatus Germ. 
Autholinus amictus Er. 


Dasytes flavipes Muls. 

Cis setiger Mellié. 
Octotemnus glabriculus Gvl. 
Eryx ater F. 

Isomira murina L. 

Direiva #4 gutlata Pavk. 
Anaspis ruficollis F. 


Zonabris variabilis. v. mutabilis Mars. 


Pyrochroa coccinea L. 
OŒEdemera flavipes F. 
Otiorrhynchus singularis L. 
Peritelus hirticornis Herbst. 
Phyllobius argentatus et var. L. 
Polydrusus amænus Germ. 

— planifrons Gvil. 
Strophosomus coryli F. 

— Desbrochersi Tourn. 

Sitona flavescens Marsh. 

— Jineatus L. 

—  Sulcifrons Thunb. 
Pissodes notates F. 
Pachytychius sparsutus OL. 
Ceutorrhynchus eric Gvll. 
Balaninus nucum L. 

Sibinia viscariæ L. 
Rhynchænus fagi L. 

— stigma Germ. 
Cionus hortulanus Fourcr. 
Apion craccæ L. 


— 193 — 


Apion sorbi F. 

—  fagi Kirby. 

—  trifolii L. 

—  frumentarium L. 

—  sedi Germ. 

—  violaceum Kirby. 

— afline Kirby. 
Cyphus nitens Scop. 
X vleborus monographus F. 
Leptura hÿbrida Rey. 


Judolia cerambyciformis Schranck : 


Strangalia aurulenta F. 

— maculata Poda. 

— bifasciata Muüll. 
Stenopterus rufus L. 
Platenumaris consimilis Schranck. 
Gynandrophthalina concolor F. 


Cryptocephalus vittatus F. 

un labiatus L. 

— bilineatus L. 

— prgnieus v. amœnus Drap. 
Chrysomela fastuosa Scop. 
Spartophila olivacea Forst. 


Luperus nigrofasciatus Gocze. 


—  flavipes L. 
Psylliodes cuprea Koch. 
Chivtocnema arida Foudr. 
Balanomorpha chrysanthemi Koch 
Sph:eroderma testaceum F. 
Hispa atra L. 
Adalia obliterata L. 
Thea 22 punctata L. 
Halyzia 12 gutlata Poda. 
Hyperaspis campestris Herbst, 


NOTE SUR DES SÉPULTURES ANCIENNES 


Découvertes aux environs de Moux”(Aude) 


Au nord et à 150 mètres environ de la gare de Moux, 
un avancement molassique domine le chemin qui va à 
Saint-Couat ; il représente les dernières assises du Luté- 
tien moyen qui vont se perdre sous les alluvions moder- 
nes. Cette masse rocheuse a quarante mètres de large el 
s'élève au-dessus des terrains environnants ‘partie Nord: 
d'environ trois mêtres. Une vigne à la végétation luxu- 
riante le contourne. C’est dans le travail de remblaiement 
de cette vigne que les ouvriers de M. Eugène LE ont mis 
à jour quelques tombes et des silos. 

Le travail de remblaiement consistait dans l’enièvement 
de la terre arable qui se trouvait sur la partie basse de ce 
tènement. Par ce travail la partie rocheuse fut dégagée 
et on put y voir des tombes formant cercle et gardant 
toujours la même orientation. Ces tombes sont de deux 
formes, les unes en ovale allongé, ayant 2 mètres de 
long sur O m. 40 dans Ia partie la plus large el O m. 20 
dans la partie la plus étroite : celle des pieds. Nous avons 
recueilli dans les déblais des blocs cubiques qui étaient 
placés dans la partie large et qui devaient servir à ap- 
puyer la tête. D'autres moulaient le corps du défunt et 
avaient 2 mètres de long sur O0 m. 40 de large aux épau- 
les et O0 m. 30 aux pieds. Ici la tête se dégageait au-dessus 
des épaules et reposait dans une partie cylindrique. Elles 
sont creusées de O0 m. 10 dans une molasse assez dure, 
mais qui s’effrite facilement à l'air ; l'épaisseur de terre 
arable qui les recouvrait était de O0 m.50. Ni couver- 
cle ni dalle pour protéger le défunt, aussi tous les os 
étaient brisés, pulvérisés presque. Leur orientation étail 
Est-Ouest. 

Au centre se trouvent six silos variant comme ouver- 
Lure depuis 0 m. 40 jusqu'à O0 m. 70; leur DPOUACUE 
varie suivant l'ouverture depuis 1 m. 20 jusqu'à 2 m.50. 
Ils ont Fa même forme que les urnes cinéraires. Le rava- 
lement est très régulier cl semble même avoir subi | ac- 


— 195 — 


fion du feu pour en durcir les parois. Chaque silo était 
recouvert d’une dalle en calcaire compact, roche preve- 
nant sans nul doute de la montagne d’Alaric, située à 
2 kilomètres environ de ce point. 


Comme trouvailles, M. Huc a recueilli un morceau de 
fût de colonne en marbre de lAlaric, de O0 m. 20 de lar- 
geur, une urne de O0 m. 05 en terre cuile dans une tombe, 
une plaque de cuivre rouge percée, mais très fruste. À no- 
tre tour, nous avons recueilli quelques fragments de pole- 
rie noire irês fine et paraissant être faite au tour. 

Ce mamelon a pu être muré, car dès le début du dé- 
blaiement, on a reconnu des traccs de fondations. 

Quoique les trouvailles faites en cet endroit ne soient 
pas riches, nous pouvons, grâce surtout à la forme des 
cercueils et à leur orientation, fixer approximativement 
l'âge de ces sépultures et les faire remonter à l'époque 


— 196 — 


Romane secondaire. : A celte époque la forme des 
cercueils ou des tombeaux non apparents a été à peu 
près la même depuis le XI° siècle jusqu'au XIIIe. Le plus 
souvent on remarquait à l’intérieur un espace circulaire 
pour recevoir la têle. Quelquefois aussi la place de Ia tête 
était indiquée par deux arêtes en pierre ménagées à l'ex- 
trémité du coffre » 1. 

« D'une manière générale. les cimetières se {trouvent sur 
le versant oriental d’une colline, rarement en plaine : les 
fosses sont orientées de l’ouest à l'est, le défunt regardant 
le levant » ‘2". 

Avec de pareilles données. notre tâche a été bien sim- 
plifiée. Nous avons cherché dans les auteurs méridionaux 
qui ont parlé de Moux. Et voici ce que nous avons trouvé : 

Albas ‘fief et prieuré), dans l'ancien Diocèse de Nar- 
bonne, pour le temporel et dans le diocèse de Carcas- 
sonne, paroisse de Saint-Couat, pour le spirituel. 


1110. — Bernard Alton, vicomte de Carcassonne. fait 
hommage à l'Abbé de La Grasse pour : villa Atbars: ‘3. 

1692, Juin 25. — Bail à ferme des fruits décimaux des 
prieurés d’'Albas et Fleix. pour deux années. consenti par 
M. de Grignan, évêque de Carcassonne, en faveur de Jean 
Huc, baïilli de Moux 1'. 


1722, Juillet 7. — Anne d’Alibert fait hommage au roi 
pour Albas 5). 
1777, Août 28. — Acte par lequel M. de Bezons, évêque 


de Carcassonne, confère, en sa qualité d'Abbé de La 
Grasse. le prieuré d'Albas à M® Jacques Camavon. cha- 
noine trésorier de l'Eglise cathédrale : lequel, par autre 
acte du 1er décembre de la même année, en prit possession 
au lieu où se trouvait la vicille masure de l'Eglise du dit 
Pricuré.silué à un quart de lieue du village de Moux 6. 


(1) A. pe CAUMONT. — Architecture religieuse. 

(2) BanRiÈRE-FLavy. — Sepultures barbares. 

(3) Histoire générale du Languedoc. 

(#) VIGUERIE. — Annales de Carcassonne. 

(5) Mauuz. — Cartulaire de Uancien diocèse de Carcassonne. 
(6) ViGtvERIE. — Ut supra. 


— 197 — 


1789. — M. le Prieur de Notre-Dame d’Albas entre, 
dans l’ordre du Clergé, à l'Assembiée générale des Tiers- 
Ordres de la Sénéchaussée de Carcassonne pour lélec- 
lion des Etats généraux du Rovaume‘1). 

1810. — Le pricuré de Sainte-Marie d’Albas n'était sé- 
paré de Moux que par une colline et reposait dans la par- 
lie la moins aride de la plaine, au bord d’un ruisseau 
ombragé d'ormes et de peupliers. L'emplacement de l'E- 
glise et du cimetière, livré maintenant à la culture, est 
marqué par des traces de construction et des débris de 
picrres tumulaires, mêlés à des ossements humains /2). 

D'après ces divers textes, il nous semble évident que 
nous nous trouvons en présence du cimetière d'Albas. 

Prenons d’abord, pour le prouver, le nom de cette par- 
tie du cadastre : Combe du Bas, qui signifie vallée de peu 
de hauteur par rapport au pays environnant. Or, vu la 
situation du cimetière, cette dénomination n'a pas sa rai- 
son d’être, car, nous l’avons déjà dit, la partie qui nous 
occupe est élevée. Le nom de cette Combe ne se serait-il 
pas modifié ou simplifié ? Si nous le disons en patois, nous 
avons : « Coumbo dal bas ». n'aurions-nous pas là son vrai 
nom! Le prieuré de Sainte-Marie d’'Albas n'était séparé 
de Moux que par une colline: nous l’avons encore, c’est 
la prolongation de la colline 117. 


La distance de Moux au prieuré était de un quart de 
lieue : Ia distance est encore la même, un kilomètre en- 
viron. 

Cette partie était la moins aride de la plaine, le prieuré 
était bâti dans les alluvions modernes, terrains de plaine 
el de production. Le nom du ruisseau qui passait à ses 
pieds élait le Lazagual, qui Y coule encore el qui va vers 
Saint-Coual, d'où dépendait le prieuré pour le spirituel. 

Rien dans le mobilier funéraire ne nous met sur la trace 
de ces guerricrs aux armures de bronze qu'on enterrait 


(1) Procés-verbal de L'Assemblée. 
(2) MESTRE-Huc, dans l'Emancipation, Journal de Toulouse, 


— 198 — 


avec, ni sur la trace des femmes de cette époque qui em- 
portaient dans Ja tombe de belles fibules ou ces épingles 
que l’on retrouve parfois si bien conservées. Rien ! N'est- 
ce pas une nouvelle preuve que nous avons là le cimetière 
du prieuré d’Albas ? | 

Quel peut être le mobilier funéraire d'un moine? IIS 
partent Iles mains vides ; n'ont-ils pas. d’après leurs lois, 
fait abandon des biens de la terre ? Ils partaient enserrés 
dans ces coffres étroits, la tête bien posée dans cette ca- 
vité qui moulait le crâne. Une urne noire, poterie de deuil, 
les accompagnait. Elle était placée à côté de la têle, 
pleine d’encens, afin de combattre la mauvaise odeur 
qu'exhale le cadavre. 

« L’encens est aussi le symbole des bonnes œuvres, qui 
font pour le défunt une recommandation puissante au- 
près de Dieu » (1). | 

Quant à la présence des silos au milieu des tombes. 
ils n'ont pu servir de sépullure par incinération. D'abord 
ils sont trop grands ; tout au plus si les amphores qui ont 
servi à un pareil usage ont O0 m. 40 de hauteur. 
S'ils avaient servi de sépulture, on aurait dû trouver, 
dans le déblaiement. des cendres, des charbons el 
peut-être aussi quelques os calcinés, tandis qu'on en 
a retiré une terre fine, qui paraissait même tamisée. Cette 
terre y a été amenée par les pluies qui en ont opéré le 
remplissage. 

Quelle était donc l'utilité de ces grands trous aux vas- 
Les panses arrondies ? C'étaient les greniers ou celliers du 
prieuré de Sainte-Marie d'Albas. 

Leur situation était un peu lugubre, il est vrai, mais là 
ils étaient en sûreté. | 

A l'époque où existait le prieuré de Sainte-Marie d’Al- 
bas. les guerres civiles, les guerres de religion étaient fré- 
quentes. des bandes de pillards saccageaient notre con- 
trée. Les cloîtres el pricurés n'étaient pas épargnés. Au 
contraire, €est chez eux que lon allait le plus souvent. 


(D Pnu, DELAMAIN. — Le Cimetière d'Herpes, 


— 199 — 


car la renommée voulait que là existassent de grandes 
provisions que les bandes armées ne dédaignent pas. 

Pour sauvegarder lcurs réserves, nos prieurs, se ba- 
sant sur le culle des morts, avaient fait creuser ces grands 
silos au- milieu des tombes ; lendroit était sacré et puis, 
qui aurait deviné un pareil stratagème ? Vers ces époques 
lointaines, le culte des morts était mieux observé que de 
nos jours, à l’époque Larnaudienne, par exemple. M. A. 
de Mortillet nous décrit, dans son Musée préhistorique, 
une fouille qui le prouve bien. 

A Presle, dans la Seine-et-Oise, on mit à jour, dans le 
Dolmen des Justices, un guerrier romain qu’on avait mis 
à la place de l'homme de l’âge de la pierre. Mais au lieu 
de rejeter le premier défunt, on avait placé ses os dans 
un caisson à côté, sans ordre, il est vrai. 

Les cimetières étaient des lieux sacrés, légendaires mé- 
me, qu'on fuyait. Nos greniers étaient donc en sûreté, 
c'est le cas de dire qu’ils étaient gardés par des morts. 

Nous nous garderons de conclure, car notre compte- 
rendu nous paraît encore incomplet. Nous souhaitons que 
d’autres, mieux documentés, développent les quelques 
idées que nous venons d'émettre et les mettent au point. 


A. FAGES. 


— 200 — 


COMMUNICATIONS 


Faites pendant les Séances de l'Année rgro 


L. Gavoy... — Sur les récoltes myriopodologiques de M. H. 
Ribaut dans la Montagne-Noire et les 
collections de trois entomologistes de la 


région toulousaine........ éséhiadete ; 
A. Fages... — A propos d'un échantillon de Syénite prove- 
nant de Fitou (Aude).......... Mrs us 


M. Cathala. — Découverte d'une grotte sépulcrale dans la 
commune de Montouliers (Hérault) ..... 
L, Gavoy... — Note sur la capture de deux Coléoptères 
nouveaux pour le département de l'Aude. 
A. Fages... — Analvse d'une étude de M. Ir D' Baudoin 
sur la véritable signitication des trouvail- 
les faites au pied des Menhirs..... se 
F. Bru..... — Découverte de l'Epilobium parviflorum 
Schreb., var. : menthoidles Haunk sur les 
plages de Sainte-Lucie (Aude).......... 
G. Hyvert.. — Présentation d’un appareil dont il est l'in- 
venteur, destiné à la recherche du mouil- 
lage des vins (NITROCOLORIMÈTRE DIFFÉ- 


RENTIEL)........... RU ETS das on 
A. Fages... — La Grotte du Trou du Renard, près Cavanac 
CAUAC IS Na Ne en us 
D' Bourrel.. — Un cas curicux de Tératologie végétale... 
G. Bories... — Sur la Stratigraphie des environs de Rennes- 
lés-Bains séismes sabeel sieur 
L. Gavoy... — A propos du projet de loi, dépose le 25 octo- 


bre 1910 sur le Burcau. de la Chambre 
des Députés, en vue de la surveillance 
des fouilles préhistoriques ............. 
À. Fages... — Etude des Silex et Quartzites de la région 
d'Oran (Algérie) offerts à la Société par 


— 


M. F. Doumergue.............. aa 


XXXVII 


XLI 


NLITI 


NLV 


XELVII 


NLIX 


LI 


LIX 
LI 


LI 


LXIN 


LXVI 


TABLE DES MATIÈRES 


Contenues dans le Tome XII 


INTRODUCTION 
Liste des Membres Fondateurs..........,................. VII 
I'' PARTIE 
Etat des Membres de la Société au 31 décembre 1910... … IX 
Liste des Sociétés correspondantes ..................... XXV 
Administration de la Société pour l'année 1911 ............ XXXI 
Procès-verbaux des séances de 1910......... serons XXXI 
État des recettes et des dépenses de la Société au 31 dé- 
cembre.....,,... estossssesesenssiese Snbsdonsétaeesses LXIX 
Il” PARTIE 
Rapport sur l'excursion du 28 mars 1910 aux Mines de Vil- 
lardonnel et à la Grotte de Villaniere, par M. R. Esparseil. 3 
Rapport sur l'excursion du 17 avril 1910 à Cesséras et à la 
Grotte de la Coquille, par M. A. Fages............. 26 
Rapport sur l'excursion du 26 juin 1910 à la Cascade de Cu 
serviès et au Roc du Bougre, par M. L. Gavoy........ 35 
Rapport sur l'excursion des 13 et 14 juillet 1910 au Pic de 
Madres (2453 met. ), par M. L. Gavoy....... TR Se 40 
Rapport sur l'excursion du 24 juillet 1910 au Château des 
Cheminières, par M. Pierre Embry...... éd ss pee 49 
III"* PARTIE 
Trouvailles au plateau de Carsac, près Carcassonne... ... —. 09 
Etude sur les Echinides crétacés de Rennes-les- Bains et des 
Corbières, par M. J. Lambert..................,....... 66 


— X)2 — 


Dans la Montagne-Noire, par M. L. Gavoy.......... .... ; 188 
Note sur des Sépultures anciennes découvertes aux environs 

de Moux (Aude), par M. À. Fages...................... 194 
Communications faites pendant les séances de l'année 1910. 200 
Table des Matières...... sieste daes RE — 201 


Le Tome XXII du Bulletin de la Société d'Etudes Scientifiques dr l'Aude 
a été publié à Carcassonne le 15 septembre 1911. 


Ce volume est délivré aux personnes étrangères à la Société 
moyennant le prix de 10 francs. 


Tarifs des tirages à part 


Travail comportant uue feuille d'impression (10 pages) et au-dessus. 


NOMBRE DE FEUILLES Di x 150 ex [100ex.[200ex. [00 ex. 


Pour une feuille — papier, 

piqûre et enveloppe de couleur 

NON IMPPIMÉC. osseuses 2 fr.00/3 fr. 0015 fr.00!8 fr.0011G £.00 
Pour chacune des autres fouil- 

les en sus de la première ...... 1 002 :0/# 00/7 20112 00 
Trois quarts de feuille en sus 

d'une feuille (12 pages) ........ 1 G0!2 5013 90/5 70 8 30 
Demi - feuille en sus d'une 

feuille (8 pages)... .. ........ 0 951 9511 502 85) 4 15 
Un quart de feuille en sus 

d'une feuille (#4 pages) ......... 10 OI 15 SIT 95 3 35) 


Travail comportant moins d'une feuille d'impression, c'est-à-dire 
moins de 16 pages. 


Trois quarts de feuille (12 Eee. 
pages)... .. eee … (tr. %{2 tr. 50/4 fr.50|7 fr. 50[111. 50 


Demi-feuille (8 pages) ...,.... [1 6512 254 005  O00!10 430 
Un quart de feuille (% pages). V1 5512 O0! 5085 0019 OC 


ee de ne nn 


La composition d'une couverture imprimée est de 1 franc 
si le titre est la répétition de celui de la brochure et de 2 francs 
si le titre est fait Seulement pour la couverture. Si l’auteur 
demande pour la couverture un papier de couleur autre que 
celui qui est fourni d'ordinaire pour les tirages à part, il aura 
à en supporter les frais en sus. 

Pour toutes les autres demandes ou modifications, les auteurs 
doivent s'entendre directement avec l'imprimeur. Les auteurs 
s'entendront aussi avec l'imprimeur pour l'envoi des tirages, 
le réglement des factures et autres demandes y relatives, pour 
lesquelles le Bureau et le Comité de publication déclinent toute 
responsübilité. 


LE COMITÉ DE PUBLICATION. 


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SCIENCES LIB. | 


SEP 10 1965 | 


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